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The Bygone Days [Yasei Reikan]

Hotaru
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Sam 8 Fév 2020 - 23:14

Il faisait beau. Un ciel bleu, plus clair que la mer, éclairait Kiri de toute sa lueur. Une calme volupté de nuages, de brises et de soleil. Appuyé à la corniche d'une petite tourelle, Hotaru contemplait ce merveilleux tableau de tous les jours. Il se disait toujours, dans ces moments de contemplation mélancolique qui le prenaient parfois, qu'il s'était trop laissé aller à oublier la beauté des choses. On les voit, toujours pareilles, et si belles qu'elles soient on oublie jusqu'à leur merveille. Et pourtant ... Quoi de mieux pour réchauffer un coeur ? Pour faire pétiller l'esprit ? Pour éclairer l'âme de toute une foule d'émotions et d'idées formidables ? En somme, quoi de mieux que la beauté du monde pour amener celle des hommes ?

Une vague question, peut être poétique, qu'il ressassait à l'occasion. Un léger sourire flottait sur ses lèvres. Il surplombait le village de quelques bons mètres, depuis son perchoir, si bien qu'il pouvait voir très distinctement les navires qui quittaient et rentraient dans le port. Le défilé des passants dans la rue. Des oiseaux dans le ciel. Le théâtre de la vie, en somme. Il commençait à se sentir chez lui, à Kiri. Il ne s'était pas trompé quand il avait estimé qu'il pourrait trouver dans ce village, infiniment plus densément peuplé que celui d'où il venait, un refuge. Une masse dans laquelle se confondre, et vivre, enfin. Il commençait à s'agréger à la masse des Kirijins. Ce n'était pas désagréable. Il se faisait des amis, apprenait des choses, travaillait. Comme s'il découvrait finalement ce qu'était la vraie vie, qu'on avait tenue secrète si longtemps.

D'un bond agile, il enjamba la balustrade. Il chuta d'un ou deux mètres avant d'atterrir avec une agilité parfaite sur les tuiles du toit, en contrebas. Les mains dans les poches, il commença à se promener sur l'arrête du faîte. La brise marine, qui balayait sans cesse les rues de Kiri, faisait danser follement ses cheveux et lui fouettait le visage. Il l'aimait, néanmoins. Elle portait toutes les senteurs puissantes de la mer. Les embruns, l'iode, le sel dans lesquels il avait été bercé, et qui constituaient une part de lui. Quand il arrivait au bout du toit qu'il parcourait, il sautait simplement sur le suivant. Et ainsi de suite. Il se promenait.

L'annonce de la nomination d'un nouveau Kage semblait être un bouleversement pour tout le village. Ca ne l'était pas vraiment pour lui, mais il s'efforçait de comprendre les autres. De ce qu'il avait entendu dire, le Rokudaime était respectable, et s'était illustré à plus d'un titre. Et puis, il avait une certaine prestance, c'était certain ... Mais son successeur avait-il à rougir de ses propres succès ? Sans doute pas, sinon pourquoi l'avoir nommé ? Il lui faudrait faire ses preuves, néanmoins. On n'acceptait pas une nouvelle tête aussi facilement, surtout quand la précédente tenait toujours sur les épaules de son propriétaire. L'avenir de Kiri semblait à la fois incertain, et ... Hotaru eut un sourire plein d'entrain à cette pensée. L'avenir lui apparaissait plein de promesses. De bonnes promesses.

Il n'y avait plus de toit devant lui. Plus que la mer, qui étendait son horizon à perte de vue. Et derrière, l'inconnu. Hotaru s'assit sur les tuiles, s'appuyant contre la souche saillante d'une cheminée. Etait-il pleinement heureux ? Certainement pas. Beaucoup de pensées l'assaillaient, souvent, et minaient son bonheur trop fragile. Il y avait la situation de Kiri, ses progrès en Iroujutsu qui auraient pu aller plus vite, et lui ... Vivre à Kiri lui avait appris la vraie solitude. Celle que l'on ne peut ressentir que lorsqu'on est privé d'une personne en particulier. Il était triste, plutôt qu'heureux. Toujours de la même tristesse. Et c'était peut être pour ça que, toujours, il souriait.

Etait-ce une larme qui glissait contre sa joue, et vint effleurer un instant le bout de son sourire ? Elle fila bien vite, en tout cas, emportée par la brise. Et la suivante. Et celle d'après encore ...

