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Resto du coeur [Iwajin]

Souhei Toji
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Dim 16 Fév 2020 - 11:58
« Resto du coeur »



Encore un jour se lève sur la planète Iwa. Il est à peu près sept heures lorsque la lueur du jour pointe le bout de son nez. Le volet entrebâillé du centre d'hébergement laisse filtrer quelques rayons de clarté qui permettent aux moines de se réveiller en douceur. Pour une fois Toji n'y fait pas exception, c'était la première fois depuis son arrivé qu'il dormait aussi bien. Signe que le mal du pays commençait peu à peu à s'estomper. D'ordinaire il était levé bien avant le soleil lui-même. Au fur et à mesure que les personnes se lèvent, la vie reprend peu à peu son cours. Comme à leurs habitudes les moines discutent et font leurs lits aux carrés. Une fois ceci fait, les hommes de foi se recueil en silence et font une prière avant de se rendre au réfectoire prendre le petit déjeuner.

Il est environs huit heures et demie lorsque le groupe franchi le pas de la porte. Une soudaine mais agréable odeur vient saisir les narines de la communauté moniale. Quelle est cette sorcellerie ? D'ordinaire le repas servi était tout en somme classique voir médiocre mais là…Il semblerait que la qualité ait grimpé vertigineusement. Tous ces relents donnaient l'eau à la bouche à Toji. Enfin un repas agréable pour les papilles se dit-il.

Les moines passèrent tour à tour leurs tableaux repas à la serveuse qui leurs donna une ration plus conséquente et plus élaboré que d'habitude. De la part du chef Ozuki disait-elle. Qui s'était ce Ozuki ? S'il avait viré l'ancien cuistot pour le remplacer par celui-ci alors là Toji aurait applaudit des deux mains et puis qui était tous ces inconnus assis à leurs tables ? Baste se dit Toji, l'important c'est qu'il puisse manger un repas agréable. Une fois tout le monde à table, un chuunin prit la parole.

"Je pense qu'il ne sera pas difficile pour vous de voir que la ration d'aujourd'hui est différente. En effet, le chef d'un excellent restaurant Iwajin, monsieur Ozuki, nous a fait l'honneur de venir vous préparez le repas afin de vous remercier de votre contribution auprès du village."

"Arigato gozaimasu !" Dirent-en chœur les moines.

"De plus, le chef a tenu à ce que le repas de ce matin soit ouvert au public extérieur. Permettant ainsi un échange et favoriser votre intégration avec la population Iwajin. Je vous laisse donc découvrir vos convives et vous souhaite un bon appétit."

"Itadakimasu !" Dirent à l'unisson l'ensemble de la salle.

Diantre que c'était bon. La ration habituelle ressemblait à de la bouillie. Ici ils avaient des tranches de porcs délicieusement humidifié par une fine couche de sauce au caramel, un poigné de ramens sauté avec des petits légumes venait agrémenter l'assiette. Toji n'osait pas toucher son repas. La disposition des ingrédients était un véritable spectacle pour la rétine, lorsqu'il daigna gouter, la surprise en bouche fut encore plus incroyable. Il n'avait jamais rien gouté d'aussi bon. Il piochait soigneusement ses aliments et les savourait lentement. En face de lui, un homme faisait de même. Il semblait apprécié son repas comme si c'était le dernier. Le moine laissait de petits regards furtifs en direction de l'inconnu tandis que les autres groupes avaient déjà entamé les présentations avec les Iwajins. Toji resta silencieux et appréciait son repas. Les présentations allaient venir d'elle-même.



@Miyamoto Teruyo
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Miyamoto Teruyo
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Sam 22 Fév 2020 - 18:41
Comment remercier ceux qui sont là pour vous aider ? Ceux qui sont là pour vous soutenir, ceux qui sont là pour apporter toute l’aide spirituelle dont on a besoin dans les pires situations. Les moines du temple situé aux abords du village étaient de ceux qui m’avaient aidé à aller de l’avant. Si je n’étais pas croyant, me considérant il y a quelques années comme athée vis-à-vis de toute cette piété, pour autant, je n’avais jamais abâtardi l’esprit de foi de ces hommes.

Pour autant, comme quoi les hommes changes avec le temps, évoluent, se remettent en question, leur présence en ces lieux fut une partie de mon salut. Aujourd’hui je n’étais pas plus croyant qu'hier, mais je me considérais d’avantage comme agnostique. Désormais, je ne pensais plus qu’un pouvoir divin quelconque n’était pas impossible ou n’existait pas, mais plutôt que je ne pouvais me prononcer sur cette existence et émettais donc des doutes sur cette existence supposée. Si de par les mots la différence était faible, dans la conception philosophique des choses, la différence était de taille.

Ainsi, depuis des années, je venais chaque semaine non pas prier comme certains, mais trouver un certain repos de l’esprit à travers la méditation. Je venais également parfois chercher conseils, aide et recul quant à mon vécu en tant que shinobi. Ces moines n’étaient pas des médecins, mais leur vision de la vie, de la spiritualité et de tout ce qui nous entourait différait pour beaucoup de ce que nous shinobis vivions jour après jour.

Cela faisait maintenant plus de dix années que chaque semaine, je visitais ce temple, partageait une partie de mon temps avec ces hommes, et pour autant, je n’avais jamais songé à les remercier de tout ce qu’ils m’avaient apporté. Tout comme moi, je le faisais aujourd’hui avec d’autres, c’était fait de bon cœur, n’attendant nul remerciement de quelque manière qu’il soit, mais cela me tenait à cœur. Si les biens matériels n’étaient rien pour eux, j’avais un moyen tout trouvé pour leur montrer ma gratitude. Leur offrir une émotion, un souvenir, un instant fugace figé dans le temps, mais qui ne durerait qu’un instant.

