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Mer 19 Fév 2020 - 20:50
Été 194 – Murashigure

Dans une nuit sombre, les astres camouflés par un épais océan de nuages arrosant la capitale de précipitations incessantes, l’ébullition de Murashigure demeurait tout aussi éternelle. Les flammes des lanternes disséminées dans les rues se confondaient au sein d'une lumière terne à travers les toits. Dans un petit appartement pouilleux, partie intégrante d'un projet de complexe immobilier abandonné, la luminosité peinait à traverser la fenêtre au verre brisée, recouverte de planches clouées, s'immisçant pour éclairer timidement une salle vétuste. Les murs recouverts de graffitis se dégradaient à vue d’œil. Le plancher, composé d'un mauvais bois humide, dégageait une odeur inquiétante et menaçait de s’écrouler à chaque mouvement brusque. Dans un coin de celui-ci traînait un matelas qui détonnait avec la pièce de par sa propreté. Assise en tailleur dessus aux côtés de la jeune Amiko, Fuyumi essayait de garder son calme pour ne pas effrayer l'enfant.

Contrainte à fuir son logement quelques jours plus tôt, elle trouva refuge en ces lieux, mais l’anxiété ne la quittait pas. Acculée dans ses retranchements, rattrapée par ses erreurs et ses choix vindicatifs, Fuyumi faisait finalement face aux conséquences de ses actes. La liberté saisie, l’empressement de l'exploiter pour satisfaire la moindre de ses pulsions s'empara rapidement de la jeune fille, qui se retrouvait poussée à différencier ses celles-ci de ses envies et ses besoins. Aveuglée par sa vengeance, elle gagnait peu à peu en lucidité sur sa situation et les dangers qui lui rôdaient autour. Pour sa sécurité et celle de sa protégée, elle se retrouvait dans l'impossibilité de poursuivre sa quête aliénante. La tête baissée, les mains recueillies, elle fixait le sol de son regard cramoisi. Scrutant une fissure sans y prêter la moindre attention, elle restait immobile dans une introspection profonde.

Un craquement de bois la sortit de sa torpeur. Sursautant d'effroi, Fuyumi détourna le regard vers sa source, parfaitement anodine, avant d'abaisser sa tête à nouveau, dépitée de son propre état.

Que Votre volonté éclaire la voie que nous prendrons, implora la jeune fille dans un doux murmure à peine audible, que nos choix célèbrent Vos idéaux. Puissiez Vous accorder la grâce à Vos ennemis de découvrir l'aberration de leurs mensonges.

Plongeant son visage dans le creux de ses mains pendant quelques instants, elle finit par essuyer ses yeux des quelques larmes qui s'y accumulaient peu à peu. Relevant la tête, elle retourna son buste vers Amiko, vérifiant si elle dormait toujours.

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Lun 2 Mar 2020 - 13:12
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Été 194 – Murashigure

Spirale infernale, tout tournait dans l’esprit meurtri de cet enfant côtoyant la douleur et l’horreur. Sous ce toit protégeant les lieux insalubres dans lesquels les deux fuyardes s’étaient cachées, elle survivait. Les pupilles écarlate l’avaient attrapé et sortit d’une fin de vie imminente. La fillette dépourvue de volonté, s’était laissé mourir dans les rues pluvieuses de la capitale, jusqu’à ce qu’on l’arrache de ce profond puits. Un vrai calvaire, ce fut ce qu’elle vécu, et ce qu’elle fit subir à la colombe qui elle-même, essayait d’échapper à ses propres démons. Ces deux-là s’étaient bien trouvées à y réfléchir, reliant leur chemin et leur destin par le sang et la désolation. 

De ses dix années, Amiko avait tellement vécu que son esprit s’était emmuré, elle avait presque perdu la parole et se battait contre les ombres qui agrippaient sa gorge avec férocité. Le manque était là, présent, le sang bouillait dans tout son être et les rares fois où elle ne tremblait pas et qu’elle ne tombait pas dans la démence, étaient lorsqu’elle dormait. La Sakki avait suivi Fuyumi sans dire un mot et depuis, elle ne la quittait plus et marchait dans son ombre, tel un zombie. En suivant son chemin, elle vivait avec les tourments et la vengeance de celle-ci, qui se battait pour une liberté méritée.

