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le festival des marchands; Sharrkan

Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Jeu 16 Jan 2020 - 0:42
le festival des marchands;

Kaze no Kuni, an 196.

À toute vitesse, l’enfant file dans les ruelles. Elle passe à travers les plus grandes rues, les plus petites, les plus étroites, sans jamais dévier de sa route. Aujourd’hui est un grand jour, pour les commerçants. Un jour qu’elle a raté, parce que sa maladie l’a clouée au lit. Mais Midori ne veut pas passer à côté d’une telle date, surtout quand elle n’arrive qu’une fois dans l’année. Alors, de toutes ses forces, l’albinos court dans les rues du village, pour se rendre sur la grand-place. Elle esquive les adultes, se faufile entre les étals, fait voler quelques tonneaux en passant. Certains vendeurs lui hurlent dessus, mais ils n’obtiennent rien. Ils savent pertinemment qui est cette petite fille, haute comme trois pommes, qui déboule à pleine vitesse. De la même manière qu’ils connaissent son identité, ils connaissent sa destination.

Le festival des marchands. L’événement annuel du petit village Hoshizora. Tous les meilleurs commerçants se rassemblent sur la grand-place, dans une fête gigantesque. On y trouve des musiciens, des danseuses – elles attirent davantage les habitants des villages voisins –, des cuisiniers, mais aussi des artisans de tout le village, qui se massent ici pour montrer leur meilleur marchandise. Ils garantissent à chaque visiteur de passer un excellent moment … Et de flinguer l’intégralité de leurs économies.

Pour Midori, c’est un événement inratable, le moment de l’année qu’elle attend toujours avec le plus d’impatience. Les soldes sont à la limite de l’indécence, elles poussent les clients à acheter encore, toujours plus. Chaque fois, ils dépensent le double de ce qu’ils acceptent de lâcher habituellement, simplement parce qu’il s’agit de « soldes ». Ils ne se rendent pas compte qu’ils achètent trois fois plus d’articles qu’à leur habitude. Le prix grimpe, grimpe, mais ils repartent avec tellement de marchandises qu’ils sont au paroxysme du bonheur. Et ce n’est pas pour déplaire aux commerçants, qui s’en mettent plein les fouilles.

L’albinos accélère, atteignant ainsi sa vitesse de pointe, pour s’assurer de ne pas rater une trop grande partie des festivités. Son père ne l’a pas réveillée ! Il n’a pas pris le temps de le faire, au moins d’essayer ! Pourtant il sait à quel point Mido’ aime être ici. Il sait qu’elle n’attend que ça, chaque année. Il a dû se dire qu’elle était bien trop malade pour ça, mais non ! La voilà qui court, à pleine vitesse, à en perdre haleine, simplement pour atteindre le lieu de ses rêves.

Mais il faut croire que ce n’est pas tout de suite qu’elle va l’atteindre.

Dans sa course, l’albinos percute un gamin, suffisamment fort pour que le recul la fasse chuter. Elle relève la tête, une moue boudeuse sur le village, prête à hurler tous ses poumons. Mais l’air lui manque, alors Midori reste silencieuse. Inspirer, expirer. Remettre de l’oxygène dans ses organes, faire fonctionner le tout. Inspirer, expirer. Et reprendre ses manières. Malade ou non, c’est elle, qui l’a percuté.

« Désolée. »

Des excuses pleines de mauvaise volonté. Midori se dit que, de toute façon, elle a au moins prononcé le mot magique. Elle soupire. Elle est pressée !

« J’allais au festival des marchands ! C’est un peu plus loin ! Tu y allais aussi ? »

Aller droit au but. Ça a l’air abrupt, mais l’albinos ne peut pas se permettre de perdre trop de temps. Elle veut voir un maximum de monde, participer à toutes les activités qui ont lieu. Et manger. Manger beaucoup. À en faire exploser son petit estomac.

Parce que le festival des marchands, c’est ça, surtout ça : de la bouffe à n’en plus pouvoir.

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Sharrkan
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Jeu 16 Jan 2020 - 21:25
Ah, le festival des marchands d'Hoshizora... Un de ces événements que Sharrkan adorait en étant plus petit, mais qu'il appréciait de moins en moins en grandissant. C'était toujours intéressant de voyager, de se balader de ville en ville, de rencontrer des nouvelles personnes... Ce qui l'était beaucoup moins, c'était de voir tout le monde s'amuser en étant obligé de rester assis devant la tente. Ses parents n'avaient bien sûr aucun instant à lui accorder, chacun devant tenir sa propre affaire ; son père, marchand d'antiquités en tout genre et sa mère, médium et voyante.

Et comme il avait l'absolue interdiction de se balader seul, il devait attendre, assis sur un tabouret en bois devant la tente où sa mère s'amusait à discuter avec les proches défunts de ses clients. Il n'avait même pas le droit d'être à l'intérieur, parce que c'était irrespectueux pour les familles et bla bla bla. Il avait déjà essayé d'aider son père avec son commerce, mais il s'était fait virer en rendant mal la monnaie pour la fois de trop.

Quand il était plus petit, cette situation lui convenait. Il passait la journée avec quelques jouets, à trépigner d'impatience en attendant que sa mère soit trop fatiguée pour lire les cartes et qu'elle l'emmène se promener dans la fête. Mais maintenant... il se fichait complètement des jouets mais surtout, il était bien assez grand pour se promener tout seul ! Qu'est-ce qu'il pouvait bien lui arriver, dans un endroit avec autant de monde ? Et puis, il s'entraînait durement, il savait faire quelques trucs avec son chakra : il pouvait parfaitement se défendre s'il le fallait.

Mais non, il n'avait toujours pas le droit. "Pas encore, Sharrky-chéri", gnagnagna. Il se leva du tabouret, bien décidé à se dégourdir les jambes, même si ça voulait dire faire des allers-retours devant la tente. Il avait au moins le droit de faire ça, non ?! Au bout de deux minutes de ce petit jeu, il sentit clairement un regard noir se poser sur lui depuis le fond de la tente. Comprenant le message, il s'écarta un peu plus loin. Après tout, c'était elle qui le voulait.

Mais à chaque passage, il allait un peu plus loin dans la rue. Juste... un tout petit peu plus loin. Juste pour repérer les échoppes qu'il voudrait aller voir ce soir. Le Kazejin répéta son manège jusqu'à arriver au coin de la rue. Et une fois arrivé au coin, il ne pouvait pas vraiment aller plus loin. Mais à chaque aller, son regard était fixé sur ce coin. C'était pas comme s'il y avait une barrière invisible qui l'empêchait d'y aller, après tout... Il s'était déjà dégonflé plusieurs fois, en arrivant à ce coin. Au prochain trajet, il le passerait ; il irait dans la rue perpendiculaire, même si c'était seulement pour y mettre un pied. Juste pour éprouver une certaine fierté personnelle à l'idée qu'il aurait déjoué l'autorité de ses parents sans qu'ils ne s'en rendent compte.

Plus que dix mètres... Plus que cinq. Plus qu'un ! Il regarda brièvement derrière son épaule pour être sûr de ne pas être épié... Puis se précipita de l'autre côté du coin, seulement pour être heurté de plein fouet. Il fut choqué d'abord, pensant qu'il y avait bien un mur invisible l'empêchant de sortir de son périmètre de sécurité. Mais en reprenant ses esprits et son équilibre, il regarda autour de lui et comprit ce qui s'était passé en réalité.

« - Euh... Désolé aussi. »

Il n'était pas convaincu de la culpabilité de la fille aux cheveux clairs dans cette histoire, lui aussi ne regardait pas où il allait. Sharrkan lui tendit la main pour l'aider à se relever d'un geste tout à fait sincère. Mais il fut pris totalement de cours par sa question, pourtant très simple. Il ne pouvait pas admettre qu'il n'avait pas le droit de se promener seul, c'était trop la honte. Elle semblait avoir son âge et pourtant, ses parents n'avaient pas l'air de l'accompagner.

Pressé par l'urgence de la situation, il n'eut pas le temps de réfléchir : il acquiesça, résolu, et certainement un peu envoûté par les grands yeux rubis de cette fille. Il assumerait les conséquences plus tard. Il s'élança à sa suite et passant devant la tente de sa mère, il lança à l'intérieur un geste de la main et un sourire radieux, n'arrêtant pas sa course pour écouter ses protestations.

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Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Dim 19 Jan 2020 - 17:04
le festival des marchands;


Et puis il y a les excuses. L’hésitation sur son visage. Il comprend pas très bien, il est pas sûr de ce qui lui arrive. Ça lui est tombé dessus d’un coup, sans raison, sans prévention. C’est juste là, ça tombe, c’est brutal. C’est ce qui se passe quand on ne regarde pas devant soi. Quand on est pressé. Midori l’observe. Il est aussi perdu qu’elle. Ce n’est pas bien grave, mais ce n’est pas spécialement amusant non plus. Elle saisit la main tendue avec un sourire. Presque naturel, il chasse la moue boudeuse. C’est gentil, en tout cas. Il ne la rabroue pas, il ne lui crie pas dessus. Il n’est pas sûr de la comprendre. Ça commence comme ça, un coup dans une épaule, une bousculade. Puis ça s’accélère, ou ça décélère, on ne sait pas trop. Pour le moment, l’inconnu décide de la suivre sans trop poser de questions.

Ça crie un peu, dans la tente, quand il passe devant. Est-ce qu’il a le droit de partir ? Midori n’en a rien à faire, en réalité. Elle veut simplement aller au festival, pour en profiter un maximum. Au pire, ce garçon la suit, il est là, il pourra profiter des festivités avec elle, non ? Un duo d’inconnus, projetés dans une aussi grande célébration, rien ne pourrait mal se passer. Un scénario atypique en apparence, qui pourtant semble avoir lieu dans toutes les histoires. Tous ces récits dans lesquels la demoiselle cogne le jeune garçon, ou ceux dans lesquels ils se rencontrent après avoir fait un manège ensemble. Non, vraiment, ça Midori ne le comprend pas. Les manèges ne donnent jamais le temps de regarder ailleurs. Faut regarder droit devant soi ou fermer les yeux, au cas où, pour ne pas vomir.

Elle inspire profondément. Leur course les a menés droit sur la grand-place, où tout se joue. L’albinos lève les bras vers le ciel, incapable de cacher l’impatience qui la gagne. Ses parents sont là, quelque part, à s’en mettre plein les poches. Elle aurait dû le faire, elle aussi, mais après la maladie, voilà qu’elle traîne avec un inconnu aux cheveux blancs comme les siens. Crinières d’albâtre, lâchées au milieu du désert. L’albinos tourne la tête, observe le garçon plus grand qu’elle. Un sourire d’enfant étire ses lèvres.

« Je m’appelle Midori ! »

Les présentations sont presque faites. Maintenant on peut jouer, non ? Les rubis se détachent du jeune homme. Face à eux abondent les étals divers. La nourriture est omniprésente, on dirait qu’il existe un stand de nourriture pour chaque stand de marchandises. Les marchands mettent en avant leurs produits préférés, ceux qui se vendent le mieux, en vantant leur qualité exceptionnelle. Il y en a pour tous les goûts. Des tissus, des cuirs, des bijoux. Tout se vend, ici. À croire qu’il n’existe pas de profession laissée à l’abandon au grand festival d’Hoshizora. Midori repère la joaillerie Hideaki, au loin. Elle tend le bras, fière.

« Tu vois le stand de cristal, là-bas ? C’est celui de ma famille ! »

Ce n’est peut-être pas grand chose, pour les gens du monde extérieur, pourtant, pour elle, c’est énorme. C’est ce petit grain de malice, cette réalité dans laquelle elle baigne. Ce stand, c’est sa vie. Son enfance. Son apprentissage. C’est son amour pour les trésors. C’est un tout, qu’elle ne peut ni ignorer, ni oublier. Il y aura toujours cette vérité dans ses veines, cette part de son existence qui ne s’en ira jamais. Pourtant, aujourd’hui, tellement absorbée par l’envie de profiter des festivités, Midori décide d’offrir sa compagnie à l’inconnu. Elle laisse tomber sa vie de marchande pour se consacrer à sa vie de jeune demoiselle. Ce n’est pas grand chose, encore une fois, mais, pour elle, ça paraît être le plus gros effort qui soit. Vivre le festival d’Hoshizora comme une cliente, non comme une artisane. Vivre en tant que Midori l’adolescente.