Cela n’avait pas été difficile. Un repas. Un vrai repas digne de ce nom. Certes, les moines vivaient dans la frugalité, mais parfois même un peu trop. Ainsi, avec l’accord du moine supérieur, j’avais organisé la venue du chef d’un restaurant que j’affectionnais particulièrement. On pouvait sûrement y manger les meilleures nouilles sautées de tout le village. Ce restaurant ? Fumi Yutakana, dirigé par Ozuki Teno, un chef des plus talentueux.

Ainsi, le jour J venu, passant tout mon temps en cuisine à observer l’artiste, je ne pouvais que me mettre en appétit avant que ne soit servis le délice préparé. Alors que chacun était installé, je me levais et prenais la parole, m’adressant à toute la tablée présente.

« Je pense qu'il ne sera pas difficile pour vous de voir que la ration d'aujourd'hui est différente. En effet, le chef d'un excellent restaurant Iwajin, monsieur Ozuki, nous a fait l'honneur de venir vous préparez le repas afin de vous remercier de votre contribution auprès du village. »

À ces mots, chacun des moines présent invita les autres à un bon appétit collectif.

« De plus, le chef a tenu à ce que le repas de ce matin soit ouvert au public extérieur. Permettant ainsi un échange et favoriser votre intégration avec la population Iwajin. Je vous laisse donc découvrir vos convives et vous souhaite un bon appétit. »

M’installant à nouveau à ma place, je savourais ce mets que je connaissais par cœur, mais qui en ces lieux avait une toute autre saveur. J’avais le sentiment de déguster mon repas comme si c’était le dernier, et en quelque sorte, c’était le cas, puisque la prochaine fois, cela se ferait à mon restaurant habituel. Sourire aux lèvres malgré les nouilles qui emplissaient ma bouche, une petite larme de bonheur perla au coin d’un œil pendant que je regardais un moine au visage taciturne qui malgré tout semblait lui aussi apprécier ce qui lui était offert.

« Alors ? Vous trouvez cela comment ? »


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Oterashi Yanosa
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Mer 4 Mar 2020 - 14:14
Il s’y était préparé : dans le laps de temps qui le séparait de sa prochaine affectation, Yanosa allait devoir ronger son frein et accepter sans broncher les missions locales qu’on lui confiait, que cela lui plaise ou non. Son corps tout entier le démangeai et le suppliait presque jusqu’à l’agonie de plonger au coeur du combat, d’aller mater les ennemis du village, de venger ses vieilles blessures et de supprimer toutes les menaces extérieures qui subsistaient. Mais la raison, la logique et la tempérance qu’il avait cultivé depuis son arrivée à Iwa il y avait des années de cela prenaient heureusement le dessus, lui évitant l’inéluctable commission disciplinaire qui l’attendrait si il décidait de céder à ses pulsions. Il venait de récupérer son grade : loin de lui l’envie de se le voir retiré aussi vite et de façon aussi stupide.

Aussi ce jour-là se plia-t-il à ses directives comme à l’accoutumée et se rendit-il au réfectoire où la congrégation de moines qui vivait au sein d’Iwa allait, semblait-il, bénéficier d’un repas bien plus frugal que d’habitude. Un petit événement culinaire ouvert à tous qui visait vraisemblablement à tisser des liens entre les moines et les shinobis. Cette initiative, l’Oterashi la comprenait : si il était possible de convaincre davantage de ces hommes de fois à prendre un rôle plus actif dans la vie et la défense du village, ce dernier s’en retrouverait renforcé. Il se demanda d’ailleurs en arrivant sur place pour assurer son service de sécurité dans quelle mesure l’initiateur de ce repas particulier avait prémédité ou du moins souhaité cet effet en organisant tout ceci. Teruyo. Ce Chûnin sur le tard, qui avait tout comme lui participé à l’attaque sur le palais du Shogun alors qu’il était encore Genin, ne lui était pas inconnu, mais jamais il n’avait eu auparavant l’occasion de réellement faire connaissance avec lui. Une opportunité qui allait finalement se présenter, tandis que le blondinet s’avançait dans le réfectoire pour présenter le petit événement aux peux convives. Jusque là ^posté en marge de la salle pour avoir un œil sur le plus de monde possible, et après s’être assuré que plus aucun non-moine n’était en vue pour se joindre au repas, il s’approcha de Teruyo par le flanc.

« Hoy, Teruyo. Je n’ai pas eu l’occasion de te féliciter pour ta promotion. On m’a dit que tu avais été exemplaire à Tetsu. »

Les mains jointes devant lui, Yanosa se posta au côté du Miyamoto, imposant son physique plus développé encore qu’auparavant à la stature plus modeste de son collègue.

« Une initiative intéressante. Qui ne coûte pas grand-chose, mais qui peut nous rapporter une aide substantielle au bout du compte. Mais… peut-être que tes intentions n’étaient pas aussi pragmatiques ? » lui demanda-t-il en tournant légèrement la tête vers lui, le début d’un sourire au coin des lèvres.

Prenant une grande inspiration, il étudia à nouveau la salle et ses occupants : tous semblaient apprécier le repas, et pour cause, le plat était visiblement très appétissant. L’un d’entre eux en particulier attira son attention. Un colosse en guêtres religieuses aux cheveux rougeâtres, qui se délectait ostensiblement du contenu de son assiette. Yous les moines ici présent étaient en bonne forme physique, mais celui-là sortait véritablement du lot : aux yeux d’un homme qui avait passé la moitié de sa vie à développer et parfaire sa musculature comme Yanosa, c’était assez évident.

« Hm. Le but c’est de faire connaissance, c’est ça ? En avant alors. »

Quittant le côté de Teruyo, l’Oterashi fit signe à l’équipe de cuisine de lui apporter une portion de leur plat du jour et alla s’installer en face de l’homme aux cheveux aux reflets cuivrés, dont le cou était cerclé d’un épais collier traditionnel.

