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« Les rires éclatent mieux lorsque la nourriture est bonne » ft. Masato

Ukiyo Mowaru
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Lun 3 Fév 2020 - 19:08
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La chaleur se dégage de la cuisine, l’odeur de nourriture guette chaleureusement les lieux et en impose les odeurs et la vapeur. Les épices exotiques capturent les sens et sans faire état du goût, l’odorat suffit à entamer un long voyage. L’application et l’investissements respire la délicatesse d’un met de qualité, petite œuvre d’art entrepris de tout cœur.

Regard fade vers le soleil qui semble s’éloigner. Le soleil est triste, il s’enfuie. Il faut aller le rattraper pour lui faire des câlins. L’idée me fait vaguement glousser. C’est ce que je rétorquais à mes éducateurs lorsque j’étais encore enfant, et une image à laquelle je m’attachais en un sens, bien que les années m’aient fait apprendre à aimer la nuit. Enfant, la nuit était l’instant du silence. Manger, se brosser les dents, un peu de lecture, se coucher et attendre en comptant les chatons qui sautent la barrière dans ma tête.

Aujourd’hui, la nuit, c’est une nouvelle vie. C’est comme le jour, mais comme si le doux voile de la nuit empêchait au Soleil de voir nos pêchés. L’alcool, la tendresse des corps, les rêveries, les instants de confiance les plus intenses, les flâneries, enfreindre les règles… La Lune veille. Elle est froide, à l’inverse du Soleil, mais les deux sont tendres, si tendres.

Le vent caresse brutalement les fenêtres de mon vétuste appartement impeccablement arrangé alors que j’enfile mes bottines par-dessus une paire de bas couvrant mes jambes pour me protéger du froid. C’est peut-être l’inconvénient. Fille de la chaleur, porter trop de couches de vêtements m’est quelque chose de désagréable. L’avantage, c’est que je sais où je vais et comment j’y vais et d’avance que je m’y sentirais suffisamment bien pour me débarrasser de ses horreurs une fois nichée devant un bon repas.

Un petit sac, y disposant le repas, principalement une grande quantité d’amuses bouches fait main, plus pratiques pour picorer et éviter l’inconvénient des silences gênants des repas. Une bouteille de saké achetée pour l’occasion, à hauteur de mes moyens, c’est-à-dire « à peine acceptable ». Mes médicaments, à prendre « de préférence au moment des repas ». Je ne sais pas trop si l’alcool fait bon ménage, mais en un sens… On ne vit qu’une fois !

Contemplant le miroir, je faisais l’effort d’une coiffure au minimum arrangé, éternelle nœud sombre m’ayant été offert pour mon cinquième anniversaire par l’une de mes éducatrices. Un t-shirt rayé m’arrivant au-delà du nombril, rattrapé à mi-hanches par un short faisant la jonction avec mes bras de manière à me couvrir suffisamment pour ne pas avoir froid, sans trop pour éviter de bouillir. Par-delà, une veste longue, trop longue, « empruntée pour une durée indéterminée » à un ami.

Une sucette entre les lèvres, la boule de sucre faisait gonfler nonchalamment ma joue, roulant de temps en temps entre mes dents sous l’effet de ma langue alors que je me mettais en route. La surprise est quelque chose que j’apprécie avec Masato. A vrai dire, j’avais surtout peur qu’il me trouve toutes les excuses du monde si je lui demandais avant d’arriver chez lui. Alors que c’est tellement plus simple d’arriver à l’improviste avec mes gros sabots.

Ce que j’aimais avec ce petit bonhomme, c’est que malgré son manque cruel de motivation, il se laissait assez aisément porter par son environnement. Je l’ai poussé. A coup de pieds aux fesses, certes, mais je l’ai poussé suite à son redoublement, attentive à ses résultats, insistant sur les points qu’il maîtrisait le moins bien. Finalement, il faisait partis des rares personnes à l’académie avec lesquelles je me comporte de la même manière qu’à l’orphelinat, avec celles et ceux que je considère comme ma famille.

