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Prendre le temps. [Pv : Miyamoto Teruyo]

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Jeu 30 Jan 2020 - 0:01
Des débuts poussifs, plutôt timides.
Il n'était pas simple d'arriver dans un village, un pays dont on ne connaissait rien et de s'y faire une place, de s'y sentir chez soi, comme à la maison. On se sent perdu, déboussolé, sans repères, et terriblement seul. Telle était le sentiment de la jeune Shimazu, arrivée à Iwa il y a peu et tentant encore de se faire à l'idée que désormais, elle était Iwajine. Non pas que l'endroit ne lui plaisait pas, bien au contraire, seulement trop de souvenirs de son passé venaient encore la hanter. Elle qui était venue ici dans l'espoir de fuir son histoire, de partir loin de sa terre natale, enfer vivant parmi le Yuukan. Même si elle se sentait encore comme une étrangère, ici, elle se sentait déjà plus apaisée, plus en sécurité. Il n'y avait qu'à se pencher sur son activité de la journée pour se rendre compte du petit bonheur que sa nouvelle vie lui offrait. Pouvoir se promener librement dans les rues du village, sa garde baissée, sans craindre de se faire trancher la gorge...

Au milieu de toute l'agitation que procurait la foule, elle respirait paisiblement l'air frais, profitant d'un soleil chaleureux. Une autre nouveauté qu'elle découvrait avec une joie non dissimulée, les conditions météorologique y étaient bien plus agréables au Pays de la Terre. Ame était constamment noyée sous des litres d'eau, la pluie ne cessant d'y tomber, donnant l'impression que le ciel lui-même pleurait de désespoir en observant ce que devenait ce pays. Elle resta immobile ainsi de longues secondes, observant autour d'elle. Ce que les natifs du coin appelaient le Cœur Commerçant valait vraiment le détour. Elle qui ne connaissait pas le petit plaisir de faire les boutiques, vivait un moment unique dans sa vie de femme. Sa bourse de ryos en poche, le katana rangé dans son fourreau pendant sur son flanc gauche, elle était partie à l'assaut des commerces. Véritablement émerveillée par la moindre boutique, le moindre article, cela devait bien faire deux heures qu'elle y était déjà.

L'heure avançant, son appétit se manifesta d'une façon plutôt sonore. Elle savait déjà ce qu'il lui restait à faire. Se laissant guider par son odorat et les effluves dans l'air, ses pas la menèrent à un petit restaurant de viande grillée. Elle y commanda trois brochettes, qu'on lui déposa dans une petit sac et elle reprit sa route. Distraite, mâchant délicatement sa viande, elle se demandait ce qu'elle allait bien pouvoir acheter d'autre pour compléter son repas. Insouciante, légère, tout cela lui faisait du bien au moral, nettoyer ses pensées maussades. La faim, passer plusieurs jours sans avaler quelque chose de réellement consistant, devoir voler pour se nourrir, tel était son quotidien pour survivre au Pays de la Pluie. Souriante, elle se déporta sur le côté afin de s'approcher d'un vendeur de sculptures dont les créations avaient attiré son attention. De belles statues de pierres, pur produits locaux, taillés à même le flanc des montagnes, la renseigna-t-elle.

Remerciant le commerçant, elle fit volte-face pour reprendre sa marche lorsqu'elle se fit bousculer, l'impact lui faisant perdre sa brochette qui tomba à terre. « Excusez-moi... je suis désolée... », s'empressa-t-elle d'annoncer à l'homme qu'elle venait de heurter, mais celui-ci, plus pressé, ne lui prêta pas attention et continua. Quelque peu paniquée, embarrassée, elle tenta de ramasser la viande mais lorsqu'elle se releva, fut percuté pour de nouveau. Avec suffisamment de force cette fois pour l'envoyer au sol. Ce qui n'aurait pu être qu'un malheureux enchaînement de maladresses se révéla bien plus grave lorsqu'elle ne se releva pas, pris de tremblements, comme tétanisée. Kanon luttait, contre elle-même, contre sa peur saisissante qui s'agitait violemment en elle. Plus fort qu'elle, plus puissant que sa volonté de bien faire, de bien paraître, ses angoisses la rattrapaient. A genoux, recroquevillée sur elle-même, paupières closes, elle marmonnait à allure répétée une phrase incompréhensible pour qui ne se rapprochait pas suffisamment.