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Yasei Reikan
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Dim 23 Fév 2020 - 20:39
Automne de l'An 203, Village de Kiri, Toits du Port Naragasa

Certes, l'Archipel n'était peut-être pas à la hauteur de la beauté des monts enneigés ou des luxuriantes forêts qu'elle avait traversées lors de ses pérégrinations. Mais en la Cité Brumeuse, Yasei Reikan avait trouvé ce que l'on appelait plus communément la chaleur d'un foyer, une sorte de chez-soi à protéger coûte que coûte. Si la raison de sa venue ne s'expliquait d'abord que par la qualité de la formation militaire et de la politique de Kiri, la métamorphe était après-coup tombée amoureuse de sa population et des valeurs les plus profondes qu'elle portait. Au fil du temps, la Brume était devenue aux yeux de la féline un endroit cher, qu'elle espérait voir devenir à terme le berceau de son propre clan. Le Pays de l'Eau avait su se révéler digne de l'espoir de paix précieux et grandissant qu'elle portait et qui bigornait le moindre de ses actes. [invisible_edit]

Malgré l'étiquette d'étrangère qui encore à ce jour lui collait à la peau, la Fille du Vent avait su s'imposer jusqu'à se faire accepter par les enfants de la Brume, elle et les idéaux les plus lourds que ses épaules portaient depuis l'enfance. Pourtant, cela n'avait pas été une simple tache que de faire reconnaître la valeur de la Tigresse blanche aux yeux d'autrui, si bien qu'il lui avait fallu des mois pour parvenir à un tel résultat. Sans compter le titre d'Héroïne de l'Eau qui obligeait le peuple de l'Archipel à la tenir en respect, ses nombreuses actions antérieures et postérieures à son entrée dans les rangs de la Main de la Justice étaient parvenues à lui offrir cette renommée si convoitée par la plupart. Une réputation, à l'épreuve du temps et des événements, qui lui était indispensable pour espérer faire régner, un peu plus chaque jour, un ordre parfait dans les entrailles de Kiri et même au-delà de l'étendue d'eau qui la bordait.

Et cette chasse à la criminalité, à laquelle Reikan s'était livrée de manière officieuse dès son arrivée au village, n'avait d'ailleurs pas perdu de son importance dans son cœur.

La vue de Kiri était belle, mais les bandits qu'elle abritait l'étaient moins. Et même si leur nombre avait drastiquement baissé depuis peu, une poignée d'entre eux persistait à l'abri de la lumière de la bienveillance. Aujourd'hui, c'était sur les toits que l'un d'entre eux avait décidé de se rendre, pour échapper aux griffes de la Kenpei. Sans prévenir, la silhouette d'un homme armé venait de grimper dans la précipitation sur les tuiles proches de l'assimilateur de lave. Il remarqua sa présence contre la seule cheminée du toit et un temps d'arrêt presque angoissant prit place. A priori, cet individu ne cherchait qu'à fuir ce qui était pour lui une menace. Pourtant, l'idée d'avoir un otage entre les mains semblait bien plus avantageuse pour lui garantir un avenir en dehors des Geôles de Kiri. Une hésitation de sa part se fit ressentir avant de s'envoler au gré du vent marin, alors que le malandrin conscient d'être poursuivi se jetait déjà sur le jeune homme. Mais par quoi ce vicieux était-il poursuivi, alors que le silence des forces de l'ordre grouillait dans les ruelles juste en-dessous?

Un étonnant bruit résonna dans le ciel, au moment même où le fou condamné s'apprêtait à porter la main sur le Genin. Une tâche sombre vint obstruer la lueur du jour, avant de foncer comme une balle sur le fuyard malintentionné et le percuter. Un cri étouffé résonna et une silhouette aux courbes féminines se dévoila, avec la main déjà mise sur le col du vilain traîné sur plusieurs tuiles à cause de l'atterrissage violent de sa prédatrice. Yasei Reikan se laissa glisser jusqu'au bord du toit, pendant que plusieurs soldats de la Kenpei s'approchaient au pas de course pour réceptionner le bandit qu'elle laissa tomber dans la ruelle, sans le rejoindre. La métamorphe continua de tourner le dos à celui qui n'était là que pour contempler la vue, afin de vérifier l'issue de la réception par les camarades qui devaient remplir leur part de l'interception.