Devant le regard de l’enfant à qui on avait retiré toute innocence, un long chemin étroit et sombre, dont les murs perlaient de ce liquide rougeoyant qui faisait battre son cœur. Au bout, une lumière, celle appelée liberté, tendue par sa sauveuse. Entre le tiraillement et la soif, l’envie de s’arracher le cœur pour ne plus souffrir de ses crimes et de sa souffrance, l’envie de liberté lui donnait l’espoir qu’elle pourrait sortir de cette litanie infernale et sanglante. De ses dix années, alors qu’elle pensait être à la fin de sa vie, la voilà prête à en commencer une nouvelle. 

Ses paupières s’ouvrirent brusquement, offrant une douceur rosée qui contrastait avec les ténèbres dans son coeur, tandis qu’un craquement de bois venait de la sortir d’un sommeil difficile. Tremblante, transpirant, suffoquant presque, la petite Amiko se recroquevilla contre elle, se positionnant en boule, tandis que ses petits doigts serraient le matelas de fortune. Un murmure qu’elle pourrait reconnaître entre mille se glissa jusqu’à ses oreilles, ne parvenant pas à en comprendre le bout. La brune, dont la chevelure emmêlée et de pagaille, descendait très bas dans son dos et s'étalant sur le matelas, se retourna alors difficilement. Elle retrouva sa sauveuse à genoux, mains devant le visage et l’observa silencieusement. L’amejin se rendait compte qu’elle n’aimait pas voir Fuyumi triste et désemparée ainsi, alors qu’elle lui avait offert la rédemption et la renaissance. 

Celle-ci se retourna alors, sûrement pour vérifier comment se portait l’enfant et elle y rencontra des prunelles innocentes qui croisaient ses deux rubis humides. Sa gorge la brûlait, tout son être réclamait ce qui circulait dans les veines de son amie de quelques mois, ce qui l’horrifiait encore plus. 


« Fu… Fuyumi... »

Lâcha-t-elle dans un soupir de désespoir apocalyptique. Ses petites mains tremblaient, la fillette se détestait de ressentir cela, elle haïssait son clan de l’avoir rendue ainsi, elle maudissait la vie de l’avoir fait naître auprès d’eux. Son regard se détourna, honteuse d’éprouver ce désir intarissable à son encontre, alors qu’elle la protégeait et se battait pour elles. Les craquements continuaient, arrachant par intermittence ce silence qui trônait dans ce lugubre appartement, mais ne l’empêchait pas d’entendre son cœur lui réclamer son dû. 

« Aide-moi… »

Termina-t-elle en fermant les yeux, tandis qu’elle tentait de calmer ce manque en s’enfonçant les ongles dans la peau de ses avant-bras, et qu’un autre craquement plus lourd se fit entendre. 

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Sam 7 Mar 2020 - 23:10
Se retournant vers l’enfant, elle entrevit un regard suppliant, reflet de la détresse insondable qui parasitait son esprit. Désemparée, elle attrapa le visage d’Amiko dans le creux de ses mains, essayant de la rassurer de son mieux. Attachée à la petite après des mois de périls en sa compagnie, elle ne pouvait se résoudre à l’abandonner avec ses crises, mais celles-ci ne pouvaient se réduire au milieu d’autant de stress et d’instabilité. Fuyumi n’était pas exempte de doutes la concernant, mais elle ne comptait pas renoncer pour autant.

Alors que les craquements de bois s’intensifiaient sous la pression de la pluie, un autre, plus intense, vint aussitôt alerter la jeune fille. Celui-ci n’avait pas rien d’anodin et provenait de la porte d’entrée. Il fut aussitôt accompagné d’un léger nuage de poussière soulévée par la puissance du choc. Sans attendre, Fuyumi saisit sa protégée d’un bras et son sac de l’autre avant de se précipiter en direction de la fenêtre. Ne pouvant rien faire au sujet de la crise d’Amiko, elle se retrouvait réduite à espérer que celle-ci ne frenât pas sa fuite. La porte vola alors soudainement en éclat, laissant découvrir trois hommes qui se pressèrent à l’intérieur. « C’est elle ! »Hurla le plus grand des trois, dont l’équipement bien plus prestigieux laissait supposer qu’il dirigeait les deux autres, avant de charger aussitôt les deux filles.