Pensées niaises, peut-être, je toquais d’un air franc à la porte avant de l’entrouvrir sans entrer afin d’un minimum respecter son intimité quoi que je venais tout de même de la briser.

« T’as quinze secondes pour aller dans la salle de bain pour t’habiller si t’es à poil Chaton, j’attendrai pas une de plus j’ai trop faim ! »

Il aurait pu être avec quelqu’un, être occupé. A vrai dire, j’avais tout de même pris soin de vérifier que de la lumière se dégageait bien depuis la rue chez lui pour être certaine qu’il ne dormait pas. Et en même temps, mes mots étaient placés de façon qu’il ne puisse pas dire non. « j’ai trop faim » sous entends que j’avais apporté à manger et nul n’est sans avoir que je suis attentive à ce que je sers à manger à mes amis.

J’entrais, donc, le décompte plus ou moins finis. Bon, en réalité, j’entrais à dix, soupirant d’une certaine lassitude, le dos abîmé par le trajet, faisant lentement craquer ma nuque en me déchaussant avant de rejoindre la pièce de vie pour y déposer le petit sac, déposant au passage une pichenette des plus tendres au sommet du crâne enneigé de mon camarade avant de me diriger vers les meubles de cuisine sans réelle gêne pour dégainer une paire de verres, reprenant durant mon allez venue.

« Ca va comme tu veux ? Désolée ça fait un moment que j’suis pas passée, je cours un peu partout ces derniers temps ! »

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Kimura Masato
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Lun 3 Fév 2020 - 22:34
La douce chaleur des draps sous lesquels il couvait commençait à devenir un tantinet inconfortable. Ce signal l’avait gagné plusieurs fois dans la journée, mais jamais assez pour le sortir du lit. Encore une journée faste et productive comme il les aimait. Une main tenant un recueil de dessins de paysages, l’autre dans le falzar : il commençait à dangereusement s’habituer à ce quotidien débordant. Directement accessible depuis son plumard, il avait laissé sa fenêtre entrouverte pour équilibrer la température de son cocon. Mais il regretta cette décision lorsque le cri du vieux Fuji au pied de son immeuble le fit sursauter. Pris de court, il lâcha son bouquin qui rebondit sur sa table de chevet, renversant dans son sillon un verre de lait qui traînait par ici. Dépité, Masato baissa les yeux sur la gravure des montagnes de Tsuchi imbibée du liquide blanc qui avait macéré un moment.

Il phasa une bonne minute dans cette position, prenant bien le temps de mesurer la gravité de la situation. Il détestait la saleté autant que les filles lui donnaient mal au crâne, et ses paysages étaient son seul refuge, un ticket pour un voyage garanti sans mal de transport. N’importe qui aurait été irrité par cet incident, aurait lâché un juron, ou se serait tout du moins pressé de réparer le mal. Mais Masato n’était pas n’importe qui : nettoyer ce bazar impliquait de se lever. Il lui fallut quatre minutes de plus à se dire « Encore une minute » pour mettre le premier orteil de la journée hors du pieu. Le soleil n’était pas encore tout à fait couché, alors il prit ça pour une victoire.

Inspiré par ses premiers pas, il enfila en un rien de temps sa tenue de nettoyage préférée. En fait, il l’avait un jour composée en passant tous les vêtements de sa garde-robe qu’il aimait le moins et la gardait de côté pour ces moments intenses. D’épaisses chaussettes vertes en laine qui remontaient jusqu’aux genoux, un short kaki taché et troué, un hoodie bleu marine si décoloré qu’il avait l’air plus marron que ses gants marron en plastique usés, le tout sublimé par un masque jetable dont le blanc était assorti à ses cheveux. Hé, fashion avant tout ! Si bien paré, il ne s’arrêta pas en si bon chemin après avoir sauvé son album et entreprit de récurer tout son studio.

Lorsqu’il entendit toquer à la porte, il était à genoux sous la table en bois noir sur laquelle il mangeait d’habitude. Il ne réagit pas outre mesure lorsqu’il la vit s’entrouvrir : il devait simplement s’agir d’une erreur. Et il n’était pas du genre à se sentir honteux de s’habiller de la sorte, l’excentricité de sa tenue ne dénotant pas tant que ça avec son style habituel. Lorsqu’il reconnut la voix de l’autre côté du mur, il décida même de terminer son ménage sans mot dire.