Tu ne crains rien... tu ne crains rien... tu ne crains rien... tu ne crains rien... tu ne crains rien... tu ne crains riens...

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Lun 3 Fév 2020 - 0:06
L’année s’égrainait petit à petit. Plus elle avançait et plus la date fatidique que la famille attendait, ou redoutait pour certains approchait. L’anniversaire de Saya arrivait à grand pas et comme chaque année, chacun faisait en sorte de préparer une journée mémorable. Si il y a bien un jour où tout devait être parfait, c’était bien celui-là. Ainsi, comme chaque année, les grands-parents et moi-même cherchions de nouvelles idées pour offrir à mon petit bout de choux de passer une journée inoubliable. Si il y a bien un jour où tout devait être parfait, c’était bien celui-là. À mes yeux, le moment et l’instant sont plus importants que la propriété et c’est pourquoi je mettais l’accent sur des expériences enrichissantes plutôt que sur un simple cadeau qui serait oublié dans six moi. En somme, rien de tel qu’un souvenir à un objet éphémère.

C’est donc dans l’optique de trouver une idée que j’avais décidé de faire une petite promenade dans Iwa. Cela pourrait paraître surprenant, mais si le village semblait austère, il n’en était rien du tout. Tous ces gens, toutes ces activités, toutes ces émulations étaient comme un vivier à idées qui ne demandait qu’à être exploré. Pour cela, il suffisait d’ouvrir les yeux et pour ouvrir les yeux, il suffisait de se promener et d’observer.

Alors que je sortais de chez moi, Koneko, le petit chaton adopté depuis plusieurs semaines s’échappa de la maison et d’un mouvement vif grimpa sur moi et se cala sur ma tête, confortablement couché sur ma chevelure rousse, me laissant l’impression d’avoir une grosse touffe noire sur le crâne.

Je ne comptais pas vraiment le temps que je passais dehors à déambuler ici et là à voir sans regarder, à entendre sans écouter à me laisser porter par la douce brise d’automne, à me laisser guider par les vagues de villageois dans les ruelles, me mélant à la foule sans jamais m’intégrer. C’est ainsi que pour moi, les bonnes idées venaient par moments. Couleurs et odeurs se mélangeaient délicatement dans les effluves du marché. Pour autant, alors que je voguais de manière nonchalante dans cet environnement, Koneko qui jusqu’à cet instant était sagement installé quitta le sommet de mon crâne pour sauter à mes pieds et s’enfoncer dans la foule à quelques pas.

Le petit félin venait de s’asseoir devant une personne recroquevillée sur elle-même, chuchotant dans un mouvement de balancier. Miaulant délicatement, le chaton tapota à plusieurs reprise d’une de ses pattes la jeune femme qui semblait en panique. Je ne saurais dire ce que ce chat avait de particulier, mais depuis que nous l’avions adopté, il avait toujours montré un comportement qui allait au-delà du simple animal domestique. Ainsi, s'il s’était installé là et agissait de cette manière, c’est qu’il y avait forcément quelque chose.

Et en effet, ma petite boule de poil ne s’était pas trompée. La jeune femme se répétait tel un mantra qu’elle ne craignait rien. Mais que craignait-elle justement pour agir d’une telle manière, être aussi paniquée alors que rien dans notre environnement immédiat ne semblait à première vue générer un risque quelconque. M’accroupissant à son niveau, je lui chuchotais quelques mots, passant ma main devant son regard en évitant de la toucher pour ne pas la brusquer. Ma voix dans ces conditions était la plus douce possible.

« Vous ne craignez rien ! Il n’y a rien ni personne qui peut vous faire du mal. Regardez-moi. Vous n’avez pas à avoir peur. Regardez-moi, prenez ma main et éloignons nous de là d’accord ? »

Alors que je tendais ma main vers l’inconnue, Koneko s’installa à nouveau sur son piédestal roux.