Fuyumi ne fit cependant pas l’erreur de s’arrêter dans sa course pour analyser les intrus et d’un bond, se défenestra, traversant jambes en avant les planches de bois qui la bloquaient. Saisissant au vol le rebord de la fenêtre au travers de son sac, qui se déchira au contact du verre brisé, elle se rabattit contre la paroi de l’immeuble. Stabilisant sa chute en concentrant son chakra dans ses pieds contre le mur, elle reprit alors sa course en direction du sol. Serrant Amiko contre son corps, elle sauta à nouveau, atteignant le toit du batiment qui leur faisait face.

Simultanément, à proximité de la fenêtre qu’elles venaient de franchir, le mur de leur refuge se brisa, laissant tomber de nombreux blocs de pierre dans la rue en contrebas. Les trois hommes, se tenant face au vide, regardant l’agile jeune fille les échapper. Elle avait deviné qu’aucun d’eux étaient en mesure de passer au même endroit qu’elle avec aisance et avait gagné ainsi quelques précieuses secondes.

— Tu peux courir Fuyumi ! Hurla le chef tandis que ses deux hommes se jetèrent dans le vide à la poursuite de leur proie. Nul n’échappe à la Nuit. Cette ville ne te cachera pas bien longtemps.

D’un mouvement soudain, il scinda alors l’air devant lui avec le sabre qui venait de lui servir à briser le mur. De l’éclat bleuté de l’arme surgit alors une grande lame de chakra qui fusa en direction des deux filles. Survolant le toit du batîment sur lequelle Fuyumi courait inlassablement, le projectile la rattrapa rapidement avant de dépasser sa tête lorsqu’elle plongea dans la rue en contrebas. La technique poursuivit alors son chemin jusqu’à traverser une vieille batisse voisine, découpant son toit dans un fracas monstrueux.

La mort aux trousses, Fuyumi se jeta corps et âme à travers une course effrainée dans les rues de la capitale. Sous couvert de la pluie battante et de l’obscurité de la nuit, elle finit par atteindre une zone plus éclairée, mais également plus active de la ville. Se faufilant au travers de des passants, elle parcourut la ville pour atteindre le quartier commerciale, pullulant de vie à toute heure. Serrant tout autant Amiko contre elle, la jeune fille se devait de trouver refuge aussi vite que possible. Peu confiante en ses capacités de détection, elle ne pouvait compter sur ses sens pour vérifier la présence de ses traqueurs. Grâce à l’anonymat de la foule, elle pouvait se déplacer discrètement, mais finit tout de même par s’éloigner dans une petite ruelle avant de se glisser dans une auberge.

Rassurée de finir enfin à l’abri de ses poursuivants et du déluge, elle déposa enfin son amie au sol avant de la conduire à une petite table où tronait une cruche d’eau et une corbeille de pain.

— Je suis désolée d’avoir été brusque,
dit-elle alors à Amiko entre deux inspirations éprouvantes, tout va bien maintenant, personne ne nous retrouvera ici. Tu vas mieux ?

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Lun 9 Mar 2020 - 14:12
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Été 194 – Murashigure

Le contact de ses mains sur son visage électrisa l’enfant qui sursauta. Ses petites paumes s’y déposaient pour serrer ses doigts, luttant comme elle le pouvait. Sa respiration frénétique était affolante et Amiko savait que cela inquiétait sa sauveuse. La situation instable dans laquelle elles étaient toutes les deux n’aidaient en rien à aspirer au calme sain pour pouvoir apprendre à se contrôler. Puis tout se passa très vite. Le courant d’air venant de la porte d’entrée qui venait de s’ouvrir brutalement fit voler la poussière qui dominait le plancher en bois de cet appartement. Fuyumi l’agrippa et attrapa le peu d’affaires qu’elles avaient. Comprenant à moitié ce qu’il se passait, et combattant son état second et confus, elle tenta de suivre l’albinos sans trébucher.