« Bonjour, je peux ? »

La question était plus rhétorique qu’autre chose, mais lui évitait de passer pour un rustre complet. Rapidement, son assiette lui fit servie avec ses couverts et il fut en mesure de goûter à ce met qu’il n’avait pu jusque là que contempler.

« Hmm. Délicieux. Moi c’est Yanosa. Pour être honnête… c’est la première fois que je mets les pieds près de ce temple. J’avais jamais réalisé que vous étiez aussi nombreux à vous être installés ici. Dis-moi… tu es déjà parti en mission ? J’ignore quel genre d’enseignement et de préceptes vous suivez, quel genre de contraintes vous avez, mais… avec un physique comme le tiens, tu pourrais faire des merveilles. Pas vrai, Teruyo ? » acheva-t-il en se tournant vers le Chuunin, l’invitant à se joindre à la conversation.


Dernière édition par Oterashi Yanosa le Dim 8 Mar 2020 - 14:08, édité 1 fois
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Souhei Toji
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Mer 4 Mar 2020 - 21:14
« Resto du coeur »



Diantre que c'était délicieux ! Chaque aliment avait une saveur et un fumet unique. C'était un véritable feu d'artifice pour les papilles à chaque coup de baguette. La salive du moine flirtait avec le bord de ses lèvres, prête à déborder à la moindre erreur buccale. Il prenait pourtant son temps, il savourait, essayait de déceler la moindre épice ou aromate mais s'en était presque un supplice. Une épreuve mentale qui tourmentait le guerrier qui résistait tant bien que mal à la tentation d'engloutir tout rond son assiette.

Tandis qu'il dégustait patiemment son met, Toji remarqua que l'homme en face de lui, un petit bonhomme blond, lui jetais des regards de sympathie, sorte d'appel de phare à la conversation. La suite ne tarda pas. L'individu lui demanda si le repas lui sied.

"Ché délichieux…" Dit-il la bouche à moitié pleine.

Le moine se rendit compte de son impolitesse et avala tout de suite ce qu'il avait en bouche avant de s'excuser.

"Pardon."

A peine sa phrase terminé qu'un second individu s'approcha. Une véritable force de la nature d'environs deux mètres. Toji continuait de manger son repas mais gardait un œil sur l'inconnu. A chaque regard furtif, le moine étudiait le physique de l'individu. Il était indéniable qu'il avait passé du temps à sculpter son corps. Par une pratique martiale ? Difficile à dire. Il pourrait tout aussi bien être un bucheron ou charpentier, portant toutes la sainte journée des rondins de bois fraichement coupé à la force de ses bras noueux.

Au fil du repas un léger brouhaha ambiant s'est installé, les gens parlent, font connaissance. Les deux hommes en face de Toji font de même, bien qu'il ait l'air de déjà se connaitre. Le guerrier n'en a pas la moindre idée, il n'arrive pas à distinguer la moindre parole. Soudain le second colosse s'avance vers le moine. Il salue poliment Toji et demande la permission de s'assoir.

"Faites." Lui répond le moine sans décoller son nez de son assiette bientôt terminé.

Mais avant même d'avoir la réponse, l'homme c'était déjà emparé de la place à côté de Toji qui reste de marbre. L'individu se présente. Yanosa dit-il. Par politesse le moine se tourne vers son interlocuteur et l'écoute. Il pose quelques questions à Toji et finis par même le flatté son physique. Venant de la part d'un homme au physique quasiment herculéen, le moine acceptait volontiers ce genre de remarque.

Une moue ressemblant presque à un sourire se forma sur le visage du guerrier. Il n'avait jamais vraiment travaillé sa musculature. Tout était venu après des entrainements longs et acharné à parfaire ses techniques de Taijutsu. La génétique faisant le reste, il était devenu ce qu'il est aujourd'hui. Mais il n'avait jamais reçu de compliment sur son apparence, il en était presque gêné. Que répondre à ça ? Vous aussi ? Trop ambiguë ce dit-il. Non il fallait quelque chose de plus simple comme à son habitude.

"Merci."

Mais il fallait encore répondre à la précédente question de son camarade musclé, s'il s'était déjà rendu en mission. En mission diplomatique une fois pour le temple mais rien de quoi casser trois pates à un canard. Rien qui ne mettait sa vie en danger en tout cas. Le moine arborait désormais sa moue morose comme à son habitude.

"Malheureusement non je n'ai pas encore eux cet honneur. Vous savez nous venons tout juste d'arriver en ville. Je crois que nous n'avons même pas encore reçu d'affectation précise." Dit-il avant de terminer son assiette. "J'imagine que par préceptes et genre de contrainte vous sous entendez la violence et la mise à mort d'autrui dans le cadre d'une mission…Soyez sans crainte. Bien que nous ne prônions pas la violence, chaque moine est formé aux arts martiaux moniaux incluant donc le droit de tuer en cas de légitime défense…"

Il resta silencieux un instant.

"Pour ma part je m'appelle Toji…Et vous messieurs ? Vous êtes déjà partie en mission j'imagine ?"

Il tourna la tête à tour de rôle vers Teruyo et Yanosa tandis qu'il repoussait son assiette pour pouvoir installer ses coudes sur la table.



Dernière édition par Souhei Toji le Lun 9 Mar 2020 - 21:52, édité 1 fois
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Miyamoto Teruyo
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Dim 8 Mar 2020 - 12:39

Il y avait du monde finalement. Les moines bien sûr, au complet et pour cause, nous étions chez eux, mais aussi et surtout quelques personnes extérieures qui avaient eu vent de ce qui était organisé ce jour et qui avaient souhaitées profiter de l’offre culinaire d’un chef aussi réputé qu’Ozuki Teno. Tout se passant pour le mieux, je découvrais avec surprise, pratiquement au moment du service, qu’au moins un shinobi avait été missionné pour assurer la sécurité de l’événement. Mais pourquoi ? Dans quel but ? Après tout, ce n’était qu’un repas tout ce qu’il y avait de plus amical. C’est un homme imposant, du moins bien plus que je ne l’étais en comparaison qui s’adressa à moi, commençant par me féliciter pour ma promotion.