« Alors, alors, tu veux faire quoi en premier ? Je peux rester avec toi toute la journée, si tu veux ! Les gens oseront pas m’arnaquer. »

L’albinos pouffe doucement. Les ficelles de la vente, toujours les mêmes. Extorquer la clientèle au maximum, alors qu’elle pense faire des affaires. Une nouvelle fois, les prunelles incarnates font la navette, pour observer l’adolescent à ses côtés. Ça commence comme ça, un coup dans une épaule, une bousculade. Puis ça finit d’une manière imprévisible. Et c’est ce qui fait que la vie est aussi intéressante.
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Sharrkan
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Jeu 23 Jan 2020 - 17:48
Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait accepté de la suivre et il n'était pas très confiant dans sa décision. Ses appréhensions augmentaient en flèche, alors qu'il fixait devant lui les mèches ivoires qui se balançaient en rythme avec la course effrénée de la demoiselle. Sharrkan n'était pas habitué à traîner avec les autres enfants de son âge, c'était trop dangereux. Mais après tout, au milieu de tous ces gens qui ne le connaissait pas, avec cette inconnue... Il pouvait bien devenir qui il voulait. Il pouvait être un gosse tout à fait banal. Il devrait juste faire attention, et il n'y aurait pas de problème.

Midori, c'était un joli prénom. Un nom qui sonnait délicat et féminin, mais sans être fragile. De ce qu'il avait vu de la jeune fille pour l'instant, un nom qui lui allait comme un gant.

« - Moi c'est Sharrkan ! » répondit-il avec un sourire, parlant fort pour se faire entendre par dessus le bruit de la foule.

Ils y étaient, en plein centre de la fête, l'endroit où presque tous leurs sens étaient sollicités à l'extrême. Le bruit des discussions animées se mêlaient à ceux des pas sur la terre poussiéreuse du sol, des tintements des ryôs passant de mains en mains, des grognements des animaux, des feux qui crépitent sous les chaudrons ou sous les grills. En se concentrant bien, on pouvait aussi entendre de la musique jouée au loin : un tambourin à cymbales et... du luth ?

L'odorat n'était pas en reste non plus ; rien que tous les arômes de cuisine qui se mélangeaient étaient suffisantes pour donner le tournis. A tout cela s'ajoutait l'odeur du cuir, les fragrances de parfums des dames et bien entendu, les effluves de transpiration qui venaient irrémédiablement avec la foule.

Les échoppes de tissu attiraient inévitablement l’œil avec leurs étoffes colorées, mais là aussi on était tenté d'observer les couleurs chatoyantes de l'or et de l'argent sur les stands de bijoux. Mais parmi tous ceux-là, un stand se démarquait particulièrement, diffusant les rayons du soleil, décorant de ses reflets colorés toute personne qui passait à proximité, faisant de l'assemblée un kaléidoscope polychrome.

Il s'agissait apparemment de cristaux, et c'était ce même stand qui était tenu par la famille de Midori. On pouvait entendre la fierté dans sa voix, et Sharrkan se demanda s'il employait le même ton lorsqu'il parlait du business familial. Mais il ne répondit pas, les yeux toujours captivés par les éclats colorés des cristaux. Il acquiesça pour signifier qu'il avait entendu, son expression suffisant largement comme éloges sur leur artisanat. Puis il reporta son attention sur sa nouvelle amie, sur ses yeux de la même couleur que les petites pierres qui étaient exposées sur le stand.

« - On pourrait aller manger ? »

Il avait répondu ça spontanément, sans même réfléchir. Les stands de nourriture, c'était surtout pour ça qu'il venait au festival ; les bijoux, tissus et autres babioles avaient très peu d'intérêt pour lui. Par contre, les spécialités culinaires des quatre coins du Yuukan, c'était beaucoup plus séduisant. Il y en avait tellement, c'était impossible de tout goûter en une journée. Il valait mieux commencer tôt...

« - Ou, euh, ce que tu préfères... »

Il avait détourné la tête, ne voulant pas afficher la couleur un peu plus sombre qui envahissait ses joues.

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Hideaki Midori
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Lun 27 Jan 2020 - 1:43
le festival des marchands;


Sharrkan. C’est quelques lettres qu’on met ensemble, qui forment un nom. Un patronyme qui reste dans la mémoire, tellement il est atypique. L’albinos est certaine de ne jamais l’oublier, tout comme elle ne pourra pas oublier cette bouille adorable. Ces cheveux blancs, une crinière immaculée comme la sienne, avec ces grands yeux émeraudes qui s’extasient devant les stands. Midori sourit. Il est mignon, quand même, Sharrkan. Il a l’air un peu perdu, mais il est suffisamment téméraire pour suivre la cinglée malade qui lui a foncé dedans. Il ne s’est même pas posé de questions, il a juste couru, lui aussi. Mais au fond, ce n’est pas difficile à comprendre : peu importe avec qui on y va, le festival des marchands est toujours une expérience formidable.

L’avantage, c’est que cette personne-là, en particulier, fait partie des gens que Midori apprécie. Ces gens qui, lorsqu’ils visitent un endroit comme celui-ci, pensent d’abord à manger. Se remplir l’estomac. S’en faire éclater la panse. Et ça, juste ça, suffit à faire de ce garçon une personne exceptionnelle pour l’albinos. Elle sautille, frappe doucement dans ses mains.

« C’est exactement ce à quoi je pensais ! »

Le sourire de l’immaculée s’étire un peu plus, une mimique joyeuse, pleine de bonne humeur. Et d’un appétit vorace qu’elle ne peut dissimuler. Sharrkan a l’air un peu plus sur la réserve, plus mignon. Plus doux, aussi. Il y a ces rougeurs sur ses joues que la demoiselle ne comprend pas tellement, mais elle trouve ça vraiment adorable. On dirait qu’il a vu quelque chose qui le met un peu mal à l’aise. Ou qu’il est gêné. Peut-être qu’il ne veut pas s’imposer ?

Midori décide de l’aider dans cette démarche. Elle s’approche, colle son épaule contre la sienne. Sa main descend pour attraper celle de Sharrkan, qu’elle serre doucement avec ses menottes chaudes. Toute excitée, l’albinos utilise son autre main pour indiquer le premier stand de leur aventure culinaire : un stand de brochettes. L’odeur des épices et des légumes grillés titille son nez d’ici, alors il est impossible qu’ils ne passent pas par-là.

« Apparemment, il fait les meilleures de tous le pays. On dit que son assaisonnement est inimitable et que ses poivrons sont tellement bons que même les plus jeunes adorent en manger ! »

L’art de vendre les produits, les siens, comme ceux des autres. Midori remue la tête de gauche à droite, impatiente. Elle impulse un premier mouvement, en tirant légèrement sur la main de Sharrkan pour l’emmener avec elle. Pendant la route, même si elle est courte, elle lui glisse un petit quelque chose.

« Pour me faire pardonner de t’avoir bousculé, je veux bien te payer les brochettes ! »

Un sourire grand comme un croissant de lune illumine son visage. C’est la première étape, la plus importante de toutes. Elle ne veut pas fidéliser le client, elle veut simplement mettre cette nouvelle rencontre à l’aise. C’est tout de même elle, la malade, la tête dans le gaz et les idées peu claires, qui lui est rentrée dedans. Il pourra dire l’inverse, Midori n’acceptera aucune contestation. C’est elle, le bulldozer. Un peu parce que ça lui plaît bien, aussi, de se considérer comme ça.

Arrivée au stand, elle observe toutes les brochettes qui cuisent dans une mélodie qui éveille son estomac. Il se met à chanter, lui aussi, dans un gargouillis sonore qui la fait rougir comme une tomate.

« Eh bien, euh, je crois que j’ai un petit creux ! », dit-elle, rieuse.

Mieux vaut en rire, qu’en pleurer. Et puis, Midori voit le bon côté de la chose : si son estomac est aussi vide, elle va pouvoir manger beaucoup. Énormément, même. Elle se serre un peu contre Sharrkan.

« On va pouvoir grignoter à chaque stand de nourriture, je pense. »

Un murmure, pour ne pas que le vendeur l’entende. Il tenterait de lui faire manger encore plus de choses, alors que l’albinos veut goûter tout ce qu’il y a au festival. Oui, absolument tout.

« Je te laisse choisir en premier ! »

Honneur aux invités, toujours !

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Sharrkan
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Ven 31 Jan 2020 - 18:49
Les traits de Sharrkan se détendent et il rend largement son grand sourire à Midori. Elle ne cache pas son excitation d'aller manger alors peut-être que lui aussi peut montrer un peu plus d'enthousiasme, même si on lui dit souvent que ce n'est pas poli. Pourquoi ce serait impoli de se jeter sur la nourriture ? Tout le monde a besoin de manger, tout le monde aime manger ; ça ne sert à rien de faire semblant que ce n'est pas vrai. Alors il sourit à Midori, parce qu'il sait qu'elle ne lui en tiendra pas rigueur.

Leurs épaules se touchent, et le premier réflexe de Sharrkan est de s'éloigner un peu, pour ne pas envahir son espace personnel, ne se doutant pas que c'était fait exprès jusqu'au moment où il sentit sa main attraper la sienne. Il sursauta légèrement, avant de serrer à son tour cette main chaude et douce. Puis il paniqua, parce qu'il n'aimait pas qu'on lui tienne la main habituellement. Un jour, il avait entendu quelqu'un dire qu'une main chaude signifiait un cœur chaud. Mais ses mains à lui étaient toujours fraîches, même en plein été. Il ne voulait pas que Midori croit qu'il avait un cœur froid à cause de ses mains... La chaleur, c'était un peu son truc à lui. Il pouvait un peu tricher, non ? Lui il savait, que son cœur n'était pas froid. Il ne savait juste pas pourquoi ses mains disaient le contraire. Alors doucement, il augmenta la température dans ses mains, jusqu'à ce qu'elles soient aussi douces que celles de Midori.

Il se laisse entraîner jusqu'à un stand de brochettes. Il acquiesce quand Midori lui propose de payer les brochettes, même s'il n'est toujours pas convaincu d'être la victime dans l'histoire. Cette bousculade, c'est même la meilleure chose qui pouvait lui arriver. S'ils ne s'étaient pas rentrés dedans, il serait encore assis sur son tabouret à attendre la fin de la journée. Mais il acquiesce simplement, parce qu'il n'a pas envie de se disputer avec sa nouvelle amie, surtout pour si peu. Et il y a tellement de stands de nourriture qu'il pourra lui retourner la faveur dix fois s'il a envie.

C'est bizarre, comme les anciens l'appellent tête de mule, sale caractère, alors qu'en présence de Midori il se sent tout intimidé. Sûrement parce que sa personnalité à elle est encore plus forte, et parce que elle est à l'aise avec les inconnus. Lorsqu'il entend son ventre faire des bruits, il lui sourit simplement et lui dit :

« - Moi aussi. »

A son tour de commander. Il y a des dizaines de brochettes et toutes sentent délicieusement bon, le choix est difficile. Les brochettes de scorpion sont ses préférées, mais le poivron entre chaque morceau le fait hésiter. D'habitude, il n'aime pas vraiment ce légume, mais il fait confiance à Midori. C'est celle-ci qu'il choisit, n'oubliant pas de remercier son amie de lui offrir.
Mais bien sûr, quelques brochettes ne sont pas suffisantes pour les satisfaire et le dernier morceaux en bouche, ils réfléchissent déjà à leur prochain repas. Il finit bien sûr ce qu'il a dans la bouche avant de parler.

« - Il y a un stand de curry qui sert des mini-portions, ce qui est trop bien parce qu'on peut goûter plein de goûts différents sans trop manger ! On peut aller voir ça, si t'aimes aussi le curry. Et euh... cette fois c'est moi qui t'invite... pour te remercier de passer la journée avec moi. »

A nouveau, il sent la chaleur lui monter au visage et détourne le regard plus loin. Pourquoi est-ce aussi difficile de la regarder dans les yeux ?

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Hideaki Midori
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Dim 2 Fév 2020 - 1:18
le festival des marchands;


Froide main contre sa chaude paume. Une sensation qui lui donne un frisson, mais ne lui fait pas lâcher prise pour autant. Sharrkan, c’est son ami du jour. Celui qu’elle emmènera jusqu’au bout du festival, avec des bâtons pour se soutenir s’il le faut. Il est arrivé sur son chemin comme une étoile filante. On ne l’attend pas, mais on est content de la voir. Qu’il la suive, comme ça, malgré sa maladie et son air ronchon lui fait plaisir. Elle a l’impression d’être tombé sur quelqu’un d’exceptionnel. Ce ne sera peut-être que pour aujourd’hui, mais aujourd’hui sera rendu spécial. C’est déjà très important.

Les gargouillis de leurs ventres leur arrachent un sourire complice. Celui de Midori semble plus doué pour se manifester, apparemment, mais ce n’est pas grave. Ça ne fera que plus d’argent pour les commerçants et plus de délices pour leurs estomacs. Quand elle voit l’état des brochettes qui lui font face, l’albinos est très contente d’avoir un appétit féroce. Il y en a tant ! Et ce n’est que le premier stand ! Qu’est-ce qu’il y a d’autre à se mettre sous la dent ?