« T’as quinze secondes pour aller dans la salle de bain pour t’habiller si t’es à poil Chaton, j’attendrai pas une de plus j’ai trop faim !

Il n’y avait qu’une femelle à Iwa qui était susceptible de lui adresser la parole de cette façon, l’irréprochable Mowaru. C’était une des rares personnes qui ne le regardait pas de haut. Elle avait même eu la patience de lui expliquer quelques trucs, lorsqu’ils étaient encore sur les bancs de l’académie. Il n’avait pas de souvenir vivace de ses conseils, mais le geste lui avait plu. Il pouvait trouver son côté maternel un brin envahissant de temps en temps, mais il ne s’en plaignait pas plus que ça. Secrètement, il admirait même son dévouement qui lui rappelait celui de sa mère.

En rentrant chez lui, Mowaru retrouverait son ancien camarade à quatre pattes d’un profil qui laissait transparaître les trous de son short, au travers desquels un oeil attentif remarquerait aisément les motifs à coeurs roses de son caleçon. Rien de choquant, en somme.

- Ça va comme tu veux ? Désolée ça fait un moment que j’suis pas passée, je cours un peu partout ces derniers temps ! reprit-elle en servant le saké.

Masato termina de dépoussiérer les pieds de la table avec son plumeau avant de se relever en un long soupir. Il retira ses gants et son masque avant d’empoigner un des deux verres.

- Salut. prononça-t-il d’un ton monocorde, comme si les deux syllabes n’en étaient qu’une. Ça peut aller. J’ai épluché cent-soixante-quatre fois mon album-paysages, aujourd’hui. avoua-t-il sans gêne. Les journées sont longues entre les missions.

Il prit une gorgée en proposant à son invitée de s’assoir sur son lit d’un geste vague. Celui-ci ayant été refait au carré entretemps, il était à peine possible de deviner qu’il y avait passé le plus clair de son temps. Sauf peut-être pour l’odeur de fauve qui s’en dégageait.

- Qu’est-ce que t’as ramené de bon ?

Il n’avait pas pris la peine de lui demander comment elle allait en retour car ce n’était pas dans ses habitudes : Mowaru savait que ce n’était pas parce que ça ne l’intéressait pas, et même qu'il écouterait presque avec intérêt le récit de sa journée sans doute plus intéressante que la sienne. En revanche, le filet de bave qui pointait au coin de sa lèvre était tout ce qu’il y a de plus transparent : ne rien foutre, ça creuse !
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Ukiyo Mowaru
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Mar 4 Fév 2020 - 13:17
Je ne pouvais m’empêcher de pouffer en le voyant s’établir en fée du logis. Tant son attirail vestimentaire était si décalé qu’il en était amusant, tant je ne pouvais que plussoir en l’aspect confortable et quelque part, voir mon petit paumé comme j’avais gré de l’appeler en mon for intérieur bien que je ne lui en faisais pas part pour ne pas être vexante, à quatre pattes sous la table lui donnait un air benêt suffisamment drôle pour laisser dégager un rire cristallin alors qu’au passage je lui glissais, en douceur pour ne pas qu’il se cogne, un coup de pied aux fesses, plus pour l’embêter et par manque de pudeur qu’autre chose.

- Salut.

Un ton monocorde, j’en avais l’habitude et je passais aisément outre. Masato est un petit bonhomme d’un calme plat, il pourrait démoraliser un régiment à lui tout seul. Mais pas une petite Mowa bien décidée à picoler et passer un bon moment avec un ami.

- Ça peut aller. J’ai épluché cent-soixante-quatre fois mon album-paysages, aujourd’hui. Les journées sont longues entre les missions.