« Ah ? Euh … merci. Je crois. »

Exemplaire à Tetsu ? On ne devait pas avoir vécu la même chose lui et moi. Nous ne devions pas voir les choses de la même manière pour qu’il me parle d’exemplarité à Tetsu. Mais je ne pouvais pas réellement lui en vouloir étant donné le discours de Toph nous concernant, nous promus, même si je ne partageais nullement tout ce qui s’était passé. Mais tout ceci était une autre histoire. Pour l’heure, la question la plus importante qui me venait en tête était toute simple. Qui était ce type ?

« En effet, tu te trompes sur mes intentions. Cette initiative n’a nul autre objectif que de remercier une communauté qui a su m’aider depuis de nombreuses années. Ce n’est qu’un retour tardif de ma part et mérité. Tu m’excuses, je dois finir les préparations. »

Inutile de dire que je venais de découvrir, à première vue, là la facette du monde shinobi que j’exécrais tout particulièrement. Voir le monde et ce qui nous entourait comme autant d’opportunité de puissance ou de pouvoir. Comment pouvait-on s’imaginer qu’il suffirait d’un plat copieux et goûtu pour inciter des moines à agir pour les intérêts du village. Comment pouvait-on imaginer inciter des moines dont le but était l’entraide et la compassion à agir pour les intérêts d’Iwa.

Mais mes réflexions n’étaient pas importantes. En cet instant, seul le repas comptait et une fois mon discours récité, voilà que chacun prenait plaisir à déguster le contenu de son assiette. Cela faisait plaisir de voir, autant pour moi qui avait mis du cœur à offrir à ce temple quelque chose qui me corresponde, mais aussi pour Ozuki Teno qui démontrait une fois encore son immense talent gastronomique.

Face à l’un des moines, je ne pouvais que rire de bon cœur en le voyant me répondre avec difficultés, lâchant quelques paroles la bouche pleine.

« Il n’y a pas de mal. Ravi de voir que vous prenez plaisir. Tant mieux si c’est à votre goût. »

Puis, vint cette scène étrange entre l’inconnu un et l’inconnu deux, le moine et le shinobi qui semblaient admirer l’un et l’autre la carrure de l’autre. Instinctivement, j’étais en train de me demander ce que je faisais là entre les deux musculeux avec pour ma part, mon bidon adipeux. Dégustant sagement mon propre plat, j’écoutais avec attention les échanges entre ces deux hommes.

Yanosa. Ah oui, voilà. J’avais déjà entendu son nom à quelques occasions. Le fait est qu’encore une fois, il ramena la discussion qui se voulait légère à un sujet qui l’était bien moins, questionnant notre hôte sur ses activités potentiellement guerrières. Ainsi, le chunin pour connaître quelqu’un cherchait à savoir s'il était déjà parti en mission ? C’était là une approche bien limitée.

C’est malheureusement le silence que mon homologue obtint pour seule réponse lorsqu’il demanda mon aval. Par chance, la bouche pleine de nouilles me donnait une excuse à défaut de lui dire que je n’étais pas d’accord. Quelque peu dépité par la situation, je décidais d’écouter et de voir ce que pouvait donner cette discussion qui à mon sens n’apporterait pas grand-chose d’intéressant. Je n’espérais qu’une seule chose. Me tromper.

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Oterashi Yanosa
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Dim 8 Mar 2020 - 23:57
Sans grande surprise, le dénommé Teruyo avait confirmé le postulat de départ du Tellurique quant à ses intentions. Son flair en la matière était tout ce qu’il y avait de plus faillible, mais il demeurait relativement bon pour cerner la mentalité des personnes qu’il rencontrait et qu’il côtoyait un tant soit peu. En l’occurrence, le Miyamoto dégageait cette aura de calme authentique, cette sérénité qui, bien que confrontée à l’âpreté du monde extérieur, restait ancrée en lui comme un trait de caractère gravé dans le marbre. Sans doute était-il apparu à ses yeux comme un immonde manipulateur, à l’instant. Sans doute ses sentiments à son égard ne seraient-ils pas traduisibles par de beaux et jolis mots, à présent. Mais peu importait, l’avis d’autrui sur lui, dans la vie, lui importait peu. Il ignorait si il avait pu réellement avoir des amis au cours de sa vie, et ignorait encore davantage si il désirait s’en faire maintenant. Le prix à payer, lorsqu’on tissait des liens trop étroits, semblait plus lourd avec chaque jour qui passait. Asuka était peut-être l’exception. Peut-être car elle était la plus forte et la plus robuste de toutes ses connaissances réunies, même lorsque Toph venait à l’esprit pour soutenir la comparaison. Mais, même elle, se disait-il souvent, même elle était faillible. Tout comme lui pouvait l’être. Preuve en était la mort de Hisa.