Les prunelles incandescentes se baladent sur chaque brochette, observent avec attention. Il y en a une, là, celle de chameau, qui l’attire plus que les autres. L’odeur de la viande caresse ses narines. Il y a l’air d’avoir une belle dose d’épices, avec des poivrons et des tomates cerises. Si elle n’était pas bien élevée, Midori en aurait bavé. Ce petit filet inconscient, là, qui déborde de sa lèvre et s’échoue sur son menton. Mais non. C’est une fille coquette, propre sur elle. C’est une fois qu’elle a la brochette dans la bouche que le spectacle commence, pas avant. Il paraît que manger n’importe comment n’est pas réprimandé, au contraire, paraît que ça veut dire que c’est bon !

Les joues de Midori rosissent de joie. Elle en a plein la figure, tout autour des lèvres, un peu sur le nez aussi. Ça pique, un peu. C’est peut-être ça qui colore son visage, aussi. Mais c’est diablement bon. Une fois sa première aventure terminée, l’albinos dégaine deux mouchoirs en tissu de sa poche, un rose avec d’innombrables arabesques blanches et un blanc, plus neutre, aux motifs similaires à de la dentelle. Elle en tend un à Sharrkan, avant de s’essuyer la bouche.

Ah, une fois le festin terminé, il faut redevenir une princesse.
Proprette comme un sou neuf, il est temps de repartir s’exploser l’estomac !

Midori observe son partenaire aux cheveux blancs comme les siens. Il propose le stand de dégustation de curry, qui sert des portions plus petites. Idéal pour en goûter davantage, comme il dit ! L’immaculée hoche vivement la tête. Pour le paiement, elle ne relève même pas. S’il veut payer à son tour, elle ne refusera pas. C’est une question de respect, un peu, aussi. Un sourire étire ses lèvres.

« C’est d’accord ! Cette fois, c’est moi qui te suis ! »

Sa main se cache au creux de la sienne, légèrement plus grande. Elle la serre, plus fort que tout à l’heure. Ses prunelles se posent sur les joues de Sharrkan, elle l’observe un instant. Arrivés devant le stand, elle détourne le regard, se laisse tenter. C’est beau, c’est brillant.

« Ça a l’air boooooon … », souffle Midori.

La poigne de sa menotte sur celle de son ami se resserre davantage. Elle a envie de lui dire de regarder, de sentir, de plonger lui aussi au paradis des épices, mais il y est déjà ! Ils y sont, ensemble ! Tous les deux face à cet univers à part entière, merveilleux, où les papilles s’excitent rien qu’à l’idée de dévorer tout ce qui se trouve là. Midori trépigne. Qu’est-ce qu’elle va choisir en premier ? Comment se décider, quand il y a tant de choses à manger ? Elle observe longuement. Le marchand les regarde, leur explique que la formule fonctionne par trois. Ils ont donc le droit de choisir trois variétés, qui seront alors comptées en une seule note. Il ne faut pas plus d’explications à la demoiselle pour faire son choix !

D’abord, un curry rouge, ensuite un curry avec plein de légumes différents, noyés sous une épaisse couche de sauce jaune, puis un curry entièrement constitué de viande. Comme ça, il y en a pour tous les goûts.
Le vendeur a l’air aux anges. Ce n’est pas tous les jours qu’il en croise des aussi enthousiastes. Et c’est encore moins commun de servir la fille d’Hideaki Tensai.
Midori récupère les trois petites portions, qu’elle dévore du regard. Une mise en bouche impressionnante. La bave dégoulinerait de partout. Elle inspire.

« Ooooh … »

Un sifflement, qui prépare la suite des opérations.

« Pour la suite, je propose qu’on aille dans un stand de thé ! Histoire de boire un petit peu et reprendre des forces pour ce qui arrive ! »

Un grand sourire. En un rien de temps, les trois portions ont disparu, englouties par l’albinos. Aucune gêne, aucune honte. Elle nettoie correctement, doucement, minutieusement ses lèvres, ses joues, s’assure d’avoir tout enlevé de son visage. Une fois complètement propre, Midori dépose ses prunelles sur Sharrkan, une fois de plus.

« Dis Sharrkan, pourquoi tu rougis parfois ? »

Une question lancée sans aucune délicatesse, avec une curiosité candide. Elle ne se rend pas compte de l’impact qu’elle peut avoir. Après tout, c’est vrai ça, pourquoi il rougit, Sharrkan ?

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Mar 4 Fév 2020 - 23:21
La journée était passée à une vitesse folle, bien plus vite qu'il ne l'aurait voulu. Ce qu'il aurait souhaité, c'était arrêter le temps ou au moins le ralentir. Faire que cette journée dure le plus longtemps possible. Tout se passait tellement bien ! Pourquoi le festival ne pourrait-il pas durer toute la vie ? Tout le monde avait l'air heureux, tout le monde souriait. Et Sharrkan plus que personne.

Ils avaient passé une journée formidable, passant de stand en stand jusqu'à ne plus pouvoir avaler quoi que ce soit, faire toutes les activités jusqu'à tomber d'épuisement. Jusqu'à se retrouver tous les deux là, assis sur un banc à l'écart du bruit et de la foule, observant les étoiles apparaître les unes après les autres dans le ciel sombre.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Et d'un côté, il comprenait. Il fallait que ce moment reste unique pour qu'il ait autant de valeur. Même que... il pourrait vivre comme ça tous les jours, pour toujours. Il en était sûr.

Il regardait avec angoisse la nuit tomber sur leur petit monde, sachant bien ce que ça signifiait. Si avant le crépuscule était le moment qu'il attendait le plus avant, pendant le festival, c'était celui qu'il redoutait le plus aujourd'hui. Il avait eu le droit de passer la journée seul, mais il savait que la fin approchait. Bientôt, il faudrait remballer les stands et rentrer à la maison, retourner à la vie de tous les jours.

Il était face à un dilemme. Est-ce qu'il devait maintenant aller rejoindre ses parents, ou attendre qu'on vienne le trouver quitte à subir une humiliation devant sa nouvelle amie ? Mais il ne pouvait se résoudre à partir comme ça, sans raison. Il voulait profiter de chaque précieuse seconde passée ici. L'air se faisait plus frais, mais grâce au Shakuton, ils pourraient rester dehors toute la nuit s'ils le voulaient. Il pourrait faire en sorte que Midori n'ait jamais froid.

Ils étaient assez loin de la fête pour ne pas avoir le bruit assourdissant dans les oreilles, mais suffisamment près pour avoir un bruit de fond réconfortant. Ils ne parlaient pas, mais ils n'en avaient pas besoin. Ils pouvaient rester silencieux, à contempler le désert ou le ciel, sans que ça devienne gênant. Sharrkan repassait les moments de la journée dans son esprit avec un sentiment assez étrange dans le ventre et dans la gorge.

Quand ils s'étaient bousculés, au tout début, en s'excusant mutuellement. Quand il était passé devant les stands de ses parents avec un sentiment de liberté comme il n'en avait jamais connu avant. Quand elle avait pris sa main doucement, pour la première fois. Toutes les bonnes choses qu'ils avaient mangées. Quand ils étaient allés voir de plus près le stand de la famille Hideaki et qu'il avait observé attentivement chacun des cristaux. Quand il avait renversé son bol de soupe froide sur lui-même et qu'il avait été obligé de laver son haut dans la fontaine. Quand elle lui avait demandé pourquoi il rougissait et qu'après avoir bégayé n'importe quoi, il avait fini par dire que c'était à cause de la chaleur parce que lui non plus ne savait pas pourquoi.

Et soudain, tout s'arrêta. Il ne reconnaissait que trop bien la silhouette qui s'avançait dans leur direction. Paniqué, il sauta sur ses pieds avant de constater qu'il tenait encore la main de Midori. Ils s'étaient tenu la main si souvent dans la journée que maintenant, c'était plutôt le manque de contact sur sa paume qu'il trouvait étrange. Mais il devait réagir, vite. Pas qu'il ne voulait pas que sa mère rencontre Midori, non, plutôt le contraire. Il était sûr qu'elle lui raconterait des trucs pour lui mettre la honte, comme elle le faisait à chaque fois.

Il avait eu plein de temps pour réfléchir comment lui dire au revoir mais il n'était arrivé à aucune solution. Alors, sur l'impulsion du moment, il se laissa porter par ses émotions et son instinct. Tenant encore la main de son amie dans la sienne, il la porta délicatement à son visage et déposa un léger baiser sur ses doigts. Il regarda une dernière fois ses yeux rubis puis il déclara simplement, avec un sourire :

« - À bientôt, Midori. »

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Hideaki Midori
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Lun 10 Fév 2020 - 1:31
le festival des marchands;


Il était parti. C’était allé si vite.
Les mémoires d’une petite fille, qui ne se souvient plus trop bien des circonstances, qui a juste vu son nouvel ami s’envoler. Une disparition surprenante, inattendue. C’est arrivé d’un coup, paf. Un baiser déposé sur ses doigts, puis plus rien. Une promesse d’avenir, soufflée en quelques mots.
Une incertitude.

Puis des années à réitérer le même rituel, à se retrouver, là, au festival des marchands.

Des années, encore, jusqu’à ce jour-là. Ce jour où, Midori s’en souvient encore, tout a changé. La fin des habitudes, la fin des retrouvailles. La fin d’une ère.
Dis, reviendras-tu un jour ? Une question terrifiante, au départ, parce qu’elle n’avait pas de réponse. Ces interrogations laissées en suspens, qui font plus mal qu’on ne l’imagine. On pense qu’on peut les mettre de côté, vivre sans, faire avec. Mais on se rend compte que rien ne comble le manque, jamais. Si le mythe dit que personne n’est irremplaçable, alors le mythe en est bel et bien un.

Mais il faut raconter ce qui s’est passé ce jour-là. Le dernier jour de leur première vie, le premier de la nouvelle. La scission entre le passé et le présent.

C’est au festival des marchands, comme toujours. Alors que les festivités battent leur plein, que les stands sont encore plus nombreux, encore plus grands, Midori se balade pour trouver quelque chose à grignoter. Aujourd’hui, elle est à la fois vendeuse et cliente, simplement pour le plaisir de ses beaux yeux. Il faut bien profiter des bonnes choses.

Elle progresse dans la foule, salue les passants, oriente les clients. C’est la folie, chaque année, c’est la même chose. Ils viennent dépenser un budget faramineux, à croire qu’ils mettent de côté juste pour cette occasion, tous les ans. Un rituel pour eux aussi, au final.

Arrivée devant le stand de curry, le vieil homme lui adresse son plus beau sourire. À force de la voir tous les ans, il commence à la connaître. Il est un peu étonné qu’elle ne soit pas avec son petit-ami. Une phrase qui la fait rougir. Son quoi ? Elle le rectifie. Sharrkan, Sharrkan. Dire autre chose serait étrange, non ? Au fond, l’idée ne l’a jamais effleurée. Midori n’est pas de ceux qui réfléchissent à ce genre de choses, elle se contente de travailler avec la matière qu’on lui donne, puis elle voit ce qu’elle peut en faire, ce que ça donne.

Mais Sharrkan, son petit-ami ?
Ses joues s’empourprent de plus belle.

Elle fait signe au marchand puis se retourne. Ils se retrouvent aujourd’hui devant la fontaine, comme d’habitude. Midori a mis une robe blanche légère, avec de la dentelle au col. Un ruban rose en soie y est attaché, noué au dos dans un nœud tout fin, qui laisse pendre deux bandelettes, semblables à une queue. Beaucoup de blanc, beaucoup de rose, dans une tenue qui se termine avec de jolies sandales blanches, parfaitement adaptées aux températures du désert.

Armée de deux portions de curry, pour démarrer cette journée de la meilleure des manières, elle attend Sharrkan.

Mais, vraiment … Son petit-ami ?

Non, non, non. Ce n’est pas ça. Ils sont amis d’enfance, ils s’adorent. Ça ne pourrait pas être autre chose.
Midori inspire. Faire redescendre le rouge sur ses joues. Ne pas commencer en étant gênée. Ce serait bizarre. Un grand sourire, une joie de vivre authentique. Ça va aller.

Pas son petit-ami.

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Dim 16 Fév 2020 - 23:45
L'année suivante, à la même date, Sharrkan avait eu le droit de se promener seul au festival des marchands. Il avait pris ce droit de force l'année d'avant mais finalement, ses parents s'étaient rendu compte qu'il était bien assez grand pour s'occuper de lui-même. Et bien sûr, il ne pensait qu'à une chose : revoir Midori. Il n'était pas vraiment serein cette fois-là... Il ne savait pas comment réagir au moment où il la verrait. Ils ne s'étaient vu qu'une seule journée en un an, peut-être qu'elle l'aurait oublié depuis le temps. Lui ne l'avait pas oubliée en tout cas. Il pensait à elle de temps en temps, surtout lorsqu'il voyait une jolie pierre précieuse.

Mais tout s'était fait naturellement. Ils s'étaient retrouvés comme s'ils ne s'étaient jamais quittés, comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Comme si les mots ne leurs étaient pas nécessaires pour communiquer. C'était simple, d'être ensemble. C'était agréable.

