Soutenez le forum !
1234
Partagez

Observer le lever d’un nouveau soleil — ft. Yasei Reikan

Aditya
Aditya

Observer le lever d’un nouveau soleil — ft. Yasei Reikan Empty
Jeu 27 Fév 2020 - 12:38
Observer le lever d’un nouveau soleil

ft. Yasei Reikan


Automne 203, temple Seidou, village de Kiri.


Au rythme du souffle d’automne qui élevait feuilles ternies et branchages dépoussiérés, les gestes d’Aditya suivaient le cours d’une routine habituelle, en laissant ses poumons se délecter de l’air acre qui s’engouffrait au cœur cette maigre chambre. Les genoux repliés, les paumes tournées vers le ciel, dont les doigts lâches ne seraient être tenus par l’angoisse, ses yeux bleus s’étaient fermés au monde avec une limpidité si familière. Par moment, la douce caresse de ses brins d’or venaient longer les traits de son visage et glisser sur les contours de ses côtes laissées à nues par son sari. Sa poitrine se soulevait à intervalles réguliers, lentement, accueillant le calme qui baignait l’aurore. Aucun bruit ne s’osait à percer la méditation de l’ascèse, quand bien même le jour tardait à s’éveiller ; la Brume encore endormie traînait au cœur de ses draps de douceur, dans la chaleur d’un cocon rassurant.

Un léger grommellement parvint à ses oreilles, tinté du froissement répété de tissus que l’on serrait entre ses poings, que l’on glissait le long de son corps comme une étreinte. Un sourire affectueux naquit sur ses lèvres alors que ses iris éthérées se révélaient enfin à un ciel de cendre ; et du coin de l’œil, la chevelure rougeoyante de Junko perçait son attention, ensevelie sous le confort de son lit, entre rêve et réalité. Sa chevelure couraient sur son corps telle des langues de feu qui abrasaient sa peau, cachant la blancheur que ses vêtements laissaient entrevoir. Et à l’orée d’un regard dont nul mot n’aurait pu retranscrire toute la tendresse qui s’y cachait, ses pupilles ambrées s’éveillèrent à leur tour pour croiser les siennes, revêtues du doux linceul brumeux de Morphée.

Un frisson parcouru le corps du blond lorsque l’orée d’un sourire aimant se dessina sur les lèvres de la gladiatrice, et qu’il ne savait que lui être dédié. Ces instants partagés avec elle avant que le soleil ne s’élève et ne baigne le village de sa douceur, il avait apprit à les aimer, les adorer et les chérir, à attendre chaque lendemain avec impatience. Aditya aurait tout donné pour que ces quelques secondes où elle l’observait ainsi, lorsque son masque de douleur n’avait pas encore reprit le contrôle de sa mémoire brisée, s’étendent à jamais dans l’infini du temps. Mais petit à petit, alors que les courbes du sourire de l’ascèse s’affaissaient sous le poids de la réalité, il pouvait être témoin du retour d’une douleur lancinante au creux de ses prunelles, où ses paupières s’affaissaient avec légèreté, où la langueur de l’éveil se dissipait. Dans un dernier coup d’œil rassurant, le monde du blond redevint noir et une onde d’accalmie retint à nouveau sa respiration, assourdissant tous les sons autour de lui.

Il ne sut combien de minutes ne s’étaient écoulées depuis lors, jusqu’à ce contact léger qui rompit à nouveau sa concentration d’une lascive caresse. Un bras fin vint fendre son torse de sa tendresse. Lâchement, un corps portant encore la chaleur des draps vint se presser contre son dos, et lentement, l’or se mêla à l’écarlate dans une douce étreinte. Sans même ouvrir ses paupières à nouveau, Aditya glissa sa joue contre celle de la gladiatrice, si fraîche qu’il perçu un frisson la gagner à son tour. Il sentit ses bras se nouer à la naissance de son torse ; et à cet instant, l’azur revint au monde en dardant la rougeoyante d’un regard reconnaissant. Sa main quitta le confort de ses genoux pour rejoindre les doigts entremêlés de la jeune femme, où son pouce n’aurait su tarder à dessiner de tendres arabesques illusoires. Il sentit plus qu’il ne vit son visage se nicher dans le creux de son cou, où ses respirations laissaient courir leur passage sur sa peau frémissante. Et pendant de longs instants, aucun d’entre eux ne bougea, ni ne parla. Ils laissaient le silence rendre ce moment éternel, au cœur d’une chaleur partagée.