Teruyo n’attrapa pas la perche qu’il lui avait lancé pour embrayer sur le sujet des missions. Sa bouche pleine de nourriture à mastiquer représentait une bonne raison pour ne pas le faire, il fallait l’avouer, mais son absence totale de hâte à terminer sa bouchée semblait aussi indiquer un manque total de volonté à répondre de sa part. Yanosa ne s’en offusqua pas, et opina en silence. Ce genre de chose, se dit-il, aurait pu l’atteindre il y a encore pas si longtemps que cela. A l’époque, Glouba lui avait montré la portée de son ego, et à quel point le poids de cet égo pouvait le tirer vers le bas. Depuis, ce qui n’était pas essentiel n’avait plus d’importance. Et en l’occurrence, ce qui semblait le plus essentiel à cet instant précis pour lui, c’était de savoir si oui ou non les moines qui étaient installés à Iwa seraient capables de se battre pour elle. Sa posture pouvait sembler patriotique au possible, et elle l’était dans sa forme. Dans le fond, cependant, se tramaient bien plus de choses dans l’esprit de l’Oterashi que ce dernier aurait bien voulu admettre à qui que ce soit.

« Toji, hein ? Ravi, moi c’est Yanosa, dit-il en étendant une poignée de main. Un moyen un tantinet vicieux mais aussi très simple d’estimer la poigne potentielle de son interlocuteur, même si celui-ci se modérait.

Oui effectivement, je suis déjà pas mal parti en mission. Moi comme Teruyo, d’ailleurs. Mais, après tout, on ne devient pas Chûnin en se tournant les pouces. Votre heure viendra bien assez tôt j’en suis sûr. Mais… Pour cette histoire de légitime défense... »

Yanosa prit un moment pour réfléchir, fronçant ostensiblement les sourcils en se passant la main sur le menton. Tout en mâchant une nouvelle bouchée de ce plat délicieux devant lui.

« Hm. Je remets pas en question vos talents ou votre savoir faire théorique au combat. Cependant tu dis que vous pouvez dispensez violence et mort, mais seulement en cas de légitime défense… Ça peut sembler tatillon mais… où se situe la frontière ? Vous seriez prêts, toi et tes frères, à considérer le village, le pays, comme une extension de vous… ? Une extension qui, si elle était attaquée… devrait être défendue ? On ne vous confiera… certainement pas, une affectation qui pourrait vous mettre face à ce genre de choix, pas aussi tôt, mais le jour venu… Vous seriez capable d’éliminer une menace pour le village, de sang froid… même si la menace en question n’est même pas au fait de ta présence dans son ombre ? Tu, en serais capable ? »

Le Tellurique laissa un peu de temps au dénommé Toji pour mûrir les multiples questions avec lesquelles il venait de l’assommer. Sans doute n’était-ce pas courtois de sa part, et sans aucun doute possible cela donnait de lui une image de recruteur zélé sans notion de savoir vivre. Mais la façon dont Toji répondrait à ces questions en diraient bien plus sur lui que sur celui qui les avait posé. Yanosa, d’ailleurs, jeta un regard froid, faussement amical, en direction de Teruyo.

« Je sais ce que tu dois penser. Que je manque de tact. Que je saccage ton petit événement culinaire avec mon discours pour le moins… utilitaire. Mais ça ne fait rien. Je profite de la tournée, à ma façon. Et, plus important, j’en fait profiter Iwa. » finit-il en mettant en bouche un morceau copieux de la pièce de viande qui disparaissait à vue d’oeil dans son assiette.

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Souhei Toji
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Lun 9 Mar 2020 - 21:53
« Resto du coeur »



Face à lui se confrontait deux personnalités bien différentes. D'un côté, il y a Teruyo, un homme ayant l'aspect d'un bon père de famille, de taille moyenne voir petite, son abdomen s'agrémente d'une petite couche de graisse sous-cutané. Des petites poignées d'amour due à son caractère évident. Être un bon vivant, un gourmet, amateur des bonnes choses tel que le repas qu'il savoure à l'instant même. Il semble également complétement désintéressé. Profitant de ce moment de convivialité pour remercier les moines et rendre au centuple ce qu'il avait pu recevoir. Un philanthrope comme on en voit de moins en moins…

De l'autre, Yanosa, un titan dépassant tant par la taille que par la carrure la plupart des personnes ici présente. Son approche n'est pas tout à fait la même. Semblant pragmatique, il joint l'utile à l'agréable durant ce rassemblement de moine. Il repère, analyse et teste les nouvelles recrues qui font désormais partie du remparts Shinobi du village d'Iwa. Pouvait-on vraiment lui en vouloir ? La situation politique est instable, les alliés arrivent de tout horizon. Antécédent, restriction éthique, conviction personnel…Autant faire le tri à un moment donné et éviter les erreurs de castings risquant de mettre en danger la vie de ses camarades. Ce genre de méthode dans ce genre d'endroit pouvait sembler désobligeant pour certains. Toji lui n'avait pas spécialement d'avis là-dessus. Dans un sens il comprenait, de l'autre il aurait aimé profiter du repas et se déconnecté de son quotidien.

La conversation tourne essentiellement autour du sujet militaire. Teruyo semble effacé. Il dévore avec appétit son assiette mais ne prends pas part à la discussion ne l'intéresse pas. Toji reste silencieux tandis que le colosse à ses côtés lui tend une main amicale. Le moine la serre. Sa poigne ne le trahis pas. Son étreinte reste toutefois respectueuse, il serait inapproprié de faire un concours de testostérone avec une personne inconnue malgré sa sympathie apparente. Le titan souhaite revenir sur quelques points concernant la légitime défenses qu'avait évoqué Toji. Le moine écoutait attentivement son acolyte musclé. Ce Yanosa semblait vraiment soucieux des convictions du moine. Le colosse lança par la suite une pique à Teruyo qui était resté sagement attablé face à son plat. L'homme de foi essaya de capter l'attention du Chûnin.

"Vous faites fausse route Yanosa. Il n'est pas question de village ou de pays…Nous aimons la vie et nous souhaitons la préserver. Chaque vie est précieuse. Vous, Teruyo, l'inconnu au bout de la table…Chaque personnes vivant dans ce bas monde est une extension de nous-même et sommes prêt à la défendre. Je n'ai le droit de vie ou de mort sur personne mais pour protéger la vie d'un être, on doit malheureusement parfois ôter celle d'un autre..."

