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« Le chemin du paradis passe par une théière » ft. Yukari

Ukiyo Mowaru
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Lun 3 Fév 2020 - 10:22
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Aux douceurs d’automne, le vent se faufile au gré des rues pavées. Les feuilles mortes effleurent les visages avant d’achever leur course, lourdement légères, sur le sol. Période paisible au cœur commercial d’un village en lequel les sourires s’échangent timidement, passionnément ou innocemment au gré des ouvertures.

La tige du pinceau tapote en rythme le petit bureau. Petit logement des plus chaleureux, sérénité est le maître mot. La poussière n’a pas sa place et l’air frais bouscule le feuillage des quelques plantes vertes. Une délicate odeur de lait de figue suppute le petit cocon. Rangement impeccable, un lit tiré à quatre épingles qui pourrait malgré les draps de mauvaise qualité s’illustrer en la mondanité.

La chaise émet un léger craquement au même titre que mon dos alors que je m’étire. La concentration s’abandonne et malgré tout l’effort pour garder un environnement le plus propre possible, malgré ma passion pour les écrits théoriques et historiques pour les sceaux, je fatigue vite de demeurer à ne rien faire. Pour autant, j’en sentais la fin et une satisfaction certaine en ressort.

Comme à chaque fin de semaines, je prends un moment pour aller voir mes anciens camarades de l’académie, soit seuls à seuls, soit en groupe, selon les affinités, les personnalités de chacun. Il m’a toujours semblé évident d’éviter de proposer aux personnes plus réservées de s’attabler comme un bon petit régiment autour d’un verre. Ou deux… Ou trois…

Pour autant, un thé en tête à tête tend à me convenir aussi, en réalité, peu importe le breuvage, l’important est la communion. Se retrouver et partager. Avec le temps, j’avais même appris à connaître certaines personnes avec lesquelles je n’étais pas spécialement proche et c’était d’ailleurs l’objet de la rencontre d’aujourd’hui.

Petite boule de chaleur, j’étais de celles qui portaient encore des tenues d’été malgré les premiers vents frais. Troquant mon pyjama pour un t-shirt court, dévoilant devant le miroir mes maigres chairs, rapidement masquées par un short-salopette. Couvrons ce corps que le monde ne saurait voir. L’image m’amusait, vaguement. Dansante, constamment d’humeur joyeuse, aujourd’hui alors que j’attachais mes cheveux d’un nœud sombre.

Thématique respectée. Chaque jour, chaque couleur. Aujourd’hui, c’est celui du rouge qui se trahis en mes lacets et mon t-shirt, par-delà la salopette gris anthracite, agrémentant le tout d’une veste des plus légères dont je retroussais les manches pour masquer mes hanches dénudées, ouverte pour tout de même y laisser circuler l’air. Pour ce qui est de mes jambes, il est des choses non négociables, n’exagérons pas mon effort vestimentaire du jour : je suis relativement sortable !

Pas enjoué, une pomme entre les doigts que je faisais rebondir en faisant un petit état des lieux pour attraper mes clés, quelques billets et vérifier que je n’avais rien oublié. J’avais pris le parti d’éviter de porter le bandeau en dehors des temps de mission ou d’apprentissage militaires liés à la direction du village. Se la jouer civile donne un côté indéniablement plus humain à mes yeux, quand au regard des gens, et évite notamment l’aspect d’émulation que peuvent parfois ressentir les gens. La compétition, c’est pas mon truc. J’aime juste perdre en faisant mine d’avoir donné mon maximum pour voir la fierté dans les yeux des vainqueurs. Et c’est ça, ma victoire.

Logis quitté, c’est vers le salon de thé mentionné par mes échanges postaux avec Yukari, l’une de mes anciennes camarades de classe que je me dirigeais. Démarche enjouée, la mélodie du bonheur joue silencieusement autour de moi. C’est ce que j’aspire à dégager, finalement. La volonté, c’est déjà le bien-être.

Table minutieusement réservée. J’avais une demi-heure d’avance, mais ça me laissait un peu de temps pour flâner. Me centrer sur mes pensées invasives et obstruer pour être en mesure d’être la plus présente et disponible au moment venu.

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Fujioka Yukari
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Lun 3 Fév 2020 - 17:09
Yukari était attablée à son bureau, répondant tranquillement à la pile de lettres qu’elle avait l’habitude de traiter de manière hebdomadaire. Bien que les choses avec son père se soient finalement tassées, la jeune genin continuait de recevoir perpétuellement des lettres de certains prétendants qui ne comprenaient visiblement pas le sens du mot « abandon ». Comme à l’accoutumée, ces lettres servaient de combustible au feu qui brûlait dans la cheminée de sa chambre. Les ordres de missions et autres propositions d’intégrer une quelconque équipe subissaient souvent le même sort puisque la jeune fille n’y voyait aucune obligation de le faire, surtout au vu de son statut social et à la colossale somme d’argent qu’elle hériterait de son père.

Cependant, au milieu de tous ces courriers gênants, il y avait malgré tout des personnes qui méritaient à ce que l’on garde contact avec elles et à auxquelles la jeune genin essayait d’écrire régulièrement, voire à les rencontrer en personne. Depuis sa sortie de l’académie, Yukari n’avait presque gardé aucun contact, se contentant de retourner à sa vie luxueuse sans chercher à savoir qui pourrait bien demander après elle. Néanmoins, Yukari se rappelait d’une fille aux cheveux écarlates particulièrement énergétique et qui arrivait souvent à s’attirer les faveurs de ses camarades en toutes circonstances. L’altruisme dont elle faisait part l’avait intriguée et même si elle interagissait très peu avec son entourage, Yukari devait reconnaître que Mowaru était une personne particulièrement adorable et qui avait réussi à lui arracher quelques sourires malgré son comportement taciturne. C’est pourquoi Yukari décida de libérer une journée pour passer un peu de temps en compagnie de la seule camarade d’académie avec qui elle avait réellement gardé contact après avoir obtenu le diplôme.