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Sam 15 Fév 2020 - 2:11
Les images défilaient dans sa tête, les scènes se superposaient les unes aux autres, toutes plus effrayantes, effroyables, paralysant de peur la jeune kunoichi. Elle murmurait la même phrase boucle comme un automatisme déclenché par son cerveau, prise au piège de ses cauchemars. Pourtant elle ne dormait pas, on aurait pu la pincer jusqu'au sang qu'elle n'aurait rien ressenti ni bronché, mais elle était parfaitement éveillée. Son cerveau en revanche, était parti loin, bien trop loin. La foule la dévisageait, étonnée, surprise par ce comportement inhabituel et certains se demandaient s'il fallait intervenir, lui venir en aide. Mais ce que l'on ne connaît pas à tendance à nous effrayer et ici, cette attitude posait une certaine inquiétude dans l'esprit des gens. Après tout, qu'est-ce qui garantissait qu'elle n'allait pas se montrer violente si on l'approchait ? Rien. Et pourtant, un homme, plus courageux ou altruiste que les autres, n'hésita pas.

Des mots qu'on lui chuchote à l'oreille, se voulant rassurant, apaisant. L'idée étant de la mettre en confiance et non d'aggraver son état, il s'était agenouillé à ses côtés et sa main passait devant son visage pour la ramener à la réalité. Elle n'aurait pu imaginer tomber sur une personne pareille dans son ancien pays, sans doute aurait-on profité de la situation pour la rouer de coups et la détrousser de son argent. Rien de tel ne lui arriverait à Iwa, elle y était en sécurité. Tentant de reprendre son calme, d'apaiser sa respiration et baisser son rythme cardiaque, elle prit une série de longues inspirations, expirations. Sa main venait de se poser sur l'épaule du rouquin tandis qu'elle agrippait la main tendue. Elle acquiesça de la tête pour lui signifier être prête à le suivre et ensemble, ils se relevèrent. Elle remarqua être plus grand que lui et pourtant, c'était lui qui jouait le rôle du gardien dans cette situation.

Il la guida à l'écart de toute l'agitation ambiante, dans un coin plus calme, apaisant. Il lui désigna un rocher où s'asseoir et finir de reprendre tranquillement ses esprits. Il était bienveillant, rien de mauvais ou de malsain ne transpirait de son être. « Je vous remercie... du fond du cœur du cœur, merci... » Son regard exprimait toute sa gratitude, et elle fit l'effort d'incliner le buste vers l'avant pour appuyer ses propos. « Je sais que c'est stupide... mais j'ai paniqué... Je ne suis pas habitué au bain de foule... » Chez elle, on était plutôt du genre à se planquer dans les recoins sombres pour éviter d'être vu. « Je m'appelle Shimazu Kanon, laissez-moi vous remercier pour ce que vous avez fait, j'y tiens beaucoup ! » Elle avait beau avoir été élevée de la plus horrible des façons, l'ingratitude n'était pas un trait de caractère qui la définissait.

Comment puis-je vous remercier ? Avez-vous déjà mangé aujourd'hui ? Ce que j'avais prévu de grignoter s'est répandu dans la poussière... voulez-vous vous joindre à moi lors d'un repas ?

Kanon lui adressa un sourire chaleureux, joviale. Elle ne connaissait pas le coin, mais si l'intéressé acceptait son invitation, elle lui demanderait de la guider jusqu'au restaurant de son choix. Le repas serait ses frais, naturellement.

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Sam 22 Fév 2020 - 17:55


Masami, Taketora, j’avais déjà eu nombreuses expériences de personnes en difficultés à aider. Mais aujourd’hui, ce qui me révoltait lorsque j’approchais de la jeune inconnue n’était pas sa condition de faiblesse, son attitude qui pourrait paraître étrange aux yeux de tous ou ses paroles incompréhensibles à celles et ceux qui ne cherchaient pas à les écouter. Non, ce qui me révulsait était le comportement égoïste de ces villageois, le comportement égoïste de ces quelques shinobis, qui tous autant qu’ils étaient, étaient passés devant la jeune fille sans lui venir en aide. Pire, telle une pestiférée, certains s’écartaient de son passage, préférant éviter une situation dérangeante.

Par le passé, j’avais vécu des drames, enfin, un immense drame en particulier, et c’est le soutien des autres qui m’avait aidé à aller de l’avant. Cela m’avait aidé à me relever et à remonter la pente. Aujourd’hui, voir quelqu’un prostré telle la jeune femme brune, prostrée dans une situation de peine et de souffrance m’était impossible. Réagir et aider était devenu quelque chose de normal au-delà d’être quelque chose d’humain.