« Nous l'avons! Attachons-le et ramenons-le immédiatement au Quartier Général. Merci pour votre aide, Capitaine! »

La Tigresse blanche hocha la tête, les observant faire et quitter la ruelle sans faire plus de grabuge qu'il n'en fallait. Sa longue chevelure d'ébène fut emportée sur le côté par le vent, révélant un faciès particulièrement sublimé par le reflet de soleil sur les vagues. Après s'être redressée, elle pivota au bord des tuiles pour avoir en visuel l'homme présent sur le toit et s'en rapprocha, en gardant tout de même une maigre distance avec lui. Les yeux myosotis de la Fille du Lion de l'Atlas se baladèrent sur le visage de l'inconnu, en partie creusé par ce qui semblait être le passage de larmes. Ses paupières se plissèrent et, même si l'intervention semblait avoir été expulsée dans les règles de l'art et était désormais derrière elle, sa posture restait droite et fière, malgré la curiosité naissante qui remontait en elle.[invisible_edit]

« Désolée pour... cette intervention imprévue. Vous ne m'avez pas l'air blessé, mais je vais quand même poser la question. Vous allez bien? »

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Dernière édition par Yasei Reikan le Jeu 27 Fév 2020 - 16:43, édité 2 fois
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Hotaru
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Mar 25 Fév 2020 - 21:48

La rêverie mélancolique d'Hotaru fut brisée si subitement qu'il n'eut même pas le temps de s'en émouvoir. Il entendit d'abord le remous de l'action dans son dos. Et ce n'est que lorsqu'il comprit que tout ce battage ne pouvait pas être le seul fait de l'agitation de la rue qu'il se retourna. Mais il avait déjà raté le plus gros de l'intrigue: le mécréant était assommé, et déjà la fière Yasei traînait son corps inconscient vers le bord du toit, simplement pour le larguer quelques mètres en-dessous. Hotaru essuya à la hâte les larmes qui avaient sillonné ses joues. Quelque chose s'était passé, visiblement, qui lui avait totalement échappé. Etonnant, le pouvoir de déconnexion de l'esprit humain, parfois.

La femme s'intéressa à lui. Il avait entendu ses hommes l'appeler "Capitaine". Pas besoin d'être un génie pour faire la déduction. C'est une soldate de la Kenpei, et pas de n'importe quel rang. Elle était impressionnante, de toute façon. Hotaru le sut dès le premier coup d'oeil: cette femme-là était puissante, et de façon bien plus signifiante que par sa seule force. Il émanait d'elle une aura indéfinissable, que seuls les hauts personnages savaient exhaler, précisément parce qu'ils ne cherchaient pas à l'exhaler. Elle était eux, simplement et intrinsèquement.

Il s'efforça de sourire à la question qu'elle lui adressa. La surprise de ce qui venait de se produire avait suffi à souffler sur le voile terne qui, pendant un moment, avait étreint ses pensées. Voilà tout ce dont il avait besoin: qu'on détourne ses pensées. Qu'on le fasse se concentrer sur autre chose.

"Oui, je vais bien, merci."

Il n'aurait su dire si la question faisait référence à la vraisemblable tentative d'agression dont il avait failli être victime, ou aux larmes probablement trop visibles, encore, qu'il avait versées. Mais le ton de cette femme lui laissait deviner qu'il s'agissait plutôt de la deuxième hypothèse ... Sa réponse avait donc été, le plus naturellement du monde, un énorme mensonge.

Il se releva, et épousseta son pantalon. Il en profita pour jeter un coup d'oeil vers la rue, en contrebas. La troupe des soldats de la Kenpei escortant son prisonnier n'était pas vraiment de la première discrétion.

"Vous êtes membre de la Kenpei, n'est-ce pas ? Pardonnez-moi, j'ai entendu vos hommes vous appeler "Capitaine", alors ... Qu'est-ce qu'il a fait, exactement, pour mériter d'être poursuivi par le gratin de notre police ?"

La question était à la fois sincère - il était toujours bon de savoir à quoi on avait échappé - et une bonne façon de détourner la conversation. Enfin, il engageait aussi une conversation qui, a priori, n'avait pas forcément lieu d'être. Peut être quelque chose le poussait-il, inconsciemment ou non, à parler ? Que ce soit avec une inconnue totale, cela changeait-il vraiment quelque chose ? N'était-ce pas mieux, même ? Souvent, la figure de l'inconnu apparaissait comme un refuge réconfortant. Car il peut tout être, cet inconnu. Un ami, un ennemi, une aide, un danger ... Il suffit de le façonner dans le sens que l'on veut lui faire prendre.

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Jeu 27 Fév 2020 - 17:19
Par chance, cet homme disait bien se porter, grâce à l'intervention éclair de la Capitaine de la Kenpei qui venait en aide à ses soldats. Du moins, c'était ce qu'il essayait de faire croire à la Tigresse blanche que quelque chose n'allait pas, alors même que l'instinct de l'enfant des bêtes était incapable de la trahir. Pour autant, celle-ci ne chercha pas à creuser davantage le problème, aussi flagrant avait-il pu être. À vrai dire, il aurait été aisé pour n'importe qui sur ce toit de se douter que ces larmes n'étaient pas le fruit de la joie, mais plutôt d'un sentiment bien plus amer. Mais l'éventuelle peine éprouvée par cet individu, qui s'était réfugié sur les hauteurs côtières de la Cité Brumeuse, ne regardait en rien Yasei Reikan, elle qui se refusa d'utiliser ses dons pour démêler le vrai du faux dans sa réponse.