La jeune iwajin prit tout le temps qu’il faut pour se baigner dans sa luxueuse salle de bain avant de se diriger vers son immense garde-robe afin de choisir la tenue du jour. Elle s’arrêta quelques temps devant la glace pour contempler les nombreuses cicatrices qui couvraient son corps. Il n’y avait pas un centimètre carré qui avait été épargné par l’effrayant combat contre son paternel et hormis sa cage thoracique et son visage qu’elle avait tenté de protéger tant bien que mal, Yukari garderait à jamais des marques indélébiles sur son corps, sans compter l’énorme entaille qui s’étendait de son épaule droite à sa hanche gauche. Un prix bien ridicule comparé à la réelle liberté dont elle jouissait désormais. Après quelques minutes de réflexion, Yukari enfila un pull en laine bleu, une paire de bas noirs accompagné d’une jupe longue et d’un châle qui couvrait ses épaules ainsi que ses généreux atouts.

Prévenant ses parents de son absence, Yukari se mit en route vers le lieu de rendez-vous, un petit papier en main soigneusement découpé et sur lequel était indiqué l’adresse du salon de thé dont Mowaru lui avait indiqué. Une fois entrée, la jeune genin balaya la salle du regard mais il ne lui fallut guère plus de quelques secondes pour repérer sa camarade, toujours aussi vive qu’à l’époque où elles s’étaient quittées. La jeune iwajin s’installa tranquillement devant Mowaru avant d’ouvrir le dialogue.

« Salut Mowaru…ça fait longtemps depuis la dernière fois que l’on s’est vu n’est-ce pas ? »

Cette approche était un peu maladroite mais c’était bien caractéristique de l’introvertie qu’elle incarnait. Cependant, ses expressions suffisaient à comprendre que Yukari était tout de même bien contente de revoir un visage familier et qu’après l’épreuve qu’elle avait dû subir, un peu de douceur serait le bienvenu dans sa petite vie.

« Au fait, je trouve ça très gentil de m’envoyer toutes ces lettres. Honnêtement, je pense que ce sont peut-être bien les seules auxquelles je réponds ces dernières semaines et je dois t’avouer que cette petite touche de gaieté parmi toutes les immondices que je reçois me fait chaud au cœur. »

Il était plutôt rare que Yukari fasse part de ses soucis à autrui mais Mowaru était plutôt réputée pour être à l’écoute des autres alors, se disait-elle, peut-être après tout ce temps, la jeune rousse était restée la même ? Plongeant son regard azuré dans le sien, la jeune fille aux cheveux de jais osa esquisser un sourire chaleureux.

« Sinon, comment vas-tu après tout ce temps ? Tu avais des projets après l’académie ? »
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Ukiyo Mowaru
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Lun 3 Fév 2020 - 18:29
Le temps s’effile et les murmures défilent. Le lieu est calme et j’aime la sensation de sérénité qu’il me procure. Tout est bien propre. Par politesse, j’avais pris un thé en attendant mon ancienne camarade. Mon regard balayait la salle de temps à autres, offrant çà-et-là quelques sourires francs à ceux que je croisais. Miroir de bonheur, les émotions fusent en mon regard.

Certains semblent passer un bon moment. D’autres ont de profondes conversations. Certains sujets sont parfois plus tristes. C’est ce que disent les épaules contractées, les mains et les jambes remuantes et si je manque cruellement de pudeur, je respecte suffisamment celle des autres pour ne pas débouler au beau milieu des conversations comme un engin de siège pour invoquer aux autres d’arrêter de se miner.

Quelques battements de cils, la chaise se tirait sans que je n’aie le temps de réagir. Je m’étais perdue dans mon observation, suffisamment pour en omettre de guetter l’arrivée de la jeune femme.

« Salut Mowaru…ça fait longtemps depuis la dernière fois que l’on s’est vu n’est-ce pas ? »

Souffle de douceur et de chaleur, mon sourire me grimpe jusqu’aux oreilles et je pourrais presque paraître simiesque en l’instant, à deux doigts de grimper sur la table pour lui sauter dans les bras. Pour autant je m’abstenais. D’une part parce que je la connais assez bien pour savoir que ça l’aurait mise mal à l’aise en ce simple fait : je ne la connais finalement que peu. La réserve appelle la réserve. Ne pas trop brusquer les timides !

« Yuka’ ! Ça me fait super plaisir de te revoir ! Ouais, ça fait un sacré bail ! »

Nuances. Nuances d’éducations. Ça se ressent à notre façon de se tenir. Au fait que je parle plus fort, moins bien. J’en ai conscience un peu, et ça m’inspire encore plus de passer du temps avec elle. Elle m’inspire, à m’élever en le bon sens. Elle est plus grande, plus jolie, plus femme, plus forte, plus intelligente. Elle a tout, tout pour réussir et pourtant elle semble porter les stigmates de la douleur. On les a tous, et on a tous notre façon de les gérer et malgré la perfection qu’elle frôle, la douce colombe semble effleurer l’ombre pour ressembler à un corbeau.

« Au fait, je trouve ça très gentil de m’envoyer toutes ces lettres. Honnêtement, je pense que ce sont peut-être bien les seules auxquelles je réponds ces dernières semaines et je dois t’avouer que cette petite touche de gaieté parmi toutes les immondices que je reçois me fait chaud au cœur. »

C’est l’envers du décor, une partie. Une partie qu’elle ressent le besoin de confier, à ma surprise. Rapidement. Un climat de confiance s’installe et mon sourire s’apaise un peu. Du moins, je le mets de côté pour ne pas paraître prendre le sujet à la légère et je ne le prends clairement pas à la légère. Je me râcle la gorge et avance ma chaise pour me rapprocher de la table et combler un peu l’espace, suffisamment pour pouvoir parler à voix plus basse.