Ainsi, doucement, lui laissant le temps de s’habituer à ma présence, je la regardais avec compassion. Une fois ma main acceptée, c’est avec douceur que je l’écartais de cette foule qui désormais nous regardait comme deux bêtes de foire. Par chance, un petit jardin était situé à proximité et la forêt de rocher nous cachait de la vue des passants. L’installant sur une lourde pierre, planté devant elle à quelques pas de là, je la laisser reprendre pied. Pendant ce temps, sortant de la besace une petite gourde, je remplissais une tasse en terre cuite totalement difforme, talent encore naissant de ma petite Saya, que je remplissais d’un liquide brun clair. Pendant que je l’écoutais parler, je lui tendais le thé frais, fait maison aux saveurs d’agrumes et une pointe de citron de mon citronnier personnel planté dans le jardin familial.

« Enchanté Kanon. Moi c’est Teruyo. Pas besoin de me remercier, c’est normal. Je ne dirais hélas pas que n’importe qui aurait agit comme moi dans situation pareil vu le peu de personne affectée par ta situation, mais pour ma part, je ne pouvais pas te laisser ainsi. »

L’agoraphobie était un mal peu connu et prenant diverses formes. J’en avais entendu parlé, ou plutôt l’avais-je lu en faisant des recherches pour aider d’autres personnes, mais de facto, je n’avais jamais été confronté directement à la problématique.

« Cela doit être difficile de vivre à Iwa lorsque l’on n’est pas habitué à la foule. L’espace manque parfois et les rues peuvent souvent être bondées. C’est pour lutter contre cette phobie que tu étais en train de te promener parmi tout ce monde ? Enfin, ne te force pas à répondre si tu ne t’en sens pas la force, cela ne me vexera pas, je te rassure. »

Et comme pour éviter un sujet potentiellement dérangeant, je détournais le sujet pour me consacrer à quelque chose de plus important. Je ne devrais pas profiter de la situation ainsi, mais cette invitation à déjeuner était accueillie à bras ouverts.

« Et pour ce qui est de ta proposition à déjeuner, je vais me voir obligé d’accepter. Je ne sais pas dire non lorsque l’on parle de gastronomie. Je ne sais pas si tu avais des idées de restaurant en tête, mais pour ma part, il y en a un que j’aimerais tester. Cela fait plusieurs semaines que l’on m’en a parlé. »

Konéko quant à lui, curieux, il quitta ma tignasse rousse pour sauter sur le banc de pierre et se rapprocha doucement de la genin, pas à pas, la reniflant au passage afin de s’assurer qu’il n’y avait aucun danger pour lui avant de lâcher un petit miaulement en direction de la jeune femme.


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Lun 23 Mar 2020 - 10:55
Kanon aurait eu beaucoup de mal à retrouver ses esprits si elle avait été laissée seule dans sa galère, la pauvre ayant complètement cédée à la panique. Sa peur de la foule avait refait surface au pire des moments, bien que depuis son arrivée au village, elle avait tentée par petite dose à s'y habituer. Il lui restait encore du travail à effectuer en ce sens, des efforts à fournir pour ne pas finir une nouvelle fois au sol, les genoux recroquevillés contre sa poitrine, les bras entourant le tout. Même si l'essai d'aujourd'hui pouvait être considéré comme un échec, elle devait tout de même considérer le fait que les circonstances avaient été particulières. Originaire du pays de la Pluie, jamais vous ne vous retrouviez en pareille situation là-bas, personne ne venait vous bousculer malencontreusement, si ce n'est lors d'une réelle agression. Autrefois, sa réaction aurait été bien plus virulente, elle qui n'aurait pas hésité un seul instant avant de dégainer son katana et de trancher le bras du fautif.

Une époque bien sombre où son seul centre d'intérêt résidait dans l'assouvissement des besoins d'une entité divine, Jashin, prônant mort et destruction. D'horribles frissons lui parcourent l'échine rien qu'en repensant à ce temps bien sombre et sanglant où elle n'avait d'yeux que pour ce Jashin, endoctrinée dès son plus jeune âge par sa propre mère à devenir une machine à tuer, à semer désespoir et terreur dans les rues d'Ame. Ce traumatisme des rassemblements trop de nombreux de personnes relevait du traumatisme lourd de son enfance, où elle avait appris à craindre les autres, à s'en méfier, Ame étant un lieu gangrené par le crime et la violence. Peu de temps en arrière et cette main tendue si généreusement, sans arrière pensée de la part du rouquin, aurait été refusé. Pire encore, la Shimazu en aurait probablement profité pour lui couper d'un mouvement net de son arme. Pouvoir agir innocemment, librement et sans peur de son interlocuteur était un tel soulagement pour son âme, son esprit.