Un trio d’individus venir de faire irruption, violant leur intimité et le calme dont les deux fuyardes avaient besoin. L’amejin comprit très vite qu’ils visaient la jeune femme, tandis que l’un d’eux la pointait du doigt. Ils chargèrent et les pupilles rubis n’attendirent pas pour l’emporter à travers la fenêtre qui se brisa dans cet élan de survie.De toutes ses forces, la brune aux mèches rousses s'agrippa autour du cou de Fuyumi, s’y blottissant. De justesse et avec une agilité et une grâce féline, celle-ci se rattrapa aux murs. De sa petite tête qui dépassait son épaule, la Sakki avait une vue sur l’angle mort de la jeune femme, et pouvait voir les briques céder et créer une plaie béante dans l’immeuble insalubre. Impuissant, il laissa ses deux hommes prendre la relève, le chef faisant comprendre à sa cible qu’elle ne s’en sortira pas comme cela.

Ses pupilles s’agrandirent lorsqu’il trancha l’air de sa lame bleutée qui filait droit sur elle. Elle ferma les yeux et nicha sa tête dans son cou et compta sur la colombe pour s’en sortir. Le contact du projectile contre le toit voisin fit bondir le cœur de l’enfant, le fracas résonnant dans tout le coin. Ouvrant de nouveau ses yeux, son regard perdu et confus cherchait ses traqueurs qui allaient avoir affaire à une foule encombrante. Fuyumi eut la bonne idée de prendre la direction de l’endroit le plus blindé, qui pourra les aider à se cacher, mais cela pouvait être aussi risqué, chacun présence pouvant être une menace et elles allaient vite le comprendre. Rapidement, la pluie qui ne cessait de s’écraser sur leur tête s'atténua, avant de disparaître.

Les deux fugitives posèrent le pied dans une petite auberge à l’abri des regards. Reprenant ses émotions, Amiko suivit sa partenaire à travers les tables pour se poser dans un coin. Fuyumi était essoufflée de sa course effrénée tandis que la sanguine l’était pour une autre raison. L’enfant se blottit contre son amie, tremblant de froid, une main contre sa poitrine.


« Tu nous as sauvées… Mais pour combien de temps Fuyumi ? Que te veulent-ils à la fin ? »

Avait demandé la fillette qui se questionnait, toujours devoir fuir, ne pas regarder derrière soi, combien de temps cela allait-il durer ? Entre Fuyumi qui cherchait à s’échapper d’ombres qui la suivaient et elle qui devait se cacher des membres de son clan qui la recherchait pour le crime qu’elle avait commis quelques mois auparavant. Et si cela était suffisant, la Sakki devait supporter cette inlassable faim qui brûlait sa gorge encore et encore.

Lorsque la porte s’ouvrit, s’accompagnant du bruit de la pluie torrentielle, Amiko se figea lorsqu’elle aperçut les visages des arrivants. La petite fille cacha son visage contre la jeune femme, posa sa capuche sur sa tête et pria le seigneur pour qu’ils ne l’aient pas remarquée. Ses pupilles, elle les reconnaissait entre mille. Et lorsqu’elle entendit les deux hommes questionner le tavernier, elle comprit. De longues secondes passèrent avant que la porte ne s’ouvrit de nouveau, disparaissant avec. Si jeune, et pourtant déjà si grandie, ce n’était pas ce genre d’enfance dont en rêvait. Amiko faisait preuve de clairvoyance et de maturité, cette situation ne pouvait pas durer, elle ne s’imaginait même pas ce que les deux jeunes filles pourraient subir si elles étaient attrapées.


« Personne… Quand il ne s’agit pas de tes traqueurs, ce sont les miens qui se montrent… Qu’allons-nous faire Fuyumi ? La Nuit, le Sang, ils sont là, toujours… »

Tout son corps tremblait, elle ne savait pas si elle sera assez solide pour continuer ainsi. Comment vivre en fuyant constamment, tout en résistant à sa nature, ce qui allait simplement la tuer à force ? Elle n’était pas solide, pas aussi forte que l’était Fuyumi, elle savait maîtriser ses pouvoirs de sang, mais de manière sommaire, serait-ce suffisant pour aider la jeune femme ? Elle en doutait, ces hommes semblaient vraiment forts et entraînés. Les iris saumon d’Amiko se posèrent sur les orbes sanguines de sa sauveuse, avait-elle une solution pour les sortir de cette prison qu’était Ame ?