Le moine prit une gorgée d'eau avant de reprendre.

"Par ailleurs je vous pose la question : Pensez-vous réellement que nous aurions quitté notre temple, fait un tel voyage, pour notre simple plaisir ? Il y a des menaces en ces temps troublé qui mérite la mobilisation de tous. Moine compris"

Il se tourne vers Teruyo encore absent de la conversation.

"Veuillez nous excuser, ce n'était peut-être pas le genre de discussion que vous pensiez aborder en venant ici. En tout cas c'est un excellent repas, merci encore pour cette délicate attention…Si vous me le permettez j'aimerais connaitre les raisons de cet événement, vous parliez du fait que nous, du moins les moines, vous avait aidé depuis des années…Si cela n'est pas trop indiscret bien entendu."

Le grain de sa voix était plus doux que d'habitude. Les sujets le passionnaient, il parlait, beaucoup pour une fois, c'était assez rare pour le souligné. Il regardait à tour de rôle Teruyo et Yanosa. Il suivait deux conversations à la fois mais cela ne le dérangeait guère, il écoutait avec toute son attention puis répondait à l'un puis à l'autre.


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Mer 18 Mar 2020 - 20:35

À côté de moi ? Deux forces de la nature. Deux forces qui dans un combat physique ne feraient qu’une bouchée de moi et sans transpirer une seule seconde. Pour autant, à la base, nous n’étions pas là pour parler d’affaires militaires ou d’affaires de shinobis. Malheureusement, la discussion avait tourné en ce sens dès l’arrivée du colosse iwajin qui s’était empressé de marquer son territoire.

Totalement effacé des échanges, totalement ininteressé des discussions, je me contentais de suivre poliment du regard la discussion, me concentrant au moins sur la nourriture qui elle, était savoureuse à souhait. Pour autant, à écouter Yanosa, je ne pouvais m’empêcher de répondre à quelques-unes de ses remarques. Faisant « slurper » quelques nouilles, une fois le tout déglutit avec satisfaction, mon regard se posais en alternance sur les deux hommes sans préférence pour l’un ou pour l’autre.

« Oh bah dans mon cas, on peut dire que je me suis quelque peu tourné les pouces. Ma promotion, je la dois essentiellement à mes talents de diplomate pendant l’invasion de … pardon … pendant la libération manquée de Tetsu no kuni. »

Laissant l’Oterashi réfléchir, je reprenais de plus belle, marquant ainsi mes positions face à ce chunin qui était bien trop vindicatif à mon goût.

« Heureux est l’homme qui ne songe que par la violence. Ca évite trop de réflexion, dit-on. Poussé à bout et dans ses derniers retranchements, un homme, quel qu’il soit, est prêt à tout, même sans le vouloir. Pour autant, la violence n’est heureusement pas la seule réponse à apporter à un conflit pour peu que l’on cherche réellement d’autres voies. Quant à savoir si ces moines veulent défendre quoi que ce soit, je pense que cette question a dû être abordée entre les dirigeants des deux bords. Penser que tu fais tout cela pour en faire profiter Iwa, c’est te fourvoyer. »

Ces derniers mots étaient cette fois clairement destinés à un seul homme, et ce, sans ambiguïté. Même mon ton habituellement si aimable s’était quelque peu rafraîchit, sans pour autant faire preuve d’une quelconque agressivité.

« C’est te fourvoyer d’autant plus que le lieu et le moment ne s’y prêtent nullement. À la place, tu devrais profiter de l’occasion qu’il t’est donnée de profiter de la cuisine d’un grand chef, ce n’est pas offert à tout le monde. Ca évitera comme tu le dis si bien, de « saccager » cet événement qui à la base est là pour remercier ces moines de leur dévotion. »

Puis me tournant vers Toji, mon sourire habituel figurant à nouveau sur mon visage, j’inclinais légèrement la tête en guise d’excuses.

« Toutes mes excuses pour cette scène inadaptée à la situation. Et toutes mes excuses, je ne me suis pas présenté. Miyamoto Teruyo, enchanté. »

Sirotant quelques rapides gorgées d’une eau fraîche, je reprenais mes palabres.

« Et pour vous répondre, et en faisant simple, disons qu’il y a quelque temps, j’ai perdu ma femme et que certaines personnes de cette communauté ont su me venir en aide, m’aider pour regagner une certaine sérénité avant que je ne commette un geste malheureux qui aurait laissé ma fille seule avec ses quatre grands-parents. »



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Oterashi Yanosa
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Mer 18 Mar 2020 - 22:44
Si Yanosa guettait en premier chef les réactions du dénommé Toji, car c’était après tout à lui qu’il posait la totalité de ses questions de façon presque harassante, il n’était pas résolu à laisser passer les réactions de Teruyo sous son radar. Car même si le Chûnin fraîchement promu ne voulait rien laisser paraître, l’Oterashi sentait bien, à raison, que sa présence et ses agissements lui déplaisaient au plus haut point. Il s’évertua toutefois d’abord à écouter attentivement la réponse du moine musculeux à ses interrogations, et fut d’ailleurs plutôt satisfait par ces dernières. Il hocha machinalement la tête tout en mastiquant lorsque Toji réaffirma la raison de leur présence à lui et ses frères au sein du village, confirmant une bonne fois pour toute dans l’esprit du Tellurique que leur soutien était acquis à Iwa. Une formalité que s’était lui-même imposé Yanosa, mais dont il était à présent acquitté.