Teruyo-san, vous êtes quelqu'un de véritablement bon. J'ai de la chance d'avoir été secouru par vous, merci encore.

Elle l'observait d'un regard légèrement intrigué, se faisant la réflexion qu'à s'y méprendre, le dénommé Teruyo avait des traits légèrement féminin. Elle ne lui ferait jamais l'affront de relever ce fait de vive voix, mais ne put s'empêcher de le dévisager un court instant. Il avait un visage si radieux et jovial, transpirant de bonne humeur que cela en devenait communicatif. Kanon, ainsi posée sur son rocher dans ce jardin rocailleux très agréable, se laissa lentement aller, reprenant confiance. L'accessoire trônant sur son crâne ne la laissait pas non plus indifférente, c'était singulier comme couvre-chef mais il lui allait si bien qu'il donnait l'impression d'avoir été confectionné pour sa personne. Bientôt, la panique n'était qu'un mauvais souvenir, son esprit s'apaisant, elle prit un instant pour réfléchir à la première question de l'homme avant d'y répondre calmement. « J'ai encore du mal à m'y faire en effet... mais ce n'est pas une mauvaise chose selon moi. Au contraire ! D'où je viens, je n'avais que la solitude pour compagnie et on préférait largement emprunté des rues vides de monde pour sa propre sécurité... »

Ses yeux traduisirent la tristesse éprouvée à évoquer un souvenir aussi douloureux, pourtant elle ne souhaitait pas rester muette à ce sujet. En parler, s'ouvrir à quelqu'un, l'aiderait à aller de l'avant, elle en était convaincue. « Je dirais que la foule, même si elle provoque parfois des crises de panique chez moi... me rassure également. Cela fait du bien de ne pas se sentir seule pour une fois... » Cette désagréable sensation qui s'emparait de vous quand vous n'avez personne d'autre avec qui échanger que le reflet de votre propre image dans les flaques d'eau, elle ne l'avait plus ressenti depuis qu'elle avait passé les portes d'Iwa. En cela, elle serait éternellement reconnaissante envers cette nation. Même si elle ne s'était pas encore fait de véritable ami, chacune de ses sorties étaient un pas en ce sens, comme aujourd'hui. Aussi, lorsque Teruyo répondit favorablement à son invitation culinaire, elle ne bouda pas sa joie et afficha un large sourire.

Super, Teruyo-san ! Alors je vous laisse être mon guide jusqu'à ce fameux restaurant !

Elle s'apprêtait à bondir de son siège naturel lorsqu'une bestiole qu'elle n'avait pas encore remarqué fit son apparition, s'approchant timidement. Bien qu'elle se savait inoffensive actuellement, la jeune Genin ne pouvait en vouloir à l'animal de rester méfiante. Son comportement faisant écho au sien lorsqu'elle évoluait au milieu d'Amegakure, elle comprenait parfaitement. Le félin au pelage d'obsidienne lâcha un miaulement en sa direction tandis qu'elle lui tendait délicatement sa main, agitant lentement le bout de ses doigts pour l'inciter à se rapprocher, venir sentir son odeur et appréhender sa présence. Si la confiance s'installait, elle en profiterait pour lui administrer quelques douces caresses de ses doigts sur le haut de sa tête, et le bas de son cou. Laissant échapper un petit rire amusé, elle releva le regard vers le roux, tête légèrement inclinée sur le côté, les yeux plissés et les lèvres étirées en un sourire franc. « Quel est le nom de cet adorable petit tigre, Teruyo-san ? »

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Dim 29 Mar 2020 - 12:02

Maintenant à l’écart de la foule, posée calmement, la jeune femme avait reprit des couleurs et une attitude que je qualifierai de « normale » compte tenu de la situation. M’inviter à déjeuner, songer à déjeuner même était bien la preuve que cela allait bien mieux pour Kanon. Fin gourmet et fin gourmand, j’étais bien placé pour savoir que se préoccuper d’un repas n’était jamais la priorité en cas de soucis. C’est pour cette raison que j’avais accueilli à bras ouverts sa proposition et que rougissant, j’écoutais ses compliments envers moi. Me frottant une nouvelle fois la tignasse, petit tic lorsque j’étais quelque peu confus, je regardais la brune, des yeux pétillants et un sourire vissé sur mon visage.