Mais à l’arrivée de l’aurore, alors que les timides rayons du soleil osaient enfin percer la brume qui berçaient le village, le son d’une voix endormie se glissa à son oreille, tel un murmure.

« Joyeux anniversaire. »

Avec douceur, ses lèvres se posèrent sur sa joue refroidie par l’air d’un automne mourant, où elles ne demeurèrent que le temps d’un battement de cils. Déjà, le froissement de ses vêtements tonnaient ses mouvements, et comme un son de départ, Aditya apporta la main de la jeune femme près de son visage et la gratifia d’un baiser éphémère, quelques instants mêmes avant que son dos ne soit dépossédé de sa chaleur.

« Merci. », souffla-t-il tout contre sa peau.

Sans lui répondre, Junko glissa sa paume hors de son étreinte dans l’ombre d’un sourire. Elle laissa son index courir sur la nuque de l’ascèse laissée à nue, jusqu’à l’orée de son épaule ; et incessamment, son corps lui répondit. Avec légèreté, il se pencha vers elle dans la langueur de retrouver son toucher : mais déjà, sa silhouette s’éloignait de lui, à l’aube de quitter la pièce.

« N’oublie pas que Reikan t’attend aujourd’hui. », lâcha-t-elle en lui accordant un regard en coin, auquel il répondit par un sourire attendrit.

La journée ne faisait que s’éveiller. Il lui fallait encore rejoindre la métamorphe.


[…]


Quelques instants plus tard, alors que le vent poussiéreux avaient porté ses pas le long des rues de la Brume, son regard emplit des souvenirs de la rougeoyante se posa sur les courbes sylvestres d’une porte de bois, qu’il ne connaissait que trop bien. Une odeur familière emplit ses narines, chaleureuse, peut-être légèrement épicée. Lentement, ses phalanges vinrent frapper sa surface de trois coups pour annoncer sa présence ; et bientôt, des brins d’ébènes se présentèrent à sa vue. Reikan et son éternel sourire chaleureux se tenaient devant lui, aussi éternels qu’ils ne l’avaient jamais été.

Il ne lui accorda qu’un sourire, ô combien tendre, pour la saluer. Ces deux amis de toujours n’avaient plus besoin de mots depuis bien longtemps. Un seul regard suffisait à crier leurs émotions, et en cette lueur d’une nouvelle aube, il était imprégné, comme toujours, d’une reconnaissance inchangée.


_________________

_


Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5306-aditya-terminee https://www.ascentofshinobi.com/t6379-aditya-memoires-d-un-ascese
Yasei Reikan
Yasei Reikan

Observer le lever d’un nouveau soleil — ft. Yasei Reikan Empty
Sam 7 Mar 2020 - 18:49
Automne de l'An 203, Village de Kiri, Bâtiment Nord du Temple Seidou, Logement n°12

Aujourd'hui était un grand jour ; celui du vingt-et-unième automne d'Aditya, l'enfant du bois. Si par pure habitude, Reikan s'était mise à compter en saisons et non pas en années, cela n'empêchait en rien qu'avec ses proches la bestiale avait développé une forte attache pour la tradition de ce qu'était un véritable anniversaire. Parce que si pour elle, chevaucher d'une année à l'autre incarnait une progression non-négligeable dans la vie de tout être, Hommes comme Bêtes, il se devait d'être fêté convenablement. Mais d'elle-même, la changeforme ne s'était pas encore acclimatée aux festivités sédentaires, pourtant communes à bien des peuples. De surcroît, les enfants des Bêtes étaient bien plus marginaux à ce sujet, eux qui appartenaient à un clan où l'acquisition d'une année était intimement liée à celle d'une force nouvelle, qu'il se fallait de rendre plus belle encore par le dépassement de soi.

La Tigresse blanche n'avait connu ce genre de célébrations qu'à travers les voyages soutenus de ses parents, eux qui guidaient sans cesse sa famille sur la route de l'inconnu et de bien des découvertes. Toutefois, il lui était impossible, à ce jour, d'aller chasser du gros gibier dans l'optique de le déguster autour d'un feu de camp et ainsi régaler ses papilles et celles de son invité, ou encore d'aller éprouver les compétences de son ami au détour d'un duel symbolique qui marquait ce jour charnier. Non, Reikan devait trouver bien plus réconfortant et plaisant pour l'anniversaire d'Aditya ; une tache plutôt complexe, pour celle qui n'avait pas pour coutume de se prélasser autour d'une table mais plutôt d'éprouver ses muscles, pour exprimer son talent et par conséquent, sa joie.

