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Le samouraï [Solo]

Hashimono Hidemi
Hashimono Hidemi

Le samouraï [Solo] Empty
Mar 31 Déc 2019 - 21:55
Juin 169


« - Pourquoi tu veux te rendre ‘là-bas’ ?

- Pour la même raison pour laquelle tu en es parti. »



C’était par ces quelques mots pleins de non-dit que le jeune Zhenzi rencontrait un compagnon de voyage. Le ‘là-bas’ dont ils parlaient était de toute évidence le pays du Fer, et si l’un était un forgeron venant du pays du Feu, l’autre était un samurai venant du pays qui les intéressait, retournant chez lui et ayant croisé cet artisan dans l’embarras. La raison dont ils parlaient ou plutôt qu’ils supposaient ? Juste voir du pays, une curiosité et une bonne dose de rêve, mais des deux, c’était bel et bien cet homme aux cheveux d’ébène qui avait le plus de lucidité. Visiblement plus âgé et s’approchant de la quarantaine, il tendait la pointe de son katana sur le forgeron assis, l’air renfrogné et la gueule en sang après une embuscade qu’ils avaient fini par déjouer à deux, mais nullement effrayé de par l’habitude de cette vue. Des épées, il en avait forgé, il en avait brisé, c’était son boulot après tout, et des brigands, il en avait soupé toute sa vie.

Sûrement que pour se donner des forces afin de rester debout face à ses opposants, le jeune homme avait crié des choses niaises comme ses désirs ou le ‘pourquoi il ne pouvait pas mourir’, d’où ce petit échange à l’air très anodin, et sûrement que le guerrier n’avait quant à lui pas fait attention à ses manières en arrivant, se cachant nullement car son accoutrement et son style montraient bien son origine, même pour un prolétaire comme celui qu’il défiait de sa lame.


« - Je suis Ryôbu Ienao, du clan Kuji, deuxième fils de Ryôbu Bokuden et de Yoshimine Ise, et toi ?

- Et moi, j’t’emmerde. »



A cette époque, Hidemi n’avait que 21 ans, et portait encore le prénom de Zhenzi.

Noblesse, richesse ? Il s’en moquait pas mal et peu importe le titre, il gardait cette tête blasée par les situations qu’il rencontrerait, se disant qu’il ne pouvait pas être étonné à son âge car sinon, que ferait-il plus tard ? Ne s’attendant jamais à rien, toujours déçu, le dénommé Ienao semblait comprendre l’une des raisons du voyage du forgeron : se découvrir lui-même, et en réponse à ses insultes, il rangeait son arme et l’aidait à se relever, sans qu’il n’y ait de protestation, juste un soupir d’ennui et ce visage qui ne changeait pas, combattant la fatigue due à la perte de sang qui lui fermait un peu les yeux, un peu le clapet, mais pas sa main qui restait fermement accroché à un bâton, au cas où quelqu’un sortait encore d’un buisson.

Un pas, deux pas, guidé par le samouraï le soutenant toujours, le jeune adulte essayait de faire bonne figure mais s’écroulait lamentablement face la première.

Lorsqu’il reprenait un peu conscience, il sentait une chaleur près de lui, comme s’il n’avait jamais quitté le domicile familial et entrouvrant les yeux, il distinguait une grande flamme dont il se rapprochait instinctivement pour être davantage éclairé et se redressait comme il pouvait, comme pour se donner des forces. Ce qu’il sentait d’inhabituel ? Le vent froid de la nuit, le sol humide sous ses mains et ses genoux, et le goût de sang remontant dans sa gorge quand il commençait à tousser pour l’expulser, râlant et grognant en se forçant à s’asseoir.


« - … J’ai vu ton dos. »


C’est vrai, Zhenzi était entouré de bandage au point de ressembler à une momie, donc quelqu’un avait dû le soigner et il voyait juste le samouraï remuant les brises à l’aide d’un bâton, lui aussi fixant le feu comme pour surveiller son alimentation en oxygène et ignorant les regards noirs du garçon qu’il avait pourtant soigner.