« Eh bien … merci je crois. Je ne sais pas si je suis meilleur qu’un autre, je ne pense pas, mais je me dit que dans une situation de faiblesse, j’aimerai aussi que l’on m’aide, que j’aimerai aussi que l’on aide mes proches s'ils se retrouvaient eux aussi dans une situation similaire. On y voit de la bonté, c’est certain, j’y vois aussi du bon sens et de l’abnégation. Agir égoïstement n’a jamais rien apporté sur le long terme, c’est bien connu. »

Alors que je déblatérais ces quelques mots, le regard que la Shimazu portait sur moi se faisait plus insistant. Un moment de doute me fit regarder en arrière afin de m’assurer qu’il n’y avait rien avant de revenir à mon propre visage, tapotant mes joues et mon front de doigts, comme si je cherchais quelque chose que j’ignorais pouvoir trouver.

« J’ai quelque chose sur le visage ? Enfin bon, c’est pas grave hahaha. »

Et sans transition, j’enchaînais sur la suite du discours qui m’était offert, du moins sur ce bout d’histoire qui m’était ainsi dévoilé. Il était difficile de parler de soi en général. Il était également difficile d’admettre que l’on pouvait avoir des problèmes et encore plus complexe d’en parler ouvertement. Me parlait ainsi de tout cela pourrait, pour certain, être quelque peu dérangeant ou intimidant, mais pour ma part, il n’en était rien. Entre Masami et Taketora, j’avais déjà mon lot de personnes au passé douloureux que j’avais aidées ou que j’aidais encore. C’est peut-être pour cette raison que j’avais remarqué Kanon et que je m’étais tourné vers elle. Avais-je donc senti cette nécessité d’aider ?

« J’en conclus que tu n’es pas d’ici donc ? J’aimerais bien en apprendre d’avantage une fois que l’on sera installé. Qu’est-ce qui pousse une jeune femme comme toi à réagir de cette manière. Je me demande aussi ce qui t’a poussé à rejoindre Iwa. Rassure-toi, ce n’est pas un interrogatoire. Juste que j’ai dans mon équipe une jeune fille, bien plus jeune que toi qui a longtemps vécu à Wasure, la fameuse prison et que depuis j’essaie tant bien que mal de lui venir en aide à elle aussi. »

Pourquoi est-ce que je racontais tout cela ? Pour éviter une nouvelle crise de panique avec mes questions peut-être ? Pour que la jeune femme se sente en confiance ? Sûrement.

Alors que l’on était tous deux sur le départ, la brune aperçu finalement mon compagnon de route qui s’approchait d’elle.

« Ah ! Lui, c’est Konéko. C’est un chat que j’ai sauvé dans la rue il y a quelques mois. Il avait été attaqué par un chien pendant que je faisais mes courses. Une génin qui passait par là m’a aidé aussi. C’est marrant, c’est d’ailleurs dans le restaurant de sa famille que nous allons. »

Rassuré, le félin s’était approché suffisamment pour frotter ses bajoues contre les doigts tendus vers lui avant d’accepter de bon cœurs quelques caresses en miaulant de satisfaction. Une fois sa dose de papouilles reçues, Konéko se retourna et d’un bon me sauta dans les bras.

Sur le chemin du restaurant, caressant le félin qui ronronnait, je racontais quelque peu ma vie sans grands détails, expliquant surtout que j’étais sorti prendre l’air, me changer les idées, et que comme d’habitude, la petite bête poilue avait décidé de me suivre. Quel comportement étrange pour un chat.

Le restaurant n’était pas si loin finalement et en cette période de l’année, il n’avait pas été nécessaire de réserver. Une fois attablé, je demandais à la personne à notre service si Seika était présente. Malheureusement, ce n’était pas le cas. J’étais quelque peu déçu, j’aurais aimé lui montrer à quel point notre miraculé allait mieux en partie grâce à elle. Ce serait pour une autre fois.

« Bien, on sera plus tranquilles ici. Dis-moi, je t’écoute. Parle-moi un peu de toi. »


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