Les années passèrent mais le point de rendez-vous resta le même. Et Sharrkan n'aurait manqué ça pour rien au monde - ou presque... Cette année, leur journée laissait un drôle de goût dans la bouche, une drôle de sensation dans le ventre. La chaleur n'était plus agréable ; elle était étouffante. Cette journée ne s'annonçait pas aussi ensoleillée que d'habitude, elle était comme couverte d'un voile gris, d'une ombre triste. Mais Sharrkan secoua la tête pour chasser ces pensées mélancoliques, il ne devait pas gâcher cette dernière journée.

Il fut surpris de trouver un stand de fleurs fraîches sur son chemin. Elles avaient été cueillies ce matin-même, à la frontière d'Hayashi no Kuni. Ce n'était pas difficile à croire, il n'y avait pas de telles fleurs dans le désert. C'était déjà étonnant qu'elles aient survécu au trajet. Sharrkan sortit ses économies pour estimer son budget. Il lui fallait garder assez de monnaie pour pouvoir manger toute la journée, comme à chaque fois. Même en gardant de la marge, il avait bien assez pour acheter un des rares bouquets encore présent sur le stand. Pourquoi dépenser de l'argent pour quelque chose qui serait mort dans quelques heures ? Pour Midori, bien sûr. Pour personne d'autre.

Il la vit devant la fontaine. Elle était de dos, mais ça avait suffit à son coeur pour manquer un battement. Elle portait une robe immaculée, décorée d'un ruban rose. Avec ses cheveux d'albâtre, on aurait dit un ange. Elle illuminait tout autour d'elle. Il n'aurait même pas été choqué de voir des ailes lui sortir du dos. C'était comme si la foule n'existait plus, comme s'il n'y avait qu'elle. A tel point qu'il ne remarqua qu'au dernier moment qu'il avait mis le pied dans la fontaine.

Il reprit rapidement ses esprits, souffla quelques fois et arrangea ses cheveux dans le reflet de l'eau. Crispant ses doigts autour du bouquet, il s'approcha le plus discrètement possible de la manieuse de cristal, s'approchant assez près dans son dos pour pouvoir mettre la main devant ses yeux.

« Devine qui c'est ? » dit-il, le sourire aisément perceptible dans sa voix.

Non, tout était comme avant. Rien n'avait changé, ils étaient toujours les deux gosses prêts à faire les quatre cents coups au festival des marchands. Avec sa main libre, il plaça le bouquet juste sous ses yeux avant de lui rendre la vue. Avec ses bras comme ça, on aurait presque dit qu'il l'enlaçait. Il était tellement proche qu'il pouvait sentir le doux parfum de ses cheveux. Si près qu'en se penchant un peu, il pourrait embrasser la peau pâle et douce de ses épaules, de son cou...

Non ! Seulement des gosses. Des amis d'enfance. Rien de plus.

« De jolies fleurs des bois, pour la plus jolie fleur du désert. »

Mais sa bouche n'avait pas l'air d'avoir envie de coopérer. La journée s'annonçait plus compliquée que prévue...

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Hideaki Midori
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Mer 19 Fév 2020 - 4:03
le festival des marchands;


L’obscurité, d’un seul coup. La fraîcheur de sa main contre son visage. La douce odeur de sa peau, mêlée à une autre, plus forte, savant mélange de plusieurs fleurs. Des fleurs ? Midori retient sa respiration. Bien sûr qu’elle sait à qui appartient cette main. À qui appartient cette voix. À qui appartient la silhouette derrière la sienne, qui fait bondir son cœur. Aujourd’hui est un jour de grande tradition, le fameux jour de l’année où les deux amis se retrouvent. Oui, oui, amis. Ni plus, ni moins. La nuance est importante. C’est le jour du festival des marchands, il allait forcément venir la retrouver. C’est pour ça qu’elle a choisi ces vêtements, d’ailleurs. Aussi confortables que jolis à regarder. Pour briller dans ses yeux, une année de plus, même si ce n’est que pour un jour. Faire battre le cœur de son … ami ?

La main disparaît, dévoile un magnifique bouquet de fleurs. D’innombrables couleurs mélangées les unes aux autres. Un cadeau rare, dans le désert, un trésor d’une valeur inestimable. Midori pose la main sur celle de Sharrkan, sur laquelle elle tire doucement pour approcher les fleurs de son visage. Les yeux clos, l’albinos inspire longuement pour graver le parfum dans sa mémoire. Il y a des marguerites, du jacinthe et du genêt. Un peu de lilas, aussi, pour donner une touche de fraîcheur à la composition. Au milieu trône une rose pâle, aux pétales fragiles. Comme si elle venait de s’ouvrir au monde. Certaines autres variétés lui sont inconnues, mais elles sont toutes plus resplendissantes les unes que les autres.

Midori relève la main le long du bouquet, pour le saisir et le garder. Elle fait volte-face, se retrouve nez à nez avec Sharrkan, si près. Beaucoup trop près. Elle inspire brusquement, son cœur manque un battement. Ses joues virent au rouge foncé à une vitesse surprenante. Pourtant, contrairement à son habitude, l’albinos n’effectue aucun mouvement de recul. C’est plutôt l’inverse qui se produit, d’ailleurs. Pour cacher sa gêne, elle vient se blottir tout contre lui, la main tenant le bouquet dans le bas de son dos.

« Merci. »

Le mot parvient à trouver son chemin, haché par un bégaiement qu’elle tente de noyer en restant tout contre lui. Son ami, son ami, son ami. L’image se grave dans sa tête, mais elle n’y trouve pas sa place. Plus elle y pense, moins cette appellation semble faire sens. Et s’il était plus ? Si, finalement, cette barrière de l’amitié ne pouvait plus exister, pour des raisons qu’elle ne s’explique pas ?

Pour éviter que l’accolade ne paraisse étrange, Midori l’interrompt. Consciente d’instaurer un malaise si elle l’avait fait brutalement, elle a pris le temps de reculer doucement, sans brusquer Sharrkan. Ses prunelles vont timidement chercher les siennes.

« Merci pour les fleurs. Elles sont très jolies. »

Le sourire sur ses lèvres est rendu presque invisible par la couleur de ses pommettes. C’est insoutenable, toute cette chaleur sur son visage. Elle ne sait plus quoi en faire.
Pour éviter de perdre la face, l’albinos vient chercher la main de son ami, comme toujours. Elle laisse la sienne disparaître dans la grande paume de Sharrkan. Il a bien grandi, depuis la première rencontre. C’est davantage un homme, maintenant. L’enfance lui paraît si lointaine.

« On y va ? »

Guillerette. Midori semble avoir effacé toute la gêne qui s’était emparée d’elle. Il est important de rester droits, de profiter au maximum de cette journée. C’est le festival ! Le plus beau jour de l’année, celui où elle fait exploser son estomac en profitant du soleil, du sourire des vendeurs et, surtout, de Sharrkan. En parlant de son estomac …

« Ah ! Au fait ! »

Les neurones reconnectent. Suspendu à son bras se trouve un petit sac, où se trouvent les deux portions de curry. Son visage s’empourpre de nouveau. Tellement perturbée qu’elle en a oublié son propre cadeau. Si on peut appeler ça un cadeau, évidemment.

« J’avais pris ça, pour qu’on mange devant la fontaine avant d’attaquer … »

Timide. Elle lève doucement le bras pour montrer le contenu du sac. Perdue, Midori enchaîne, sans trop savoir.

« Enfin, euh … On n’y est pas obligés, si tu préfères qu’on fasse autre chose, je … »

Les mots s’emmêlent, se perdent, ne font plus aucun sens. Elle détourne le regard.

Ami, hein ? Rien n’est plus incertain, d’un seul coup.

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Mer 26 Fév 2020 - 16:00
Et soudain, ils se retrouvent face-à-face, leurs bustes à seulement quelques petits centimètres l'un de l'autre. Si près que toutes les alarmes dans sa tête se déclenchent. Elle lève son visage vers le sien et il se perd dans ses yeux écarlates. Comme à chaque fois qu'il plonge son regard dans le sien, les secondes cessent de s'écouler. Dans ces moments-là, Le temps et l'espace lui semblent être des concepts très abstraits. Il se perd dans ses opales incandescentes, mais le chemin lui semble tout tracé.

Le contact visuel s'arrête et le charme est rompu. Il se souvient soudainement d'où il est, il entend tous les bruits du festival. Mais surtout, il sent la silhouette frêle de la belle se blottir contre lui. Il sent des étincelles parcourir son épiderme à chaque endroit où leurs peaux se touchent et son cœur se met à battre plus fort, comme si lui aussi voulait se mettre le plus près possible de Midori. Sharrkan la serre un peu plus dans ses bras et sans réfléchir, il se permet d'effleurer sa nuque du bout de ses doigts. L'électricité s'amplifie, il en voudrait plus, mais ce n'est pas raisonnable. Il a l'impression d'avoir déjà dépassé la limite qu'il s'était imposée.

Ils se séparent, ce qui lui permet d'observer un peu mieux son amie. Ces couleurs sur son visage de poupée lui vont si bien, et Sharrkan ne peut s'empêcher de sourire. Aucune trace de moquerie dans cet acte, seulement de l'honnêteté, de la tendresse et quand même, un soupçon de fierté. Il se rappelle très bien du temps où c'était elle qui le faisait rougir à chaque fois qu'elle le regardait. Et elle a aimé les fleurs. Il leur lance un regard et cette fois-ci, il se promet de tout lui avouer avant qu'elles ne fânent. Tout ? Non, c'est impossible. Seulement le nécessaire.

Elle aussi a prévu un cadeau. L'odeur de curry arrive jusqu'à ses narines, et il sourit à nouveau. Sur ce plan là, Midori n'a pas changé : elle ne perd pas de vue ses objectifs. Mais la situation bascule à nouveau. Elle cherche ses mots, elle détourne le regard, elle lui demande s'il ne préférerait pas faire autre chose. Les mots résonnent dans son esprit et sa dernière barrière s'effondre.

Il s'approche de Midori, glissant un bras autour de sa taille. Il la presse doucement contre son torse, puis sa main libre effleure sa joue, écartant les mèches de son visage. Le Kazejin l'observe une seconde et dans ses yeux brille une ardeur nouvelle, effaçant toute trace d'amitié. Il chuchote son nom doucement, sa voix se faisant plus rauque, presque plaintive. Et enfin, il effleure ses lèvres des siennes, d'abord doucement, tendrement, et puis...

Non, non ! Sharrkan secoua la tête. Il avait envie de se mettre des gifles, d'imaginer des trucs pareil tout en se tenant face à elle. Revenant brutalement à la réalité, il remarqua que son amie attendait toujours sa réponse, les deux portions de curry toujours à son bras. Il chassa de son esprit les dernières images de son fantasme.

« Manger avant d'attaquer et d'aller encore plus manger ? Je n'aurais pas trouvé mieux. »

Blaguer pour détendre l'atmosphère comme d'habitude. Mais surtout pour lui laisser quelques secondes de répit, pour lui permettre de reprendre pied. Se ressaisir.

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Hideaki Midori
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Jeu 27 Fév 2020 - 3:28
le festival des marchands;


Une accolade partagée. Il la serre, la maintient contre lui. Il y a ses doigts sur sa nuque, qui l’effleurent à peine. Il n’ose pas la toucher, comme s’il allait la casser. Ou peut-être pour une autre raison. Son odeur, la fraîcheur de sa peau, la douceur de son épiderme. Toutes ces sensations laissent dans l’esprit de Midori une confusion difficile à ignorer, difficile à dépasser. Elle aimerait qu’il soit plus près, encore. Qu’elle puisse l’irradier de sa chaleur, pour que ce ne soit pas juste dans ses mains. Mais s’il s’approche, que se passera-t-il ? Le doute est légitime, certes, mais aussi terrifiant. Elle a peur que la barrière se brise, que ses désirs ne soient pas partagés ou, simplement, que ce soit dysfonctionnel. Des « Si » qui détruisent son monde, l’empêchent d’avancer.

Sharrkan est son ami. Il n’est rien de plus. Tout le reste n’est que la force de leur amitié, forgée à travers ces années passées côte-à-côte. Ces années de tradition, d’échange. Oui, c’est évident, c’est pour ça qu’ils sont si proches. Parce qu’ils sont d’excellents amis, parce qu’ils ont partagé tant de bons moments ensemble. C’est une évidence.

Oui, hein ? Une évidence …

Il laisse un instant avant de lui répondre. Midori fait en sorte de ne pas s’effondrer. Le cadeau ne lui plaît pas. Le curry pour débuter la journée n’est pas une bonne idée. Au fond, c’est vrai, ce n’est pas aussi bien que les fleurs. C’est même franchement moins bien que les fleurs.
Elle se ratatine de plus en plus, noyée sous l’impression d’avoir mal fait. Réduite en bouillie par le poids de ses doutes. C’est une bêtise, une bêtise, une bêtise. Elle s’est trompée du tout au tout, il aurait fallu faire autrement, choisir autre chose. Quelque chose d’aussi bien qu’un bouquet.