« Hm. Bien, très bien. Merci pour ta franchise Toji. Je sais que mes questions ont pu paraître très directes, voire même impolies à certains, mais entre alliés j’aime établir une transparence totale. N’y vois pas un manque de respect à votre égard, à tous. »

En parallèle, la pique volontairement pas si habilement dissimulée lancée par Teruyo n’avait pas échappé aux oreilles du guerrier rouge. Tetsu. L’affaire avait été tout sauf politique pour lui à titre personnel, mais par ces mots il venait en tout cas de comprendre de qu’en pensait le Miyamoto. Ce dernier, dans la directe lignée de cette intervention, se lança ensuite dans une déconstruction en règle de ce qui, d’après les informations qu’il possédait à propos de son homologue aux cheveux rouges, caractérisait ce dernier. La violence. Pour sûr, il avait visé juste en associant ce terme au Tellurique qui, de façon assumée, la considérait comme une composante essentielle et inexorable du monde. Teruyo, lui, sans surprise pensait de façon diamétralement différente. Les autres voies possibles… L’expression arracha un léger sourire en coin à l’Oterashi, qui appuya sa tempe contre ses doigts en plaquant son coude sur la table, fixant ainsi Teruyo sans pour autant que celui-ci lui rende son regard. Si Yanosa avait su que ses propos piqueraient au vif son homologue, il n’avait toutefois pas anticipé une réaction aussi faussement calme et fondamentalement virulente.

« Hm. Tu es libre de penser que je fais fausse route, Teruyo, ça ne blessera pas mon petit coeur de pierre. Cela étant dit… tu te trompes si tu crois vraiment que je profite pas de ce moment, dit-il en poussant son assiette vide vers le centre de la table. Le chef peut être fier de lui, c’est un vrai régale. Et, je me fais de nouvelles connaissances pour ne rien gâcher », ajouta-t-il en regardant à nouveau avec un franc sourire le colosse nommé Toji.

A cet instant précis, le guerrier rouge ne se sentait pas mal : il se sentait même plutôt très bien, en dépit du dédain que venait de lui manifester ouvertement son collègue. Il avait appris avec le temps et les blessures, tant physiques que morales, à ne pas laisser son égo entraver son raisonnement ou son plaisir. Et si Teruyo avait réussi à réaliser quoi que ce soit en s’adressant ainsi à lui, c’était éveiller son intérêt à son égard : rares étaient ceux avec les convictions et le verbiage nécessaires pour s’affirmer comme c’était le cas ici, sans hésitation, avec vindicte, mais aussi toujours avec diplomatie. C’était tout un art, un art que Yanosa avait effleuré du doigt lors de ses années d’étude, mais qu’il avait sciemment choisi de négliger par la suite.

Le moment où il sentit un début de nœud se former au creux de son estomac vint quelques instants plus tard, tandis que Teruyo répondait finalement à une question posée par le moine Toji. Il n’en laissa rien paraître à l’extérieur, mais n’en ressentit pas moins un malaise pesant à l’intérieur. Il reposa ses yeux sur le Chûnin aux cheveux blonds, d’un air neutre au possible. Il aurait aimé, à cet instant, disposer de l’assemblage de mots parfait pour rendre justice au chagrin et à la responsabilité qui devait peser sur les épaules de son collègue, mais il se résolut bien vite en réalisant que cet assemblage n’existait pas. Il avait terminé son repas. Il était temps pour lui de retourner surveiller les entrées avec le plus de zèle possible. Se relevant du banc, il plaqua néanmoins une main lourde et ferme sur l’épaule de Teruyo, faisant mine de le faire pour prendre appui et faciliter son mouvement.

« J’imagine qu’il va falloir un paquet de banquets, pour remercier tous ces gars. »

Puis il tourna les talons, et s’en alla vers la sortie.
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Souhei Toji
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Jeu 19 Mar 2020 - 14:30
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Le chûnin aux cheveux ardent remercie le moine pour son honnête et sa transparence mais ce compliment cache un pic pour la troisième personne attablé avec eux. Les deux chûnin se lancent alors dans une subtile joute verbale. Chacun ayant son propre avis sur les événements de Tetsu, Toji se contente de jongler entre chaque protagoniste comme le ferrait un public qui regarde un match de tennis. Encore une fois deux styles s'opposaient. Le pacifisme et la diplomatie de Teruyo se heurtent aux envies de vengeances et de guerre de Yanosa. Cette fois-ci c'est le moine qui est absent de la conversation. Il écoute mais n'interagit pas. D'autant plus que tout ceci ne le concerne pas. Il ne faisait pas partie de la mission et n'a donc aucune légitimité pour intervenir dans cette conversation.

Il est toutefois assez gêné de part la tournure des événements. C'était rare qu'il le soit mais une sorte de sentiment étrange l'avait envahi. Son habituel moue ne laissait cependant rien transparaitre. Lors de la conversation Yanosa termina en précisant qu'il rencontrait de nouvelle personne avant de se tourner tout sourire vers Toji qui se contenta d'acquiescer d'un signe de tête. Exulter de joie aurait surement été déplacer après ce léger accrochage entre les deux hommes.

Lorsque Teruyo revint par la suite auprès de Toji, il se présenta et s'excusa pour cette scène de ménage. Le moine resta silencieux, il ne préféra pas couper la parole à Teruyo qui enchaina sur sa tragique histoire. Toji baissa légèrement la tête. Effectivement lorsqu'il y repensa bon nombre de personnes venaient régulièrement au temple et ce n'était jamais pour des joyeusetés. De part sa nature un peu bougonne, Toji n'était pas le mieux placé pour remonter le moral, il se contentait de rester à l'écart et écoutait ses frères consoler les âmes en peines qui venaient demander du soutien.

L'histoire de Teruyo raisonna dans la tête de Toji. Lui qui avait perdu sa main très jeune, n'avait pas eu la chance d'avoir un papa comme a pu l'être le chûnin. Si seulement son père avait pu être comme lui…Plutôt que de finir sa vie dans l'alcool et la dépression… Que serait-il arrivé s'il s'était repris en main ? Serait-il là à savourer un repas ? Peut-être…Peut-être pas. Le moine laissa échapper ses souvenirs pour revenir à la conversation.