Pensive, je pris quelques secondes à retrouver l’essence de ses mots, à les évaluer, mes mains entourant mon thé ayant refroidis comme pour me rassurer, me rattacher à quelque chose. Est-ce qu’elle va seulement bien ?

« Je… J’suis contente de pouvoir être ce petit cocon de paix, et tu sais que ma porte sera toujours ouverte. Si t’as besoin de t’échapper. Un peu. Beaucoup. Peu importe, je serai là et je répondrai présente. Hésite surtout pas, à n’importe quel moment de la journée, de la nuit. Et je suis super contente que tu puisses te libérer de cette part de ton quotidien avec moi, ça prouve que tu me fais un peu confiance et c’est super touchant ! »

Sourire tendre, une part d’optimisme. Toujours finir sur une touche d’optimisme qui entourait la tendre chaleur que je dégageais. Sourire franc, une réelle connexion. Toujours chercher à alléger le quotidien des personnes, à être une issue de secours, le moteur d’une petite joie, temporaire, éphémère, qu’elle dure ou non n’importe pas. Le principal, c’est d’être un instant de répit.

« Sinon, comment vas-tu après tout ce temps ? Tu avais des projets après l’académie ? »

Basculant vaguement la tête en arrière, j’haussais les épaules en m’asseyant nonchalamment en tailleur sur ma chaise, posant grossièrement mon coude sur la table pour plonger ma main dedans en gonfler mes joues avant de laisser l’air s’en expulser dans un bruissement intimant un « j’sais pas ».

« Ca va, super bien ! Ca va toujours bien. J’ai plein de projets ! Je continue de dessiner, de donner du temps à l’orphelinat où…un temps, un instant, une coupure, j’ai grandi, de voir les anciens pour garder contact, j’ai tatoué quelques personnes à droite à gauche, je me dépatouille pour subvenir à mes besoins ! Et toi ? »

Question innocente, pour autant, je ne lui avais pas demandé si ça allait. Pendant mes mots, j’avais remarqué. Pris attention, pris un instant, pour contempler le prolongement de son col, ayant fait mine de détourner le regard après m’être éperdue à sa poitrine. Il n’en était rien. Ce que j’avais remarqué, c’était une peau marquée. Un blanc plus pâle qu’en demeure le reste de sa peau laiteuse, plus abîmé, tendant presque vers le gris. Et je ne voulais pas m’imposer sur ce sujet. Elle le sait. Si elle veut en parler, je serai à l’écoute. Si elle n’en a pas envie, je n’en ferai pas l’état.

Alors… Dans le fond… Il n’y a pas de mal à infliger une douce blessure à ses yeux en ses formes pour faire mine que je n’avais rien remarqué, si ? Du moins, la regarder à cet endroit là me paraissait infiniment moins intrusif que de lui laisser comprendre que j’ai eu un flou du fait de ses cicatrices et que j’étais inquiète, réellement inquiète.

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Fujioka Yukari
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Lun 3 Fév 2020 - 19:40
Mowaru n’avait pas changé. Honnêtement, cela faisait bien longtemps que Yukari n’avait plus vu de personne aussi enjouée et savoir que son ancienne camarade se portait toujours aussi bien la rassurait un peu. En l’observant, il était difficile de croire que la petite rousse ait grandi à l’orphelinat tant elle débordait d’amour et de vitalité. L’on racontait que c’étaient souvent les personnes les plus démunies qui étaient enclines à en offrir le plus et Yukari devait bien s’avouer que l’adage pouvait s’avérer parfois juste. Le plaisir de la revoir fut partagé et Mowaru alla même au-delà de ce que Yukari attendait comme réponse puisque la jeune rousse se proposait d’être à l’écoute de Yukari à toute heure de la journée.

« Je dois reconnaitre qu’il était bien difficile de ne pas te voir. Une véritable petite puce qui n’arrêtait pas de bouger. Tout le monde t’appréciait à l’académie et il n’y a pas un seul jour où je ne finissais pas par rire à tes excès de bonne humeur. De l’élève modèle en passant par l’élève moyen jusqu’au cancre, tu mettais toujours tout le monde sur le même pied d’égalité et tu t’efforçais toujours de faire de ton mieux pour leur apporter ton aide. »

Ses souvenirs évocateurs firent rire de bon cœur la jeune Iwajin. La conversation était si chaleureuse que Yukari en oublia de passer sa commande et se hâta de corriger cet oubli en appelant le serveur qui lui servit un bon thé à la menthe fumant. Cela était loin d’être de la qualité de ce que son père pouvait rapporter de ses voyages mais la jeune femme avait appris à rejeter ce qu’on lui offrait, ayant bien conscience que tout le monde n’avait pas accès au niveau de vie qui était le sien. Mowaru semblait multiplier les tâches pour subvenir à ses besoins et Yukari ne pouvait qu’admirer le courage et la détermination de ce concentré de bonté qui gardait son sourire en toute circonstance. Yukari se demandait d’ailleurs si elle aurait pu maintenir la tête hors de l’eau dans pareille situation, elle qui était née avec une cuillère en argent dans la bouche. Cependant, le monde de l’aristocratie attirait souvent les convoitises et possédait également son lot de désavantages dont Yukari en avait malheureusement fait les frais.