Ses paupières se fermèrent et son buste se gonfla d'air, comme si elle était soulagée de savoir que l'interception de ce bandit n'avait pas porté préjudice, ni à rien, ni à personne et encore moins à son vis-à-vis. Quelques secondes s'écoulèrent, avant que la jolie brune ne daigne se tourner vers le bord des tuiles, prête à retourner à ses occupations. Mais avant d'envisager sa prochaine activité, la brise maritime porta à ses oreilles les questions bien curieuses de cet inconnu. Son attention resta figée en contrebas, là où elle avait précédemment jeté le fuyard. Elle repensa même à deux fois, avant de lui répondre. Non pas qu'elle ne lui accordait pas la moindre importance, loin de là, mais plutôt parce qu'elle espérait qu'il ne prenne pas ses propos à la rigolade.

« Cet homme que tu as pu apercevoir, même rien qu'une demi-seconde, est un adorateur du Nudiste de la Nuit, auteur de bon nombre d'attentats à la pudeur, dont le règne s'est achevé au Cheval Aqueux, puis derrière les barreaux pendant quelques temps. Comme tu peux le voir, certains de ses adeptes courent encore les rues, et celui-ci ne s'était malheureusement pas limité à l'exhibitionnisme. Il a eu la bêtise de s'en prendre à un barman réticent de l'accueillir dans sa maison, en lui sectionnant un bras. Cela est-il donc suffisant pour qu'il soit poursuivi par la Main de la Justice, à tes yeux? »

Si le départ de sa réponse aurait pu en faire rigoler plus d'un, sa chute pouvait ramener sur terre quiconque avait du plomb dans le crâne. Ses cheveux, dans lesquels gisait le nœud de son bandeau frontal, se soulevèrent et dansèrent au gré du vent, faisant même cliqueter les boucles d'éther griffues qui habillaient ses oreilles. Peu à peu, la rigide expression qui emprisonnait les traits de son visage s'envola, alors qu'un discret sourire en coin se dessinait sur ses lèvres charnues. La Capitaine de la Kenpei disposait d'un minois des plus attrayants par les éphélides qui le parcouraient, que les rayons du soleil ne manquaient pas de sublimer sur les hauteurs du Port Naragasa. Pourtant, la pertinence de ses propos et l'assurance qu'elle dégageait semblaient faire d'elle une jeune femme empreinte d'une fermeté des plus enviées.

« Mon nom est Yasei Reikan, Chūnin de la Brume et Senseï de l'Équipe n°7. Qui est donc cet homme qui s'exile face à la mer au point de finir coupé du monde qui l'entoure, alors que le village grouille de tant de choses à faire? »

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Hotaru
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Jeu 21 Mai 2020 - 14:19

Naturellement, la première réaction de Hotaru au récit que lui fit la Capitaine fut de rire. L'incongruité d'un culte voué à un Nudiste de la Nuit lui semblait d'autant plus risible qu'elle arrivait dans un moment de détresse assez prononcée. Mais très vite, l'amusement céda la place au sérieux, et une grimace déforma les traits de son visage quand la shinobi parla du barman au bras coupé. Frisson d'horreur. Drôle de chose que la foi des hommes. Quelle que soit sa nature, quel que soit l'objet de ses attentions, elle pouvait pousser aux comportements les plus doux et charitables comme aux plus cruels. Comme un masque derrière lequel se cacher. Nouveau frisson.

Le regard que portait Hotaru sur la rue en contrebas, désormais, où le prisonnier continuait de se débattre malgré la poigne forte de son escorte, était plus inquiet que curieux. Combien d'autres adorateurs de ce culte ridicule couraient les rues de Kiri ? Et combien d'autres criminels sans assez de scrupule pour s'interdire de mutiler des gens à vie perpétuaient des mêmes actions ? Ces seuls questions suffisaient à soulever les angoisses les plus naturelles et irrationnelles tout à la fois. Mais après tout, n'était-ce pas son travail de veiller à ce que ces angoisses s'estompent dans l'esprit des habitants de Kiri ? Le bandeau qui enserrait toujours son bras gauche était là pour le lui rappeler.