Et Yasei Reikan ne faisait jamais les choses à moitié, quand elles lui tenaient à cœur.

Bien avant que les oiseaux n'aient chanté et alors même que les derniers ivrognes quittaient les bars de leur plein gré ou non, la féline était sortie de ses peaux de bêtes pour préparer l'accueil de l'ascète. Au rythme d'une nuit en fin de vie, elle avait pris le soin de chambouler une bonne partie de l'organisation de son intérieur pour mettre en valeur les décorations florales déjà présentes, qu'elle avait récupéré lors de ses pérégrinations et qu'elle conservait depuis. Des ceintures d'Heliconia, semblables à une rangée de piments juteux qui coulait sur les murs, jusqu'aux fleurs de Tiare et d'Hibiscus qui ornaient le centre de sa table-basse ancrée dans le sol, Reikan n'y était pas allée de main morte, puisque des effluves exotiques allaient investir son logis pour la journée entière. Même des chatons de saule tout juste cueillis s'étaient emparés des lieux, au point que la Fille du Vent et de la Terre en fasse d'élégantes couronnes.

***

Deux chaises, finement parcourues d’ivoirerie et de vernis, n'attendaient plus que le séant des deux amis. Et près de la cheminée de braises centrale, un nécessaire de cuisine occupait les deux bras et les cinq sens de la Yasei. Son coéquipier pouvait débarquer d’une minute à l’autre, mais fort heureusement pour elle, la féline avait pris de l'avance sur ses préparations. Assez vite, la table ronde de l'appartement se couvrit de mets culinaires salés d'un peu toutes les sortes, mais savaient mettre à l'honneur les produits locaux sous leur forme parfois la plus brute. Des Yaki-imo*, cuites avec leur peau au feu de bois et plongées dans un bain d'épices étrangères, en passant par des Yakitori* saignantes et recouvertes d'herbes aromatiques, jusqu'aux divins Momo fourrés au bœuf et aux légumes ; cela faisait désormais une poignée d'heures que la Fille du Lion de l'Atlas ne s'était pas reposée, pour le plus grand plaisir de l'estomac d'Aditya et du sien, qui n'étaient encore qu'à venir.

Du moins, avant que l'enfant de la Forêt ne toque à la porte.

Sans précipitation, Reikan déposa sur le bois du buffet les plats fignolés et son tablier encore blanc comme neige – preuve irréfutable que même une enfant des Bêtes pouvait concurrencer les plus grands chefs cuisiniers du Palais de la Brume. Savoir qu'elle était dans les temps épousseta toutes les inquiétudes de son esprit. Et une fois que la porte fut ouverte à son alter ego, l'harmonieux visage de la métamorphe se peigna d'une expression des plus chaleureuses. Sa dextre s'en alla rejoindre la sienne pour le faire entrer dans la pièce parsemée de lumières, nécessaires à un bon éclairage en temps de pluie automnale, avant de refermer derrière lui. Puis, elle attendit le temps qu'il fallut avant que celui-ci ne décide de prendre place sur sa chaise, au cas où celui-ci serait absorbé par le décor du logement qui était capable de le faire voyager bien loin du Pays de l'Eau. Enfin, ses mains laissèrent glisser une couronne de chatons de saule au sommet de la longue chevelure dorée d'Aditya, avant que la métamorphe joliment vêtue de voiles orientaux ne daigne prendre place à ses côtés.