« - … Et aussi que tu te colorais les cheveux. Vue ce que tu portais sur toi, tu essaies de te faire passer pour un forgeron ou alors, il y a quelque chose que tu n’assumes pas, monsieur j’emmerde-les-gens ?

- … T’es en train de t’inventer une histoire tout seul dans ta tête, bravo.

- Et tu m’expliques comment un forgeron survit à deux lances à travers le corps, sinon, monsieur j’emmerde-les-gens ?

- J’suis juste un type tenace. »



Une réponse sèche, visiblement, le jeune homme ne voulait pas en parler et se frottait le visage en râlant à nouveau. Le fait qu’on le surnomme ainsi l’embêtait, c’était trop long, et encore une fois, il avait l’impression que Ienao lui inventait une vie, encore une chose qu’il ne supportait qu’à moitié. Le respect des aînés ? Là-aussi, à l’époque, celui qui se ferait appeler plus tard Hidemi s’asseyait dessus.


« - … Qiào Zhenzi …

- Mh ? Mais encore ?

- … Je suis Zhenzi, héritier du clan Qiào, fils unique de Qiào Zheng et Hokkyoku Shira.

- Mmmh… Non, tu n’es pas le fils du Seigneur de la Fournaise, sinon tu n’aurais pas-…

- J’en suis incapable… Ça a dû sauter une génération, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? »



Toujours des réponses sèches et directes, comme pour couper court à la discussion.

C’était vrai que Zhenzi n’avait pas les cheveux rouges de son père, et le peu de barbe qu’il avait laissé pousser ne laissait pas penser à un changement prochain, le forgeron n’ayant même pas dû se teindre ici car son poil y était déjà plus sombre naturellement. Ce dont voulait parler Ienao ? Si même un étranger était au courant du folklore local et l’aborder avec un tel détachement, il devait être au courant : le surnom de Seigneur de la Fournaise aurait dû faire partie de l’héritage de celui qu’il avait en face de lui. Les membres du clan Qiào se caractérisaient par des mains sombres, ténèbres chaudes qui s’incrustaient également sur les avant-bras, et cette particularité, les deux protagonistes la connaissaient bien, Zhenzi regardant ses mains avec un regard vide, et Ienao attendant de voire s’il allait constater de lui-même cette étrange capacité à devenir de la lave vivante. Mais non, comme il l’avait dit, Zhenzi ne pouvait simplement pas…


« - Tu as hérité de quelque chose de ta mère, peut-être ?

- Peut-être de son sale caractère… ? »



Il se confiait un peu, se massant cette fois la nuque en relevant la tête pour regarder le samouraï et lui expliquant l’étrange paradoxe de sa naissance. Si sa mère ne supportait que moyennement son père, et si elle faisait de son mieux pour s’éloigner de la forge où il vivait, c’était qu’elle partageait une capacité à la fois similaire et opposée, étant une de ces ‘dames de glace’ de par son lignage, bien qu’elle soit partie de chez elle pour trouver une place favorable, ne faisant pas partie de la branche principale. Juste une cousine de cousine, aussi un hasard de la génétique, une drôle d’abomination. Et ce sale caractère dont Zhenzi parlait, cela semblait juste être de vouloir avoir quelque chose ‘à lui’, n’étant ni de glace ni de lave, étant juste lui, avec la sale gueule de son père et le sale caractère de sa mère.

Le tatouage dont avait parlé Ienao était un peu dans la même logique, le fait de vouloir faire partie de quelque chose bien à lui, ici sa famille, vue qu’il s’agissait de l’emblème de son clan. Et lorsque le forgeron y pensait, à ce que lui avait dit le samouraï avant que lui ne tombe dans les vapes, il se rendait compte qu’il était un ‘second fils’, quelqu’un qui n’hériterait sûrement de rien, mise à part de miettes en comparé au descendant le plus proche du père. Lorsqu’il réalisait la chose, il voyait les yeux de l’homme qui l’avaient sauvés et tout deux se dégagèrent de l’échange, conscients de la mauvaise ambiance que les histoires de famille installaient.

(suite...)


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