Loin de se plaindre de sa situation, Mowaru l’incita presque indirectement à poursuivre sur la piste que la jeune iwajin avait osée lancer. Yukari n’était pas dupe et voyait bien le regard de la jeune rousse se balader sur sa poitrine et là où ses prétendants n’y voyaient que des convoitises, Mowaru semblait être captée par tout autre chose. Une chose que Yukari n’avait jamais cherché à cacher et dont elle avait toujours parlé à quiconque voulait bien l’entendre. Esquissant un sourire face à l’insistance de son regard, Yukari se décida donc de satisfaire la curiosité de son ancienne déléguée.

« Après l’académie, je n’ai pas fait grand-chose à vrai dire. Tu sais très bien de quel milieu je viens alors je n’ai pas vraiment besoin de faire quoi que ce soit pour gagner ma vie puisque j’hériterai certainement de la fortune de mon père lorsqu’il passera l’arme à gauche. Ces stigmates que tu regardes depuis tout à l’heure, c’est lui qui me les a faites… »

Yukari reposa son verre et plongea son regard à nouveau dans celle de son interlocutrice pour être sûre d’avoir toute son attention.

« Tu sais Mowaru, le monde de l’aristocratie n’est pas aussi bien qu’on le pense et tôt ou tard, on finit par attirer l’attention de mauvaises personnes. Les jeux de pouvoirs y sont légion et certains ne cherchent ni plus ni moins que le moins de s'enrichir encore plus quitte à vendre leur mère si cela leur apporter un quelconque bénéfice. Etant la seule héritière qui puisse prétendre à la succession de mon père, ce dernier jugea bon de tenter de m’unir à un homme que je n’aimais pas. Je ne sais pas vraiment ce qu’il espérait avec cette démarche. Sans doute voulait-il insuffler son espoir dans un mâle qui reprendrait les rennes de son commerce ? Bien entendu, j’ai refusé et ai repoussé tous ceux qui avaient tenté un jour de demander ma main.

Cependant, la patience de mon père avait une limite et nous nous affrontâmes dans un combat sanglant dont l’enjeu était ma propre liberté. Sûr de sa victoire, mon paternel ignorait que je possédais une capacité qu’aucune autre personne de ma famille n’avait développé et bien qu’il me fût en tous points supérieur, je pus triompher de lui en usant de cette carte maîtresse. De la chance ? Un coup du destin ? Honnêtement, je n’en sais trop rien mais la résultante de ce combat étant que j’ai pu m’émanciper de son joug et aujourd’hui je jouis d’une liberté totale en échange de ces marques sur mon corps. »


Yukari ne semblait pas être affectée par cette histoire. Au contraire, elle avait pris cette confrontation comme une sorte épreuve qu’elle devait réussir avant d’accéder à ses objectifs. La jeune femme s’entendait même très bien avec son père dorénavant, ce dernier ayant vu en sa progéniture une femme capable de reprendre ce qu’il avait mis des années à construire.

« Enfin, le bon côté des choses est que je suis toujours vivante et je n’ai gardé aucune séquelle de ce terrible affrontement. Par contre, je pensais que ces cicatrices me rendraient moins désirable mais force est de constater que je reçois encore beaucoup de missives et parfois même de par-delà les terres de Tsuchi ! »

Elle ponctua cette dernière phrase par un rire franc qui ne laissait place à aucun doute concernant le fait que cette histoire ait pu l’affecter mentalement d’une manière ou d’une autre. La jeune Iwajin croquait littéralement la vie à pleines dents et aucune de ses mésaventures n’étaient arrivé à lui saper le moral. Recouvrant son sérieux, Yukari replongea ses lèvres dans son thé avant de fixer à nouveau la jeune rousse.

« Ne t’en fais pas, je ne suis pas triste de ce qui m’est arrivé, tu sais. Je m’entends beaucoup mieux avec mon père maintenant et si j’avais la possibilité de refaire les choses, je les referais sans rien changer à leur déroulement. »

Yukari son poing sur son cœur, animée d’une détermination sans égal. Son envie de ne pas abandonner lui venait sans doute du sang de ses ancêtres samouraï qui coulait dans ses veines. Bien qu’encore très jeune, la jeune fille était bien décidée à écarter n’importe qui essayant de lui mettre des bâtons dans les roues, fussent-ils de sa propre famille.

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Ukiyo Mowaru
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Lun 3 Fév 2020 - 23:10

« Je dois reconnaitre qu’il était bien difficile de ne pas te voir. Une véritable petite puce qui n’arrêtait pas de bouger. Tout le monde t’appréciait à l’académie et il n’y a pas un seul jour où je ne finissais pas par rire à tes excès de bonne humeur. De l’élève modèle en passant par l’élève moyen jusqu’au cancre, tu mettais toujours tout le monde sur le même pied d’égalité et tu t’efforçais toujours de faire de ton mieux pour leur apporter ton aide. »

Au fil de ses mots, je sens mon cœur se soulever. Mowaru, c’est celle qui prends soin des autres, celle qui est toujours présente. Mowaru, c’est pas celle dont on prends soin. Je ne suis pas habituée. Clairement pas habituée à recevoir des compliments de la part de qui que ce soit. Au fil des mots, je sens mon regard se perdre, s’éperdre… « J’essaie juste de faire en sorte que tout le monde se sente bien. », c’est ce que j’aurais pu répondre si je ne m’étais pas égarée en cours de route. Mes lèvres s’entrouvrent pour tenter de laisser quelques mots battre, je me résigne.

Mon regard plonge vers le sol et je sens le pourpre s’emparer de mes joues, fermant un instant les yeux pour retrouver constance, pour me refocaliser avant de me replonger vers elle d’un sourire sincère bien qu’il est rare, si rare de me voir mal à l’aise ou gênée par quoi que ce soit.