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Mar 12 Mai 2020 - 18:38
Cachée aux côtés de sa protégée, Fuyumi réalisa bien vite que l’auberge qui leur servait de refuge ne lui était pas aussi étrangère que prévu. Si cela faisait désormais plus d’une année qu’elle n’y avait pas mis les pieds, elle s’était déjà rendue dans cet établissement. Entre honte et colère, elle détourna le regard de la clientèle pour se recentrer sur Amiko.

- Je n’ai jamais entendu parler d’une telle organisation, avoua la jeune femme. Je suppose qu’ils ont été payés pour m’éliminer, probablement des chasseurs de primes.

Elle eut à peine le temps de terminer sa phrase qu’elle remarqua l’attention de la petite fille être happée par l’arrivée d’un petit groupe dans l’auberge. Incapable de les reconnaître, elle comprit cependant aussitôt de quoi il s’agissait à la réaction d’Amiko qui se refugia contre son corps, cachant son visage de son mieux. Les arrivants discutèrent quelques instants avec le tavernier avant de reprendre leur route, démontrant qu’ils étaient bien à la recherche de quelque chose, ou en l’occurrence, de quelqu’un.

- C’est vrai qu’ils sont persistants, mais ils n’auront jamais notre détermination. Ils ne sont jamais que des pions déplacés sur notre trajet, nous leur montrerons leurs erreurs.


Ignorant si elle essayait de convaincre la petite ou elle-même, Fuyumi la serra dans ses bras quelques instants avant de s’écarter brusquement en apercevant l’aubergiste s’approcher d’elles. Croisant le regard de ce dernier, la jeune femme fut rapidement envahie par un sentiment de dégout, se rappelant leur dernière rencontre. Bousculant légèrement son amie vers l’arrière, elle lutta contre sa nausée pour adresser un sourire innocent au vieil homme.

- Mais ça ne serait pas Fuyumi par hasard ? Qu’est-ce que tu fais ici par toi-même ? Je vois que tu me ramènes une jolie jeune fille en plus.

Légèrement surpris par cette rencontre, le tenancier affichait malgré tout un sourire carnassier. Il vint directement au contact de la jeune femme sans attendre de réponse, déposant sa main contre sa hanche ce qui provoqua aussitôt un mouvement de recul chez elle.

- Bonsoir,
répondit Fuyumi détournant alors le regard vers son sac, y cherchant ses économies, nous ne sommes là que pour un peu de repos, j’ai de quoi payer.

La déception transforma le visage de l’homme pendant quelques instants avant qu’il ne réalisât, en même temps que la jeune femme, que le sac de cette dernière s’était vidé au travers d’une déchirure malencontreuse. Il replaça alors sa main avec un peu plus d’insistance avant d’approcher son visage du sien.

- Ne t’inquiète pas, dit-il, tu n’as pas besoin de payer quoi que ce soit tant que tu es avec moi.

Ne pouvant tenir plus longtemps sous la pression de sa répulsion, Fuyumi finit par attraper le cou de l’aubergiste et le plaquer contre le mur à proximité, lui décrochant au passage un sourire encore plus sordide. Resserrant sa prise, elle lâcha son sac pour venir tirer le rideau qui séparait les différentes tablées leur octroyant ainsi l’intimité dont elle avait besoin. Elle brisa alors sa nuque d’un geste vif avant de le jeter sur la table et de s’essuyer les mains.

- Tu peux te nourrir si tu veux, on va devoir partir d’ici peu, désolée de t’infliger ça.



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Lun 25 Mai 2020 - 11:37
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Été 194 – Murashigure

Un simple frisson parcouru l'échine de la Sakki. Savoir qu’elle était poursuivie et sûrement que sa tête avait été mise à prix rendait les choses bien difficiles. Elle savait que son clan ne démordait pas avec ce qu’elle avait engendré, pour autant, Amiko avait une confiance aveugle en l’albinos. Pour couronner le tout et comme elle le redoutait, son attention se porta sur les personnes qui venaient de rentrer. Il n’était pas difficile de les reconnaître avec leurs pupilles rosées. Bien plus foncées que l’enfant, ce trait restait celui qui décrivait bien les membres de son horrible clan. L’instinct la poussa à se cacher contre Fuyumi et prier qu’ils ne l’avaient pas vue. Si elle ne voulait pas qu’ils la retrouvent et lui fassent vivre le pire des châtiments, elle ne voulait pas non plus mettre Fuyumi dans une situation qui pourrait lui coûter.

