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Le chêne et l'homme

Shinrin Shinpachi
Shinrin Shinpachi

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Dim 1 Mar 2020 - 11:10
Le chêne et l'homme Uvun
Urahi | Le chêne et l'homme


Quand on ferme les yeux, tout n’est que noirceur et néant : la vérité se trouve lorsque les yeux du des mortels s’éteignent pour que s’éveillent enfin ceux de leur âme. Alors, dans les contrées infinies de l’imaginaire, l’aube aubépine se lève comme un spectacle de chimères dansantes ; ou bien éclate pour s’étendre comme un vide atmosphérique. Un vortex du désespoir.

Seul, son poids lourdement posé sur ses genoux, les mains collées sur ses cuisses comme s’il posait ses paumes sur le crâne de deux lions, il paraissait se soumettre à un chêne épais et abrupt, au moins quinze fois plus pesant que lui, et sans doute huit fois plus grand, qui s’élevait juste en face de lui. Le silence était d’or tandis que sur une lande de terre brut parfois balayée par quelques vents annonçant l’hiver, sa posture paraissait être domestiquée par la majesté de l’illustre arbre ; un géant végétal gouvernant le petit humain. Mais l’immensité n’était pas loi. Dans le tableau qui se présentait, quelque chose de l’ordre du non-dit semblait vouloir briser l’immobilité. Un défi.
Soudain, défiant tout possible, il se mit à brandir un poing rageur. Symbole de force et de pouvoir. Monument organique d’une révolution cosmique.

L’atmosphère, aussitôt, se mît à s’alourdir. Sur les rides qui creusaient l’écorce de l’imposant végétal se dessinèrent des rictus déchirés. L’humain, avec tout ce qu’il avait de modeste, se déchainait. Dansant autour d’eux dans une tornade de chakra, une connivence suprême, connexion spirituelle s’accrochant aux flux acrobatiques, engageait la force sphérique d’une tornade de violence et de pesanteur, inertie magnétique dévorant toute réalité. Tout ce qu’il y avait d’impossible, il le réalisait. Du moins tenait-il à le faire. Sa pensée, tel un soldat immatériel auquel il pouvait ordonner d’attaquer, avait traversé l’écorce pour décomposer le résinifère à l’intérieur-même de sa structure, comme pour l’ouvrir en mille, l’éparpiller, le détruire. Mais quelque chose de mystique empêchait l’action.

Car cependant qu’il espérait prendre le monopole du pouvoir, l’arbre, lui, s’y refusait. Coulant par flots abondants, la sève remplissait chacune de ses rainures et le bois, martyrisé par cette oppression invisible, il se battait comme un otage tirant sur ses chaînes. Contre toute attente, le sujet photosynthétique avait un cœur, des poumons, un esprit ; quelque chose d’imperceptible pour les néophytes, mais bien palpable pour lui. Cette lutte était une question de survie. Il se refusait à plier pour que l’humain s’assisse sur lui. Une bataille pour la vie. Une bataille pour l’avenir.

L’un et l’autre. Il fallait vaincre ou périr. Consentir à se faire violence. L’humain ne tarda pas à le comprendre lorsqu’au cœur de cette transcendance destructrice, une crainte commença à l’envahir. Au milieu du chaos chakratique, il commença à sentir son esprit faillir. Aussi qu’il attaquait l’esprit végétal, il prenait conscience des risques énormes que cela représentait. Sa vie venait d’être engagée. Son identité, tout ce qu’il y avait de rationnel, pouvait être exterminé dans cette seule quête de destruction. Tout comme un fauve attaquant un autre fauve, il devait accepter de pouvoir être dévoré par sa proie. La hyène et le lion. La mangouste et le cobra. Le requin et l’alligator.