Et il met fin à la torture. Une blague. Ça n’a l’air de rien, mais ça refait l’univers de l’albinos. Tout se reconstruit d’un seul coup, comme si rien ne s’était passé. Un large sourire illumine son visage alors qu’elle lui tend sa portion et l’invite à la suivre, pour s’installer face à elle près de la fontaine.

« Oui ! Il paraît que l’appétit vient en mangeant, alors autant commencer par-là ! »

Midori émet un rire sonore, sincère. Toute sa nervosité s’est envolée, instantanément. Il n’y a plus aucune pensée négative dans son esprit, seulement l’assurance de passer une bonne journée. L’impression que rien ne pourra lui arriver aujourd’hui. La tradition du festival des marchands, gravée dans leurs esprits à tous les deux, la date où tout va bien, où tous les problèmes s’effacent. Où, pour une fois dans l’année, il n’existe plus rien à part … à part eux deux. En toute amitié, évidemment.

La crinière blanche plonge avec joie dans le curry, qu’elle dévore rapidement. Le chef cuisinier n’a fait que parfaire sa recette au fil des années. Sa viande est encore meilleure, les épices font pétiller la sauce sans la rendre trop piquante. Tout est suffisamment relevé pour plaire aux papilles.
Satisfaite, Midori range la petite barquette dans le sac quand elle a fini. Ses prunelles se déposent sur Sharrkan, qui ne s’est pas fait prier pour manger. Les traditions, encore, toujours.
En l’observant attentivement, la Kazejin remarque une tache sur le coin de sa lèvre. De la sauce. Sans même s’en rendre compte, elle s’approche de lui, tend la main pour la poser sur son visage. Du bout de l’index, Midori récupère le curry, avant de le mettre dans sa bouche, le tout, dans un mouvement parfaitement inconscient. Un large sourire étire ses lèvres.

« Tu ne sais pas manger, Sharrkan ! »

Elle se met à rire, jusqu’à comprendre. Ses yeux s’ouvrent comme des billes, écarquillés. Est-ce que ça aussi, c’est de l’amitié ? Jusque-là, oui, normalement. Enfin, c’est ce que font les amis, n’est-ce pas ? Quand ils sont très proches, peut-être même quand ils le sont un peu moins. D’un seul coup, Midori se remet à douter. Elle rougit, détourne le regard.

« Oh, euh. Tu voulais peut-être … le garder pour toi … »

Et c’est la glissade. Elle ne sait plus où ses pieds se posent, ni dans quelle direction elle marche. Tout tourne dans sa tête, plus rien ne fait sens. Ce qu’elle vient de dire est parfaitement illogique, voire même stupide. Ça ne paraît pas normal venant de Midori, ou peut-être. Elle n’en sait rien.

Pour chasser son malaise, l’albinos se redresse brusquement, remet sa robe en place et regarde face à elle, au-delà de Sharrkan.

« Hum. Nous … Nous pouvons commencer le festival, je pense … »

Elle lève la tête, se mord nerveusement la lèvre inférieure. Ses doigts se triturent les uns les autres, dans des mouvements chaotiques.

« Tu … tu préfères faire quoi en premier ? »

Alors que dans son esprit les appels à l’aide pleuvent par milliers, Midori tente de garder la face. Et c’est la bataille la plus compliquée de toute son existence.

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Sam 29 Fév 2020 - 19:55
Sharrkan ne se fait pas prier pour dévorer sa portion de curry. Il aurait envie d'y plonger, de s'y noyer même. Il ne comprend pas pourquoi il imagine des trucs comme ça, pourquoi il n'arrive pas à contrôler ses pensées malgré toute la volonté qu'il y met. Et il a honte, un peu. Ça ne se fait pas. On n'imagine pas des trucs comme ça avec ses amis, même si c'est très innocent. Et pourtant, ce serait facile d'imaginer moins innocent. Beaucoup moins, même... Mais il se l'interdit. Ça, c'est vraiment le summum de l'hors-limite. Et il est prêt à plonger la tête dans la fontaine, si c'est ce qu'il faut.

Alors il se concentre sur tout ce qu'il peut, tant que ce n'est pas Midori. La sauce du curry est vraiment bonne, d'ailleurs. La recette s'améliore d'années en années, tout comme cette journée. Il mange le plus vite possible, sans prendre le temps de refroidir le plat avant. Il se brûle même un peu, mais la douleur sur sa langue l'aide à se concentrer. Les morceaux de viande sont vraiment bons ! Et le bol, ce n'est pas le même que celui de l'année dernière, si ? Non, celui d'avant était plus basique, celui-là a des petites décorati-...

Un geste, il aura suffit d'un geste d'elle pour ébranler tous les murs qu'il était en train de bâtir dans son esprit. La bouche entrouverte, les yeux écarquillés, il la regarde faire. Il voit l'index de Midori tâché de curry, il sent les picotements sur le coin de sa lèvre, là où elle a posé son doigt. Et il la voit porter son doigt à ses propres lèvres, dont il ne peut plus détourner le regard, comme hypnotisé. Il la voit rire, il la voit rougir, mais lui ne peut plus réfléchir.

Abandonnant toute forme de raison, l'esprit ayant totalement laissé place à l'instinct, il ne sait plus pourquoi il ne pourrait pas aller réclamer sa part. Il pourrait directement aller reprendre la goutte de sauce qu'elle lui a chipé, il pourrait prendre bien plus. Mais ce n'est pas du curry dont il est réellement question. Qu'est-ce qu'il l'en empêche ? Il attrape le poignet de la belle. Ou du moins il essaye, mais ses doigts se referment dans le vide.

Car Midori s'est levée, lissant sa jolie robe, et c'est tout ce dont il avait besoin pour revenir à la réalité. Ce qu'il aurait fait si elle était partie une seconde plus tard... C'en est trop. S'il se perd trop loin, il n'arrivera plus à revenir sur le chemin. Et il ne veut pas emporter Midori dans sa chute. Il se retourne, et plonge le visage dans l'eau fraîche de la fontaine. Il y plonge toute sa tête, ses épaules, ses cheveux. Le contact froid sur sa nuque l'aide à se stabiliser dans la raison.
Il ne doit plus ressembler à rien, avec ses cheveux trempés. Des gouttes tombent sur ses habits. Il a l'air d'un idiot, mais au moins un idiot avec les idées claires. Et avec la chaleur ambiante, il ne restera pas mouillé très longtemps de toute façon.

« Avant d'aller au festival... Je dois te dire quelque chose. On va ailleurs ? »

C'est la meilleure décision. C'est égoïste de ne rien lui dire parce que lui-même a peur. Et ce serait égoïste de l'entraîner sur une voie sans qu'elle ne sache ce qui se passera pour la suite. Il lui tend la main, il sait où il veut l'emmener. Se tenir la main, à leur âge, ça ne se fait plus entre amis ; mais ils ne connaissent que cette façon de marcher quand ils sont ensemble.

Il l'entraîne vers leur endroit secret, qu'ils ont découvert par hasard lors du deuxième festival : une petite cour intérieure, protégée par trois façades pâles dénués de fenêtres. Sur l'espace ouvert s'étend l'immensité du désert à perte de vue. Et au milieu de cette place se trouve un banc, protégé du soleil par une tonnelle de bois. Mais ce qui marque encore plus ce lieu, ce qui lui vaudrait le nom de paradis, c'est les magnifiques glycines grimpantes qui entourent la place de toute part, entortillant leurs branches avec le bois de l'abri. Malgré les températures extrêmes, elles fleurissent chaque année en cet endroit, embellissant l'endroit de leurs centaines de petites fleurs violettes.

Et pourtant, la cour est toujours déserte, ils n'y ont jamais croisé personne ; comme si le lieu n'existait que pour eux deux.

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Mer 4 Mar 2020 - 2:38
le festival des marchands;


Le festival, vite, le festival.
Passer à autre chose, ne plus penser aux papillons dans son ventre, oublier les battements de son cœur qui ne suivent plus aucun rythme. C’est le chaos. C’est l’incompréhension. Sharrkan est un ami, il n’y a rien de plus entre eux, alors pourquoi ? Pourquoi elle a l’impression que le simple fait de mettre la main dans la sienne envoie des décharges de chaleur dans tout son corps ? Pourquoi est-ce que c’est si bien, quand il est là ? Pourquoi est-ce qu’elle souhaite, au fond, qu’il ne parte pas ? Que le festival des marchands ne soit pas le seul moment où ils se retrouvent ? Est-ce que c’est ça aussi, l’amitié ?

Quand elle se relève, un étrange bruit retentit dans l’eau. Contre toutes attentes, sans qu’elle ne comprenne pourquoi, Sharrkan ressurgit à ses côtés, la tête trempée jusqu’aux épaules. Ses prunelles le détaillent un instant. Pourquoi ? Il a trop chaud ? Il a peut-être eu peur d’avoir du curry ailleurs … Et dans ce cas ce n’est pas grave si elle lui a enlevé les quelques gouttes sur sa joue. Il n’en est pas attristé, il ne l’aurait pas mangé de toute façon. Midori se sent rassurée, d’une certaine manière.

Ils vont aller au festival et tout va bien !
Tout va bien, tout va bien, tout va bien.

Jusqu’à ce qu’il brise sa barrière. Qu’il ajoute ce stress sur ses épaules. Quelque chose à lui dire. Quelque chose d’important, à en juger par sa voix. Les tremblements dans ses intonations. Sharrkan ne parle jamais comme ça. Il est toujours tout doux, gentil, avec sa voix chantante. Alors quoi ? Qu’est-ce qu’il doit lui dire ? Qu’est-ce qui est si important pour qu’ils aient à décaler un peu le début des festivités ? Qu’est-ce qui se passe ? Midori déglutit. Elle hoche la tête difficilement, sans savoir à quoi s’attendre. Dans sa tête, c’est la foire.

Sa main serre celle de Sharrkan. Une manière comme une autre de se rattacher à la réalité. De faire en sorte qu’il ne la lâche pas, jamais. Mais est-ce que c’est vraiment ça ? Est-ce que c’est vraiment ce qui va se passer ? Après tout, il l’amène dans leur petit lieu à eux, dans leur lieu secret. Leur petite place, qui semble toujours déserte, malgré les années. Un nœud se forme dans le ventre de Midori. Elle serre plus fort, jusqu’à lâcher la main du Kazejin.

« Je t’écoute. »

Elle réalise qu’ils sont au milieu de la place, pas même assis, rien. Son estomac remonte dans ses entrailles. Le stress revient de plus belle. Que doit-il lui dire ? Faut-il qu’ils aillent sur leur banc ? Qu’ils restent ici ?
Incapable de rester immobile et silencieuse, Midori rattrape la main de Sharrkan et l’emmène sous la tonnelle, pour pouvoir s’asseoir. Elle baisse les yeux.

« J’ai pensé que ce serait mieux ici, peut-être. »

Les doutes. L’hésitation écrasante qui lui comprime la poitrine. Que doit-elle lui dire ? Que faut-il faire dans cette situation ? Et, finalement, de quelle situation s’agit-il ? Est-ce positif ? Négatif ? Que doit-il lui dire ? Qu’est-ce qui est suffisamment important pour qu’il doive faire attendre le festival ? Qu’y a-t-il aujourd’hui qu’il n’y avait pas l’année précédente ? Qu’est-ce qui a changé ? Est-ce que Midori est moins agréable ? Est-ce qu’il ne veut plus faire le festival avec elle ? La fin de leurs traditions ?

L’albinos se ratatine dans son coin, ratatinée par ses interrogations. Peut-être que ce qui lui fait si peur sera positif, finalement. Peut-être qu’il a quelque chose de doux à lui dire. Mais ce ne sera pas doux. Ça ne pourra pas être doux.

Parce qu’à ce stade, même la plus douce des nouvelles lui donnera l’impression de chuter de plusieurs étages.
On a rarement autant redouté d’entendre les mots magiques, hein ?

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Ven 6 Mar 2020 - 15:57
C'est étrange de se retrouver dans un endroit si calme alors que tout hurle à l'intérieur de sa tête. Il déteste devoir faire ça, devoir dire ça, mais il n'a plus le choix maintenant. Il aurait pu faire comme si de rien n'était et ne simplement pas apparaître l'année suivante, mais ça aurait été bien trop cruel. Imaginer Midori l'attendre près de la fontaine en vain lui déchirait le cœur. Alors, il devait lui dire. Même si ça risquait de les briser tous les deux. Une horrible vérité valait mieux qu'un doux mensonge.