Ses mots et son étreinte rassurèrent rapidement la fillette qui se contenta de hocher de sa tête. Jusqu’à se retrouver écartée de son vêtement chaud. Amiko se redressa clignant des yeux de surprise par cette réaction soudaine. Puis son regard de cristal se posa sur l’homme qui s’approcha, et à la tension des épaules de son amie, il s’agissait là d’une présence non désirée. La pupille de sang se positionna de manière à protéger l'assoiffée de sang. Sauver les apparences, rester de marbre, l’enfant sentait là qu’il y avait quelque chose d’étrange dans cette rencontre. Le tavernier s’adressa à la fugitive d’un timbre qu’elle n’appréciait guère. Une peur vint remplir le creux de l’estomac lorsqu’il posa un regard sur elle et qu’il la complimenta d’une manière intéressée. Cet individu devint bien trop tactile et sûr de lui, la réaction de Fuyumi lui faisait bien comprendre qu’il n’était définitivement pas le bienvenu. La brune suivit du regard sa précieuse amie qui chercha de quoi payer, malheureusement, le sort semblait être contre elles.

Derrière la silhouette de sa partenaire de fuite, elle ne voyait que cette main qui se resserrait autour de sa taille et aurait bien aimé le lui trancher. Amiko ne savait pas ce qui les liait, mais elle détestait cet homme au plus au point, sans savoir pourquoi. Fuyumi semblait de cet avis, car très rapidement, celui-ci fut plaqué contre le mur de sa main. Tout se passa de manière vive, alors qu’elle les cachait d’un rideau. Le regard alerte, de peur qu’elles aient trop attiré l’attention, Amiko se contenta de rester en retrait. Un léger sursaut fit secouer ses épaules au bruit de la nuque brisée. Le corps mort gisait sur la table et la chevelure immaculée lui proposait de se nourrir, s’excusant par la même occasion. Si l’enfant était morte de faim et que la tentation était très forte, une mine de dégoût pouvait se lire lorsqu’elle posa ses pupilles saumon sur cette face qu’elle n’oubliera pas. Son minois se leva vers son amie, son cœur battait vite et tous les poils de ses bras étaient hérissés à son paroxysme.


« Il pue le poison, je n'en veux pas. Nous devrions y aller Fuyumi, je sens que les membres de mon clan ne sont pas loin. »

Tant que cette sensation ne la quitterait pas, Amiko ne sera pas sereine. Lorsque la porte s’ouvrit en fracas alors, elle comprit. Sa petite main attrapa celle de l’amejin avant de se diriger vers les escaliers et les étages. L’enfant utilisait une force qu’elle n’avait pas pour inciter son amie à la suivre. Elle entendit à peine les voix des hommes qui la cherchaient en bas et se dirigea vers la première fenêtre qui donnait vers l’extérieur.

« Emmène-nous loin d’ici s’il te plaît ! »




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Ven 26 Juin 2020 - 21:11
La jeune Fuyumi se laissa aisément conduire par Amiko à travers les escaliers. Sachant sa protégée craintive et anxieuse, elle ne pouvait lui reprocher de refuser de se repaître malgré les risques que cela pouvait engendrer par la suite. L’arrivée soudaine de membres du clan Sakki à la recherche de l’enfant n’arrangeait définitivement pas la situation, démontrant une persistance étonnante de leur part. L’étau semblait constamment se refermer sur elles, libérées de leurs entraves, mais constamment prisonnières de leurs passés. Arrivée face à un fenêtre menant sur une petite ruelle à l’arrière de l’auberge, Fuyumi l’ouvrit simplement, avant d’y passer la tête, observant les passants en contrebas. Il n’y avait qu’une faible distance jusqu’au sol, rien de bien compliqué à descendre, sauf pour une petite fille. Elle se tourna alors vers Amiko avant d’abaisser à son niveau, affichant un sourire se voulant rassurant et déposant une main chaleureuse sur le sommet de son crâne.