La tension atteignît en bout de compte son intensité la plus extrême. Au paroxysme de cette cristallisation épique d’une transe belliqueuse, l’arbre et l’humain se confrontèrent comme deux comètes en collision. Mais il fallait que l’un l’emporte, et que l’autre cède. Le corps de l’homme, jeté en pâture aux énergies déchaînées, commença à trembler. Sous l’énorme pression qui bousculait ses repères, son squelette se contorsionna. Ses doigts puis son bras furent pris de convulsions ; ses côtes flottantes se fracturèrent comme s’il ployait sous un bloc de roche énorme. Petit à petit, cette bataille déchirait son corps. Sur tout son torse, ses veines gonflèrent jusqu’à être saillantes, au point de ressembler à un bouquet de nerfs tendus à l’extrême. Tout se contracta au moment même où, à bout de force, il commença à s’incliner, renversant son corps en arrière comme pour se mettre dans une position défensive, l’obligeant à poser son autre main au sol, derrière lui, son poing toujours brandi au cœur du chaos ambiant.

Son rêve était trop grand. Il cédait. Dompter un tel empereur de bois était une ambition sans doute démesurée. Il réalisait, gouverné par la peur et la folie d’un tel défi, grisé par la tension chakratique qui se déchaînait autour d’eux, à quel point son pouvoir pouvait être aussi grand qu’il était impitoyable, même avec ceux qui avaient été « choisis » pour hériter de l’esprit de Kodama. Dans sa tête, tel un écho de martyr, il eut l’impression d’entendre la voix hurlante de cet adversaire résineux. Il lui parlait. Il rentrait dans son crâne pour y déchaîner les ténèbres et la folie. La liesse de l’instant fut terriblement lancinante. Il eut l’impression que sa tête et son corps allaient exploser comme une supernova.
Et puis, la brisure.

Krak. Le premier bruit de la résignation. La faille. Tout en haut du chêne, une branche avait cédé à la densité de pouvoir cosmique qui faisait l’effet d’une bombe autour des deux opposants. L’homme, réalisant cela, commença à reprendre confiance. Bien sûr que sa crainte était encore entière et toute justifiée. Bien sûr que son esprit, en proie au chaos, peinait à résister à cette vague de dégénérescence qui le fustigeait insidieusement. Mais dans un ultime effort, il tenta de revenir. Il poussa sur la main qui l’avait empêché de sombrer. Sondant à l’intérieur de son esprit, faisant le tour de son corps et de toute son anatomie pour tracer toutes les autoroutes de chakra qui se juxtaposaient au milieu de ses veines, il parvint à faire revivre l’inanimé dans un torrent de puissance.

La haine. Née de la peur et de la folie, l’émotion s’était mise à éclore dans une soif destructrice qui lui offrait une toute nouvelle dimension de pouvoir. Krak. Une autre branche céda. Il continua. Tout son corps était un magma en colère. Son esprit, lui, ne vacillait pas ; mais il était profondément aliéné par tout ce qu’il y avait de néfaste en lui. Toutes les émotions négatives nourrissaient sa force. Il poussa un hurlement grave alors que ses cheveux dansaient dans cette sphère de chaos.

Krak. Bien haut, l’écorce se brisait. Krak. Un peu plus bras. Krak. Un peu plus bas encore. Dans les rides de l’écorce, de profondes entailles commencèrent à naître, tout comme sur la peau de l’humain les veines gonflées commençaient à déchirer son propre épiderme, se couvrant désormais ça et là d’entailles. La guerre. Une guerre dans tout ce qu’elle avait de captivant, de saisissant, au fin fond des déchirures de la chair.

Krak. Krak krak krak krak krak krak krak krak.

De haut de bas, l’arbre se rompit, à droite, à gauche, de toutes part, en se ployant sur lui-même comme s’il se recroquevillait pour retourner sous terre. Dans la sphère chakratique, Shinpachi put entendre un nouveau hurlement de douleur. Par la force, il maîtrisait son propre pouvoir. Le chêne se décomposa devant ses paupières closes et pourtant il aurait juré pouvoir redessiner étape par étape toute la décadence de ce dernier, tant il s’était spirituellement connecté à cette reddition du bois.

De l’immense chêne, il ne resta plus qu’un tas de bois fracturé par la haine de l’homme.
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