« Merci… »

Soufflais-je simplement, un brin de malice en le regard. Peu de mots. Un seul mot en réalité. Mais peut-être le plus important de tous. Exprimer sa gratitude envers son entourage, c’est important. Si important. Et ses mots m’ont touchée. Ils m’ont bouleversée. Un frisson parcourt mon corps et j’en ricane en secouant la tête, demandant au passage du serveur un jus de fruit, ma tasse pratiquement vide, quelques résidus de feuilles réhydratées se battant en duel en le breuvage.

« Après l’académie, je n’ai pas fait grand-chose à vrai dire. Tu sais très bien de quel milieu je viens alors je n’ai pas vraiment besoin de faire quoi que ce soit pour gagner ma vie puisque j’hériterai certainement de la fortune de mon père lorsqu’il passera l’arme à gauche. Ces stigmates que tu regardes depuis tout à l’heure, c’est lui qui me les a faites… »

Nouveau soulèvement à mon cœur, celui-ci change. Il y a comme… Son sourire m’attriste en ces mots. Ses mots sont tristes. Être orphelin, ce n’est pas différent d’être enfant de riche, enfant d’une famille classique, enfant d’une famille monoparental, enfant adopté… Chaque individu porte ses fardeaux, chaque situation est différente et il est stupide de chercher à savoir qui souffre le plus de quoi. La souffrance est tout bonnement à bannir, et pour ça, il faut s’entraider, se soutenir.

Pour être heureux, il faut s’aimer.

Son regard se replonge sur moi avant que je ne puisse réellement réagir, elle reprend et je tâche de me plonger en ses yeux clairs sans me perdre en leur beauté, il est des priorités plus essentielles que mon émerveillement personnel.

« Tu sais Mowaru, le monde de l’aristocratie n’est pas aussi bien qu’on le pense et tôt ou tard, on finit par attirer l’attention de mauvaises personnes. Les jeux de pouvoirs y sont légion et certains ne cherchent ni plus ni moins que le moins de s'enrichir encore plus quitte à vendre leur mère si cela leur apporter un quelconque bénéfice. Etant la seule héritière qui puisse prétendre à la succession de mon père, ce dernier jugea bon de tenter de m’unir à un homme que je n’aimais pas. Je ne sais pas vraiment ce qu’il espérait avec cette démarche. Sans doute voulait-il insuffler son espoir dans un mâle qui reprendrait les rennes de son commerce ? Bien entendu, j’ai refusé et ai repoussé tous ceux qui avaient tenté un jour de demander ma main.

Cependant, la patience de mon père avait une limite et nous nous affrontâmes dans un combat sanglant dont l’enjeu était ma propre liberté. Sûr de sa victoire, mon paternel ignorait que je possédais une capacité qu’aucune autre personne de ma famille n’avait développé et bien qu’il me fût en tous points supérieur, je pus triompher de lui en usant de cette carte maîtresse. De la chance ? Un coup du destin ? Honnêtement, je n’en sais trop rien mais la résultante de ce combat étant que j’ai pu m’émanciper de son joug et aujourd’hui je jouis d’une liberté totale en échange de ces marques sur mon corps. »


Demeurer la plus impassible. La peine, le partage d’une forme de douleur était présent en mon regard et pourtant je faisais tout pour l’éviter, au fil des mots. Comment peut on faire tant de mal à son enfant ? Comment peut-on l’aimer ou le détester au point de vouloir le briser pour n’en faire qu’un simple pantin ? Certains adultes sont cruels. Elle marquait une pause, elle le sait, j’ai des difficultés à rester concentré longtemps. Alors prendre le temps de ressaisir son souffle me laisse le temps d’organiser les idées dans ma tête. Lentement, mais sûrement.

« Enfin, le bon côté des choses est que je suis toujours vivante et je n’ai gardé aucune séquelle de ce terrible affrontement. Par contre, je pensais que ces cicatrices me rendraient moins désirable mais force est de constater que je reçois encore beaucoup de missives et parfois même de par-delà les terres de Tsuchi ! »

J’acquiesçais, faisant éponge. Je la laissais faire état de tout. Tout mettre à plat, et je contenais tout ce que je pouvais ressentir en l’immédiat. Je luttais. Fort en réalité, face à cette situation, face à ce qu’elle a traversé. Je connais la souffrance des autres. Je ne la connais que trop bien. Combien d’enfants, combien de traumatismes ? « ils ont tapé mon papa très fort, ils ont déshabillé ma maman et après ils l’ont tapé très fort aussi, il y avait de la peinture rouge partout c’était bizarre », « mes parents sont jamais rentrés », « mes parents avaient plus assez d’argent pour s’occuper de moi », « papa a tué maman et après il s’est tué ».

Ce monde est étrange. Etrangement triste. C’est assez ironique que je sois cette oreille, cette épaule et que je sois si empathique, que je ressente si fort, qu’il s’agisse du déni, de la colère, du marchandage, de la violence, de l’auto-mutilation, du nihilisme. Finalement, faire l’imbécile heureuse, ça me donne l’air simple. Ca rends les choses simple. Mais rien n’est simple. Au moins, je sais que même si ça me fait souffrir en un sens, être présente pour les autres, c’est mes plus grands maux et mes plus grands remèdes. Alors c’est la meilleure des choses possibles.

« Ne t’en fais pas, je ne suis pas triste de ce qui m’est arrivé, tu sais. Je m’entends beaucoup mieux avec mon père maintenant et si j’avais la possibilité de refaire les choses, je les referais sans rien changer à leur déroulement. »

Nous buvons une gorgée en chœur avant que je ne me décide à reprendre.

« T’imagines pas comme je suis heureuse de te voir encore apte à t’épanouir, encore apte à voir le positif dans tout ça. A ta manière, t’es une petite lumière aussi. Douce, calme, une force tranquille qui évolue et fait son petit bonhomme de chemin et ça pousse l’admiration !