- Tout va bien se passer. Mets-toi contre le rebord de la fenêtre, je vais nous faire sortir de là dans quelques instants.


La jeune fille se releva alors, avant de tourner le dos à son amie et à la fenêtre. Fixant patiemment l’étage inférieur au travers des escaliers, elle suivait du regard les hommes en contrebas. Ceux-ci fouillèrent la salle sans ménagement, avant de tomber finalement sur le corps laissé quelques instants plus tôt, confortant aussitôt leurs soupçons. L’un d’eux finit alors par jeter son regard vers celui de Fuyumi, devinant aussitôt l’identité de l’enfant cachée derrière elle. Il ne fallut alors pas longtemps pour voir l’ensemble des hommes se ruer en direction des escaliers.

Les yeux cramoisis de la jeune fille, rongée par la haine, brulaient d’intensité tandis qu’elle effectuait une série de mudras. Elle relâcha alors un souffle ardent dans leur direction, traversant les marches et terminant sa course au travers de la salle inférieure. Le torrent de flamme se reput ainsi du bois composant le bâtiment et des nombreux tissus le décorant. Entre les hurlements et les craquements de bois, Fuyumi saisit Amiko dans ses bras avant de se jeter au travers de la fenêtre, un grand sourire aux lèvres. Si l’établissement abritait de nombreuses personnes n’ayant aucun lien avec leurs situations, elle connaissait très bien le genre d’individus qui composaient la clientèle. À ses yeux, ils pouvaient bien tous périr sous ses flammes. Aucun d’entre eux n’aurait droit à une prière de sa part.

Arrivant dans la ruelle, la jeune fille se mit à courir, s’éloignant rapidement du bâtiment en proie à des flammes grandissantes. Tenant toujours Amiko dans le creux de ses bras, elle traversa l’avenue commerçante à vive allure, ignorant les regards médusés des passants, avant de s’engouffrer, plusieurs longues minutes plus tard, au sein d’un immeuble d’habitation. Essoufflée, elle déposa alors délicatement la petite fille, la laissant marcher à ses côtés au travers d’un couloir plongé dans la pénombre.

- On sera tranquille un moment ici, rassura Fuyumi en lui tendant sa main, au moins le temps que tu te nourrisses un peu et que je prépare un plan pour la suite.

Elle guida alors l’enfant à travers les escaliers du bâtiment, montant quelques étages avant de s’arrêter devant la porte d’un appartement laissant passer l’éclat léger d’une lumière. D’un coup sec, elle força l’ouverture de la porte, faisant sauter son verrou. Elle rentra alors à l’intérieur pour y découvrir un jeune couple discutant paisiblement autour d’une petite table, éclairé par une simple bougie. L’habitation était misérable, mal entretenue, mais correspondait plutôt bien à la norme de la capitale.

Le jeune homme se leva aussitôt avant de se placer devant sa compagne, saisissant un couteau qui trainait dans l’espoir de défendre son foyer.

- Partez d’ici ! S’écria-t-il, la voix tremblante. Il n’y a rien à voler ici et je n’hésiterais pas à vous attaquer.

Dans le plus grand des calmes, Fuyumi referma la porte derrière elle avant de relâcher la main de la petite fille et d’avancer vers le couple.

- Je suis profondément désolée, dit-elle avec une voix teintée de tristesse, j’espère que vous trouverez la paix là où vous irait.

Le jeune homme armé n’avait pas besoin d’expérience ou de connaissances particulières pour comprendre que quelqu’un du gabarit de Fuyumi arrivant à briser un verrou avec la simple force de ses membres présentait un danger immédiatement pour lui et sa partenaire. Prenant son courage – et son arme – à deux mains, il se mit à courir dans sa direction, frappant sans hésiter.

D’un mouvement fluide et assuré, Fuyumi saisit la paume serrée contre la manche du couteau, avant de récupérer ce dernier sans se faire opposer la moindre résistance. Sans interrompre son mouvement, elle se retrouva derrière le jeune homme et lui trancha la gorge brusquement avant de l’assommer avec le manche de l’arme. Elle projeta alors l’arme en direction de la jeune femme, restée en retrait, qui n’avait pas eu le temps de réaliser ce qu’il se passait.

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