Sharrkan se laisse entraîner vers le banc et sous l'ombre apaisante de la tonnelle. Sa gorge est tellement serrée qu'il n'est pas sûr de pouvoir articuler ne serait-ce qu'un seul mot. Il sait que ce qu'il va lui dire risque de changer à tout jamais la perception qu'elle a de lui ; et il ne peut le supporter. Si elle en vient à le détester, il... il ne sait pas ce qu'il fera. Il ne peut pas l'imaginer. Il prend sa main à nouveau, délicatement, et entrelace leurs doigts de la façon qu'il préfère. Peau matte contre peau d'albâtre, le contraste de leurs couleurs qui semble si... juste. Si naturelle. Comme si la nature les avaient créés pour que leurs mains s’emboîtent parfaitement. Comme s'ils étaient destinés l'un à l'autre ; c'est en tout cas ce qu'il aime s'imaginer.

Puis il la regarde, comme si c'était la dernière fois qu'il la voyait. Il voudrait graver chacun de ses traits au plus profond de sa mémoire, même s'il l'anxiété qu'elle porte en ce moment lui fait l'effet d'un coup dans le ventre. Il préférerait la voir sourire, rire comme quand elle le taquine. Ou encore son expression si confiante quand elle marchande. Mais il sait bien qu'il est la raison de sa détresse, alors il doit mettre fin à sa torture. Et il n'y a pas de bonne façon de le faire. Alors il inspire un grand coup, plante son regard dans celui de Midori et se lance.

« Je ne serai pas au festival l'année prochaine. Ni l'année d'après. Je ne sais pas quand je pourrais revenir... »

Mais il détourne les yeux, par lâcheté. Sa voix s'est brisée sur la fin de la phrase, trahissant ses émotions. Mais il ne peut en rester là, il ne veut pas qu'elle s'imagine des choses qui la blesseraient encore plus. Elle doit savoir que ce n'est pas de sa faute.

« Je pars à la fin du mois à Kaminari no Kuni pour m'enrôler comme shinobi à Kumo. Crois-moi, j'aurais préféré rester ici, avec toi. J'ai essayé... mais je n'ai pas le choix. C'est le clan qui l'a décidé. On ne m'a pas demandé mon avis. »

Kumo, le village caché nouvellement émergé. Autrement dit, le bout du monde. Il lui faudrait passer par l'Académie d'abord et en réussissant, il deviendrait Genin. Un chien à la botte de ses maîtres, lui qui chérissait tant la liberté de Kaze no Kuni. Rien que l'idée d'être enfermé par de hautes murailles le rendait malade. Il n'avait pas le choix, il l'avait dit, et pourtant... il y avait toujours le choix. Il pourrait s'enfuir, si elle acceptait de venir avec lui. Mais il ne pouvait pas lui faire ça, il ne pouvait pas l'obliger à choisir et la condamner à une vie de fuite. Et encore fallait-il qu'elle accepte de le regarder après ce qu'il allait lui avouer.

« Pourquoi moi, hein ? Pourquoi pas un autre ? Parce que ce n'est pas juste un choix de carrière ou autres excuses. C'est une condamnation déguisée. Un exil. » dit-il avec un faible sourire.

Il prend sa tête entre ses mains. Connaissant Midori, elle ne peut pas en rester là. Elle va lui demander plus d'explications. Inutile de cacher la vérité ou d'essayer de l'enrober pour la faire paraître plus douce. Malgré sa peau presque transparente, Midori est solide. Elle peut encaisser la réalité et elle la mérite. Elle doit le voir pour ce qu'il est vraiment. Il relève la tête, mais il n'ose pas la toucher. Il ne veut pas que son contact la répugne. Il ne veut pas la salir avec ses mains baignées de sang.

« Midori... J'ai tué un homme. »

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Sam 7 Mar 2020 - 3:46
le festival des marchands;


« Oh. »

Le son s’échappe, sans qu’elle ne puisse le contrôler. Cet aveu ne sera accompagné que d’une onomatopée. Midori ne sait pas quoi dire. L’an prochain, Sharrkan ne sera pas là pour profiter de la nourriture. Il ne sera pas là pour leur traditionnelle aventure entre les stands. Le marchand de curry ne pourra plus la taquiner, lui demander comment va son petit-copain. Parce que l’année prochaine, Sharrkan ne sera pas là. Rien que se le dire lui donne l’impression que son monde s’écroule. Elle a soudainement envie de vomir. Un tournis virulent, causé par le coup en pleine poitrine qu’elle vient de recevoir. Même s’il ne l’a pas touchée, même s’il n’a rien dit, il est parvenu à détruire une à une toutes ses barrières. Il a détruit en elle tout ce qu’elle pensait incassable.

Midori détourne le regard à son tour. C’est insoutenable. Pourquoi ? Pourquoi s’en aller ? Pourquoi la laisser, là, après tout ce temps ? Parce qu’il ne sait pas, lui non plus ? Parce qu’il n’a aucune idée de ce qu’il ressent et qu’il ne veut pas le ressentir ? Alors, ce serait ça ? Midori, trop nulle pour lui convenir ? Pas assez bien pour lui plaire ? Elle secoue la tête. Ça ne peut pas être ça. C’est forcément autre chose.

Il a beau lui dire qu’il aimerait rester avec elle, l’albinos en doute. S’il le voulait, il resterait. S’il ne voulait pas la quitter, il ne lui dirait pas tout ça.
La … Quitter.
Coup de couteau en pleine poitrine. Encore.
Elle inspire profondément, relève les prunelles. Mais elle a beau chercher longuement, Midori ne voit aucun dégoût sur le visage de Sharrkan. Il n’y a pas de colère, pas de haine. Il n’y a que l’ombre de ce qu’il est. Son Sharrkan, camouflé sous des couches et des couches de tristesse. L’albinos ne comprend plus. Dans le doute, elle garde le silence. Il a probablement quelque chose d’autre à lui avouer. Les raisons de son départ, par exemple.

C’est son clan. Forcément. La famille qui entre en jeu, détruit tout un univers pour en construire un autre, factice, sans écouter les désirs de son enfant. Kaminari, en plus. Kumo. Un village loin, si loin d’ici. Pour en faire un ninja, un chien aux ordres d’une hiérarchie définie de manière arbitraire. Midori se mord la lèvre, mécontente. Elle aimerait cracher sa haine, hurler sa colère à cette famille qui lui arrache son ami. Mais que faire ? Elle n’est personne, au fond. Pour ces gens, la Kazejin n’est qu’une fille comme les autres, qu’il voit une fois par an. Et puis, bon, une fois par an, c’est tellement insignifiant dans la tête des adultes. Ils ne peuvent pas comprendre. Ils n’essayeront pas.

Alors ils l’envoient loin, si loin d’elle. Pour des histoires familiales. Ça, c’est la meilleure.

Midori fait la moue, dégoûtée. Elle n’a plus envie de profiter du festival. Pour le moment, ces révélations lui ont sapé l’envie. Elle n’existe plus, au milieu de tout ça. Son existence vient de se faire effacer, comme tout le reste. Ses attaches ici passent au second plan, tout ça pourquoi ?

Parce qu’il a tué un homme. Oui. Juste pour …
Non, une seconde.

L’albinos refait le parcours dans sa tête, quelque chose cloche. Ils l’envoient si loin pour un meurtre ? Sharrkan a tué ? Sharrkan est un meurtrier ? Midori arque un sourcil, incrédule. Comment ? Pourquoi ? Que s’est-il passé ?

Alors qu’il camoufle son visage sous ses mains, l’albinos tend les siennes. Elle attrape ses doigts doucement, les retire. Son visage face au sien. Un sourire tendre étire ses lèvres. Instinctivement, la Kazejin s’approche de son ami, ses jambes au contact des siennes. Elle maintient ses mains.

« Raconte-moi tout, Sharrkan. »

L’importance de faire fi du reste. Cet aveu est le plus important. C’est tout ce qui compte. Midori inspire profondément, cherche la force en elle pour aller au bout des choses. Elle prend son courage à deux mains – sans jeux de mots – et met sa peine de côté. Dans les ténèbres où se situe Sharrkan, il n’y a pas d’échappatoire. Il a tout perdu. Son innocence, sa candeur, son pays, son amie, ses traditions. Peu importe ce qu’il ressent pour l’albinos, peu importe ce qui se passera par la suite. Pour l’heure, il n’existe plus que lui et le poids de son fardeau. Un poids qu’elle ne peut pas le laisser porter seul. Alors, dans les ténèbres, Midori se charge d’être la lumière.

« Je ne t’en veux pas, tu sais. Tu n’as pas choisi de t’en aller. Et puis, je suis sûre que tu te souviendras de moi. Que tu deviendras fort et, qu’un jour, tu reviendras me voir. Ce n’est pas grave, vraiment. »

Elle hausse les épaules. La pression sur les mains de Sharrkan se raffermit. Son cœur menace de la lâcher à tout moment, mais elle ne peut pas se le permettre. Aujourd’hui, pour ce festival des marchands, ce dernier jour, Midori est son seul rempart. Le plus solide de tous. Il ne faut pas défaillir. Les larmes attendront.

« Je suis triste, bien sûr. Mais je sais qu’on se retrouvera, un jour. Alors je me dis que ça ira. »

Le tout a une saveur douce-amère, qui pique sur sa langue. Mais il le faut. Pour lui.

« Le reste est plus important. Qu’est-ce qui s’est passé, Sharrkan ? »

Midori détourne le regard. Dans un dernier élan de courage, elle relève les prunelles, vient chercher les émeraudes de son ami pour s’y mêler.

« Je veux que tu saches que, quoi qu’il arrive, quelles que soient tes raisons, tu n’es pas un monstre. Pour moi, tu n’en seras jamais un, d’accord ? »

La dernière phrase meurt dans son esprit, alors que les mots ne parviennent pas à franchir ses lèvres. Trop tôt, beaucoup trop tôt. Ce serait mentir que d’annoncer ces trois petits mots. Donner l’impression qu’ils proviennent d’ailleurs, qu’ils sont cités simplement pour rassurer. Non, maintenant n’est pas le bon moment. Et peut-être que ce ne sera jamais le bon moment, d’ailleurs. Mais peu importe. S’il lui faut mourir avec ce poids sur le cœur, Midori l’accepte volontiers.

Mieux vaut une horrible vérité qu’un doux mensonge, après tout.

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Jeu 12 Mar 2020 - 0:46
Il ne peut pas la regarder, il ne peut simplement pas. S'il devait voir du dégoût, de la peur sur le doux visage de Midori, Sharrkan serait brisé, totalement. Si c'était le cas, il préférerait mourir ici et maintenant en emportant dans la tombe le souvenir de son amie lui souriant, avec des paillettes dans les yeux. Pas de dégoût. Pas de la peur. Il ne pourrait pas, il deviendrait fou. Si elle le repoussait, si elle le reniait...

Et d'un coup, au fond de ce gouffre de ténèbres et de douleur, il aperçoit une lumière. Il sent les doigts chauds et si familiers entourer les siens, plus froids que jamais. Peut-être qu'ils avaient raison après tout, des mains froides ne pouvaient que correspondre à un cœur froid. Un cœur chaud n'aurait jamais pu faire ce qu'il a fait. Et pourtant, Midori est là. Elle le regarde, elle lui sourit, même s'il sait maintenant déceler la tristesse dans son regard.

Est-ce qu'elle n'a pas bien entendu ? Pas bien compris ou peut-être, refusé de comprendre ? Mais non... ce n'est pas ça. C'est Midori, simplement, la même depuis l'enfance. Celle qui le soutient, qui l'encourage, même dans les plus mauvais choix. Celle qui le regarde avec bienveillance même lorsqu'il se présente sous ses pires aspects. Celle qui se range automatiquement de son côté sans connaître tous les détails de l'histoire, juste parce qu'elle lui fait confiance. Celle qui lui prend la main alors qu'il vient de lui avouer qu'il a commis un meurtre. Celle qui le tient dans ses bras alors que lui-même se tient au milieu des ténèbres.

Il a l'impression que des tonnes et des tonnes viennent de s'envoler de sa poitrine et son coeur se permet de revenir à un rythme normal. Sa gorge se dénoue parce que là où il se trouve, dans les iris rubis de Midori, rien ne peut lui arriver. Ils peuvent bien le jeter en prison, l'envoyer à l'autre bout du monde, lui faire subir les pires tortures ; il est invincible, parce que Midori se trouve à ses côtés.

Alors il lui raconte tout.

« J'ai une petite cousine, plus jeune que moi. Et ce type... »

Au souvenir, sa mâchoire se crispe. Ses mains se serrent un peu plus, pour ne pas se mettre à trembler.

« ... il lui a fait du mal. Il a abusé d'elle. Il l'a brisée. Alors quand je l'ai vu débarquer au milieu du camp, souriant comme si de rien n'était... Je suis devenu fou. J'ai ramassé un morceau de métal qui traînait au sol et je lui ai brisé la nuque en un coup. »

Il s'arrête un moment, reprenant son souffle, remettant de l'ordre dans ses pensées. Repoussant la colère qui monte à nouveau. Il ne peut rien faire de plus de toute façon, il a déjà fait le pire. Mais tout va bien maintenant, il a Midori. Elle est son ancre.