Je me demandais… C’est peut-être un peu prétentieux ou quoi. Tu… Bha tu sais que je dessine, et je me demandais si tu me laisserais te tatouer un truc ? Sur une des cicatrices ? Ca serait un peu… Une façon d’en couvrir une petite partie avec notre amitié, comme ça, si elles te font mal, tu regarderas le dessin et tu penseras à moi ! »


Grand sourire radieux, il revenait. Le fameux et l’éternel sourire un peu imbécile. La Mowaru qui souris, la Mowaru qui soutiens, la Mowaru qui est présente, la Mowaru qui aime.

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Fujioka Yukari
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Mar 4 Fév 2020 - 1:02
Yukari avait l’impression de monopoliser la conversation mais elle devait bien avouer que cela faisait du bien de décharger un peu ce qu’elle avait sur le cœur. Mowaru s’était contentée de l’écouter jusqu’au bout, attentivement, acquiesçant de tant à autre pour mentionner qu’elle suivait bien le récit de l’iwajin. Au fil de son histoire, Yukari avait le sentiment que Mowaru était plus affectée parce qui lui était arrivé qu’elle-même et la jeune femme se sentait un peu coupable de lui inspirer de tels sentiments. Cependant, la petite rousse sut se ressaisir bien vite une fois le récit de Yukari, proposant même une alternative pour alléger sa « peine. »

En réalité, Yukari ne ressentait plus de douleur physique depuis bien longtemps et la principale différence notable par rapport à l’époque où elle ne possédait pas ces marques résidait dans le fait que ces dernières étaient plus sensibles par rapport aux zones de sa peau qui n’en possédaient pas. A chaque fois que la jeune femme passait ses doigts dessus, elle avait l’impression de se souvenir de chaque coup qui avait causé chaque entaille. Cette contrainte pouvait rendre tout contact physique assez dérangeant, bien plus encore que par le passé où la jeune femme n’en était déjà pas très friande. Aussi, l’idée que Mowaru ne lui plaisait pas vraiment à cause de multiples raisons dont elle était prête à lui faire part. Cela dit, Yukari était agréablement surprise de découvrir en Mowaru une artiste et la jeune femme respectait beaucoup les gens qui faisaient de leur art une passion.

« Ça me touche que tu me proposes une alternative pour donner un sens à mes cicatrices mais je me dois de refuser. Ce n’est pas contre toi mais je n’aime pas vraiment les tatouages, quelque soit leur forme ou la raison pour laquelle on les réalise. Chacun est libre de faire ce qu’il veut bien évidemment mais je ne me vois pas avec l’une de ces choses sur le corps. De plus, celles-ci font partie intégrante de mon corps désormais et je me sentirais mal de les altérer de quelque manière que ce soit. Et puis, si j’avais vraiment voulu m’en débarrasser, tu imagines bien que j’ai suffisamment de moyens pour faire appel aux meilleurs Eisenins du Pays. »

En gage de bonne foi, Yukari releva la manche de son bras droit et dévoila les marques qui se trouvaient sur celui-ci. Ce n’était évidemment qu’une toute petite partie de l’iceberg mais l’on pouvait bien constater les nombreuses taillades qui s’y trouvaient et dont on pouvait distinguer certains reliefs au toucher. La jeune femme effleura doucement certaines d’entre elle, comme pour rassurer Mowaru sur le fait qu’elle ne ressentait plus aucune douleur depuis bien longtemps. Bien que le contact des gens la dérangeait en général, Yukari était prête à laisser la petite rousse lui effleurer le bras tant que cela ne devenait pas excessif. Après tout, Mowaru avait gentiment pris de son temps pour la voir et rien que ce petit geste suffisait à lui faire éprouver de la sympathie pour son ancienne camarade de l’académie.

« Cela dit, j’aimerais bien te voir à l’œuvre un jour. Je ne pas une grande admiratrice de l’art en général mais j’apprécie les gens qui ont font une vocation et je serais curieuse de voir comment tu te débrouilles sur ce terrain-là. Ah et d’ailleurs avant que j’oublie, il n’y a pas vraiment besoin d’acte pour symboliser notre amitié parce que je te considère déjà en tant que tel. Honnêtement, je pense qu’on a rarement été aussi attentionnée à mon égard et il y a, en réalité, peu de personnes qui méritent vraiment de faire partie de mon entourage et je pense que tu as amplement gagné ta place Mowaru. »

Yukari avait bien remarqué que les compliments avaient tendance à embarrasser son interlocutrice mais la jeune femme savait également qu’elle en avait besoin. Mowaru avait beaucoup donné et peut-être trop peu reçu alors l’iwajin essayait tant bien que mal de lui rendre toutes les ondes positives qu’elle avait diffusé durant toutes ces années. Mowaru était une personne forte qui avait toujours essayé de réussir par ses propres moyens mais Yukari était désireuse d’utiliser les facilités que la vie lui avait offertes pour l’aider en cas de besoin. Recentrant son attention sur Mowaru, la laissant se ressaisir de son éventuel embarrassement, c’est d’un sourire sincère que la jeune femme lui annonça ses attentions.

« Au fait, de la même manière que tu me l’as proposé plus tôt, si tu as besoin de quelque chose, n’hésite pas à demander. Je ne parlais peut-être pas beaucoup durant les années passées à l’académie mais j’ai bien conscience du poids du fardeau que tu portais alors si je peux, d’une quelconque manière, alléger un tout petit peu ce poids, je serais ravie de te venir en aide. »

C’était une main tendue que Yukari lui proposait et même si la jeune rousse la refusait, Yukari ne lui en voudrait absolument pas. Il existait bien d’injustices en ce monde et il était sans doute impossible d’en venir un jour à bout mais la jeune femme était désireuse d’œuvrer à son échelle et d’aider au moins les personnes qui faisaient partie de son entourage proche, un entourage qui s’était certainement élargi après ces retrouvailles…
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Ukiyo Mowaru
Ukiyo Mowaru

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Ven 7 Fév 2020 - 23:12
« Ça me touche que tu me proposes une alternative pour donner un sens à mes cicatrices mais je me dois de refuser. Ce n’est pas contre toi mais je n’aime pas vraiment les tatouages, quelque soit leur forme ou la raison pour laquelle on les réalise. Chacun est libre de faire ce qu’il veut bien évidemment mais je ne me vois pas avec l’une de ces choses sur le corps. De plus, celles-ci font partie intégrante de mon corps désormais et je me sentirais mal de les altérer de quelque manière que ce soit. Et puis, si j’avais vraiment voulu m’en débarrasser, tu imagines bien que j’ai suffisamment de moyens pour faire appel aux meilleurs Eisenins du Pays. »

Réponse attendue, peut-être. Ou non, je ne sais pas. Si une note de positivité, d’optimisme et de partage m’enivre et motive mes mots et ma bienveillance. Les cicatrices sont importantes pour se souvenir, au même titre que l’art, les tatouages ou l’histoire. Pour autant je suis de ces ninja qui ne comprennent rien au ninja. Pour moi, les cicatrices sont les vestiges de blessures qui ne partent pas, un fardeau quotidien qui abîment la douceur et la beauté de la peau.

« J’imagine bien ! Et je comprends. J’demandais comme ça, mais à défaut j’te dessinerai un papillon si tu veux ! Un joli papillon bicolore ! »

Passer du tatouage au dessin, un art impliquant moins de conséquences, pourtant similaire. Seul le support change. Pour autant, cette histoire de papillon n’est pas anodine. Les stigmates à son corps frappent la régularité des lames, larmes de chairs reconstituées régulières et si chaotiques qu’elles en présentent quelque chose de beau, sensiblement beau.

A bout de doigt, sans fouler son espace vital, j’effleurais les marques de mes doigts chauds, habituelle et éternelle petite boule de chaleur, frissonnant presque à leur contact, m’imageant la douleur. Ce qu’elle a dû ressentir. Ce qu’elle a dû subir. Finalement, les coups n’ont dû être que des caresses à côté des coups de fouets d’une éducation stricte, d’une tentative de mariage forcé…

Tous. Nous devrions tous, en tout temps, en tous lieux, pouvoir jouir de notre dignité et de notre liberté. Hommes et femmes ne sont pas les esclaves d’un système ou d’une famille, mais des personnes évoluant dans un monde en perpétuel évolution. Les enfermer, c’est les briser. Ou tenter de les briser.

Je frissonne avant de retirer mes doigts, lentement, foulant son avant-bras jusqu’au poignet, mon majeur et mon index venant délicatement heurter sa paume, suivi de mon pouce proche du sien. C’était tout ce que je pouvais faire, tout ce que je pouvais lui offrir. Yukari a besoin de parler. Introvertie, la nuance sociale nous habite. Mais je ne la juge pas pour ça et elle le sait. Et c’est réciproque.

Sourire évasif, épris d’une vague gêne, je me détourne de mes gestes pour les approcher de mon verre pour en boire une gorgée.

« Cela dit, j’aimerais bien te voir à l’œuvre un jour. Je ne pas une grande admiratrice de l’art en général mais j’apprécie les gens qui ont font une vocation et je serais curieuse de voir comment tu te débrouilles sur ce terrain-là. Ah et d’ailleurs avant que j’oublie, il n’y a pas vraiment besoin d’acte pour symboliser notre amitié parce que je te considère déjà en tant que tel. Honnêtement, je pense qu’on a rarement été aussi attentionnée à mon égard et il y a, en réalité, peu de personnes qui méritent vraiment de faire partie de mon entourage et je pense que tu as amplement gagné ta place Mowaru. »

« Si tu veux ! On ira se balader sur les toits à l’occasion, tu pourras me regarder dessiner. Et puis on verra le monde sous un autre angle. Plus vaste. A la fois plus vide et plus remplis. Ca me touche, que tu me considères comme ton amie. Quand on s’est rencontrées à l’académie, à la posture de ton dos et tout… J’avais peur d’être un peu… ‘fin… T’sais genre… Pas assez bien ? Trop petite fille des rues infréquentable. Alors ça me touche ! J’ai toujours été nulle pour les combats, mais il en est visiblement certains que j’arrive à gagner juste avec de la tendresse et c’est les meilleures victoires. »

Sourire franc, je m’éperdais dans les souvenirs en me replongeant en ses yeux pâles. Tout ça est à la fois si proche et si lointain. Passé révolu, un passé qui me manque. J’aurais voulu rester. Garder prêt de moi tous mes amis, toute ma classe. Continuer de pouvoir me déplacer librement dans le pays pour voir Midori chaque été comme nous en avons l’habitude…

Au final, aujourd’hui est un jour heureux, mais simplement différent. Alors la flamme de ma nostalgie passe sous cloche et s’étouffe d’elle-même assez rapidement.

« Au fait, de la même manière que tu me l’as proposé plus tôt, si tu as besoin de quelque chose, n’hésite pas à demander. Je ne parlais peut-être pas beaucoup durant les années passées à l’académie mais j’ai bien conscience du poids du fardeau que tu portais alors si je peux, d’une quelconque manière, alléger un tout petit peu ce poids, je serais ravie de te venir en aide. »

« Mon carburant, c’est les gens et le bonheur des gens, Yuka’. J’ai jamais porté de fardeau. Et j’en porterai jamais. Et le simple fait que tu es répondue présente à mon invitation, c’est le plus beau des cadeaux que tu puisses me faire. T’inquiète pas pour moi. J’suis une boule de bonheur. Quand j’me sens mal, il me suffit d’aller voir les bonnes personnes et au bout de quelques instants… Ca va mieux. Tout va mieux. Tout va beaucoup mieux.

Tu fais partis de ces personnes. Même si on se connait pas si bien que ça. »

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Fujioka Yukari
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Sam 8 Fév 2020 - 10:30
Un dessin ? Visiblement, Mowaru était de ceux qui n’abandonnaient pas une fois qu’ils avaient une idée en tête. Cela dit, cette alternative plut beaucoup plus à Yukari qui accepta donc de se faire offrir ce présent. Ce n’était peut-être pas grand-chose aux yeux de tous mais pour la noble iwajin, cela avait une signification forte. Durant sa courte vie, Yukari s’est vue offrir des montagnes de cadeaux dont la fréquence s’est accentuée au fur et à mesure qu’elle grandissait. Dorénavant, certaines personnes la convoitaient tellement et y voyaient une sorte de vecteur de richesse infinie mais également le privilège d’être les premiers à fouler des terres inexplorées.

« Vraiment, ton insistance me fait bien rigoler mais j’apprécie voir que tu m’accordes de l’attention. J’accepterais volontiers ton dessin une fois que tu l’auras fini. »

Il était rare qu’on lui accorde autant d’attention. Il y avait bien ses servantes mais cela était plus une marque de respect ou de crainte de représailles mais aucunement de l’attention. Ses parents étant souvent en excursion, Yukari se retrouvait la plupart du temps toute seule et même si elle possédait tout ce dont elle avait besoin, il était tout de même difficile de combler l’absence de ses parents. La jeune femme sursauta un peu lorsque Mowaru commença à tracer les cicatrices de ses doigts.

En général, Yukari n’aimait pas vraiment le contact avec les gens sans qu’elle ne les y autorise et évitaient souvent ceux qui lui sautaient spontanément au cou. Néanmoins, l’iwajin avait autorisé la petite rousse à l’effleurer et elle constata que cette dernière n’abusait pas du privilège qui lui avait été donné. Lorsque ses doigts effleurirent sa paume, Yukari referma instinctivement cette dernière sur la main baladeuse, la gardant quelques secondes avant de la relâcher. Yukari put s’apercevoir de la chaleur qui animait la petite rousse que l’on pourrait presque confondre, à tort, pour de la chaleur. L’iwajin avait eu tort de penser que Mowaru portait un quelconque fardeau puisque cette dernière semblait tout à fait comblée par la vie qu’elle menait en se contentant des choses simples que celle-ci pouvait lui donner. Cela dit, Yukari ne pensait pas que sa présence faisait partie du petit bonheur quotidien de la rousse et la jeune femme porta ses mains à la bouche, un peu embarrassée par ce qu’elle venait d’entendre.

« Ce n’est pas grand-chose, voyons. En général, je me présente à toutes les invitations que l’on m’envoie…enfin, je veux dire que je m’y présente par politesse ou obligation mais je dois t’avouer que c’est l’une des rares fois où j’y vais de mon plein gré. Je ne suis pas douée pour jauger les gens au premier regard et j’ai besoin de beaucoup de temps pour me faire un avis sur une personne mais je pense ne pas me tromper en disant que tu es sans doute une des personnes les plus adorables que j’ai pu rencontrer. »

Yukari dévia ensuite sur d’autres sujets un peu plus sérieux. Depuis quelques temps, on parlait de l’organisation d’un examen conviant les nombreux genins présents au sein du village. C’était une opportunité pour ceux voulant progresser dans la hiérarchie de se distinguer et de faire un petit pas vers les hautes sphères de l’institution shinobi. Nombre de ses pairs s’étaient déjà inscrits et beaucoup en parlaient comme d’un évènement central particulièrement important et qui allait sans doute ameuter pas mal de monde. Cette initiative de vouloir occasionnellement donner la chance aux plus téméraires de prouver ce qu’ils avaient dans le ventre plaisait à la jeune femme bien qu’elle ne l’appliquait pas vraiment à elle-même. Voir des gens s’affronter dans diverses épreuves pouvait être intéressant mais la jeune Iwajin n’y trouvait rien de transcendant non plus. Aussi, Yukari se demanda-t-elle si son interlocutrice voulait y prendre part.

« Dis-moi, Mowaru, tu as certainement entendu qu’un examen se déroulait dans quelques semaines n’est-ce pas ? Je me demandais si tu étais désireuse d’y participer. Je ne sais pas si cela est ouvert au grand public vu que je n’ai jamais voulu y participer mais j’aurai bien aimé y aller pour soutenir mes camarades. D’ailleurs, je pense que la plupart d’entre eux ont déjà intégré une équipe et sont pour la plupart sous la tutelle d’un jonin. »

Elle marqua une pause en souriant à l’évocation de la réplique qu’elle s’apprêtait à formuler.

« Personnellement, je préfère être un électron libre. Je déteste devoir rendre des comptes à quelqu’un et je n’ai pas très envie de me lever à l’aube pour subir des entrainements ridicules ou que l’on me fasse la morale sur la cohésion d’équipe ou le soutien de ses partenaires. Si j’ai envie d’apprendre, je me dirigerai moi-même vers les personnes compétentes quand j’en aurai envie. Honnêtement, il y a suffisamment de gens qui veulent se taper dessus pour que l’on en rajoute d’autres et en matière de coups, je pense que j’ai assez de preuves pour montrer que j’ai suffisamment donné de ma personne dans ce domaine. »

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« Le chemin du paradis passe par une théière » ft. Yukari

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