En tout cas, il n'avait visiblement pas affaire à n'importe qui. Une Chûnin, ce n'était pas rien, et capitaine d'une équipe qui plus est. A ce curriculum déjà franchement honorable s'ajoutait son grade au sein de la Kenpei ... Hotaru n'était plus certain de la conduite qu'il devait adopter. Mais il préféra renoncer au formalisme du subordonné, pourtant tentant, craignant de mettre mal à l'aise la shinobi par un changement d'attitude trop soudain. Il se contenta de garder le même ton pour se présenter à son tour:

"Je m'appelle Hotaru. Juste, Hotaru."

Il ponctua la phrase d'un sourire gêné.

"C'est sûr qu'il n'y a pas matière à s'ennuyer à Kiri, mais parfois, je pense qu'il vaut mieux ne rien faire, plutôt que de se laisser emporter. Enfin, sauf quand il s'agit de faire son devoir, naturellement."

Il disait un peu n'importe quoi, sans doute encore troublé d'avoir été pris en flagrant délit de mélancolie. Il se passa nerveusement une main dans les cheveux.

"La nuit a l'air occupée, je ne voudrais pas vous retenir. Qui sait ce qui pourrait arriver si d'autres adorateurs du Nudiste sévissaient ..."

Ce n'était pas drôle en soi, mais il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en le disant. Tout de même, le Nudiste de la Nuit ...

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Yasei Reikan
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Lun 22 Juin 2020 - 21:10
La Main de la Justice était le symbole même de l'ordre et de la sécurité derrière les murs de la Cité Brumeuse. Bandits, voleurs, bagarreurs, tous finissaient un jour où l'autre par se calmer derrière les barreaux de ses locaux ou face à un de ses éléments pour répondre de leurs vils actes. Car aussi futile pouvait être un pauvre débordement, le laisser impuni aux yeux de tous causait une entorse à la sûreté du havre de paix qu'incarnait cet Archipel d'abondances. Même les atteintes à la pudeur et la perversité de certains constituaient un frein à l'harmonie des îles du Pays de l'Eau et la quiétude de leur communauté. Et qui de plus qualifié pour guider ces opérations de la Kenpei d'une poigne de fer, que la Tigresse blanche en personne?

Yasei Reikan regroupait bien des qualités afin d'appréhender la menace et le désordre susceptibles de se balader dans les entrailles de la Brume, et même en dehors de celle-ci. Son amour pour elle, qui l'avait guidée sur les pas de son combat mémorable contre le Dieu de l'Eau, la poussait tous les jours à protéger la vie et la bonté de ses enfants qui n'avaient pourtant rien en commun avec elle, si ce n'était le symbole forgé sur leurs bandeaux. Forte de corps et d'esprit, perspicace, méticuleuse et juste, l'enfant des Bêtes faisait tout son possible au quotidien pour remettre sur le droit chemin ceux qui étaient avalés par les ténèbres. Même auprès de son entourage proche, la féline avait ce don de représenter une lumière parmi la plupart des gens du globe, aux intentions noires comme la nuit. Voilà pourquoi même en plein travail et en sa qualité de Capitaine, elle ne put rester longtemps de marbre face à la détresse éprouvée par l'un de ses frères d'armes, sur ce toit isolé de tout.

La Tigresse blanche détestait voir le mal et la tristesse ronger les cœurs sans rien faire.

« Enchantée d'avoir fait ta connaissance, Hotaru. »

Toutefois, l'Héroïne de Mizu ne pouvait se permettre d'éponger les larmes des individus croisant sa route. Si ce n'était pas pour préserver en priorité la vie de tous ceux qui le méritaient, sa bravoure ne devait pas être employée inutilement. Plus qu'hier et bien moins que le lendemain, Reikan avait les épaules toujours plus alourdies par ses responsabilités en tant que gradée. Et pour le village de Kiri, le temps de la Tigresse blanche était presque plus précieux que l'or. Consciente de l'impact de ses agissements au jour le jour, la changeforme se résigna à ne pas tarder plus longtemps. Une ultime fois, ses lèvres charnues offrirent un petit mais franc sourire à Hotaru pour lui montrer sa joie intérieure de l'avoir croisé et lui transmettre un peu de force afin qu'il puisse combattre ses propres démons à armes égales.

« Puisses-tu être enfin débarrassé de ces maudites larmes, la prochaine fois que nos chemins se croiseront. »

Et à nouveau, la brise maritime balaya sa longue chevelure de jais et emporta notre chère Fille du Lion par-dessus le rebord de la toiture, pour la guider sur les traces d'autres sacripants.

Fin du RP.

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