« Connaissant les circonstances, le clan a accepté de couvrir l'incident, mais a conclu que je méritais quand même une punition. Ou plutôt, comme ils prétendent, que je « trouve un moyen de canaliser ma part de noirceur ». Mais je crois que le pire, c'est que ça n'a pas calmé ma colère. Et je ne pense pas que ça ait apaisé la douleur de ma cousine non plus. »

Il n'en restait qu'un goût amer dans la bouche. Une impression de gâché. Tant de vies gâchées. Mais ce qui est fait est fait, il n'y a aucun retour en arrière possible. La seule chose à faire, c'est se raccrocher aux doigts fins de Midori tant qu'il en est encore temps.

« Merci. »

Il approche ses doigts de ses lèvres, posant un léger baiser dessus, comme toujours. Il n'explique pas toutes les raisons qu'il a de la remercier, elle les connaît, elle les entend à l'émotion dans sa voix. Mais d'être là, surtout, simplement. D'être Midori. Il caresse sa joue du bout de ses doigts, il plonge son regard dans le sien.

« Impossible de t'oublier, jamais. Je deviendrai fort, je ferai tout ce qu'il faudra pour revenir, pour te revenir... »

Ses doigts glissent doucement sous le menton de son amie. Sa tête s'incline légèrement ; et délicatement, ses lèvres viennent se poser sur celles de Midori. Un contact à peine perceptible, une caresse si légère qu'on pourrait douter de son existence. Et pourtant, il sent très bien l'électricité habituelle sur ses lèvres, celle qui brûle sa peau à chaque fois qu'elle touche celle de la douce. Mais l'expérience est si irréelle, si fragile, qu'il ne peut s'empêcher de recommencer. Le contact l'électrise à nouveau mais cette fois-ci, c'est dans sa poitrine que surgit le brasier. Il s'écarte de quelques millimètres, les yeux toujours fermés. Ses lèvres frôlent celles de Midori lorsqu'il murmure.

« ... c'est une promesse. »

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Jeu 12 Mar 2020 - 1:31
le festival des marchands;


Alors que son cœur se brise, alors qu’elle défaille, alors qu’elle a l’impression que plus rien ne va, que tout s’écroule, Sharrkan s’accroche. Une main tendue, sortie des ténèbres pour attraper la sienne. Il s’en va, mais il n’est pas irrattrapable. Il est là. Il y tient. Il s’y tient. Midori l’observe, l’écoute. Son histoire est sombre, de ces histoires qu’on ne souhaite jamais à personne. Ces récits qu’on garde au fond d’une boîte, cachée dans les recoins de sa mémoire, que personne ne doit jamais entendre, ni vivre. L’albinos se concentre sur Sharrkan. Elle ne cautionne pas son acte, mais elle le comprend. Certains être ne méritent pas de vivre. Ils ne méritent pas d’être heureux quand ils ont détruit une vie pour satisfaire la leur. Mais la justice fonctionne-t-elle de cette manière ?

Ce qui la blesse le plus, c’est d’apprendre qu’il ne va pas mieux. Que son exutoire n’a pas fonctionné. Il a fait comme il pouvait, il a tenté quelque chose, mais la mort du bourreau n’a pas apaisé sa peine. Elle n’a pas sauvé sa cousine. Elle n’a pas fait revenir son innocence. Alors au fond, peut-on parler d’expiation ?
Midori serre un peu plus sur les doigts de Sharrkan. Tout ça pour ça. Un meurtre « inutile », suivi d’un départ. L’exil. Leurs univers séparés, mis en échec à cause de la bêtise humaine. À cause de sa luxure. De son manque d’inhibition. De son horreur. L’albinos inspire profondément. Oui, tout ça pour ça. Mais tout ça pour sauver une âme, tout de même. Parce que maintenant que cet homme est mort, il ne fera plus jamais de mal à qui que ce soit. Plus aucune autre femme ne sera sa victime. Alors, en cela, d’une certaine manière, Sharrkan a bien agi.

Un sourire étire les lèvres de Midori. Il ne se sent pas mieux, mais ce n’est pas un monstre. C’est plus … un protecteur. Son chevalier blanc. Littéralement.

La main de l’albinos est emportée jusqu’aux lèvres de Sharrkan. Il embrasse ses doigts, doucement. Des rougeurs naissent sur ses joues. Il s’approche. Il pose ses mains sur son visage, mêle ses prunelles aux siennes. Et c’est là que Midori comprend. C’est là que toutes les pièces s’assemblent.

Il n’a jamais été question d’amitié. Il n’a jamais été question de se regarder sans faire davantage. Ça n’a jamais été que ça. Il y a toujours eu cette attirance irrépressible, cette attraction croissante qui n’a jamais cessé de les approcher l’un de l’autre.
Non, ça n’a jamais été seulement de l’amitié. C’était toujours plus. Un peu plus, juste un peu plus. Jusqu’à devenir beaucoup plus.
Jusqu’à devenir la raison pour laquelle son cœur bat si vite. La raison pour laquelle elle a l’impression de défaillir, alors qu’il lui prononce ces mots.
Ce marathon, dans sa poitrine, c’est ça, c’est tout. Il n’y a aucune autre explication.
Tout ça, là. C’est de l’amour. Et elle ne peut plus le nier.

Qu’il lui revienne un jour, c’est tout ce qu’elle veut. Qu’il soit là pour elle, dans le futur. Si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera demain. Peu importe quand vient demain, d’ailleurs, parce qu’il arrivera tôt ou tard. Et quand il arrivera, quelque chose dit à Midori qu’elle sera là. Qu’elle aura vécu, oui, mais que son cœur battra toujours aussi fort pour ces prunelles émeraude.

L’albinos inspire profondément, mais il s’approche. Il fait paniquer son cœur, fait exploser les rougeurs sur ses joues. Il est si proche, si proche. Elle peut sentir son souffle caresser ses lèvres. C’est chaud. C’est agréable. Son menton se relève. Le cœur de Midori manque un battement. Son souffle s’accélère brusquement.
Son menton se relève et, d’un coup, elle n’a plus aucun doute. Ni au sujet de Sharrkan, ni au sien. C’est là, c’était là depuis le début. Et c’était immanquable. Ils ne faisaient que se leurrer encore et encore, à se persuader qu’ils n’étaient que des amis.

Mais quand ses lèvres caressent les siennes, Midori comprend. C’est ce qu’elle voulait. Cette sensation chaleureuse dans sa poitrine, cette appréhension satisfaite, ces craintes qui s’effacent. Il n’y a plus rien de négatif. Il s’en va, oui, mais dans ce baiser il scelle cet accord, cette union.
La main de l’albinos se pose sur le bras du jeune homme, alors qu’il réitère. L’électricité entre eux parcourt tout le corps de Midori. Elle a envie de le serrer contre elle des heures et des heures, à se dire que plus rien ne leur arrivera. Tout ça … C’est grisant. C’est terriblement agréable. C’est addictif. C’est Sharrkan qui s’éveille à elle, lui montre la voie. C’est tout ce dont elle avait besoin.

La demoiselle fait remonter sa main jusqu’à l’épaule de son ami, en prenant soin de caresser sa peau du bout des doigts. Elle la redécouvre, sous un nouveau jour, avec une perception sensiblement différente. Elle continue sa trajectoire jusqu’à atteindre son visage, sa joue. Un sourire innocent étire ses lèvres.

« Alors peu importe ce qui se passera. »

Midori caresse le nez de Sharrkan avec le sien. Elle noue le contact une nouvelle fois, effleure ses lèvres en le faisant. Il est là. Près d’elle. Avec elle. Pour elle. Et même s’il s’en va, il laissera dans son esprit une marque indélébile.

« Parce que je sais que, demain, tu me reviendras. »

À son tour, l’albinos vient chercher les lèvres de la crinière blanche. Elle y dépose les siennes, timidement d’abord, dans un baiser candide. C’est enivrant. Son souffle s’accélère, heurte la bouche de Sharrkan. À elle. Aujourd’hui, demain. Il ne l’oubliera pas, il reviendra. Joie et nervosité mêlées mènent Midori à recommencer. Elle emprisonne les lèvres de son ami avec les siennes, monte ses bras autour de son cou.

Il a promis. Quoi qu’il arrive, il reviendra. Il ne l’oubliera pas. Il sera là.
Midori recule légèrement, leurs visages toujours à quelques millimètres seulement l’un de l’autre.

« Je te fais confiance, Sharrkan. Tu deviendras fort. Tu deviendras … »

Les rougeurs sur ses joues ne peuvent plus s’intensifier. Elles sont à leur degré maximal, indéniablement. Son cœur se compresse dans sa poitrine alors qu’elle se rend compte de ce qui se passe. Alors qu’elle comprend le manège qui se joue dans sa tête. Mais elle ne veut plus en descendre, plus jamais.

« Tu deviendras le plus beau des trésors. »

Midori relève la tête pour l’embrasser une nouvelle fois, dans un contact dénué de timidité.
Il sera la plus belle merveille du monde.
Sa merveille.

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Ven 13 Mar 2020 - 22:58
La tension est à son maximum alors qu'il réalise ce qu'il vient de faire. L'adrénaline parcourt ses veines, ses yeux toujours fermés d'appréhension. Il l'a fait pour de vrai. Ce n'est pas un rêve. C'était sa seule chance après tout, il ne pouvait pas passer plusieurs mois, plusieurs années sans la revoir et en se demandant s'il avait imaginé tout ce qui se passait entre eux. Quelque soit l'issue, il sera fixé. Plus de questionnements, plus d'analyses. Plus d'heures passées les yeux grands ouverts la nuit à fixer le plafond, à essayer de mettre des mots sur ses sentiments, à se demander si Midori ressentait les mêmes choses que lui.

Mais d'un coup, il est électrisé à nouveau. Sur son bras cette fois-ci. Midori a posé sa main sur son bras, mais pas pour le repousser. Elle ne lui demande pas d'arrêter ce qu'il est en train de faire, d'arrêter ce manège qui pourrait changer totalement leur relation. Alors il recommence, parce que maintenant il est sûr. Il n'y a qu'un mot qui tourne dans sa tête, mais il serait bien incapable de le dire à voix haute.

Les yeux mi-clos, il la regarde comme il l'a toujours regardée ; et il comprend que pendant toutes ces années, il n'a fait que se voiler la face, qu'enfouir ses sentiments jusqu'à ce qu'il ne soit plus capable de les camoufler. Elle lui sourit et c'est tout ce dont il a besoin pour alléger son cœur et sauver son âme. Il lui sourit en retour, parce qu'il tient la plus belle chose au monde entre ses bras. Il oublie tout, parce que plus rien n'a d'importance. Seulement Midori. Midori. Midori.

Leurs lèvres s'unissent à nouveau, leurs mains effleurent chaque centimètre de peau, d'une façon si nouvelle mais si familière en même temps. Ils se découvrent, se redécouvrent, comme si c'était la première fois et la millième fois en même temps. C'est naturel, et pourtant ça retourne l'esprit et les sens. Chaque contact est le départ d'une centaine de feux d'artifices. Les bras de Midori s'accrochent à son cou mais ils sont encore loin, trop loin l'un de l'autre. Les doigts de Sharrkan descendent dans le dos de la belle et il entoure sa fine taille de ses mains. Il voudrait être encore plus près d'elle.

Sans quitter ses lèvres, il la soulève par la taille, de sorte à ce qu'elle se retrouve à califourchon sur ses genoux. Comme ça, poitrine contre poitrine, leurs cœurs sont au plus proche l'un de l'autre. Le souffle de Midori contre sa peau l'éloigne un peu plus de la réalité. Sa bouche descend sur le gorge pâle de la Kazejine, traçant de baisers son chemin jusqu'à son oreille alors que ses doigts se perdent dans ses cheveux d'albâtre.

Mais la réalité les rattrape. Il ne peut vouloir tout, tout de suite, alors qu'ils viennent juste de se trouver. Même si leur temps est compté. Il pose son front dans le creux du cou de Midori, puis soupire. Ils peuvent tenter de fuir la réalité autant qu'ils le veulent, ils ne pourront jamais lui échapper. Mais ils peuvent toujours grappiller quelques instants jusqu'à la date fatidique.

« Est-ce qu'on pourrait se revoir... avant que je parte ? » souffle-t-il contre sa peau.

Pourquoi a-t-il fallu un tel événement pour se rendre compte de ce qu'ils avaient devant leurs yeux pendant tout ce temps ?

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Hideaki Midori
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Dim 15 Mar 2020 - 15:52
le festival des marchands;

Lately I’ve been, I’ve been losing sleep,
Dreaming about the things that we could be.

Ses prunelles émeraudes, qui charment son âme. Son sourire enfantin, rassurant, dans lequel même la plus profonde tristesse semble s’effacer. Il est là, l’évidence même, face à elle. Son visage est si près du sien, à quelques millimètres seulement. C’est enivrant. C’est la première fois, le début de tout. À croire qu’il faut une fin pour donner naissance à un début.

Oui, Sharrkan s’en va. C’est amer, ça pique sur la langue quand elle y pense. Mais Sharrkan s’en ira en ayant emprisonné son cœur. D’un côté, c’est terrifiant. C’est une ascension douloureuse, auprès de la joie, du bonheur et de cette chaleureuse sensation dans son ventre. Mais c’est une chute, aussi. Une chute droit vers le manque, la peine, la peur. Reviendra-t-il un jour ? L’oubliera-t-il ? Il a promis que non, mais pourra-t-il tenir sa promesse ? Que vivra-t-il d’ici-là ? Que deviendra-t-il ?

Ses iris cherchent les siens, comme pour s’y rattraper. Sharrkan, Sharrkan, elle se noierait dans ses yeux, se perdrait dans ses bras. Il est tout ce dont elle a besoin, sur le moment. Son odeur titille ses narines, sa chaleur électrise sa peau. Sharrkan, Sharrkan. Midori l’observe attentivement, a envie de l’embrasser une nouvelle fois, sentir cette sensation addictive qui ne la lâche plus.

Mais il fait plus, bien plus.
Brusquement, il l’embrasse de nouveau, la rapproche de lui. À califourchon sur le jeune homme, l’albinos sent tout son monde disparaître. Une faille dans l’espace-temps, qui les laisse seuls dans un instant figé, merveilleux, inoubliable. Il la serre, pose ses lèvres contre les siennes, avant d’entamer une descente sulfureuse dans son cou.

La main de Midori se pose contre son dos, alors qu’elle tire sur son vêtement. Ne pas défaillir, ne pas défaillir. Ne pas tomber, alors que son cœur menace de fondre, alors que sa peau lui donne l’impression de brûler. Ça ne picote plus, ça ne chatouille plus. C’est plus fort, bien plus fort. C’est inconnu.
Et c’est drôlement bien.

Midori le serre un peu plus, bascule la tête sur le côté. Inconsciemment, son corps réclame davantage. Un contact prolongé, ne serait-ce qu’une seconde de plus, juste une. Pour que monte la fièvre.

Il s’arrête, fébrile. L’albinos fait remonter sa menotte, qu’elle fait disparaître dans la crinière blanche de Sharrkan. Niché au creux de son cou, il ne veut plus qu’elle s’en aille, il ne veut plus partir. Il aimerait davantage, alors ? Depuis le début, toutes ces indications, tous ces signes … Les rougeurs sur ses joues, les sourires, la main dans la sienne … Tout ça, tout ce qu’elle pensait imaginer, tout était vrai. Il suffisait d’un déclic. Juste un signe, une toute petite brèche dans leurs carapaces, pour qu’ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Sharrkan, encore, toujours. Depuis l’enfance.

Midori amène son autre main sous le menton de l’albâtre, pour relever sa tête. Pour lui faire face. Un sourire étire ses lèvres. Une mimique entre l’innocence et l’indécence. Se revoir, avant qu’il ne s’en aille. Passer ces derniers moments ensemble, main dans la main, alors que l’aiguille continue sa course effrénée. L’albinos hoche la tête doucement.

« D’accord … »

Un simple mot, prononcé dans un souffle. Elle inspire profondément. Il faudrait … Il faudrait reculer. Lui laisser de l’air. Profiter du festival. Mais il y a son visage, si près du sien. Ses hanches, là, tout contre les siennes. Il est à quelques millimètres. Comment s’en détacher ?

Midori pousse sur ses jambes, s’approche un peu plus, réduit à néant l’infime espace qui les séparait. Elle appuie sur le menton de Sharrkan, lui relève davantage la tête pour l’embrasser une nouvelle fois. La main dans ses cheveux resserre son emprise, alors qu’elle se lance dans un ballet sulfureux. Son souffle se meurt contre les lèvres du Kazejin, alors qu’il est plus fort, plus rapide. Dans sa tête résonne une demande, semblable à une plainte. Alors que Midori s’oublie au creux des bras du jeune homme, son corps continue sa litanie, lui faisant découvrir bien des sensations inédites.

Elle recule, laisse une distance moindre entre leurs visages. Un sourire satisfait illumine son visage.

« Que veux-tu faire, Sharrkan ? Profiter du festival une dernière fois, puis on ira ailleurs ? »

L’albinos inspire. La prochaine proposition lui paraît beaucoup moins douce, sans qu’elle ne puisse s’expliquer pourquoi.

« Ou tu préfères faire autre chose ? »

Pour ne pas succomber, pour ne pas se noyer une dernière fois, Midori relève la tête et laisse une distance entre eux. Elle reprend son souffle. Ses joues sont rouges, d’un rouge intense. Si on lui avait dit, elle n’y aurait pas cru.

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Mar 17 Mar 2020 - 21:55
La tête nichée au creux de son cou, son visage contre sa peau brûlante, Sharrkan inspire. Il voudrait se calmer, ralentir, profiter du moment. Ne pas brusquer les choses. Mais comment pourrait-il ? Comment pourrait-il reculer alors que Midori est aussi proche, qu'elle penche la tête pour accueillir ses baisers ? C'est le combat du cœur contre l'esprit, de la passion contre la raison ; et les plaintes du deuxième sont largement étouffées par le premier.

Il inspire son parfum pour le graver au plus profond de sa mémoire. L'odeur de sa peau, de ses cheveux, de ses vêtements... l'enivrent. Il repousse délicatement le tissu du bout de ses doigts, découvrant un peu plus la peau diaphane. Il embrasse le long de sa clavicule, jusqu'à ce que la main de Midori l'oblige à relever la tête. À se concentrer. Il a posé une question, il doit entendre la réponse. Leurs regards se croisent, des sourires complices naissent sur leurs visages. Il n'a pas besoin d'entendre les mots pour comprendre.

Tout va bien, ce n'est pas leur dernière fois. Ils se reverront avant. Et pourtant, il reste encore quelques secondes à la contempler, parce qu'elle est si belle que les mots ne lui viennent pas. Ses cheveux immaculés, légèrement emmêlés - dont il est le seul coupable. Sa peau si claire, si douce, au parfum délicatement poudré, qu'il ne peut s'empêcher de caresser. Ses immenses yeux rubis qui ensorcellent. Ses joues teintées de ce rouge provocateur. Ses lèvres charnues, si désirables...

Et soudain, le geste qui met définitivement le feu aux poudres. A-t-elle conscience de ce qu'elle déclenche en lui lorsqu'elle efface les quelques millimètres qui le gardaient sain d'esprit ? Leurs lèvres s'unissent à nouveau, plus vite, plus fort. Ce n'est plus la tendresse qui motive leurs actes alors que leurs soufflent se mêlent. Toute l'abnégation, la frustration de ces dernières années se manifeste en une fantastique explosion qui embrase leurs êtres entiers. Leurs cœurs battent au même rythme effréné pendant que leurs corps communiquent du même langage. Les vêtements, faisant barrières entre leurs peaux, semblent de trop.

Il est légèrement pris de vertiges lorsque Midori recule. Respirer lui semblait bien inutile il y a quelques secondes. Les yeux brillants, il l'écoute attentivement alors qu'elle aussi doit reprendre son souffle. Le festival ? Ah, oui, c'est vrai qu'ils sont au festival. En tendant l'oreille, on peut entendre tous les bruits de la fête. Ils sont là pour ça, à la base. Et soudain, il est frappé d'une réalisation. Ça n'a jamais été à propos du festival, dans le fond. Ce n'était pas le curry qu'il attendait impatiemment de revoir. Ce n'était pas les brochettes qu'il cherchait dans la foule avec anxiété. Tout ceci n'était que des accessoires, des bonus, des excuses pour passer du temps avec Midori. Midori. Midori. Comme si toutes les questions du monde n'avaient qu'une seule réponse.

Il recule un peu, sa main cherchant appui sur le banc derrière lui alors que la deuxième suit les contours du visage de Midori. Par-dessus tout le reste, il ressent un peu de fierté d'être celui à avoir coloré ses joues de cette façon. Et puis la question, qu'elle lui pose si souvent, qui semble beaucoup moins candide et innocente à présent.

« Je te suivrais où tu veux, jusqu'au bout du monde si tu me le demandes... Mais si tu veux mon avis... »

Il se redresse, la presse contre lui. Le menton levé, il attend d'accrocher son regard. Il ne veut pas la brusquer ou lui mettre de pression ; c'est à elle que revient la décision. Mais si elle le voulait...

« Au diable le festival. »

...il irait jusqu'au bout.

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Jeu 19 Mar 2020 - 3:03
le festival des marchands;


Ces cœurs qui battent à l’unisson, qui ne s’expriment qu’au rythme de ces coups puissants dans leur poitrine. Elle a l’impression que tout va s’écrouler, d’une minute à l’autre il ne restera plus rien d’elle, à part des cendres. C’est brûlant, dans chacun de ses membres. Ça lui donne l’impression de ne plus pouvoir tenir sur ses jambes, ou de ne plus avoir la force de le prendre dans ses bras. Et, en même temps, ça lui donne la force de tout faire. Déplacer une montagne ne semble plus impossible, d’un seul coup.

Midori inspire longuement, pour ne pas perdre la tête. Mais elle a beau tenter toutes les méthodes connues, répétées par ses parents, rien n’y fait. Tout tourne, tout l’enivre, tout la pousse vers autre chose. L’albinos mêle ses prunelles aux iris émeraudes, sans savoir ce qu’elle y cherche. Il est si beau. Avec lui, tout est si simple. Il n’y a qu’à le regarder et tout va mieux. Sa main dans la sienne est rassurante. Depuis qu’ils sont petits, d’ailleurs. Ce tic qui ne les a jamais quittés. Il s’agissait de l’emmener, d’abord. Puis c’était un réflexe. C’était un moyen de communiquer. Aujourd’hui, Midori n’est plus certaine de ce qui était innocent ou non. Tout les a menés jusqu’ici, c’est indéniable.

Et, au fond, elle en ressent une profonde satisfaction.
Ça n’aurait pas pu être mieux.

Quant à sa question, l’albinos n’est pas surprise de la réponse. Elle observe le jeune homme, qui tente de mêler ses prunelles aux siennes, une nouvelle fois. Un sourire timide étire ses lèvres. Jusqu’au bout du monde, hein ? Il irait jusque-là ? Nul ne sait ce qui se trouve au bout du monde, pourtant. Peut-être y existe-t-il un trésor, dont la valeur est comparable à celui qu’elle tient entre ses mains. Midori l’observe, intriguée.

Brusquement, il l’embarque, la serre davantage. Son torse contre sa poitrine. L’albinos manque un battement, un souffle, perd pieds. Trop près, trop près ! Trop près ? Alors que le reste de son corps s’évertue à lui crier de venir plus près encore ?

« Sharrkan … »

La fin d’une tradition ? La disparition de tout ce qu’ils ont créé jusque-là ? Pour un coup de tête. Pour une réalisation. Pour toutes ces choses qu’ils partagent à ce moment ? Elle déglutit. Mettre le festival en premier ? Pour manger des brochettes, encore une fois ? Un peu plus du curry dont ils ont déjà profité ? Traîner entre les étals, pour les observer, avec l’estomac plein et l’envie de rouler jusqu’à la fontaine ? Au fond, leur tradition, ne peut-elle pas disparaître, même si c’est la dernière année ? S’éclipser, pour laisser place à quelque chose de plus grand, de plus beau.

Midori ramène le visage de Sharrkan à proximité du sien. Son souffle s’échoue sur ses lèvres. Elle a envie de les emprisonner, là, maintenant. Son corps n’est que pulsions. Une envie féroce de rester là, pour ne plus jamais s’en aller. L’envie de le tenir contre elle, pour elle, à elle. Pour aucune autre personne. Pas même les festivaliers. Un égoïsme qu’elle ne se connaît pas, mais qu’elle savoure au plus haut point.

Un sourire carnassier étire ses lèvres. C’est son Sharrkan. Et il a raison.

« Au diable le festival. »

Midori revient tout contre lui, légèrement surélevée, les mains perdues dans sa chevelure blanche. Elle se perd dans ses yeux, les dévore un instant. Il est là. À elle. Pour elle. Et le festival, peu importe. Parce que, maintenant, tout ce qu’elle veut, c’est profiter de sa présence. Le reste n’a plus aucune importance.

L’albinos se penche, vient chercher un autre baiser. Celui-ci est sulfureux, d’une saveur nouvelle, qui lui donne l’impression de s’embraser progressivement. Une brûlure addictive, qu’elle ne veut plus laisser partir.

Aujourd’hui s’éteint la tradition du festival des marchands. Une routine installée, agréable et rassurante, créée suite à la maladresse de deux enfants.
Aujourd’hui s’illumine un nouveau brasier, une nouvelle flamme qui les guidera sur une autre route. Une route où les enfants qu’ils étaient laissent place aux adultes qu’ils sont.
Et parfois, les flammes les plus brûlantes sont quand même les plus douces.

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