Je ricanais vaguement, il avait ce petit côté rêveur qui lui donnait quelque chose de doux. Peu habituée aux manières et aux coutumes de bienséances avec lui, je m’écroulais sur le lit en manquant de peu d’écraser sa main qui m’invitait à m’asseoir, clignant des yeux en la sentant simplement frôler ma hanche, poussant un nouveau rire, comportement de vieille adolescente survoltée jusqu’au bout.

« Promis, j’t’en dessinerai la prochaine fois que j’aurai l’occasion d’aller aux abords d’autres pays ! »

L’avantage de dessiner, c’est qu’on peut offrir des cadeaux relativement peu coûteux. J’avais un petit carnet avec les anniversaires de chaque enfant de l’orphelinat, de chaque éducateur, de chaque professeurs de l’académie, de chacun de mes camarades des promotions que j’ai pu côtoyer et l’habitude, quand j’en avais le temps, d’au moins le souhaiter, mais au mieux d’offrir un dessin pouvant faire plaisir.

Songeuse des sables endiablés du pays du vent et des rencontres que j’ai pu y faire, ou plus précisément de la rencontre que j’ai pu y faire, un sourire vaguement niais trahissais mon minois alors que je le suivais en prenant une gorgée de saké, fermant les yeux pour en déguster la brûlante douceur venant tendrement enflammer ma gorge, pouvant presque ressentir le liquide s’enfoncer petit à petit au fond de mes entrailles.

- Qu’est-ce que t’as ramené de bon ?

Il avait faim. Ca se voyait. A ses yeux. Le petit filet blanc à ses lèvres était un bon indicateur, aussi. Tant répugnant qu’attendrissant. J’avais vraiment l’impression d’avoir affaire à un enfant en bas-âge avec lui, pré-adolescent découvrant sa sexualité à l’odeur malfamée qui dégageait de la pièce et spécifiquement de son lit, m’aidant à faire état des lieux de sa journée. Sortant de mon petit sac les récipients pour les disposer sur la table, encore vaguement chauds, je prenais mes comprimés dans le creux de ma main pour les avaler d’une traite, rituel quotidien dont je commençais à avoir si l’habitude que c’en était à peine anecdotique.

« Alors, au menu, nous avons des yakitoris, des takoyakis, des onigiris, des gyozas et en dessert, des mochi ! »

Préparation longue, ça s’en ressentait à la qualité visuelle et olfactive des plats, en vérité j’avais envie de cuisiner aujourd’hui et ça se combinait assez bien au fait que je n’avais eu l’occasion de voir la petite tête en neige depuis un long moment. Trop long à mes yeux. Sans être possessive envers mes amis, c’est eux qui m’apportent tout le bonheur du monde et leur absence est souvent longue, trop longue. Je miroite secrètement les clones de l’ombre pour avoir plus de temps à consacrer à chacun et tout de même en retirer le bonheur.

« Par contre tu m’excuseras, faut que j’ouvre, c’est… C’est chaud, quand tu viens de dehors. »

Une jambe bascule, je prends appuis sur ses cuisses de mon tibias, poids plume et non réellement dérangeant en terme d’appuis, j’avais tout pile la détente suffisante pour ouvrir la fenêtre et me laisser lentement basculer en arrière avant d’empoigner l’une des brochettes et croquer dedans à pleines dents, reprenant d’une certaine nonchalance, la bouche pleine.

« Bon alors, touvours pas d’nenette en vue ? Faudrait te boucher un peu ! »

Mots hachés, mâchés, je finissais ma bouchée avant de reprendre une gorgée de saké et me plonger vers lui. Je connaissais la réponse, mais l’objet était surtout d’aborder une conversation de tous les jours, portant une certaine légèreté en choisissant par mon impudence de chercher uniquement le matériel sans prendre part des sentiments. C’est toujours un peu compliqué de savoir ce qu’il ressent, à vrai dire.
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Kimura Masato
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Ven 7 Fév 2020 - 12:03
Le contact avec la peau dénudée de Mowaru avait causé un léger frisson et un certain blocage de sa part : figé, le bras toujours tendu vers son lit, il essayait d’assimiler ce qui venait de se passer. C’est que le jeune Masato ne touchait pas des femmes tous les jours, et même s’il ne s’y intéressait pas outre mesure, il savait que c’était quelque chose de commun chez les gens normaux. Il fut soustrait à ses pensées par la promesse de son amie de lui ramener un dessin. Modérément enthousiaste, il était difficile pour lui de savoir si cette idée lui plaisait parce qu’il aurait une image de plus ou parce qu’il remplirait une autre pochette transparente de son album — ç’avait un côté satisfaisant, certainement plus que le fait de varier ses sessions d’observation, car de toute manière il finirait par connaître ce paysage par coeur aussi.

- Merci. se contenta-t-il de dire.

Un mot honnête dont la rareté amplifiait la signification. Il prenait encore les promesses pour argent comptant…

- Alors, au menu, nous avons des yakitoris, des takoyakis, des onigiris, des gyozas et en dessert, des mochi !

Tout ça ? La seule évocation de ces mets dont il raffolait lui permit d’associer ces bonnes odeurs à un nom. Il ne l’avait jamais remarqué, mais il avait un plutôt bon nez. Il se précipita sur le petit sac duquel elles provenaient puis resta pantois lorsqu’il fallut faire un choix. Quelques instants plus tard, il sortit les mochi et en goba un sans tarder. Au diable les conventions ! Après tout, il n’avait pas mangé grand chose de consistant de la journée : en commençant par le sucré, c’était un peu comme s’il prenait son petit-déjeuner. Il savoura chacun des dango qu’il se mit sous la dent. Les visites de Mowaru faisaient renaître ses papilles. Il était d’autant plus admiratif de ses talents culinaires qu’il se considérait fier de ses propres prouesses dès qu’il rajoutait un topping sur un paquet de nouilles instantanées.

La cuisine n’était pas son fort car il ne s’y était pas vraiment intéressé. À quoi bon lorsqu’une maman prépare les meilleurs plats du monde ? D’ailleurs, les takoyakis qu’il dégusta ensuite lui rappelèrent ceux de sa mère, même s’ils avaient forcément un petit quelque chose en moins. S’attabler avec ses parents était un rituel qui lui manquait un peu et qui lui faisait regretter de ne plus vivre au foyer familial situé dans la vieille ville. Mais il n’avait pas eu le choix : son père l’avait sommé de partir dès qu’il eut reçu son bandeau frontal. Il avait prétendu avoir agi de la sorte pour responsabiliser Masato, mais sa mère savait que cette excuse dissimulait une certaine aversion pour les shinobis, ces guerriers qui lui avaient volé son fils.

Il ne prêta pas tant attention à Mowaru lorsqu’elle ouvrit la fenêtre, certainement car il n’en avait pas compris la raison. Il savait bien qu’elle venait de dehors, pourquoi le préciser et qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Il n’en fut pas offusqué pour autant, car il la considérait libre d’agir à sa guise chez lui. La seule chose qui l’enragerait serait de la voir commencer à ranger ou nettoyer quelque chose à sa place — il avait bien intégré que la propreté de son logement était son devoir et celui de personne d’autre.

- Bon alors, touvours pas d’nenette en vue ? Faudrait te boucher un peu ! demanda-t-elle, la bouche pleine.

Masato reprit une gorgée de saké et, que cela soit conscient ou non, elle s’avéra bien plus goulue que la première. Le tocsin des attentes sociales retentit de nouveau dans son esprit. Cependant, il n'avait pas compris la deuxième partie du message.

- Me boucher quoi ?

Cette remarque était le fruit de sa stupidité habituelle, contrairement à la question suivante qui relevait plutôt d’une ivresse naissante.

- Et non, rien en vue. T’aurais pas une copine à me présenter ?