« Joyeux anniversaire, Aditya. »


*Momo (མོག་མོག, litt: Raviolis farçis)
*Yaki-imo (烤白薯, litt: Patates douces rôties)
*Yakitori (焼き鳥, litt: Oiseau grillé)

_________________



Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5305-yasei-reikan https://www.ascentofshinobi.com/t5407-yasei-reikan-carnet-de-route
Aditya
Aditya

Observer le lever d’un nouveau soleil — ft. Yasei Reikan Empty
Mer 1 Avr 2020 - 20:14
Dès l’instant où l’enfant du soleil avait pénétré dans la demeure chatoyante de sa comparse, les effluves épicés qui avaient empreint l’espace au rythme de longues heures affairées aux préparations de tant de mets ravivèrent son odorat de toutes les saveurs qu’ils sous-entendaient, accompagnées par la douce main de la féline qui le guidait à l’intérieur. Son regard fut instantanément couvert de cette douceur familière qui enivrait son être à chaque instant passé en sa compagnie, encore plus en ce jour où la présence de ceux qu’il considérait comme sa plus tendre famille était arrachée à lui – à l’exception, peut-être, de celle de Reikan. Rares furent les journées d’automnes telles que celles-ci où sa mère adoptive n’avait pas été à ses côtés pour célébrer la naissance d’un autre enfant de la Forêt Millénaire, où les grâces de leurs coutumes n’avaient pas marqué son quotidien de leur caractère exceptionnel. Mais tandis qu’il se laissait mener jusqu’à l’aurore de cette niche bestiale, où fourrures, ornements et plats trônaient en maîtres, que cette chaleur si particulière de se sentir à l’endroit précis où l’on dû être venait réchauffer son cœur, Aditya réalisa que de toutes les âmes dont il déplorait l’absence, la métamorphe, elle, valait tout le confort d’une famille, en ce jour si spécial. Aux yeux de l’ascèse, elle en faisait incontestablement partie.

Alors, lorsque les gestes de la fille du Vent vinrent mener ses pas sur le chemin menant à une siège sylvestre, il se laissa guider, ses iris éthérées capant l’éclat de tous ces décors somptueux auquel son âme, bien que friande de sobriété, ne pouvait se refuser à la beauté. Un sourire se glissa sur ses lèvres, suivi d’un léger souffle amusé lorsqu’elle déposa sur ces brins d’or une couronne d’herbes folles, de ces petits boutons veloutés que la nature avait apparenté à une fourrure d’ivoire, douce, mais indéniablement champêtre.

« Je ne pensais pas être couronné en ce jour. », ria-t-il, de ce ton si pur et dénué de tout soucis.

Son regard croisa les prunelles myosotis de la jeune femme tandis qu’elle se plaçait à ses côtés, ce rictus malicieux toujours glissé sur ses lèvres ; de tout temps, à moins que le sérieux ou l’inquiétude n’ait rompu les traits du visage de la métamorphe sous leur joug, elle lui apparaissait ainsi. Espiègle, mais attentionnée. Les mots qu’elle prononça, en plus des nombreux mets qui dardaient leur présence au coin de son œil, lui rappelaient encore à quel point elle pouvait l’être.

« Merci. », dit-il avec tout autant de sincérité que son âme n’en laissait transparaître. Il avisa les diverses préparations d’un coup d’œil, reconnaissant entre elles celles dont il était le plus friand. « Tu as même préparé des momo. », pointa-t-il d’une surprise mêlée de complaisance. « J'espère que cela ne t'a pas posé trop de soucis. »

La mélancolie s'était éprise de son regard tandis qu'il longeait encore quelques instants sur les détours de cette nourriture disposée à leur bon vouloir, peu de temps avant qu'il ne se plonge une nouvelle fois dans celui de sa comparse, où le silence demeurait comme gage de la profondeur du lien qui les unissait. Un frêle sourire fendit son visage à l'aube de nouvelles paroles, qui laissaient une fois encore sa voix tinter l'espace de sa douce sonorité.

« Je réalise que bien des lunes se sont écoulées depuis la dernière fois où nous avons eu un instant comme celui-ci pour nous retrouver et parler seulement, sans se préoccuper du bien de la Brume. », murmura-t-il, presque à regret. « J’ai tant à te dire… depuis tant de temps. »

Pour l'une des rares fois de son humble existence, l'ombre de l'incertitude s'était forgée une place de choix dans les prunelles de l'enfant du soleil, où demeurait encore il y a quelques instants l'éclat chaleureux qu'apportait la présence de Reikan à ses côtés. Au fond de cet azur que le ciel avait offert en cadeau à cet héritier du bois, elle y demeurait encore, bien que légèrement voilée. Un soupir avait fendu ses lèvres, plus par inconfort que véritable crise existentielle ; Aditya n'avait jamais été de ceux qui remettaient leur vie en jeu sur le fond de leur lignée.