"Je suis navrée pour la perte de votre femme… Vu votre caractère, ce devait être quelqu'un de formidable, qui se ressemble s'assemble comme on dit n'est-ce pas ?..."

Un sourire de compassion trahit la moue du moine tandis que Yanosa se lève de table et s'en va. Il dépose néanmoins sa main gargantuesque sur l'épaule de Teruyo. On aurait dit qu'elle allait l'englober. Une dernière phrase cette fois-ci amicale comme pour enterrer la hache de guerre et il disparut. Toji salua une dernière fois l'homme d'un signe de la main avant de reposer les yeux sur Teruyo.

"Je suis heureux d'avoir pu partager ce repas avec vous mais vous savez le plus beau des remerciements pour nous ce n'est pas ce repas…"

Et tandis que le son du gong signifiant l'heure de prière résonna dans le réfectoire, les moines se levèrent à l'unisson, Toji fit de même et surplomba Teruyo, assis il était presque minuscule par rapport au colosse. Le moine s'inclina poliment.

"…C'est le fait que vous soyez encore de ce monde, à prendre soin de votre fille et diffuser votre bienveillance à qui le souhaite. C'est à nous de vous remercier Teruyo et non pas l'inverse. Merci beaucoup d'être la personne que vous êtes."

Les autres moines observèrent Toji et mimèrent son geste de remerciement. Tour à tour, créant une sorte de vague, ils s'inclinèrent et dirent en choeur.

"Arigato Teruyo-sama !"

"Au revoir Teruyo, j'espère que nos routes se recroiseront un jour." Dit-il en se redressant.

Toji tourna ensuite les talons et rejoignit le rang. Dans le calme et l'ordre, les hommes de foi sortirent du réfectoire pour rejoindre la salle de prière. Cet événement a été fort en émotions et la rencontre avec Yanosa et Teruyo restera gravé dans sa mémoire.


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Miyamoto Teruyo
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Sam 28 Mar 2020 - 11:53

Entre deux interventions, en fin gourmet et aussi pour éviter volontairement de trop participer à une discussion qui ne m’intéressait guère, je me contentais de savourer le plat devant moi. En fin gourmet, mais aussi en fin gourmand, ma petite surcharge pondérale bien présente pour le prouver, je faisais signe à l’un des serveur du chef pour qu’il puisse me servir une nouvelle portion, toute aussi savoureuse que la première. C’est dans ces moments là où je pouvais voir la différence entre ces moines et moi-mêmes, ou du moins dans leur art de vivre. Bien que le visage souriant, ravi d’un tel cadeau, aucun d’eux n’avait pourtant abusé de l’offre qui leur était faite et chacun d’eux, à première vue, s’était contenté de sa simple assiette alors qu’il y en avait encore suffisamment pour tout le monde.

Écoutant à moitié Yanosa, je lui offrais un sourire en guise de réponse, mon attention toute focalisée sur les assiettes vides des convives. L’un des moines remarqua mon attitude et m’offrit quelques sages paroles.

« N’y voyais nulle offense. Nous savons qu’il reste de quoi nourrir beaucoup de monde encore, mais pour nous, ce repas est une bénédiction et nous savons la chance que nous avons eu. Pour autant, nous savons aussi qu’il faut savoir profiter à sa juste valeur des bonnes choses. De plus, je crois que notre moine-cuisiner est allé demander à votre chef de faire une distribution de repas à ceux dans le besoin avec ce qu’il reste de ses préparations en cuisine. »

Avalant mes nouilles d’une seule bouchée, je posais mes baguettes sur le rebord de la table et joignais mes mains, les levant quelque peu tout en baissant la tête en guise de remerciement pour cette leçon d’humilité.

C’est à cet instant que le Yanosa quitta la table pour retourner vaquer à ses occupations. Malgré l’antipathie manifeste que me provoquait non pas sa présence, mais son comportement et ses paroles, il n’en restait pas moins un homme comme les autres qui avait participé à cet événement. Alors éloigné de quelques pas de moi, je lui offrais mon salut.

« Merci d’être venu et merci d’avoir assuré la sécurité des lieux. »

D’ailleurs, je me demandais encore pourquoi l’Oterashi avait été assigné à une mission de sécurité de ce genre, et surtout pourquoi une mission avait été diligentée. Ce n’était qu’un simple repas après tout. Mais peut m’importait, c’était chose faite et mon attention se porta tout naturellement sur le moine tout aussi musculeux que le chunin qui venait de nous quitter.

« Merci. Je ne suis pas vraiment formidable vous savez. Ma femme l’était, c’était quelqu’un de fabuleux, vraiment. »

Le reste du discours monial ne faisait que me projeter dans une confusion rougissante et les remerciements de la communauté embrasèrent mes joues potelées. Me levant, je me pliais, en deux, littéralement, pour saluer tout un chacun. Pour le coup, je n’avais pas de mots. J’étais resté sans voix. J’avais organisé ce déjeuner en guise de remerciement pour une congrégation qui m’avait aidé à m’en sortir et voilà qu’au final, c’est eux qui me remerciaient. Me tournant vers ce fameux Toji, je le saluais une dernière fois.

« Au revoir. J’espère également que nos routes se recroiseront. J’en serais ravi. Et si vous avez besoin de quoi que ce soit qui soit dans mes cordes, n’hésitez pas à me demander. »

La salle vidée, il ne restait plus qu’à débarrasser et nettoyer tout cela. Bien qu’organisateur, l’humilité imposée par les lieux me dicta d’aider le chef et ses équipes à tout remettre en ordre et à participer à la distribution des repas restant.

Ma journée n’était pas encore terminée.

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