Il aimait bien le goût de l’alcool, mais il ne le tenait pas. Le saké avait tendance à délier sa langue, le rendant plus conscient du moment présent, plus social. Dans cet état second qui ne ressemblait en rien à son caractère habituel, il était capable de raconter tout ce qu'il avait en tête et sur le coeur. Mowaru avait peut-être tout prévu, mais ce n’était pas pour ça que Masato esquissait un sourire.
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Ukiyo Mowaru
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Sam 15 Fév 2020 - 18:25
- Merci

C’est qu’il est simpliste le petit loup. J’ai souvent l’impression de devoir faire un effort infini pour voir paraître à son minois un sourire ou laisser entendre en sa bulle un rire. C’est quelque chose qu’on partage, lui et moi. Notre bulle. Petit bonhomme perdu dans l’immensité, qui n’a pas trouvé d’intérêt à grand-chose, pour le moment, face à une petite nenette qui dévore l’immensité jusqu’à s’en oublier et finis par exister uniquement par le regard des autres.

Finalement, Masato comme moi, on est deux paumés. L’idée m’amuse vaguement, gloussement tendre alors que mes lèvres s’étirent légèrement, m’éperdant un instant dans l’onirisme. Malgré tout, son attrait pour la nourriture était satisfaisant. Pouvoir être ce petit brin de lumière, prendre soin de cet ami un peu perdu, c’était une façon pour moi de toquer à sa bulle, tranquillement et d’être une douce lueur, et de la même façon pour lui une façon de pénétrer en la mienne. Je crois que c’est ce qui résume notre amitié d’ailleurs. Nos modes de vies sont opposés, mais nous apprécions simplement ce que nous avons à nous apporter mutuellement.

Quelques crocs, un silence, avant que je ne le brise avec mes questions à bouche pleine, ayant pris gré de le laisser savourer une once du repas avant de commencer à le bombarder et le taquiner un peu, je m’amusais des réactions de son minois. Les plissements à ses yeux, qui dégageaient un vide qui le rendait paradoxalement terriblement vivant.

- Me boucher quoi ?

Je levais les yeux au ciel, irrévérencieuse avant de basculer pour le pousser un peu de l’épaule, bien plus petite, heurtant à peine son avant-bras de mon épaule d’une douceur qui m’était propre, mouvement qui aurait presque pu être pris comme une caresse venant d’autrui, mais qui ressemblait bien à une tentative de « mais arrêteuuuuh ! » venant de moi. Je mâchais en faisant un mouvement circulaire de l’index au niveau de ma bouche pour indiquer que je la terminais.

« Te bouger chaton, te bouger, fais pas genre de pas comprendre ! »

Ainsi derrière lui, pour me nettoyer le palais, je buvais à mon tour une gorgée du breuvage qui au premier abord peut paraître relativement fort, traversant brusquement l’œsophage en brûlant tout sur son passage en un temps premier avant de petit à petit s’adoucir au même temps que tout semble devenir plus léger, plus simple…

- Et non, rien en vue. T’aurais pas une copine à me présenter ?

Je posais la question par politesse, mais dans le fond, je ne connaissais que trop bien la réponse tant elle était évidente. Il faudrait un miracle ou un hasard bienheureux pour qu’il se motive à sortir de chez lui, trouver un intérêt autre que physique pour quelqu’un ne me surprendrais pas, certes, mais combattre la flemme de l’aborder, c’est un autre sujet. Plus complexe. Bien plus complexe.

« T’es trop bien pour mes copines mon p’tit loup, cherche par toi-même. T’inquiète, si tu trouves personne on s’pécho et puis voilà. »

Glas du rire, un sujet amené avec légèreté. J’étais sérieuse malgré la touche d’humour. Ce n’est pas une nouveauté que j’ai une tendance à être un peu frivole et esquiver toute tentative affective trop forte, de me lier de manière trop intense avec les gens pour en fuir les chaînes. Papillonner, à gauche, à droite, profiter de la vie. En soit… L’alcool joue ce rôle merveilleux de m’aider à faire état de fait à ce sujet et le mettre en lumière aisément.

« T’as pensé à l’examen qui aura lieu bientôt au fait ? Si tu l’as, tu pourras voyager plus facilement pour aller rencontrer de la nenette et qui sait, tu trouveras p’têt quelqu’un de ton âge sur place qui te correspond bien. J’hésite à m’y inscrire, histoire de voir, observer, on peut aller y postuler ensemble, si tu veux ? »

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