Une nouvelle fois, les iris de ces deux âmes se croisèrent, et une nouvelle fois, l'éclat de la certitude reprit ses droits chez le blond. L'ombre d'un sourire s'osa même au détour de ses lèvres, là où son visage accueillait la mélancolie comme une belle amie.

Il était temps de lui confier ses doutes. Sur sa place en ce monde, sur son rôle au sein de la Brume.

Sur le clan Shinrin, peuple héritier de la Forêt Millénaire.


_________________

_


Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5306-aditya-terminee https://www.ascentofshinobi.com/t6379-aditya-memoires-d-un-ascese
Yasei Reikan
Yasei Reikan

Observer le lever d’un nouveau soleil — ft. Yasei Reikan Empty
Ven 8 Mai 2020 - 18:51
Ce sourire qu'arborait Yasei Reikan quasiment en toute circonstance était loin d'être là par hasard. Elle n'avait jamais fait sienne cette habitude d'esquisser tel sincère rictus sans véritable raison, du fait de la franchise qui dominait sur bien d'autres attraits de son intrigante personnalité. Si cette journée était d'un singulier marquant pour l'enfant du Bois, il était évident qu'elle méritait ce même intérêt de la part de la Tigresse. Et faire la cuisine, aussi sophistiquée et bonnes ses préparations culinaires pouvaient-elles être, ne constituaient qu'un piètre et moindre effort en comparaison de ce qu'elle s'infligeait durant ses heures d'entraînement. Devant les compliments et à la joie de son invité, la jolie brune s'affaira à retirer son tablier de cuisine pour le plier avec minutie et le déposer à même le sol, à côté de son coussin sur le sol. Sans chasser l'enthousiasme dans lequel baignait son expression faciale, elle plissa les paupières et tourna plusieurs fois la tête de droite à gauche pour rassurer Aditya.

« Je t'en prie. Non, en réalité... ça ne m'a pris que la matinée. »

Une teinte de nostalgie regrettée semblait s'emparer du visage de son pilier, qui s'amusait presque à laisser peser le mystère de ce qu'il souhaitait partager. Mais ce fut sans compter sur la réciprocité de leurs pensées que la jolie brune parvint à ne pas laisser l'impatience la grignoter, elle qui avait tendance à être d'une curiosité sans nom, comme un animal loin d'être apprivoisé. Instinctivement et à l'entente du maigre soupir de son frère d'armes, Reikan roula des yeux sur le côté pour mieux porter réflexion à la tournure de cette conversation. Une toute nouvelle année d'existence s'offrait à Aditya et avec elle vraisemblablement, une tonne de remises en question et d'incertitudes. Si ce n'était son attache à la Brume, à la Forêt Millénaire ou à la féline, l'ascète semblait manquer de se perdre dans une ère de perdition existentielle, de laquelle la Yasei espérait l'en détacher aussi vite que possible. Parce que pour des Héros de l'Eau comme eux, le doute n'était même pas permis. Sur aucun plan.

La changeforme ferma les yeux pendant une poignée de secondes, histoire de remettre ses idées en place et de se conforter une dernière fois dans son choix. Elle se remémora son épreuve pour entrer parmi les élites de la Brume ainsi que sa demande délivrée au Rokudaime, vis-à-vis de son clan. Et enfin, elle rouvrit les paupières pour plonger le bleu roi de ses pupilles dans l'azur de celles du sylvain. Comme toujours, ce fut sa sincérité et son optimisme qui guidèrent, de concert, son flot de paroles.

« Je ne vais pas tarder à me rendre au Pays du Vent pour retrouver les miens et les ramener à Kiri. D'ailleurs, j'ai déjà reçu l'ordre de mission, qui concerne Yasei Zeref et Suzurane Gine. Inutile de te dissimuler sciemment l'appréhension qui essaye de gagner mon cœur. J'ai à la fois hâte et peur de me retrouver si loin. Hâte de renouer avec mes racines. Peur de découvrir qu'elles sont en fait en proie à un danger dans ce maudit Désert ou pire, qu'elles ne sont plus. »

La Fille du Vent attrapa entre les fins doigts de sa dextre la dague de cristal qui pendait et trônait en reine à son cou, dans un geste consolateur. La savoir à sa place la rassurait à chaque fois, tant la préciosité de ce trésor traduisait sa destinée et ne pouvait pas laisser indifférent d'autres changeurs de peau. Mille et une questions traversaient nuit et jour son esprit, mais la détention de cet objet ne cessait jamais de lui rappeler qui elle était véritablement. Ses prunelles se firent plus étincelantes, alors que son âme essayait désespérément de retrouver son calme et sa douceur habituels pour ne pas gâcher ce jour si beau.

En vain.

« C'est bête, mais je suis aussi effrayée de me retrouver loin de toi, Aditya. J'ai peur de disparaître une fois là-bas et de ne plus pouvoir sortir de ces dunes que mon père a tant cherché à fuir. »

_________________



Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5305-yasei-reikan https://www.ascentofshinobi.com/t5407-yasei-reikan-carnet-de-route
Aditya
Aditya

Observer le lever d’un nouveau soleil — ft. Yasei Reikan Empty
Dim 21 Juin 2020 - 17:36
Le sourcil arqué, Aditya avisa la silhouette de sa plus tendre amie tandis qu’elle lui confiait la vérité caché au plus profond de son cœur ; celle qu’un jour, sous l’égide de l’aube de l’hiver, leurs chemins se sépareraient à nouveau pour la laisser voguer au-delà des mers, et retourner sur les berges de sa patrie, auprès des dunes et des Vents. Si l’ombre de la coïncidence se mua sur le visage de l’enfant du soleil, c’est un franc sourire qui vint se peindre sur ses lèvres, avec la même humilité que toujours.

« Je suis content pour toi, tu attends cela depuis si longtemps. », glissa-t-il en laissant ses doigts empoigner délicatement un des momos préparés par la jeune femme. « Penses-tu y trouver ton père ? Je n’ai eu l’occasion de le croiser que lors de notre rencontre, mais ses habitudes nomades n’ont pas l’air de l’avoir quitté, pour être tout à fait franc. »

D’une bouchée, l’ascèse croqua dans la chair tendre de l’aliment, dont la chaleur de la cuisson n’avait pas encore quitté ses détours. Le poing amené devant ses lèvres, il laissa un long souffle s’en échapper, comme pour éteindre cette flamme illusoire qui dansait dans sa bouche. D’un regard complice avisé à la féline, l’éclat de son rire vint masquer son geste de plus tôt, arborant derrière ses doigts repliés l’once d’un nouveau sourire. Quand bien même l’ascèse pouvait être calme, posé et d’une humilité à toute épreuve, il y avait bien un seul met que ce monde portait qui pouvait le faire revenir ainsi à ses travers enfantins, dont seuls les êtres placés sous l’égide de la tendresse qu’il leur portaient pouvaient observer.

Néanmoins, la lueur taquine qui se tenait dans son regard céruléen s’effaça graduellement lorsque la voix de la tigresse blanche perça à nouveau le silence, confiant les doutes qui animaient son cœur, et plus encore, les regrets qu’elle pourrait laisser derrière elle dans son chemin pour la paix. À cela, Aditya ne pu que répondre par la douceur d’une œillade, qui trahissait toute la bienveillance et l’amitié qu’elle détenait à ses yeux.

« Il en va de même pour moi, tu le sais. Cependant, avant de nous retrouver au sein de la Brume, nous avions poursuivis nos vies de la même manière pour nous retrouver. Je n’ai aucun doute sur le fait que lorsque tu reviendras, lorsque nous serons réunis à nouveau, nous pourrons tous deux contempler la venue d’une nouvelle ère. », déclara-t-il en laissant reposer le momo sur le plateau. « Alors ne t’en fais pas, tigresse blanche. Ton cœur ne doit se focaliser que sur tes retrouvailles à venir, et non pas sur les doutes qui les ombragent. Quant à moi, tu sais que je demeurerai toujours auprès de toi, que ce soit au fin fond des dunes ou parmi les eaux. »

Ses iris se relevèrent dans les ondes myosotis de Reikan, alors que sa voix laissaient entrevoir la venue d’une nouvelle invitation.

« Cela dit, j'aurai quelque chose à te demander. »




_________________

_


Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5306-aditya-terminee https://www.ascentofshinobi.com/t6379-aditya-memoires-d-un-ascese
Yasei Reikan
Yasei Reikan

Observer le lever d’un nouveau soleil — ft. Yasei Reikan Empty
Mer 14 Oct 2020 - 18:09
Une tâche vociférante, d'une ampleur sans précédent, attendait la Tigresse blanche sur les pavés de son plus proche futur. Celle qui depuis des mois s'était habituée à ces pluies diluviennes et avait même réussi à y entrevoir l'espoir d'un avenir plus radieux encore que sous les rayons d'un soleil dans un ciel sans nuages devait désormais refouler les grains que sa famille avait pourtant fui pour assurer sa survie. Pourtant, c'était là sa destinée de toujours, l'un des chemins parmi les plus ardus à arpenter afin d'aller décrocher les astres les plus brillants de ses aspirations. Yasei Reikan voulait devenir cette guerrière qui allait rassembler les Yasei, en l'honneur de toute la vie de souffrances et d'efforts qu'elle avait décidé d'affronter avec pour unique aide son courage. Et devant ce monstre d'obstination que la Fille du Vent était devenue au fil des saisons, à l'image de cette belle créature que son enveloppe charnelle lui permettait d'être, le Désert pouvait déjà remuer les inquiétudes qui dormaient dans son océan de sable. Parce que la fière Tigresse blanche n'allait pas hésiter à, s'il le fallait, creuser de ses propres ongles même ses plus profondes entrailles afin de dénicher les frères et sœurs de son sang et les lui arracher, au nom d'une réunification qui pouvait à elle seule justifier son existence en ce monde.

Assez rapidement, les propos rassurants de son ami vinrent la caresser, la contaminer pour gorger à nouveau son âme de son habituelle confiance en elle. Il ne fallut que quelques mots à Aditya pour chasser ce funeste nuage d'incertitudes qui avait audacieusement décidé de planer au-dessus de l'esprit de la féline, tant pour les événements à venir au Pays du Vent qu'à l'égard de son père, qui n'avait pas daigné se montrer à elle depuis son arrivée à la Cité Brumeuse. Ce détail, qui n'en était pas un au plus profond de son cœur et qui le faisait saigner en silence, Reikan le laissa couler dans les méandres de la discussion pour se focaliser sur ces jours de labeur et d'affront qui l'attendaient sur les terres du soleil assassin. Ses fins doigts avaient lâché la dague de cristal contre son plexus, sous l'impulsion d'artères et de veines ranimées par le flot de l'assurance. Yasei Ragna avait fui les chaudes ténèbres des dunes pour conserver les siens, sans penser à ces terribles conséquences que son départ avait toutefois entraîné pour ceux qui n'avaient d'autre choix que de rester derrière lui, à l'ombre de sa fatale nature nomade. Mais sa fille elle, détenait déjà en son sein cette bravoure qu'il n'avait jamais su trouver sur les routes du globe.

Celle qui allait servir pour défaire le tyran de son clan, emprisonné au cœur asséché du Yuukan.

Les pupilles myosotis de la métamorphe s'échouèrent sur les fibres rustiques offrant naissance au chêne de sa table, prenant le temps d'encaisser l'élan consolateur du blondinet. Dans à peine une poignée d'heures, elle serait déjà loin de cet appartement et de toutes ses préciosités accumulées par la pérégrination, loin de cette Brume qui lui avait tendu une main pleine de promesses, pour se tourner vers un horizon cruellement stérile et malmené ; une épreuve pour ceux qui n'y étaient pas habitués et un véritable enfer pour ceux qui ne l'avaient jamais foulé. Des bribes de souvenirs sur ces ergs ardentes revenaient à la Yasei aux éphélides, sollicitant sa plus enfantine mémoire. Mais, elles n'eurent point le temps de s'éclaircir que déjà, les propos en suspens du Gardien Sylvestre la ramenèrent sur les fraîches et tranquilles terres du Pays de l'Eau. Reikan ne le remercierait ni pour son soutien émotionnel ni pour fêter sa présence chez elle ; à la place de mots seulement riches en politesse et pauvres en signification, la changeforme serait juste indiscutablement à l'écoute de sa requête.

Sa tête se redressa ainsi, laissant tomber quelques mèches de sa crinière de jais sur son haut de satin pendant que ses yeux se plongeaient dans l'azur de ceux de son acolyte.

« Je serai vite de retour chez nous. Qu'est-ce qui te trotte dans la tête, Aditya? »

_________________



Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5305-yasei-reikan https://www.ascentofshinobi.com/t5407-yasei-reikan-carnet-de-route

Observer le lever d’un nouveau soleil — ft. Yasei Reikan

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de l'Eau :: Kiri, village caché de la Brume
Sauter vers: