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Débarquement à Mizu no kuni [Kiri/Teikoku]

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Shinrin Shinpachi
Shinrin Shinpachi

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Jeu 5 Mar 2020 - 10:08
PAYS DE L'EAU | 水の秘密の土地



Spectre insolite de bois lointain flottant sur la plaine bleutée, la proue du navire fendît les eaux en traçant son chemin toutes voiles dehors avec une telle intensité que le bâtiment, de nature commerciale, semblait presque arriver comme un navire de guerre. Epousant le prestige impérial, il finît par ralentir sa course en approchant des quais qui permettraient aux braves teikokujins de pouvoir enfin poser pied à terre pour découvrir la nature sauvage et exotique d’un pays inconnu.

La mine déconfite, l’âme en tourments, l’illustre Lieutenant n’était plus que l’ombre de lui-même. Si les eaux avaient été relativement calmes, il ne s’était guère attendu à ce qu’elles étaient capables de camoufler comme dangers sous la surface. La mémoire lancinante de l’homme lésé physiquement et psychologiquement lui revenait sous forme de visions éphémères, flashs tragiques de sa chute dans l’abîme. Il avait l’étrange impression d’être devenu le dévot martyr de toute une secte de polymorphes marins, peuple profane ayant jeté le sort sur sa personne, si bien qu’une étrange paranoïa tapissait désormais le fond de sa réflexion. La peur phobique de cette menace insaisissable évoquait en lui d’une manière particulièrement inconfortable ce qu’il pouvait qualifier de vertige d’impuissance. Il n’était pour ainsi dire guère accoutumé à devoir faire face à un adversaire si fuyant et sans la présence providentielle de ses compères, sans doute n’aurait-il été que le maigre festin de ce peuple autochtone des profondeurs, dont la queue de poisson évoquait sans détour une espèce différente de l’homme, inconnue de lui-même.

La conclusion de cet épisode douloureux qu’il se ressassait sans cesse malgré lui permettait d’avoir une vision assez pertinente du danger que représentait ce monde inconnu des océans : aussi forte soit la poigne de l’homme, elle n’emprisonne jamais l’eau. Son adversaire lui avait glissé entre les doigts après avoir tenté de lui inciser son venin et de le noyer. Témoignage ineffable de la dangerosité invisible que recelaient les fluides marins qui, dans leur immensité, pouvaient tout autant être un drap de soie délicat à parcourir qu’un tombeau géant et sans fond.

Avisant son incapacité à pouvoir résoudre ce problème, il sera son poing si fort que ses ongles entaillèrent la chair de ses paumes. Convalescent, certes ; mais toujours vivant. Que ce soit à Mizu no kuni ou ailleurs, il ne comptait pas rendre son dernier souffle lors de cette mission.

Déterminé à lutter pour aller au bout de sa quête, il avait invité Jinoko et Akira à prendre les mesures adéquates pour accélérer le voyage, de sorte à pouvoir se mettre hors de portée de cet hybride le plus rapidement possible ; tandis que lui-même, souffrant comme un immortel brisé par les millénaires, plongé dans le marasme des nausées et des remords, s’enfonça encore plus profondément dans les ombres qui s’étendaient autour de sa personne. Epuisé, las, il avait terminé ce pèlerinage mortel dans un état digne de la raideur cadavérique et, quand il entendît les voix des premiers matelots criant pour encorder la nef au dehors, acte symbolique de la fin du voyage, il eut grande peine à se lever pour sortir de cette torpeur malsaine.

S’il avait retrouvé ses forces, il restait encore affecté par cette mésaventure éreintante.

Les marins firent glisser une rampe jusque sur le ponton des quais. Le navire s’immobilisa définitivement en se laissant bercer par les remous, tandis que ses occupants descendaient un à un pour retrouver la terre ferme. Arborant fièrement les emblèmes impériaux, Shinpachi descendit lentement, visiblement épuisé et terne, pour prendre appui sur le pont. Ses yeux vermillon, brillant comme deux rubis érubescents dans le jour, se fixèrent sur la plaine inconnue qui s’étendait à présent face à lui. Il avança tout en savourant le spectacle de ce territoire inconnu.

La délégation débarquait enfin au pays de la Brume.

HRP:
 


Dernière édition par Shinrin Shinpachi le Sam 9 Mai 2020 - 1:02, édité 2 fois
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Kogami Akira
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Jeu 5 Mar 2020 - 13:44
Le voyage commençait en grande pompes. Car, oui, il ne venait que de commencer. Malgré le trajet lui ayant paru interminable et la mésaventure venue les cueillir avant même le début de l’accomplissement de leur mission, ils n’avaient encore rien fait. Ce qui ne manquait pas d’enfermer Akira dans un pessimisme certain, pensant qu’ils n’avaient encore rien vu de tout ce qui pourrait leur arriver de mal. Ce bâtard métamorphe leur avait filé entre les doigts une fois, mais Akira se tenait prêt à le cueillir la seconde. Celui-ci lui avait d’ailleurs laissé un petit souvenir, en témoignait les bandages qui lui couvraient les avant bras ainsi que quelques pansements au cou et à la joue. Ses coupures avaient beau être superficielles, il en garderait sûrement des cicatrices.

Malgré ou plutôt à cause de l’incident, le shinobi monta la garde toutes les nuits autour du pont, guettant la moindre venue et sonna l’alerte sur le navire, prévenant tout le monde des événements. Pas question de faire dans la rétention et de risquer de se faire avoir une seconde fois, tant pis pour l’éventuelle paranoïa ou panique qui résulterait de l’annonce. Si chacun était sur ses gardes, ils augmentaient leurs chances de survie.

Quoi qu’il en fût, après un voyage qui lui apparut interminable, le groupe arriva enfin à quai. Visiblement la météo était la même ici qu’à Hi no kuni à leur départ. Humide, pluvieuse, embrumée. Comme il l’aimait donc. Ne restait plus qu’à voir si on leur réservait un accueil aussi froid. Après tout, le groupe ne venait pas vraiment en tant qu’amis, ni ennemis. Et la raison de leur venue pourrait éventuellement créer quelques malentendus, malentendus qu’il se dépêcherait de dissiper. Kiri pourrait être un bon allié futur, et Akira faisait partie de ces gens complètement fous n’appréciant pas d’être enfermés en prison ou exécutés sommairement.

Ainsi, Akira fut l’un des premiers à poser pied à terre. Le groupe qui se présentait n’était pas vraiment présentable, entre lui couvert de bandages, le Shinrin encore épuisé et affaibli, pour finir par Fabius qui n’était sûrement pas indemne lui non plus… cet homme poisson leur avait infligé une humiliation qu’il lui ferait payer au centuple quand il en aurait l’occasion. Et nul doute que ses camarades étaient du même avis. Néamoins, pour le moment, mieux valait chasser de son esprit toute négativité en attendant d’être accueillis. Un homme contrarié se remarque et ne ferait pas très bonne impression.

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怠惰
Le corps est la marionnette de l'esprit.
Voix d'Akira
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Simizu No Jinoko
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Ven 6 Mar 2020 - 18:58
J’inspire une profonde bouffée, heureux d’être de retour sur la terre ferme. Malgré la fatigue que je ressens dans chacun de mes muscles, je ne peux m’empêcher de sourire, le voyage, si l’on met de côté l’attaque par cette espèce de mérou transformiste, a été très agréable. Je reste quand même discret, pour ne pas fâcher mes deux compagnons de voyage, car l’énergie de Shinrin semble avoir été complètement aspiré par l’attaque de l’apollon, quant à Kogami, il a veillé sans cesse sur le pont, prêt à réagir en une fraction de seconde à une attaque.

C’est dire si la traversé a été pour moi bien différente, je ne pensais même pas qu’une jeune fille pouvait être si reconnaissante ou encore savoir tant de chose sur l’amour. J’ai encore du mal à mettre un pied devant l’autre et s’il n’y avait pas de mission, je serais volontiers restée quelques jours de plus à bord. Le seul problème c’est qu’il a fallu suppléer aux nombreux disparus et que mes muscles sont tout endolorie d’avoir joué les marins.

Les adieux avec la fille de Capitaine furent à son image et je n’ai pratiquement pas dormi de la nuit, je ne suis donc pas très frais, mais je reste positif et c’est cela qui est important. Le bateau devrait rester un moment à quai pour récupérer quelques marins supplémentaires et avec un peu de chance, nous pourrons nous revoir.

Je me demande d’ailleurs si nous allons avoir un comité d’accueil de la part des autorités, puisque notre chef leur a envoyé une missive les prévenant de notre arrivé.

Maintenant les choses sérieuses vont pouvoir commencer, le seul problème est notre mystérieux ennemi, je n’ai pas de technique pouvant me permettre de contrer ses illusions et je vais devoir compter sur mes compatriotes pour l’affronter. Mais le but de notre mission reste de communiquer au gouvernement de l’archipel de Mizu no kuni les volontés de l’Empire du Feu, quelque que soient les obstacles, c’est notre devoir.

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Fabius Solar, militaire de la plus grande des nations
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Aditya
Aditya

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Lun 9 Mar 2020 - 18:49
Débarquement à mizu no kuni

ft. Délégation du Teikoku, Yasei Reikan & Mawehara Miyuki


Automne 203, Berges de la Brume, île principale de Mizu.


Le regard perdu dans l’immensité d’une horizon brumeuse, Aditya se tenait aux portes de la cité, les bras croisés sur son buste seulement outrepassé par les respirations calmes et régulières qui l’habitaient d’ordinaire. La pulpe de son doigt glissait involontairement sur les détours d’un ordre d’intervention qui lui était parvenu en début de matinée : l’arrivée d’une délégation de l’Empire flamboyant, qui, à n’en fut pas douter, portait tant d’espoirs de présages intimidateurs que d’une volonté de tendre une main nouvelle à l’Eau, une chose que bien peu de leurs comparses du continent avaient osé faire par le passé. Au plus grand étonnement de l’enfant du bois, Kiri avait été celle ayant tenté d’apporter son aide, peut-être même un simple semblant d’entente envers les Nuages et la Roche, balayé d’un revers de main. S’il était loin de leur en tenir rigueur comme toutes ces âmes animées par l’ego et par la colère d’avoir été ainsi humiliés, l’ascèse n’en oubliait pas pour autant la symbolique que pouvait cacher une telle visite ; et au creux des lettres ancrées sur cette missive, il devenait évident que c’était là une chose que l’on attendait de lui. De garder à l’esprit qu’il s’agissait ici de la première entrevue entre feu ardent et brume solitaire, qui pourrait décider au travers de quel prisme d’infâmie seraient envisagés leurs liens futurs. Un soupir fendit ses lèvres dans un murmure alors qu’il avisait la silhouette de son élève s’approcher des remparts oubliés. S’il avait toute confiance en la Mawehara pour faire preuve de discrétion et de mesure lors de cette rencontre, il était tout aussi conscient que l’avenir se tissait au rythme des gestes, paroles et décisions, aussi incertains que le flux tourmenté d’une rivière. Pour celle qui désirait mettre son âme au service de la justice, c’était là un ferme test d’humilité qui l’attendait.

Malgré tout, Aditya l’accueillit avec un sourire posé, aussi léger qu’un rictus de politesse. Ses pupilles éthérées dardaient son expression sérieuse au travers des mèches d’or qui couraient sur son visage, guidés par l’onde d’une brise taquine. Son attention floua les contours des deux sabres jumeaux qui trônaient éternellement à la hanche de la jeune femme, le temps d’un instant.

« Te voilà. », glissa-t-il en intimant la marche qui les mènerait aux frontières de l’île avant d’indiquer les armes d’un discret geste du menton. « Peut-être devrais-tu dissimuler leur présence dans l’ombre de ton dos, ne serait-ce que pour les premières minutes de l’entrevue, ne penses-tu pas ? »

Les mots de l’ascèse s’étaient fait avenants, comme un conseil guidé par une inquiétude mêlée de bienveillance alors que ses pas traçaient les contours d’un chemin qui s’évanouissaient de plus en plus au cœur de la nature, au fur et à mesure de leur avancée. Du coin de l’œil, il avisa à nouveau la silhouette de son élève.

« Tu dois certainement t'en douter, mais cette rencontre s'avère cruciale, à la fois pour Mizu et l'Empire qui n'ont encore, jusqu'ici, échangé aucun contact. Chaque mot prononcé peut être interpréter de bien des manières, alors sache que même si je ne désire en aucun cas que tu brides tes opinions devant eux ou devant moi, montre-les avec prudence. Reikan et moi – une héroïne de Mizu dont tu feras la rencontre une fois arrivés – tiendrons sûrement la majorité du dialogue, mais ne te sens pas exclue seulement par écart de rang. Ton opinion et ta manière d’agir aujourd’hui sont tout aussi important pour moi que celles d’un autre. »

Sur une œillade portée par une profonde bienveillance, ses paroles s'évanouirent dans un silence renouvelé tandis que tous deux rejoignaient peu à peu, au rythme de longs instants de voyage, la côte sur laquelle la délégation était supposée accoster. Dans l'onde brumeuse qui berçaient les frontières de l'Eau, le regard de l'enfant du bois pouvait distinguer la silhouette familière de sa comparse de toujours qui trônait au point de rendez-vous, dardant la mer agitée de ses prunelles myosotis. Dans un souffle, ses pas le menèrent à ses côtés alors que l'ombre d'un navire se dévoilait à l'horizon ; et au fil des minutes qui accompagnaient sa venue, elle se fit plus précise, plus réelle, telle un rêve qui demeurait dans langueur d'un réveil.

Graduellement, l'ancre fut jetée, les voiles à nouveau nouées et les planches furent abaissées pour laissés les matelots et l'équipage retrouver le doux confort d'une terre promise, hors des dangers que la mer couvait sous son manteau d'écume. Une jeune femme trônait aux côtés de celui qui semblait être le capitaine de l'embarcation, un air soulagé inscrit sur son visage. Mais au creux du langage muet que laissait ses gestes derrière eux, Aditya pouvait deviner la frayeur qui semblait s'être emparée d'elle lors des heures passées sur le pont.

Bientôt, des étendards d'un vert profond émergèrent des cales, tenus par les mains fermes mais fatiguées des âmes que ce bateau avait menées jusqu'ici ; et dans l'éclair d'un regard échangé, l'azur caché sous les paupières de l'ascèse trouva deux iris vermillons, ombragés par les affres du voyage. Et pourtant, sous cette chevelure de cendre noiraudes se dressait encore une fierté sans pareille, dans les restants d'énergie qui le poussait à effacer l'épuisement de ses muscles.

Il était indéniable qu'à l'image de ses comparses, leur devoir envers l'Empire traduisait la plus fervente volonté à mettre à bien leur mission ; et malgré l'océan tortueux qui les séparaient, Aditya éprouvait un profond respect pour cela. Les expressions sérieuses et déterminées des deux autres soldats dont la silhouette émergeait petit à petit de l'embarcation se mêlèrent à cette peinture d’infamie, si bien que cette tension imprégnée d'orgueil imprégna l'air jusqu'à leur venue devant le trio de la Brume. Du coin de l’œil, l'enfant du soleil adressa un regard entendu à la tigresse blanche et fit un pas vers eux, son attention leur étant à nouveau dédiée tout entière.

Telle une offre humble, le blond rejoignit la délégation de pas résolus et offrit une main tendue aux yeux de feu, avec tout le respect qui était dû à une telle rencontre, aussi incertaine soit-elle.

« Aditya, Chûnin de Kiri. Bienvenue au cœur de la Brume. »

Ses paroles s'étaient élevées dans un ton porté par une franchise sans pareille, cette qualité qui berçait chacun de ses actes ; et malgré la situation complexe qui s'offrait à eux, elle demeurait éternelle dans la bouche de l'héritier du bois.


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Yasei Reikan
Yasei Reikan

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Mar 10 Mar 2020 - 23:34
Automne de l'An 203, Île principale de l'Eau, Berges de la Brume

Un monstre de bois vêtu d'emblèmes de jade venait de se détacher de l'opaque brume du cœur de l'Eau, sous les pupilles éthérées de l'enfant des Bêtes. Bien en avance sur ses camarades, Yasei Reikan avait pris soin de se tenir à quelques mètres seulement des flots agités, sur l'un des nombreux pontons de bois parsemés à même les rivages de l'île-mère. Ses cheveux d'ébène se laissèrent caresser par la douceur du vent marin, alors même qu'elle gardait les bras croisés contre son buste et le regard porté sur l'horizon maritime désormais taché d'une ombre navale. Une ombre qui, selon la pensée de tout un chacun dans les deux camps, pouvait incarner aussi bien une menace qu'un espoir tout deux futurs. Décidément, en cette journée charnière, la mer était porteuse de bien d'incertitudes ; incertitudes que l'embarcation native du Pays de Feu n'allait pas hésiter à rejeter dans les bras de Kiri, lorsqu'elle accosterait. Mais Reikan n'était pas de ceux qui avaient appris à craindre l'inconnu ; parce qu'elle aussi avait été une étrangère aux yeux de la Brume, bien avant de tomber entre ses mains et de revêtir son bandeau ninja.

Entre-temps, son attention fut happée par la venue de ses deux coéquipiers qui, à ses côtés, allaient devoir gérer au mieux l'accueil de l'Empire sur les terres de la Brume. Si elle courba l'échine pour saluer Aditya et s'autorisa même un sourire des plus malicieux à son égard, lui qu'elle ne connaissait que trop bien, la féline se contenta de laisser ses yeux prédateurs parcourir la silhouette de la femme blonde. Elle était celle qui allait soutenir le duo de Capitaines de la Main de la Justice, alors la jolie brune ne put s'empêcher de la saluer et de lui accorder un regard confiant. Après tout, la tâche qu'ils devaient remplir à eux trois sur ces Berges n'était pas des moindres et l'entraide était absolument de mise ; car il fallait veiller à ne pas tomber de cette corde tendue au-dessus d'un gouffre d'enjeux bien trop conséquents, pour deux grandes Nations du monde shinobi. Tout comme la symbolique rampe qui venait de marteler les planches de bois Kirijins, un pont spirituel allait peut-être pouvoir s'ériger entre le Pays de l'Eau et celui du Feu. Mais ils étaient encore à bien des lieux de voir cette image devenir réalité, tant les embûches sur ce chemin d'alliance pouvaient être innombrables.

La délégation de l'Empire avait atteint les bords de la Cité Brumeuse, non sans moult difficultés. Des entrailles du navire furent ainsi relâchées un équipage et des combattants aussi tourmentés par un long voyage qu'éprouvés par la haute mer. Les pupilles myosotis de la Fille du Lion de l'Atlas se baladèrent entre les différents regards des trois individus avancés en première ligne. Ses paupières se plissèrent par instinct, comme si elle n'attendait qu'une réaction de leur part pour juger du tempérament des mandatés du Feu malgré ce qu'ils venaient de traverser. Parce qu'avant de faire preuve d'hospitalité, il fallait s'assurer que les enfants du Feu ne pouvaient pas constituer une menace directe envers la Brume. L'espace d'un instant, le myosotis de ses yeux s'en alla trouver l'éther de ceux de son meilleur ami visiblement soucieux de sa pensée, avant de s'échouer à nouveau sur les arrivants. Les deux Héros de l'Eau et la Sabreuse devaient profiter de cette vierge page avec le Teikoku pour éventuellement forger de nouveaux liens, l'avenir étant le seul à pouvoir décider de leur nature.

Naturellement, la changeforme décida de décroiser les bras et de relever son visage au teint hâlé, encadré par les longues mèches de sa chevelure bestiale et les parures exotiques d'or qui l'habillait. Ses boucles d'oreilles griffues cliquetèrent au rythme de la brise et des mouvements de sa tête. Et alors même qu'Aditya venait de tendre la main à l'Empire, son minois ne demeura ni fermé ni ouvert à une quelconque expression, figé dans l'attente du comportement de leur vis-à-vis.

« Yasei Reikan, Chūnin de Kiri. »

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Mawehara Miyuki
Mawehara Miyuki

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Mer 11 Mar 2020 - 0:37
Miyuki était prête. Elle repassa en revue son sac dans lequel elle avait prit de quoi noter et un gourde pleine d'eau avec quelques biscuits au cas où, des bandages, ses kunais et ses bombes fumigènes. Elle avait choisi de voyager assez léger mais ce n'était de toute façon pas une mission d'attaque ou d'exploration. Il s'agissait simplement d'accueillir des voyageurs qui étaient venus pour établir une relation entre Kirigakure et le Teikoku, cet Empire dont elle savait si peu de choses. Senritsu et Hakkei aux hanches, la jeune femme quitta son appartement pour se diriger vers les portes de la ville. Montrant son autorisation aux gardes, elle se dirigea d'un pas rapide à travers les marais vers son rendez-vous avec son sensei.

Voyant finalement une silhouette se dessiner à l'endroit prévu à travers la brume qui régnait sur Mizu no Kuni de manière très régulière, elle salua son supérieur qui était ici également son supérieur au sein de la Kenpei, elle qui n'était pas encore certaine d'en faire véritablement parti. Mais cette chance de faire ses preuves qui lui était donnée, elle ne devait pas la gâcher. Absolument pas.

« Ohayo Aditya-senpai. »

Alors qu'ils commençaient à marcher vers les quais du port, le Chûnin reprit la parole très rapidement, lui indiquant ses deux sabres qui l'accompagnaient. Il souhaitait qu'elle les camoufle pour ne pas effrayer leurs visiteurs. Alors qu'elle allait s'executer, elle réfléchit et arrêta son mouvement, choisissant dans un premier temps de les laisser là, offrant une justification à son chef d'équipe. Elle ne voulait pas qu'il croit à une simple insubordination.

« Je pense que je devrais plutôt les laisser visibles non ? S'ils les remarquent d'une façon ou d'une autre alors que je les cachais pendant l'entrevue, ils risquent de croire à une tentative d'attaque surprise. On est des shinobi, ce n'est pas forcément surprenant ni aggressif que l'on ait une arme sur nous, qu'en pensez-vous, senpai ? »

Le questionnant du regard, elle eut une réponse positive. Elle pouvait les laisser ainsi, Aditya n'insistant apparemment pas. Sa justification avait du être acceptable à ses yeux sans doute. À vrai dire, elle n'aimait pas beaucoup l'idée de se cacher en général, de cacher des choses. C'était malhonnête et ça pouvait porter à confusion si c'était découvert. Continuant alors la route à ses côtés, elle écouta ses conseils et ses consignes avec attention, souvieuse de bien faire. La Mawehara hocha alors un peu la tête,répondant quand il eut fini.

« Compris, senpai. J'espère que je serai à la hauteur. »

Si elle se savait au moins de l'âge du jeune homme voire un peu plus âgée, elle savait également que sont expérience en tant que shinobi était bien plus réduite que la sienne. Elle prenait donc tous ses conseils avec soin et essayait de les appliquer au mieux. Après quelques minutes, ils rejoignirent une magnifique femme brune qui sembla sourire à son senpai. Ce devait-être cette Reikan. Elle semblait beaucoup apprécier le Capitaine de la Kenpei, sans que la blonde puisse déterminer à quel point pour l'instant. Si la Yasei la salua, elle perçu dans son regard un air de jugement. Elle essayait sans doute d'estimer le danger qu'elle représentait. Est-ce qu'il y avait quelque chose entre les deux ? Un peu amusée par cette idée, la Mawehara garda cependant son calme, ne laissant rien paraître. Elle la salua également avec respect, sachant qu'elle était plus gradée de toute façon. Si c'était bien ce qu'elle pensait, alors Reikan pouvait être rassurée, la Sabreuse n'avait aucune vue sur son senpai. Ni sur aucun homme d'ailleurs.

Continuant à trois jusqu'au vaisseau naval qui avait permit aux émissaires de voyager jusqu'ici, Miyuki se contenta de suivre. Elle modifia cependant sa posture, se tenant beaucoup plus droite. Elle n'était plus relâchée, mais dans une posture altière qui prouvait si cela était nécessaire son éducation d'un certain niveau. Elle n'avait que peu l'habitude de se concentrer dessus, seulement lorsqu'il s'agissait de quelque chose de très important, d'officiel. Lorsqu'enfin ils rencontrèrent le trio aux couleurs vertes de l'Empire, la blonde aux yeux bleu grisés se contenta d'un salut militaire respectueux avant d'ouvrir la bouche pour se présenter à l'instar de ses deux supérieurs.

« Mawehara Miyuki, Genin de Kiri. »

Légèrement sur le côté, un peu en retrait par rapport à ses deux supérieurs mais très attentive, la jeune femme patientait. Elle ne savait pas vraiment ce qui allait se passer ni comment cela allait se dérouler, mais elle était là s'il le fallait. À voir comment se comporteraient les trois émissaires qui étaient face à eux.
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Shinrin Shinpachi
Shinrin Shinpachi

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Mer 11 Mar 2020 - 13:11
PAYS DE L'EAU | 水の秘密の土地


Il fallut à peine quelques secondes pour que la scène se cristallise sous une forme plus conventionnelle, de ce qui ressemblait presque à une cérémonie d’accueil mêlée de sagesse, de raffinement et de courtoisie, tout en étant subtilement contaminée par quelques bribes disséminées d’une anxiété électrique qui régnait dans l’air tel une chimère de foudre qui venait étendre son emprise sur chaque tête en s’allégeant de quelques ampères dans l’atmosphère désormais magnétique. Tous les matelots se focalisèrent malgré eux sur la rencontre des deux armées. Malgré toute l’élégance de cette arrivée et les courbettes d’usage inaugurées par égard pour la présence des visiteurs lointains, les kirijins ne purent balayer les doutes qui répondaient aux lois de la variable inconnue dans la matrice des politiques internationales. Le spectre de la guerre était encore là, comme une violence invisible qui n’attendait que de se débusquer pour jaillir en passant la frontière de la réalité, toutes canines dehors. Chacun, en étant présent ici, savait de quoi pouvait retourner cette hypothèse quasi palpable. Nul ne pouvait ignorer qu’il pouvait tantôt être le prédateur, tantôt être la proie ; la chaîne alimentaire, tordue par cette transfiguration des possibles, se fracturait sous l’égide d’un péril consenti par chaque représentant de son espèce.

Derrière le Lieutenant et les deux autres shinobis, la délégation s’était rassemblée comme un seul corps. Des douze hommes qui leur avaient été assignés au départ, deux avaient péri durant le voyage ; aussi, les dix qui demeuraient se tinrent bien droit et il était manifeste, sur leur visage marqué et tendu, que cette tension électrique alimentée par la peur, distordue par la fatigue, existait. L’un d’eux, le plus grand, n’osait même plus regarder les Mizujins ; en ayant perdu un compagnon, il avait aussi un peu perdu de sa foi. Ses yeux scrutaient sinistrement le sol et n’osaient même plus soutenir le regard des Kirijins.

Shinpachi ne mit pas longtemps à être avisé de la situation et il se refusait tout bonnement à montrer une image aussi médiocre de l’Empire. Certes les hommes pouvaient-ils être marqués par le voyage ; mais il n’était pas acceptable que le Teikoku soit dans la disgrâce et paraisse aussi affaibli devant d’autres seigneurs. A la gauche du Lieutenant, le navire continuait de se balancer d’avant en arrière au rythme des vagues, le bois de sa coque craquant en épousant la plaine onduleuse des eaux sauvages. Le vent marin s’amusait à glisser entre le quai et le géant corsaire des mers au mât surélevé ; il vint, dans son pèlerinage de l’instant, soulever la chevelure du Lieutenant et la faire flotter sur le côté. Les longues mèches brunes du Shinrin se laissèrent porter ce mistral farceur, mais rien ne put troubler son sérieux et, figé dans une expression d’aventure, son faciès ne souffrit aucune transformation. Ses propres pas furent étouffés par le bruit de ceux des marins qui s’activaient sur le pont du monstre boisé à côté de lui ; il avança toutefois pour arriver à la hauteur des deux suzerains de la Kenpei.

Ce peuple avait quelque chose de très hétéroclite. Il ignorait si cela était dû au hasard ou si ces trois protagonistes reproduisaient de façon assez fidèle l’aspect sociologique des choses, mais il était indiscutable qu’ils avaient tous trois quelque chose de foncièrement différent, bien qu’ils étaient tout trois imprégnés d’une sorte d’aura mystique, teintée de poésie, habillée de secrets. Mizu no kuni était-il à ce point cosmopolite ? Le premier homme à parler lui semblait étrangement familier ; si ce ne fut ses cheveux d’or, Shinpachi aurait pu jurer se voir à travers lui. Il lui serra la main tout en inclinant la tête.

« C’est un honneur. Je suis Shinpachi, du clan Shinrin. Lieutenant de l’Empire du Feu. »

Sans même guetter la réaction de son vis-à-vis, il fut happé par la beauté sauvage de celle qui vint à son tour, avec ses pupilles myosotis et son teint qui semblait presque aussi parfumé que son regard, et qui se présenta au même grade qu’Aditya. Yasei Reikan. Si le premier évoquait en lui quelque chose de familier, la seconde lui paraissait à l’inverse plus lointaine, une nébuleuse d’un univers inconnu. Si son charme ne le laissait pas indifférent, il s’efforça toutefois de ne pas céder aux courbes palpitantes du cœur et d’en appeler à sa raison pour se concentrer sur la troisième, après mécaniquement salué la Lionne. Shinpachi avait appris, avec les déboires, à résister aux tensions qui pouvaient déchirer son âme et il était à présent capable de résister à bien des sentiments, dans le but de toujours réaliser ses objectifs.

Il salua enfin la petite dernière du trio. Des trois émissaires de Kiri, c’était elle qui camouflait le moins son appartenance à l’ordre des ninjas et c’est bien cet aspect qui attisa la curiosité du Shinrin : la sabreuse laissait pendre ses instruments de mort à l’œil de tous, comme pour témoigner de son appartenance à la cité de Kiri, et notamment à la confrérie des légendaires épéistes de cet archipel. S’il la salua en dernière, il eut du mal à ne pas avoir de retenue en voyant ses deux bourreaux comme s’ils l’attendaient pour une exécution officielle. Il avisa que lui-même combattait parfois avec une arme dans chaque main, et si la chose pouvait avoir des avantages, elle possédait aussi certains défauts. Il eut presque l’envie d’assister à une démonstration de sa technique ; mais ce n’était ni lieu, ni l’heure de s’amuser à cela.

Il laissa chacun faire à son aise pour ce petit tour de table adéquat pour que chacun sache à qui il avait affaire. Enfin, s’arrogea le droit de parole pour entamer la conversation, avec l’espoir de pouvoir faire route vers la cité militaire.

« Encore merci de nous accueillir sur vos terres. Le Teikoku tient à vous prouver sa bonne foi à travers la venue de notre délégation. Il fixait tantôt l’un, tantôt l’autre, et fit en sorte de bien espacer ses phrases pour que chaque élément soit parfaitement entendu. Notre voyage n’a pas été de tout repos mais nous sommes aujourd’hui très heureux de pouvoir vous rencontrer. Nous avons par ailleurs hâte d’en découvrir un peu plus sur votre légendaire archipel… Il s’attarda un instant sur Miyuki, et posa plus précisément ses yeux coquelicot sur ses lames… Ainsi que ses légendaires clans… »

Il lui semblait inutile de feindre l’indifférence. Transparent, il espérait ainsi pouvoir briser la barrière des non-dits entre les siens, et les kirijins. Pour autant, il craignait que sa curiosité ne fusse mal interprétée et il se décida, aussitôt cette phrase dite, à rattraper la balle lancée pour bien choisir la trajectoire de leur conversation.

« Nous aurons nous-même le loisir de vous en apprendre un peu plus sur le Teikoku et sur les terres de Hi no kuni. Encore une fois, notre présence est synonyme de bienveillance et si l’Empire du Feu consent à vous envoyer cette délégation, c’est pour que nous puissions apprendre à mieux nous connaître, les uns et les autres. J’aurais par la suite le plaisir de pouvoir sans doute expliquer notre vision du monde à vos responsables, si vous voulez bien nous escorter. »

Il tentait de ne pas paraître ni trop rude, ni trop naïf ; l’art de diplomatie était toutefois quelque chose d’assez complexe pour qu’il ne fusse guère assuré de ne pas avoir commis d’imprudence.


Dernière édition par Shinrin Shinpachi le Sam 9 Mai 2020 - 1:02, édité 2 fois
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Simizu No Jinoko
Simizu No Jinoko

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Jeu 12 Mar 2020 - 22:48
Pour un comité d’accueil, c’est un sacré comité d’accueil, c’est bien simple, j’ai la réelle impression que les plus grands guerriers du royaume sont venus nos accueillir. Ce qu’il y a de bien dans la fréquentation proche d’une personne bien renseignée, c’est que j’ai recueillis bien des confidences de la fille du capitaine sur l’oreiller concernant ce pays qu'elle connait bien. Je reconnais donc, grâce à ses descriptions, le major et la capitaine de la Kenpei, qui si j’ai bien compris, est une sorte de police militaire.

Pour la troisième personne, je n’ai aucune idée de qui elle est, elle ne doit pas avoir une place très importante dans la hiérarchie car elle est légèrement en retrait, mais elle est très mignonne et je la remarque immédiatement. D’ailleurs Yasei Reikan est également d’une stupéfiante beauté, si j’avais su, je serais venu bien plus tôt dans ce pays.

Shinrin prend la parole et parle bien, comme d’habitude, même si la phrase « si l’Empire du Feu consent à vous envoyer cette délégation », me fait tiquer, je ne sais pas comment ils vont l’interpréter, ils pourraient tout à fait prendre çà pour de la condescendance. Mais ce n’est pas ma seule source d’inquiétude, je n’ai malheureusement pas pris le temps de parler avec nos hommes avant de descendre et je n’ai pas pu évaluer leur moral.

C’est là une erreur, car nos compagnons sont tendus, trop tendus, il y en a même un qui ne va pas bien du tout. Je le reconnais comme un des deux vétérans, le deuxième étant décédé au cours de cette traversé, ce fut d’ailleurs une bien triste nouvelle. Mais il faut maintenir nous ressaisir et je sais exactement ce qu’il faut faire pour cela; rendre honneur aux disparus. C’est pourquoi je m’approche du vétéran survivant pendant que notre chef continu son discours et je lui indique à voix basse :

Nous devons être fort pour faire en sorte que notre compagnon d’arme ne soit pas mort pour rien et protéger ceux qui sont restés, ils ont besoin de vous.

Je vois que j’ai touché la corde sensible car l’homme me regarde, ses yeux plongeant dans les miens et je profite de cette attention pour lui dire, toujours à voix basse :

Maintenant, vous allez mettre les hommes sur une ligne et faire le salut le plus parfais que vous n’ayez jamais fais, par respect envers ceux qui sont tombés.

Mon interlocuteur hoche la tête et se dépêche de finir le débarquement tout en indiquant à chacun ce qu’il doit faire, et juste au moment où Shinrin fini son discours, les hommes dans un synchronisme parfais salut les membres de la délégation. C’est donc en souriant que je prends à mon tour la parole et que je me présente à mon tour :

Je suis Simizo No Jinoko, de l’armée de l’Empire du Feu et j’assiste mon Lieutenant sur cette mission.

Bon, je n’indique pas mon grade pour ne pas être complètement ridicule face à tant d’imposants personnages, mais je tiens à ce qu’il comprenne bien que Shinpachi est le plus gradé de notre groupe. J’enchaîne ensuite, essayant grâce à l’éducation que m’a donné mon père, de trouver les mots les plus adéquats à cette situation, sans paraitre trop obséquieux. J’indique donc d’une voix claire :

Nous sommes honorés que d’aussi éminents membres de la Main de la Justice se soit déplacé et j’espère que notre rencontre sera le symbole d’une longue et profonde entente entre nos nations.

Je ne rajoute pas que s’ils pouvaient se dépêcher de nous amener à leurs chefs pour que nous puissions enfin prendre un bain, un repas convenable et dormir dans un véritable lit, ce serait un très bon début.

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Fabius Solar, militaire de la plus grande des nations
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Le portrait de Fabius vient d'ici: https://paintable.cc/50-digital-painting-portraits/
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Kogami Akira
Kogami Akira

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Ven 13 Mar 2020 - 2:35
Akira était le plus en retrait du triumvirat temporaire. Mais pas autant qu’il l’aurait voulu, puisque se trouvaient derrière lui les dix hommes restants. Abattus, misérables, chacun tentait du mieux qu’il pouvait de garder la face, de ne pas donner une image déplorable de l’empire du feu. En vain à ses yeux. Pour une grande puissance militaire, ils formaient une bien piètre délégation. Enfin, tout le monde n’était pas empreint de la même amertume pessimiste qui le caractérisait, peut-être que l’état de leur petite bande n’apparaissait pas de manière aussi criarde aux Kirijins. Néanmoins, si sa causticité ne faisait pas dans la subtilité, elle ne l’épargnait donc pas lui-même. En effet, Akira n’était pas plus reluisant qu’eux au vu des bandages grossiers qui lui recouvraient bras et mains, stigmates d’une défaite qu’il garderait secrète à ses nouveaux interlocuteurs. Tout comme son regard vitreux, creux, laissant seulement poindre ses deux iris dorées comme l’or en dépit des cernes violacées qui trahissaient sobrement son état de fatigue. De toute manière, il n’y avait pas un jour ou la fatigue ne lui faisait pas subir ses affres, comme s’il était marqué par une malédiction inextricable. Pour cette fois-ci au moins, celle-ci était justifiée.

Vinrent ensuite les présentations. Concises pour les trois Kirijins, obséquieuses pour les deux shinobis de l’empire. Néanmoins, de son point de vue rustre et acrimonieux. Le jeune homme savait très bien ce qu’engageait la première impression et encore plus leur venue sur ces terres, c’est précisément pour ce fait qu’il laissa la parole à son lieutenant et son camarade, bien plus rodés à l’exercice que lui. Et sûrement plus volontaires. Son esprit à lui était dores et déjà tourné vers les premières bribes de paysages qui s’étendaient sous ses yeux derrière leurs hôtes. Si c’était en ces lieux qu’une alliance aurait à être scellée, le jeune homme espérait pouvoir rester un peu. Loin de lui l’envie de n’être qu’un intrus au sein du pays de la pluie, seulement, l’endroit devait certainement renfermer une histoire et des lieux tout particulièrement intéressants à ses yeux. Mais comme d’habitude, son sens des priorités était à revoir. On attendait certainement de lui une présentation, chose qu’il fit avec bien plus de retenue que ses camarades Teikokujins. Mais avant cela, alors que ses collègues échangeaient leurs mondanités avec les trois représentants, un nombre étonnamment identique au leur, le soldat balaya du regard les individus.

Si son regard était insondable et vide de toute lueur, particulièrement à cause de la fatigue qui s’additionnait à l’apathie générale qui le caractérisait, Akira ne manqua pas de se faire une vague idée sur les personnes qui leur faisaient face. Chacun devait faire pareil. Le premier, un homme à la longue chevelure, lui apparut instinctivement comme la figure de proue de ce petit comité. C’était après tout de cette manière que devait se présenter un meneur, en premier. Mais Akira ne savait pas vraiment à qui il s’adressait et n’avait pas échangé d’informations comme son camarade coureur de jupons. Peu lui importait de toute manière, partir sans a prioris quels qu’ils soient était pour lui gage de bases saines. Le jeune homme n’accordait que peu d’importance aux grades, et aux gens en général bien que la situation présente soit toute particulière. Si son profil teinté d’indifférence apparaîtrait peut-être comme surprenant au sein d’une délégation diplomatique, il n’avait pas été choisi par hasard. Et le temps viendrait à le dévoiler.

La seconde, une femme dont l’azur des pupilles n’égalait que les cieux, lui apparut comme plus en retrait. Peut-être se faisait-elle les mêmes réflexions que lui à l’instanté. Si ses camarades la trouveraient sûrement captivante de beauté, son regard ne s’arrêta pourtant pas plus sur elle qu’une autre. Pour lui, ce n’était qu’une personne ordinaire. Son camarade à la peau mate lui donnerait sûrement assez d’attention pour deux de toute manière. En revanche, le nom qu’elle avait employé, Yasei, lui évoquait quelque chose de plus concret. Bien que l’appartenance d’autrui ne lui importe guère, lui-même n’étant rallié à aucun clan, l’histoire derrière l’intéressait toujours.

Puis vint la dernière, autant dans l’ordre de défilement que de grade visiblement. En voilà une dans une situation semblable à la sienne, entourée par les plus grands, inévitablement effacée par le poids de la hiérarchie. Pourtant, ses iris dorées s’attardèrent un peu plus sur elle. Est-ce que les armes qu’elle portait ostentatoirement étaient la pour compenser son grade inférieur ? Ou n’était-ce que l’expression banale d’une envie passagère ou d’une habitude usuelle. Akira aussi portait une arme à la ceinture. Un Katana rangé dans un fourreau somme toute banal, puisqu’il s’agissait d’une arme tout à fait quelconque. En somme, parfaitement accordée à l’homme qui la portait. Et comme pour démontrer ce fait, le jeune homme se présenta enfin.

“ Kogami Akira, soldat de l’empire du feu. “

Un grade banal, tout comme son nom qui n’évoquait d’appartenance à aucun clan. Au moins aurait-il pour avantage de ne pas attirer de jalousie, a moins que quelqu’un ne désire secrètement devenir un banal roturier. Enfin, le but de cette expédition n’était pas vraiment de parader. Une fois les présentations faites, le soldat alla serrer la main de qui voudrait bien la lui tendre à la suite de ses camarades. Sa grande taille s’accompagnait de grandes mains et d’une forte poigne en contradiction avec son comportement discret jusqu’ici. Aussitôt fait, son regard retourna se perdre vers l’horizon en espérant secrètement avoir droit à un peu de repos avant d’attaquer pleinement la raison de leur présence ici. S’il voulait être en pleine possession de ses moyens et de sa verve, mieux valait bénéficier de la plénitude d’un bon moment de repos.

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怠惰
Le corps est la marionnette de l'esprit.
Voix d'Akira
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Aditya
Aditya

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Sam 21 Mar 2020 - 17:40
Les doigts fins d’Aditya se refermèrent sur ceux de son comparse, né sous l’égide du feu alors que tous deux inclinaient la tête avec légèreté ; un signe de respect partagé entre ces deux factions, mais non moins teinté de cette appréhension et de cette méfiance qui borderaient leur entrevue jusqu’à leur départ. Néanmoins, alors que ses pupilles céruléennes demeuraient à moitié dissimulées sous l’ombre de ses mèches d’or, un éclair de surprise traversa les orbes azurés de l’enfant du bois, forçant ses sourcils à s'arquer discrètement sous le poids de ce sentiment lorsque les paroles du lieutenant fendirent le silence. Les réminiscences de son entrevue au port Naragasa en compagnie d’Arata et de Jun lui revinrent en mémoire, et d’avantage le furent les traits de cette charpentière dotée du même don que lui-même. Le clan Shinrin ?

Alors qu’il redressait son minois face au noiraud, l’étonnement marquait encore son visage de sa présence éthérée, telle un mirage qui ne tarderait pas à s’effacer ; et pour cause, son regard, désormais ombrageux, s’était tourné vers la féline sur son flanc. Quelques poignées de jours plus tôt, à l’aube d’une aurore automnale, il lui avait confié ses propres doutes quant à son ascendance à ce clan, dont tous étaient dotés d'un don sylvestre conféré par la Forêt Millénaire… un lien qu’il pourrait, à l'aube de ces révélations, certainement partager avec celui qui se présentait sous le nom de Shinpachi.

Mais bien vite, son attention revint sur le trio impérial, dénuée d’un quelconque reliquat de ces émotions passées : si son attitude demeurait comme toujours distancée, entre respect et mutisme, l’éclat discret d’un intérêt nouveau perlait au sein de ses yeux. Lentement, la poignée de main des deux hommes se délia, laissant –probablement– leurs bras renouer avec le contact rassurant de leurs flancs. Le blond balaya l’assemblée d’un coup d’œil furtif, remarquant le chagrin des hommes derrières eux, qui perçait malgré la fierté. Ses sourcils se foncèrent à peine sous le poids de l’indulgence, afin de ne pas laisser transparaître une quelconque prise de parti à l’encontre de cette délégation. Malgré tout, sa proposition, elle, fut teintée de cette attention-là.

« Nous avons cru comprendre que la « renaissance » d’Hi au cœur du continent était toute nouvelle, en effet ; c’est pour cela que notre Ombre a accédé à votre requête. Néanmoins, en tant que représentant de l’Eau, nous nous chargerons de votre accueil et recueilleront les demandes de l’Empire en son nom. », glissa-t-il sur un ton avenant, en ne faisant aucun commentaire sur leur désir de « rencontrer » les clans de la Brume ; car même si les relations entre ces deux pays étaient aussi immaculées qu’une peinture vierge, cela ne signifiait pas pour autant que Kiri serait prête à livrer les secrets de ses enseignements. « Cependant, il me semble que votre délégation a souffert du voyage en mer. Aussi, si vous le désirez, nous pouvons faire halte dans une auberge près des rivages. Peut-être pourrions-nous échanger quelques mots sur le chemin, comme vous l’avez suggéré. »

Aditya prit un instant pour laisser ses paroles s’ancrer dans le silence, tandis qu’il croisait tour à tour les pupilles ardentes des envoyés du Feu.

« Vous êtes en droit de refuser, évidemment. Il est évident que devant l’absence de quelconques liens entre nos deux pays, nous pourrions user du temps que vous dédierez au repos pour attenter à vos vies. Néanmoins, sachez que tout comme vous avez affirmé que vous n’aviez aucune aspiration néfaste à l’égard de la Brume, il en va de même pour nous. Un des membres de votre escouade pourra demeurer éveillé si vous le désirez, à tour de rôle. », l’ascèse glissa une œillade aux jeunes femmes trônant sur ses flancs, comme pour les enjoindre à se montrer tout aussi avenantes – du moins, pour l’heure. Son regard revint croiser celui de Shinpachi, finalement. « Après tout, la diplomatie est affaire d’images. Quand bien même vous ne traiterez qu’au travers de nous, il n’est pas exclu que vous soyez à même de rencontrer notre Ombre. Dans ce cas de figure, j’imagine que vous désireriez vous montrer sous votre meilleur jour face à lui. »


récapitulatif:
 


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Yasei Reikan
Yasei Reikan

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Sam 21 Mar 2020 - 18:50
Fidèle à elle-même, Yasei Reikan fit jongler son regard céruléen entre les visages des trois figures fortes de la délégation qui venaient de se présenter, sans s'attarder plus sur une que sur les autres. Cette poignée de mains semblait se dérouler à l'abri de toute animosité, pendant que le vent maritime s'occupait de balayer de l'esprit des envoyés de l'Empire du Feu bon nombre d'aprioris sur le peuple du Pays de l'Eau. Dès qu'ils avaient déposé un pied sur les côtes de l'île-mère, ce ne furent pas des combattants indisciplinés et guidés par la violence qui les accueillirent, mais bien des combattants civilisés de tout horizon, bordés de sagesse et de confiance. La Brume, son Archipel et ses enfants regorgeaient de mystères, aux yeux de ces étrangers qui venaient par-delà les vagues. Cette sensation, à la fois effrayante et intrigante, la féline ne l'avait que trop bien expérimenté par le passé, lors de son arrivée dans les rangs de Kiri. Et aujourd'hui, elle y participait et même l'accentuait malgré elle, par l'aura exotique que son enveloppe charnelle dégageait.

Pour autant, son attention fut délibérément happée par l'identité du Lieutenant qui apparaissait comme étant la tête pensante de cette opération pacifiste. En guise de soutien à l'égard de son ami, la féline n'hésita pas à partager un contact visuel avec ce dernier comme pour s'assurer que tout allait bien. Mais derrière les parois de son psyché, mille et une questions étaient prêtes à la prendre d'assaut à l'égard de ces enfants du bois, qui pouvaient probablement être du même sang qu'Aditya. C'était là un sujet à surveiller et à peut-être creuser, si l'ascète souhaitait un jour lever le voile sur ses origines. Une tâche pour laquelle la féline serait là afin de l'épauler, lorsqu'il se serait décidé.

Ainsi, l'Empire du Feu n'oublia pas de faire part de sa hâte pour découvrir les secrets du cœur de l'Eau. Si d'apparence, cela pouvait s'assimiler à un échange de bons procédés, il était toutefois clair que la méfiance devait être de mise. Non pas que la Cité Brumeuse craignait ce qui se trouvait au-delà ces flots perturbateurs, loin de là – Reikan en étant une preuve vivante, puisqu'elle faisait partie de l'élite du village alors qu'elle n'y avait même pas grandi –, mais plutôt parce qu'elle s'en était très bien sortie seule jusqu'à lors. De surcroît, l'enfant des Bêtes avait passé sa jeunesse à pérégriner à travers le monde ; un vécu qui lui avait appris, au fil des ans, qu'aucun peuple n'était voué à se serrer dans les bras sans actes de bienveillance concrets. Or, la métamorphe devait s'efforcer de ne pas marcher sur les pas d'un instinct trop défiant.

Tout comme son confrère, elle eut vite fait d'analyser d'un coup d’œil l'état des enfants du Feu, eux qui étaient en partie dévastés par le périple mené quelques heures plus tôt en pleine mer. Voilà pourquoi la changeforme décida d'être raisonnable et de se laisser aller à son humanité. Les bras décroisés, la Tigresse blanche éleva sa dextre sur le côté pour appuyer la proposition offerte à la délégation, qui pour le moment, n'était pas autorisée à pénétrer dans le village.

« Cette auberge sera en mesure de subvenir à vos besoins, pour ce qui est de la nourriture et du sommeil. Que vous décidiez ou non de vous relayer pour veiller à votre sécurité, ce qui n'est, entendons-nous bien, pas un mal... sachez tout de même que nous ne saurions incarner une menace à votre égard, pour l'heure. »

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Mawehara Miyuki
Mawehara Miyuki

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Dim 22 Mar 2020 - 15:06
Observant un silence que d'aucun pourrait qualifier de religieux, la Sabreuse à la discipline militaire aiguisée détaillait discrètement les trois hommes qui dirigeaient le convoi d'émissaires de l'Empire du Feu. Les Hijins étaient fatigués, c'était évident. Ils avaient dû rencontrer un problème en mer, des pirates peut-être. C'était compréhensible, ils n'avaient pas l'habitude de cette dernière, ne connaissaient pas les chemins sûrs. Ceux éloignés des routes commerciales qui attiraient brigands en tout genre.

Ce fut d'abord l'homme au centre qui se présenta, expliquant être un Lieutenant de l'Empire tandis que les deux autres se nommèrent Soldats. Il semblait que leur division hiérarchique soit plus proche de celle de la Kenpei que de celle des villages en général. Un moyen pour se différencier aux yeux du peuple sans doute, mais le résultat était le même aux yeux de la blonde. Un groupe armé qui avait le pouvoir par sa puissance innée ou apprise, qui contrôlait l'organisation du pays. Et dans un sens, eux étaient encore plus dominateurs puisqu'ils n'étaient pas simplement un village mais le pays entier. Eux étaient les maîtres d'Hi no Kuni tandis que les shinobis de Mizu no Kuni n'étaient les véritables maîtres que de Kirigakure. Le reste était sous l'autorité du Daimyo, et ce dernier n'était pas, à sa connaissance, un shinobi. Les civils restaient donc maîtres de leur politique, et en cela, la jeune femme les trouvait incohérents par rapport à leur discours sur la libération des peuples.

Enfin, ce n'était peut-être que des rumeurs. Cette rencontre à laquelle elle avait la chance d'assister et même en partie de participer bien qu'elle avait conscience que son apport y serait minime tant par ses différents grades tous au plus bas de l'échelle que par son inexpérience face à son chef d'équipe et à la capitaine Yasei qui leur avait fait le discours d'entrée à la Kenpei quelques jours plus tôt.

La Mawehara remarqua rapidement les regards portés sur Senritsu et Hakkei ainsi que sur sa personne. Ils semblaient la voir avec une certaine curiosité. Après tout, la présence de ses deux katanas ne laissait planer que peu de doute quant à son appartenance au clan épéiste le plus célèbre du Yuukan. Si l'on considérait que les Nagamasa l'étaient moins car ils n'étaient qu'une partie de l'ensemble que composait les samouraïs. Elle ne fit cependant aucun commentaire et ne tenta pas de les cacher ni de les montrer particulièrement. Dans leurs fourreaux, ses lames demeureraient immobiles. À moins qu'il lui soit expressément demandé puis accordé le fait de les sortir au clair. Mais il valait mieux que cela n'arrive pas.

Ne comptant cependant pas donner particulièrement d'informations sur son clan qui aurait pu se retourner contre lui, la jeune femme attendrait que l'entrevue avance pour se faire son idée et voir en fonction des actions et des discours de ses deux supérieurs comment elle agirait dans ce questionnement.

Pendant ces échanges entre Aditya et le Teikokujin nommé Shinpachi, la blonde aux yeux bleu-gris remarqua à l'arrière l'un des deux soldats qui semblaient plus haut gradés parler aux hommes alignés. Ces derniers étaient dans un sale état. Pas spécialement blessés ou mal habillés. Mais leur mental était bas, il était aisé de voir qu'ils n'avaient pas apprécié le voyage non plus.

Toujours silencieuse, analysant la situation, la genin soutint notamment le regard du dernier et du plus silencieux du trio d'en face. Il semblait la fixer plus que les deux autres. Elle remarqua alors le katana à sa hanche. Sans doute s'identifiait-il plus facilement à elle qui était aussi peu gradée que lui qu'aux deux figures de proue de la Kenpei qui étaient devant elle.

Miyuki ne peut s'empêcher de remarquer à quel point les mots sont choisis dans les discours, qu'ils sont plus lents qu'à l'accoutumée. Moins naturels. La situation est particulière faut-il dire. C'est le premier contact entre cette puissance naissante et le Village de la Brume et une guerre de plus n'est pas forcément souhaitable. Mais ce n'est pas elle qui parlera plus pour l'instant. Elle rend juste son regard au Shinrin lorsqu'il lorgne sur ses armes en mentionnant son clan, mais reste toujours muette.

Doucement, alors que la faible conversation de premier abord s'éteignait, le besoin de se déplacer jusqu'au l'auberge prévue qui accueillerait ces hommes -d'ailleurs, c'était étrangement tous des hommes dans la délégation, avaient-ils un quelconque problème avec les femmes ?- afin qu'ils puissent se reposer et se restaurer. Ensuite, les discussions plus sérieuses pourraient sans doute commencer. Les bases étaient posées, il ne restait qu'à les guider pour qu'un échange construit et constructif puisse se mettre en place pour le futur de leurs pays. Il était temps d'en venir aux faits.
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Shinrin Shinpachi
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Dim 22 Mar 2020 - 21:01
PAYS DE L'EAU | 水の秘密の土地


Epouvantable silence lourd de sens. Comme si tout à coup l’atmosphère elle-même se mettait à se contracter, la conversation tourna au qui-vive. En enregistrant les propos de celui qui partageait son sang qu’il ne puisse clairement le savoir, Shinpachi se raidît et décela, entre les lignes, ce que signifiait ce message faussement bienveillant, du moins selon son propre point de vue. Il planta son regard vermillon sur les iris opalines de l’apollon mizujin. En déduire que les négociations ne seraient guère une sinécure relevait de l’évidence. L’intervention de la Tigresse blanche ne fit corroborer cet étrange sentiment d’insécurité. Le sentiment d’être pris dans une toile depuis laquelle il ne trouverait nulle échappatoire, et qu’il ne pourrait pas déchirer de ses ongles décharnés. C’était un fait ; ils étaient désormais tel des otages.

Il s’autorisa une petite pause suite aux interventions de ses interlocuteurs, conquis par un doute persistant et refusant de trop gesticuler dans les fibres résineuses tendues autour de lui, au risque de s’enliser dans son propre sort. Sagesse était de garder son calme et d’analyser les choses avec lucidité. D’une part, on lui proposait l’auberge et le couvert pour permettre, à lui ainsi qu’aux soldats qui l’accompagnaient, de pouvoir retrouver sa superbe ; de l’autre, on l’invitait tout de même à prendre ses dispositions pour rester vigilant, à la faveur d’un tour de garde qu’il était libre d’élaborer à son gré. Prétendre dès lors qu’ils ne représentaient pas une menace… était-ce une façon malicieuse de leur faire jouer avec leurs émotions ou une réelle façon d’appréhender les visiteurs ?

Quelque fut le fond de leurs pensées, Shinpachi ne se priva pas de mémoriser cet aspect plus paradoxal de la part des mizujins. « La confiance n’exclut pas le contrôle », songea soudain le Lieutenant averti et décontenancé par une telle proposition. Quand bien même ils semblaient être les bienvenus, les teikokujins étaient aussi sommés de se méfier de ce qui pouvait advenir ; ce qu’on leur offrait, c’était un faux sentiment de sécurité et de contrôle. En vertu de leur débarquement, et de la faiblesse manifeste de leurs troupes, ils se doutaient bien qu’ils ne feraient guère le poids si les choses venaient à tourner vinaigre.

Tout en continuant de fixer avec une certaine intensité le regard cabalistique et envoûtant de son vis-à-vis, le farouche Shinrin se décida enfin à répondre, assuré d’avoir bien pris tous les éléments de cette situation doucement électrique, savoureusement dangereuse, infiniment subtile.

« Je découvre votre hospitalité, chers voisins d’au-delà la mer. Nous n’avons pas été habitué à tant de courtoisie au cours de nos périples. Il n’est pas difficile de réaliser d’où vient la stabilité de Mizu no kuni ; je devine que ses shinobis sont particulièrement nobles pour nous accorder tant de grâces. Et cette noblesse est sans doute le reflet de votre souveraineté. »

Renverser la vapeur, c’était son intention. Après avoir fait les louanges tacites de Kirigakure, il tentait habilement de se mettre en poche le même Aditya qui ne tarissait pas de manières à son égard. L’espièglerie, même fragilisée par la fatigue des teikokujins, était la seule arme pour se libérer de la toile. Son regard bifurqua sur Reikan.

« Grâce à vous, nos soldats pourront sans doute dormir en paix et, en leur nom, je peux vous assurer que nous avons hâte de découvrir la richesse des festins que pourra nous proposer Mizu no kuni. Dame Reikan, puis-je toutefois me permettre de vous faire une requête ? »

La laisser lui accorder cette grâce était une marque de courtoisie, mais il ne tarda pas à surenchérir.

« Nos soldats sont las. Mais il ne leur faudra toutefois pas plus de quelques heures pour se rétablir. Le voyage en mer fut particulièrement épuisant, comme vous pouvez le constater en toute transparence. Deux de nos soldats sont morts dans cette malheureuse expédition ; je vous confirme que le trajet fut particulièrement dangereux. Mais s’il a entamé le moral de notre délégation, il ne nous a pas vaincu. Malgré tout, il vous est sans doute aisé de comprendre que chacun rêve d’un sommeil récupérateur ; aussi, sans vouloir abuser de votre générosité, nous accorderiez-vous la grâce d’être nos yeux pendant que nous dormons ? »

Une invitation formelle et ambitieuse, pour ne pas dire déraisonnée. Mais c’était là tout l’art du Shinrin du Pays du Feu. Comme pour se justifier, il revint sur Aditya.

« En toute honnêteté, nous ne sommes pas assez présomptueux pour oser croire que nous pourrions vous fuir ou vous affronter sur vos propres terres si d’aventures vous veniez à nous considérer comme une menace et que vous décidiez, fruit de cette pensée, à diriger un assaut contre nous ; inutile de vous révéler que nous n’avons pas la moindre chance de survivre en cas de décousu. »

Il avait une envie irrésistible d’ajouter un petit quelque chose, de l’ordre de la provocation, comme pour dire « certes, mais j’emporterais au moins l’un d’entre vous dans la mort avec moi », mais il se retint pour ne pas briser le caractère diplomatique de son argument. Glissant ses doigts sur sa gourde, il la réajusta à sa ceinture. Sur son faciès néanmoins, rien ne semblait vouloir faire trembler son apparente sérénité ; pas même l’idée de mourir. Sa main continua de se déplacer après avoir manœuvré la gourde, et il la glissa dans une besace qui se situait juste à côté.

« Et puis sans doute que vous êtes les meilleures sentinelles ici. Nos hommes ne connaissent malheureusement pas les dangers de l’archipel ; exception faite des kirijins. »

Asséna-t-il sans sourire, avant d’extirper sa main de la besace pour en tirer quelques ryos.

« Nous pouvons vous rétribuer financièrement. »

HRP:
 


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Aditya
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Mer 25 Mar 2020 - 20:26
Les paupières de l’ascèse se plissèrent avec légèreté face aux dires de l’ébène, portées par l’onde mystérieuses de la suspicion ; mais tel un vent d’automne éphémère, elle fut bien vite chassée de son esprit – tout du moins, en surface. Cela ne servait à rien de discuter les paroles de son vis-à-vis pour l’heure, quand bien même les louanges semblaient être un peu trop présentes dans son dialogue pour être empreinte d’une totale vérité. Il y avait cependant un point sur lequel il ne pouvait réfuter l’honnêteté : ces soldats bénéficieraient très certainement d’une nuit de sommeil salvatrice et d’un repas chaud qui tâcherait de revigorer leurs corps meurtris par les affres du jour. À cela, Aditya ne put que clore les yeux par un calme parfait, accédant sourdement à la bienveillance qui régnait en son cœur. S’il se gardait d’être trop porté par l’orgueil ou la fierté à penser qu’ils l’emporteraient tous trois dans le cas d’une escarmouche, il n’en demeurait pas moins rassuré à l’idée de ne pas avoir à verser de sang inutilement. L’existence des blessures et les maux ne pouvait être empêchée en ce monde, car ils en faisaient impitoyablement partie – mais dans ces instants-là, où le choix de la civilité s’offrait à leurs âmes perdues, il ne pouvait être que porté par l’allégresse lorsque tous la choisissaient.

Alors, lorsque ces yeux d’azurs offrirent une nouvelle fois leurs lueurs aux ondes de l’aurore, ils furent teinté d’une légèreté et d’une assurance pareille à celles qui l’habitaient à l’ordinaire. Son regard fondit avec familiarité sur les traits de la tigresse à qui le noiraud adressait ses prochains mots, afin de lui proposer sous l’ombre d’une demande tacite, l’opportunité de montrer les bonnes intentions de la jeune femme… bien que Miyuki ou lui étaient loin d’en être dépourvus. Était-ce seulement une tactique pour semer les graines de la discorde entre eux ? Si tel était le cas, ils se verraient bien tôt mis en déroute. L’âme qui arriverait à décimer la profonde et sincère confiance qui régnait entre la métamorphe et lui-même n’avait certainement pas encore foulé cette terre – peut-être ne le ferait-elle jamais. Quant à Miyuki, Aditya avait pleine foi en son élève, car malgré les brèves entrevues qu’ils avaient partagées auparavant, celles-ci avaient été teintées d’un respect partagé. D’autant plus que la discussion que ceux deux enfants de la brume avaient échangée plus tôt avait tâché de renforcer ce sentiment à l’égard de l’autre.

Aussi, pour toute réponse à cette provocation sous-entendue, l’ascèse se contenta d’un coup d’œil à l’encontre de la change forme aux orbes myosotis, accompagné de l’ombre discrète d’un sourire espiègle. Il ne s’attarda pas à le dissimuler lorsque son visage fit de nouveau face à Shinpachi, pour répondre aux dires qui lui furent à nouveau adressés.

« J’ai conscience que bien des rumeurs courent sur les habitants de l’Eau et leur barbarie, prônes à attaquer son prochain. Vous seriez bien mal avisés de les croire ; en toute honnêteté, je n’ai fait que souligner cela dans le doute que vous ayez ce genre de suspicion à notre égard. Néanmoins, vous avez raison sur un point : après tout, seul un fou serait prêt à altérer le calme d’un torrent. », répondit-il sur un ton équivoque, couvert de cet habile manteau de quiétude.

Ses iris éthérées suivirent la courbe de sa main jusqu’à sa gourde avec attention, sans pour autant que l’onde de la méfiance ne s’installe au creux de ses paupières. L’attitude du blond ne changea pas pour autant, lui qui avait croisé ses bras sur son torse, laissant la brise fraîche guider ses mèches d’or sur les contours de ses épaules. Et face à la proposition de rétribution de l’ébène, l’enfant du bois se contenta de clore ses yeux, le temps de laisser ce sourire précédemment espiègle se métamorphoser sous la présence mêlée de calme et de suffisance. Il ne tarda pas à lui adresser de nouvelles paroles, tandis que ses pas le guidaient d’ores et déjà vers une nouvelle destination. Une œillade ferme à leur attention demeurait dans son sillage, ne leur tournant jamais véritablement le dos.

« L’hospitalité de la Brume ne s’achète pas, soldats du Feu. », glissa-t-il sur un ton solenel, alors que sa silhouette détournait les talons vers l’orée du chemin qui les mèneraient à cette auberge.


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Kogami Akira
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Jeu 26 Mar 2020 - 4:10
Et bien, on savait mettre les gens à l’aise ici, se dit-il avec ironie. Cette hospitalité obséquieuse avait de quoi éveiller les soupçons chez le jeune homme qui restait toutefois terré dans le mutisme. Le Shinrin était quelqu’un d’intelligent, nul doute qu’il se ferait la même réflexion. Néanmoins, que les Kirijins soient avertis au cas ou leurs plans seraient différents de leurs dires, la mort d’Akira n’aurait certainement aucune répercussion sur quoi que ce soit. Pas plus que sa capture. Mais il serait bien hâtif de faire de telles conclusions d’office, le soldat se contenta donc de seulement douter.

En dépit des échanges mièvres des dirigeants, assortis de regards de braise ô combien insistants et intenses, ce qui ne manqua pas de le faire se questionner vis à vis de ce petit jeu, Akira profitait de son statut de soldat monolithique pour n’avoir à assumer aucune responsabilité dans ces échanges mielleux. De toute manière, son lieutenant semblait très bien s’adapter à cette petite mascarade et n’avait clairement pas besoin de l’aide d’un ancien vagabond tout juste bon à jouer de la guitare ou à éventuellement dégainer son arme pour prendre un air vaguement intimidant. Peut-être serait-il de bonne compagnie pour d’éventuelles tâches futures, mais il ne fallait pas attendre grand chose de lui du côté diplomatique. A vrai dire, les salutations usuelles étaient bien la seule chose qu’il connaissait dans le spectre des interactions. Mais il faut bien de tout pour constituer une équipe.

Posant à nouveau son regard ailleurs, attendant la fin de cette discussion nébuleuse mais néanmoins nécessaire pour pouvoir éventuellement passer à quelque chose de plus concret, il fit bien vite ramené à l’échange lorsque le Shinrin, contre toute attente, proposa plutôt aux Kirijins d’assurer leur surveillance. Pire encore, il mettait de l’argent sur la table comme s’ils étaient de vulgaires mercenaires ou vagabonds nécessiteux. De plus, Kiri ne jouissait pas d’une réputation très reluisante par le passé, Akira ayant ouïe dire que l’endroit avait un passé sanglant. Pour ce qu’il en savait, eux n’allaient pas massacrer un peuple dans leur propre palais, donc ils n’étaient pas pires que les autres. Mais il restait tout de même quelque peu méfiant. Peut-être avait-il sous estimé la vigilance du Shinrin… ou alors tout ceci faisait partie de la fameuse “diplomatie” et cachait quelque chose. Peu importe, il aurait tout le temps de le lui demander une fois isolés. Du moins, s’ils ne se faisaient pas trancher la gorge sur le trajet.

Ainsi, toujours terré dans le mutisme, Akira emboita le pas du groupe quand le major ouvrit la marche. La fatigue le gagnait - bien qu’il soit toujours sujet à la fatigue en raison de ses insomnies - et l’ambiance imprégnée de malaise n’aidait pas vraiment à se détendre. Akira n’était pourtant pas de nature à s’inquiéter ni même à se montrer paranoïaque, mais cette mission était relativement spéciale et nécessitait par conséquent d’être dans un état d’esprit jusqu’ici inhabituel. Ainsi, il décida de prendre les devants pour s’approcher de Miyuki la sabreuse, neutre. S’il devait engager la conversation, autant que ce soit avec elle.

“ Vous êtes sabreuse ? “

Dit-il comme point d’encrage. Une question anodine en apparence, mais qui lui permettrait d’amorcer une discussion qui l’intéressait. Sans parler du fait de sympathiser, chose nécessaire s’ils voulaient améliorer leurs relations avec Kiri.


Résumé:
 

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怠惰
Le corps est la marionnette de l'esprit.
Voix d'Akira
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Mawehara Miyuki
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Sam 28 Mar 2020 - 11:41
Alors qu'elle était plutôt calme et détendue, la jeune femme au regard gris bleuté écouta le discours de celui qui s'était proclamé Lieutenant. Elle n'aimait pas son ton, elle n'aimait pas les mots qu'il choisissait. Elle n'aimait pas ce qu'il impliquait. Si c'était une conversation simple entre lui et elle, la sabreuse aurait déjà tourné les talons et l'aurait laissé seul continuer de palabrer ainsi. Elle n'aimait pas avoir de la bave sur ses bottes après tout.

Mais alors qu'elle le voyait simplement en lèche-pieds appliqué, la suite de son discours lui fit froncer les sourcils. Pourquoi diable la capitaine Yasei devrait-elle prendre de l'énergie pour les protéger et s'assurer de leur sûreté. Ils étaient grands, non ? Il rendait tout grandiloquent, se montrait désagréable. Drôle de façon de chercher à devenir alliés.

Ils mériteraient bien que tu leur tranche la gorge sur le champ.
Mais t'as pas bientôt fini de dire de la merde comme ça ? Senritsu, même si je n'apprécie pas leur chef, ce n'est en aucun cas une raison pour s'en prendre à eux. Kiri ne les veut pas mort, sinon ils seraient déjà au fond de l'océan...
Hmmm... C'est pas faux...
Qu'importe ce qu'ils croient, je ne salirais pas mon honneur pour eux. Et je ne perdrais pas ma place non plus.


La suite de son discours fut toute aussi déplaisante pour la jeune femme, mais voyant que ses deux supérieurs laissaient ces mots partir dans le vent, elle décida d'en faire de même et de ne pas réagir. Seule la dernière phrase de l'homme lui arracha un rictus moqueur pendant un instant avant qu'elle ne redevienne sans expression. La réponse d'Aditya lui arracha d'ailleurs un nouveau sourire, bien plus doux. Un sourire de victoire. S'il y avait bien une chose que ces étrangers devaient comprendre, c'est que s'ils étaient arrivés vivants ici, c'est que la Brume les avait accepté sur son territoire. Ils n'avaient donc plus rien à craindre en vérité. Pas tant qu'ils ne repartiraient pas en mer, puisque cette dernière était souvent capricieuse. Mais les Kirijins, eux, ne leur feraient aucun mal si ces fous ne s'en prenaient pas à eux d'abord.

Emboitant le pas à Aditya avec un peu de distance, la grande blonde avait retrouvé un sérieux exemplaire, marchant sans parler. Elle n'avait rien à leur dire, à ces étrangers. Enfin rien jusqu'à ce que la voix de l'un d'entre eux, le plus réservé, ne résonne à son oreille. Retournant son regard inquisiteur sur ce dernier, la jeune femme le détailla à nouveau quelques instants.

« Oui. Je suis une Épéiste. Tu manies le katana également à ce que je vois. Samouraï ? Ou tu aimes juste cette arme ? »

Sobre, la demoiselle en uniforme ne laissait plus rien paraître de ses émotions. Elle n'en dirait que peu si elle n'en apprenait pas au moins autant. S'il voulait découvrir des choses sur Kirigakure no Sato, il allait devoir parler. Beaucoup.
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Simizu No Jinoko
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Lun 30 Mar 2020 - 18:24
Quand j’étais petit, mon père m’a un jour parlé de l’écoute sélective, d’après lui, un homme peut entendre les mots qu’il souhaite dans une phrase en oubliant tout le reste. A l’époque, je n’avais pas compris de quoi il parlait, mais là, je pense avoir saisis le sens de la formule, car des nombreux premiers échanges, je n’ai retenu qu’une seule chose, nous allons à une auberge !

C’est là une excellente nouvelle, je m’imagine déjà dans une baignoire avec de l’eau brulante, pendant qu’une employée me lave le dos avec délicatesse, avant de me vêtir dans des vêtements propre et frais et finir la soirée avant un magnifique repas et du saké à volonté. Cette dernière pensée me donne presque mal à la gorge tellement je commence à être en manque de ce magnifique breuvage.

C’est alors que notre chef officieux à commencer à parler et d’un coup mon attention a été maximale car celui-ci commet quelques petites erreurs, heureusement nos hôtes ne semblent pas en prendre trop ombrage et nous continuons notre chemin.

De mon côté, j’ai réorganisé nos troupes en deux colonnes, avec le vétéran en tête, portant haut notre drapeau, et même si je vois leurs visages marqués par la fatigue dues aux conditions de notre traversé, ils se comportent honorablement, et c’est le plus important. Je marche un moment à leur côté, ayant un mot pour chacun, leur demandant de fournir un dernier effort, que l’établissement ne doit plus être loin et promettant à tous un verre d'alcool remplis.

Je rejoins ensuite Shinrin, pour lui dire à voix basse, suffisamment pour ne pas être entendu des autres marcheurs :

Chef, votre discours était bon, j’ai juste une petite précision, ne proposez pas d’argent à un kirijin, ils risquent de se sentir insulté ou de penser que nous souhaitons les corrompre.

Après cette petite mise au point, j’écoute la réponse de mon interlocuteur et j’essaie de rejoindre le second membre de notre expédition, que je trouve en pleine conversation avec la deuxième plus jolie fille de la délégation qui est venu nous accueillir, quel petit coquinou ! Ne voulant pas m’imposer et interrompre ce qui semble être une discussion sur qui a la plus grosse arme, je me contente de les dépasser, non sans faire un clin d’œil discret à Kogami pour le féliciter de son initiative et l'encourager à aller encore plus loin.

J’arrive ainsi à la hauteur du major et de capitaine de la Kenpei et faisant attention à mon ton que j’espère le plus normal possible, je leur indique à tout les deux en même temps :

Merci pour votre invitation à l’auberge, c’est exactement ce dont nous avions besoin pour nous remettre de cette difficile traversée.

Enfin, pas si difficile que çà, mais plutôt épuisante, enfin ça dépend de comment on voit les choses bien sûr. Maintenant, il est temps de faire un peu de diplomatie, et de chercher à nouer des liens, puisque c’est la raison de notre présence ici, alors, je leur pose une question, qui peut sembler anodine :

Je ne connais pas encore toutes les traditions de votre pays, et je vous prie de m’excuser si je suis maladroit, mais accepteriez-vous de partager notre repas une fois arrivé à l’auberge ? Je me souviens que vous avez indiqué que l’hospitalité de la brume ne s’achète pas et c’est pourquoi je vous demande cette faveur, cela me ferait très plaisir de pouvoir manger en compagnie des héros de Mizu.

Si j’ai bien compris les paroles de la fille du capitaine, c’est comme cela que les gens du pays les appellent. J’ai conscience que je sors un peu de mon rôle de simple sous-fifre et que je devrais laisser plus d’espace à Shinpachi, mais je lui laisserai toute latitude lors des négociations, là nous parlons juste de faire bombance et de passer un bon moment, et ça, c’est ma grande spécialité.

Je souris donc en prononçant cette dernière phrase, espérant une réponse positive, ayant d’ailleurs un peu de mal à lâcher du regard les yeux d’azur en forme d’amande de celle qui s’est présenté comme étant Yasei Reikan, un nom lui ayant parfaitement bien, le côté sauvage étant bien présent chez la jeune femme.

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Fabius Solar, militaire de la plus grande des nations
Fabius parle
Fabius pense
PNJ parle
Le portrait de Fabius vient d'ici: https://paintable.cc/50-digital-painting-portraits/
Ma fiche est ici:


Dernière édition par Simizu No Jinoko le Ven 3 Avr 2020 - 22:45, édité 2 fois
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Yasei Reikan
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Mer 1 Avr 2020 - 14:13
Au cœur de l'Eau, non loin de l'écharpe de brouillard de Kiri la Grande, la délégation du Feu ne pouvait que céder à la raisonnable proposition des enfants de la Brume. Les déplorables faits, davantage corsés par les aveux du Lieutenant Shinrin, n'avaient fait que mettre à l'honneur un besoin vital de prendre du repos, non seulement pour sa troupe mais également pour son équipage tout deux éprouvés par la cruauté des vagues bordant l'Archipel. Une nécessité que ce Shinpachi n'était pas en mesure de pouvoir écarter plus longtemps, rien que pour le bien de ses pairs et la réussite de sa mission sur les terres embrumées. Voilà pourquoi celui-ci chercha d'abord à combler son astucieux discours d'éloges, pour mieux faire passer auprès de son vis-à-vis la faveur qu'il avait à demander à Yasei Reikan.

Ainsi, le donneur d'ordres de la troupe de l'Empire s'empressa de lui faire part de sa fameuse requête sans même chercher à s'en cacher, pour témoigner de sa franchise au regard du trio lui faisant face. Mais pouvait-il seulement faire autrement, au vu de l'état des siens sur ce territoire dont il ne connaissait absolument rien? Si la nébulosité de Kiri n'avait pas su lui échapper, ce fut similaire pour ce sentiment d'inquiétude qui pointait en son sein et sur lequel la Tigresse blanche venait tout juste de souffler. Acculé, le Lieutenant fut contraint de s'en remettre à une grande mais bien incertaine sagesse en ce qu'elle était incapable de garantir la véritable bienveillance de leurs accueillants, en demandant à la métamorphe d'être la gardienne de leurs doux songes. La grâce d'être... leurs yeux? Le voir tirer de sa besace une poignée de ryōs comme s'il était convaincu de pouvoir acheter de la sorte une Héroïne de l'Eau força l'apparition d'un malicieux sourire au coin de ses lèvres charnues.

Peut-être sans vraiment le vouloir, le Shinrin venu du Feu révéla une bien piètre image que l'Empire se faisait du peuple de l'Eau, en prenant un de ses plus fiers éléments pour une combattante simplement bonne à offrir ses plus rares qualités d'enfant des Bêtes contre de l'argent. Le Pays de l'Eau était connu pour ses mystères et son quasi-détachement du monde, si bien que la seule image qu'il avait laissé à ses voisins continentaux était restée rutilante à souhait, alimentée par ces détestables rumeurs de barbarie, de primitivisme. Seuls ses combattants savaient à quel point leur terre était avancée et regorgeait de valeurs, quand bien même séparée des autres par d'impétueux flots. Parce que pendant que le Continent se laissait mettre à feu et à sang par les querelles des Hommes, l'Archipel, lui, avait su éponger bien des épreuves monstrueusement divines pour en sortir bien plus fort, bien plus grand encore.

Les mains toujours laissées à la merci du vide, Reikan remonta l'éther de ses pupilles dans le rubis de celles de Shinpachi, alors qu'Aditya offrait à ce dernier une réponse des plus adéquates sans même se concerter avec elle, sans même poser un œil sur elle. Aux yeux de la délégation du Teikoku, il n'y avait désormais plus le moindre doute ; bien au-delà de leurs titres et de leurs statuts au sein de la Cité Brumeuse, les deux Héros de l'Eau étaient attachés l'un à l'autre par un lien terriblement intense. La féline laissa l'ascète aller jusqu'au bout, avant de pencher la tête sur le côté pour intimer à la troupe la direction à suivre. Ses boucles d'oreilles d'un profond bleu roi ne purent se retenir de tinter sur le coup de cette mimique assez singulière, comme pour précéder les propos qui s'apprêtaient à sortir de sa bouche.

« Si vous y tenez tant, je serai vos yeux. Toutefois ne vous méprenez pas, ceux-ci me serviront autant à préserver votre vie qu'à surveiller le moindre de vos agissements sur les terres de l'Eau. »

Pour cause, Yasei Reikan avait pour habitude d'avoir les yeux partout, en tant que digne fiévreuse du détail. Ce regard céruléen, qui était celui d'une femme mi-humaine mi-animale, s'appuya sur les traits du Lieutenant, avant que ses pas ne la guident d'ores et déjà à travers la brume environnante des Berges. En ouvrant la marche, elle se contenta d'offrir pour seule vue celle de son dos et de sa chevelure de jais. Mais cela n'empêcha pas la changeforme de tourner la tête pour ne regarder que d'un œil le dénommé Simizu, lui qui témoignait de leur redevance et qui proposait de partager leur repas. Sans s'arrêter de marcher, la féline observa la réaction d'Aditya et cligna des yeux, après que l'enfant du Feu ait déplié toute sa bonne volonté.

« La priorité est que vous puissiez prendre du repos, alors il pourrait sembler assez malvenu d'accepter l'organisation d'un repas en commun susceptible de déranger les retrouvailles avec vos forces. Plus vite vous serez en forme, plus vite vous serez aptes à nous communiquer ce fameux message de l'Empire. »

Ce fut sur un ton froid mais plutôt avenant que la Fille du Lion de l'Atlas répondit à la proposition, bien qu'une fois sur place, le trio serait libre de s'abreuver et de se nourrir comme il l'entendait. Ses prunelles myosotis se détournèrent afin de faire de sa proie un élément du décor autre que le soldat. Ils rejoignirent en ce sens les ténèbres blanches de l'île-mère, dans lesquelles peinait à se dessiner l'ombre d'une modeste bâtisse en apparence peu fréquentée. Gaijin no Jinka*, silencieuse auberge et abri de bon nombre de commerçants et de travailleurs seulement de passage après un périple en mer, n'attendait plus que la venue du Feu en son sein.

*Gaijin no Jinka (外人の人家, Maison de l'Étranger)

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Shinrin Shinpachi
Shinrin Shinpachi

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Jeu 2 Avr 2020 - 2:10
PAYS DE L'EAU | 水の秘密の土地


La parole était tout un art ; chose indéniable au demeurant, elle exigeait une certaine expertise pour que, sous le verbe, les fleurons de la conversation puissent faire danser la rhétorique. Ainsi, à l’aune d’une courtoisie qui pouvait sous bien des coutures paraître presque dégoulinante se développait, dans la chrysalide d’un jeu d’ombres et de non-dits, la magie d’un étrange manège diplomatique. Après avoir été confronté au refus catégorique d’Aditya, le Shinrin s’inclina en avant et, tandis que l’illustre kirjine tournait les talons, il convint de s’incliner une seconde pour remercier Reikan, ses yeux souriants tirant sur quelques plissures en haut de ses pommettes comme pour accueillir, dans un instant de profonde considération, la grâce qui lui avait été accordé. Nul besoin de dire merci en l’état ; cette courbette faisait l’affaire et valait mille remerciements, tout en laissant transparaître toute la sagesse et la modestie dont il était l’autel.

Mais alors que ses pas rentraient dans ceux du guerrier aux iris dorées, mimétisant sa cadence comme pour lui prouver qu’il était sur la même longueur d’onde, il fut interpellé très discrètement par Jinoko. Le brave soldat ne tarda pas à lui exprimer son opinion et, tout en continuant d’analyser la foulée de son guide, le Shinrin eut comme un mouvement de recul ; chose qu’il ne fit pas, mais qui du reste lui fit ralentir le rythme, créant une petite distance propice aux murmures avec son complice. Il avisa toutefois de ne rien laisser transparaître et continua d’avancer, écoutant l’homme d’une oreille attentive, tout en s’efforçant de ne pas attirer la curiosité des autres. C’est en murmures qu’il lui répondît.

« Jinoko… oserais-tu remettre mes compétences questions ? Crois-tu sincèrement qu’il faille accréditer cette erreur sur le compte de la maladresse ou de la négligence ? Non, Soldat. Non. Il convient de ne pas mettre dans le même panier le leurre et l’erreur. »

Mais alors…

« L’argent est un symbole de pouvoir et surtout, de possession. Que serait-il advenu s’ils avaient accepté cette offre ? Ils se seraient rabaissés à un statut de mercenaire, discréditant leur diapason, dévoilant leur corruptibilité et leur avarice. Répondre par l’affirmative revenait à se soumettre. Comme tu as pu le constater, et cela était aisément anticipable, ils ont eu la grandeur de refuser. »

Il continuait de fixer droit devant lui. Dans ses iris brillait une assurance anormale.

« L’orgueil de refuser. Voilà notre affaire : quand tu chatouilles le ventre de l’aigle, il te monte à quel point ses ailes sont grandes. Dès leur refus cependant, ce qui correspond entre les lignes à ce fameux déploiement d’ailes, nous avons pris la route. Ils ont coupé court et c’était intelligent de le faire. Le prédateur n’a aucune raison de tomber dans l’embuscade d’un autre prédateur, vois-tu ; sauf s’il approche trop près de son nid. Ils ont tout compris, Jinoko. C’est tant une affaire de mots que de sensations. J’ai hâte de découvrir les étendues de cette sagacité d’esprit… »

Visiblement, la chose sembla satisfaire Jinoko qui derechef s’éclipsa pour s’en aller faire la conversation à un autre ; une opportunité que le Lieutenant utilisa pour jeter un coup d’œil derrière lui, et s’assurer que tous les soldats marchaient bien droits. Ils semblaient piteux, mais volontaires. Visiblement, le soldat qui s’était autorisé ces quelques suggestions les avait mis au pas avec brio ; Shinpachi ne manqua pas de le noter dans un coin de sa mémoire. Puis, après avoir adressé un bref acquiescement à Akira pour lui montrer, d’une façon assez relative, qu’il avait plaisir à l’avoir près de lui pour ce voyage, il se tourna de nouveau vers la tête du convoi ; plus loin, l’auberge Gaijin no Jinka semblait veiller sur la plaine en attendant ses hôtes. Il s’empressa, pour profiter des derniers instants de ce trajet, de rattraper Aditiya. Une fois à sa hauteur, il calqua mécaniquement sa foulée sur la sienne, tout en regardant dans la même direction ; comme si toux deux faisaient partie du même escadron de bataille. Une singerie qui n’avait d’innocente que le nom ; car le Shinrin, habile en discours, profita de cette fausse connivence pour tenter d’aligner son esprit avec celui qui avait entamé le trajet.

Une façon maline de construire un lien et de se mettre en accord, avant même de parler, avec son interlocuteur.

« Je devine que nous approchons de l’auberge. »

Il laissa une courte pause entre cette phrase et la suivante, pour ne pas le brusquer.

« Elle ressemble à celles que l’on trouve au Pays du Feu. Il règne ici une tranquillité agréable. Contrairement à ce que j’aurais pu penser en arrimant sur votre archipel, j’ai l’étrange sensation de goûter un parfum de liberté. D’une certaine façon, cet archipel n’est pas une nation isolée ; c’est un havre de paix. »


Il se gratta l’arrière du crâne.

« Du moins, en apparence. De ce que ce paysage m'inspire, nous sommes bien loin des tourments qui ont hanté le Pays du Feu. »


Il laissa la phrase en suspens. Le reste dépendrait de sa réaction.


Dernière édition par Shinrin Shinpachi le Sam 9 Mai 2020 - 1:03, édité 2 fois
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Aditya
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Dim 5 Avr 2020 - 18:51
Du coin de l’œil, Aditya laissa son attention courir sur les traits changeant du visage du Shinrin à la chevelure ébène, qu’il vit hésiter tantôt entre la douce chaleur d’un sourire reconnaissant et tantôt avec la profondeur d’une expression insondable, plus sérieuse – plus honnête, peut-être. Malgré les brèves paroles que tous eux s’étaient adressés – et l’ombre du doute qui planait sur les pensées de l’ascèse quant à leur appartenance au même clan de la Forêt Millénaire – il lui était toujours aussi difficile de déterminer si cet homme allait s’avérer être un ennemi fourbe ou une connaissance bienveillante. Je suppose que seul le temps pourra en révéler la nature. Délaissant un soupir discret, il adressa un regard équivoque à sa partenaire de toujours qui déjà s’était défaite de la compagnie de la délégation impériale, s’il en jugeait les murmures qui courraient dans leurs dos. Pour autant, il se garda bien de conclure trop vite à un affront ; après tout, leur proposition les avait pris de court, bien des choses demeuraient à se dire. Il espérait que la malice n’avait pas encore bordé les paroles silencieuses des enfants du Feu.

Mais alors que le concours de la tigresse blanche semblait avoir été à nouveau accaparé par l’un des soldats – Jinoko, si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, le blond profita de ces quelques instants où la solitude lui faisait cadeau de sa présence pour rejoindre les flancs de Miyuki. S’il avait observé le bref échange qu’elle avait accordé à Kogami Akira, il semblait désormais que ce dernier avait rejoint l’escadron qui les avait accompagnés sur la traversée, et discutait désormais avec ses pairs au profit de la même indifférence qu’il avait démontrée plus tôt envers eux ; certainement afin de s’assurer de leur bienêtre. D’un geste aérien, sa paume vint se glisser sur l’épaule de son élève tandis que sur son visage se peignaient les détours discrets d’un humble sourire, à son adresse. Il se gardait bien de se montrer trop prévenant avec elle en présence des envoyés du Feu ; il tenait malgré tout à lui faire part de son soutient, aussi léger puisse-t-il paraître.

« Tu t’en sors bien. », glissa-t-il sur un ton rassurant, afin de lui démontrer toute la sollicitude qu’il ressentait pour elle.

Sans le moindre empressement, Aditya laissa sa main rejoindre son flanc lorsqu’il entendit les pas pressés du Shinrin le guider jusqu’à lui. Une nouvelle fois, il ne put réellement lire l’expression qu’affichait l’ébène ; un complexe mélange d’intérêt honnête et de paroles dissimulées, peut-être – mais c’était là tout ce qu’il pouvait deviner. Dès les premières paroles qu’il lui adressa, l’ascèse destina quelques mots à la jeune femme.

« Miyuki, pourrais-tu annoncer notre présence à l’aubergiste ? Je me doute que nos comparses languissent d’un repos mérité ; le plus tôt serait le mieux. Je te rejoins dans quelques instants. »

Il s'attarda quelques instants sur la silhouette de son élève pour l’enjoindre à agir, car déjà l’imposante bâtisse se dressait devant eux, dont l’écriteau frappé de kanjis équivoque annonçait son nom à tous ceux qui y poseraient le regard. Désormais, toute son attention était dédiée à son partenaire de route, pour les quelques enjambées qui leur restait à parcourir jusqu'à l'intérieur. Il lui adressa par ailleurs un bref coup d’œil avant de darder à nouveau l'horizon, un air indifférent peint sur son visage, mais bel et bien ouvert au dialogue.

« La paix s'installe toujours aux lendemains de cataclysmes., glissa-t-il en le considérant quelques instants, laissant les sous-entendus que portaient ses paroles se dévoiler légèrement. La Brume porte un héritage sanglant, tant de son propre fait qu'engendré par les éléments, mais la sollicitude qu'elle éprouve désormais pour son prochain est là où réside, à mon sens, la force de ce peuple. Pour le meilleur ou pour le pire, Mizu demeure excentré du continent. », déclara-t-il en laissant un bref silence s'installer avant qu'il ne laisse sa voix s'élever à nouveau. « L'Eau peut se montrer méfiante pour préserver ce lien qui unit ses enfants – qu’elle ait vu naître sur son sol ou non. Si vous éprouvez tant d’estime pour cette paix que nous partageons, j’espère que vous éprouverez autant de ferveur à ne pas l’entacher. »

L’ascèse soutint le regard de l’impérial d’une poignée de secondes, comme s’il cherchait à sonder la réalité de ses intentions, qui lui demeurait selon lui encore dissimulée au cœur de ces prunelles rougeoyantes. Mais bien vite, ses pas se firent plus lents, trahissant leur arrivée sur le palier de l’auberge. Si la manière dont il avait évoqué la Brume avec tant de détachement, comme s’il n’était pas lui-même natif de cette terre, aurait pu éveiller quelques questionnements chez Shinrin ; Aditya lui, avait d’ores et déjà laissé ses pensées vagabonder lors de ces quelques instants de répits que le silence lui accordait.

Car malgré l’indéniable fait qu’une partie de son âme s’était enracinée au cœur de l’Eau au fil du temps passé en la compagnie de chacun de ses habitants, elle réclamait encore la douce familiarité de la Forêt Millénaire avec autant de ferveur qu’au premier jour. Cet air sylvestre qui emplissait les poumons des enfants du Bois, cette mer arborée qui ravissait le regard des chanceux ayant pu profiter d’un tel spectacle… Kiri en était dépourvue.


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Simizu No Jinoko
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Lun 13 Avr 2020 - 15:18
Et bim ! Je me suis fait repousser, gentiment mais fermement par la jeune femme, dans ma tentative de rapprochement. Ce n’est pas la première fois qu’une telle chose m’arrive et je ne le prends pas mal. Cette demoiselle est de toute évidence bien plus haute dans la société que moi et n’ayant pas encore fais mes preuves, elle doit me considérer comme le fils d’un paysan mal dégrossi.

Elle arrête même de me regarder, préférant observant un paysage qu’elle doit connaître par cœur. Je hausse donc les épaules, un peu désappointé par son attitude et je me demande quoi faire, restant ainsi quelques minutes, sans parler, à ses côtés. Je pense alors aux enseignements de mon père, dont le fameux « en cas de doute, abstient-toi », je n’insiste donc pas dans ma tentative de rapprochement et je rejoins les soldats de l'Empire du Feu.

C’est donc en leur compagnie que j’entre dans la cour intérieure de l’auberge, qui est assez grande pour nous loger tous. Les hommes en profitent pour se désaltérer aux tonneaux mis à leurs dispositions, le propriétaire des lieux ayant été avertis par la jeune femme blonde, celle aux deux armes et qui avaient été courtisé par Kogami. A ma demande, nous entreposons nos lances dans une armurerie dédié à nos forces et je demande au sergent de s’occuper du repos de chaque soldat.

Pour ma part, je rejoins le dirigeant de notre expédition et je l’informe :

Les troupes sont bien arrivé et sont actuellement au repos, toutefois chaque soldat reste armé et des tours de garde ont été instauré.

En effet, ce n’est pas parce que nous sommes arrivés à notre destination, que nous devons nous relâcher. Je demande ensuite à Shinrin :

Pour la suite de notre expédition, comment prévoyez-vous la suite ?


J’attends les prochains ordres, espérant que ces derniers impliquent le fais de manger un bon repos, de se faire masser par une des beautés locales et de dormir dans des draps frais, mais j'en demande sans doute beaucoup.

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Fabius Solar, militaire de la plus grande des nations
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Mawehara Miyuki
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Lun 13 Avr 2020 - 17:07
Alors qu'Akira allait lui répondre, un des autres hommes derrière eux le héla. Il s'excusa et alla directement le rejoindre, laissant la Sabreuse sur sa faim. Continuant de marcher, un peu ennuyée d'avoir été ainsi abandonnée, elle tourna la tête vers Aditya lorsqu'il se rapprocha d'elle. Elle accueillit sa remarque avec un hochement de tête simple, elle n'avait pas fait grand chose mais elle s'était au moins contenu. Peut-être avait-il senti la légère tension qu'elle avait eu lors du discours ennuyeux du Shinrin. Miyuki était plutôt contente que cela se passe plutôt bien jusque là, elle n'avait pas envie d'être la cause de dissentions entre leurs pays. Qu'Aditya vienne la rassurer à ce sujet était agréable à ses oreilles.

« Je m'en occupe Aditya-senpai. »

Accélérant alors le pas pour arriver en avance, la Sabreuse se dirigea directement vers l'aubergiste. La taverne n'était pas la plus spacieuse mais c'était sans doute possible la plus propre et la plus accueillante du port. Ils ne l'avaient pas choisi pour rien après tout. Faire preuve d'hospitalité avec des gens pareils était plus que nécessaire. Toutes les convenances souhaitables y étaient d'ailleurs rassemblées et ces hommes pourraient se reposer sans problèmes de leur voyage érintant.

« Ohayo gozaimasu. Je suis Mawehara Miyuki, soldat de la Kenpei. Je viens vous signaler l'arrivée dans quelques instants des émissaires Teikokujins. Ils sont treize. Et je suis accompagnée de deux capitaines de la Kenpei pour les escorter. »

Faisant un signe de compréhension, l'homme d'âge mûr aux cheveux courts rasé à blanc se mit en mouvement, l'invitant à choisir une table s'ils le souhaitaient le temps que les chambres soient totalement préparées. Il fit également signe à l'un de ses serveurs de préparer un bon repas pour tous les arrivants, qui pourraient alors profiter d'assiettes chaudes pour les accueillir.

Pendant ce temps, Miyuki aida un autre serveur à installer des tables pour avoir les places requises pour les invités de la Brume. Patientant alors debout, elle guida les premiers arrivants jusqu'aux tables en question où ils pourraient se restaurer.

« Veuillez patienter quelques instants, des assiettes arrivent pour vous le temps que les chambres finissent d'être préparées pour ceux qui le souhaitent. Des bains seront également à votre disposition à l'étage. »

Partageant les quelques informations que venait de lui donner l'aubergiste, elle se posa contre un mur lorsque les teikokujins furent installés, se relâchant très légèrement dans sa posture. Elle ne savait plus vraiment quoi faire ou dire, elle préféra donc rester silencieuse.
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Yasei Reikan
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Mer 15 Avr 2020 - 22:10
Yasei Reikan laissa Simuzu retourner aux griffes de ses pairs, presque sans remords après avoir répondu comme elle l'entendait. Si elle semblait a priori méfiante, puisque sous le joug des lourdes responsabilités pesant sur ses épaules, cela ne l'avait en rien empêché d'accepter d'être les yeux du Lieutenant de l'Empire et des enfants du Feu. Malgré les exigences de la Cité Brumeuse et les précautions qu'elle prenait soin de mettre en œuvre à l'égard des autres peuples, elle n'avait jamais abandonné la bienveillance qui bordait son cœur. De surcroît, la bestialité qui l'animait parfois et la soutenait dans ses ambitions n'avait jamais été en mesure d'entacher son humanité et son amour pour la paix. Une paix universelle qui ne s'arrêterait pas aux limites des flots et irait bien au-delà des monts, c'était là un de ses plus grands rêves. Mais pour l'instant, les soldats de l'Empire verdoyant ne disposaient pas du droit d'avoir une telle information, car ils devaient se contenter de réaliser la mission pour laquelle ils avaient tant perdu lors de cette meurtrière traversée.

Délivrer le fameux message de l'Empire de jade, voilà ce pourquoi ils s'étaient donnés tant de en atteignant le cœur de l'Archipel.

Une tâche bien ardue pour les enfants de la nation émeraude, ceux pour qui cette terrible mer et des secrets enveloppant toutes les îles du Pays de l'Eau pouvaient constituer une réelle menace à chaque instant. Fort heureusement pour eux, les rumeurs qu'ils entretenaient sans le vouloir sur ce peuple écarté du monde étaient infondées ; ce n'était pas une boue pleine de sang et de barbarie qui allait les recevoir mais bien de confortables lits et des assiettes bien remplies, au sein de la Maison de l'Étranger. Le manque de sommeil et de nourriture n'allait bientôt être qu'un très mauvais souvenir de ce voyage pour ce Lieutenant, ses soldats et leur équipage, grâce à l'humanité de l'équipe chargée d'assurer ce pont diplomatique avec le Feu.

Sans se retourner mais en prêtant toutefois l'oreille aux dires de celui qui était du même sang que son meilleur ami, la Tigresse blanche continua son bout de chemin en solitaire, non sans laisser son esprit porter à ébullition lorsque Shinpachi fit mention du contraste entre l'Eau et le Feu. Parce qu'au travers de ses nombreuses pérégrinations, elle avait découvert le Pays du Feu comme étant une terre de sang et de guerres. Un détail qui ne passa pas inaperçu à ses yeux et qui s'empressa de s'accrocher aux parois de son psyché, pour ne pas sombrer dans l'oubli. Une fois arrivée, elle pénétra dans l'établissement de repos et constata la mise en place des tables qui allaient accueillir la délégation venant d'au-delà des flots. Elle accorda un léger sourire à Miyuki qui s'en sortait plutôt bien avant de se placer sur le banc de bois qui se trouvait à côté d'elle, faisant attention de garder le dos aussi anobli que d'habitude et de ne pas croiser les bras pour éviter de laisser paraître une paresse de sa part. Ses yeux éthérés parcoururent un à un les visages des individus qui entraient dans la bâtisse pour se rassembler peu à peu et prendre place. Ils finirent par enfin se déposer sur la figure du Shinrin, qu'elle invita à s'asseoir à la même table qu'elle en le lui intimant d'un geste de sa dextre.

« Voici l'abri qui viendra satisfaire votre faim et votre sommeil, pour le temps qui sera nécessaire à vos Hommes et vous afin de trouver rétablissement. Shinrin Shinpachi, je salue le courage dont vous avez fait preuve dans le seul but de parvenir jusqu'à nous. Toutefois, une question ne cesse de tarauder mon esprit. De quels tourments le Pays du Feu a-t-il donc été victime? »

L'Héroïne de l'Eau planta son regard céruléen dans celui du Shinrin, déjà intriguée par ce qui allait sortir de sa bouche. Elle le fit sans gêne, comme si le sentiment de honte propre au genre humain ne l'avait jamais enchaînée. Yasei Reikan portait bien son nom, finalement.

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Shinrin Shinpachi
Shinrin Shinpachi

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Ven 17 Avr 2020 - 0:04
PAYS DE L'EAU | 水の秘密の土地


La délégation arriva enfin à l’auberge. Aussitôt, les soldats posèrent leur paquetage en rangs et se relâchèrent quelques instants, échangeant entre eux et contemplant la contrée. Une certaine euphorie semblait émerger de leur faciès. L’idée d’un festin et d’un bon repos firent consensus dans leur état d’âme, et l’atmosphère d’un réconfort mérité délia les langues autant qu’elle décrispa les traits de leurs visages fatigués. Quand enfin les soldats furent autorisés à entrer, tous se hâtèrent de rejoindre la salle de restauration. Jinoko avait d’ores et déjà fixé les tours de garde ; Akira, quant à lui, veilla à ce que tout le monde s’installe convenablement.

Shinpachi fut le dernier à pénétrer l’enceinte. Du fait de ses responsabilités, il avait le devoir de montrer l’exemple et cela passait notamment par le sacrifice de sa personne ; du moins, dans ce genre d’occasions. Il laissa à Akira et Jinoko le soin de gérer l’installation ; tout ce qui était lié à la gestion du groupe au quotidien et de la consultation du moral des personnels leur incombait, après tout. Le Lieutenant faisait une entière confiance à ces deux hommes qui, depuis le départ, n’avaient fait que lui prouver leur fiabilité en toutes circonstances.

Assistant au mouvement de la délégation, il resta muet, contemplatif, songeur. Les propos d’Aditiya résonnaient dans sa tête. Si vous éprouvez tant d’estime pour cette paix que nous partageons, j’espère que vous éprouverez autant de ferveur à ne pas l’entacher. Il ne s’était guère attendu à une formule choc comme celle-ci à la fin de leur trajet. Il se douta bien qu’elle n’était pas lâchée par hasard ; il avisa qu’Aditiya lui exprimait alors une sorte de retenue quant à la confiance qu’il pouvait lui accorder. Comme une façon de signifier au ténébreux Shinrin qui rien n’était, et que tout restait à prouver. Et tout restait à prouver, effectivement. Dans son esprit, il jongla avec lui-même à l’intérieur de sa tête. Quels arguments devait-il prévoir ? Quelle approche envisager ? Comment les convaincre ?

Il avait, envers et contre tout, le triste sort d’avoir la conscience du devoir et, même si sa mission ne consistait au fond qu’à construire un lien avec Kirigakure, il ne pouvait se défaire de l’idée qu’il était responsable d’autre chose. Quelque chose qui ne relevait du caractère officiel de cette délégation. Quelque chose de plus humain. Il devait convaincre. Il devait leur prouver qu’il n’avait pas tort. Leur transmettre sa façon de penser. Etendre sa cause. Etendre sa foi.

Répandre les espoirs du Teikoku.

Il fut tiré de ses pensées lorsqu’il vit qu’il ne restait plus que lui de la délégation hijine à ne pas être entré dans l’auberge. Lorsqu’il pénétra la pièce, il fut surpris de voir que tout était déjà presque prêt. Il ne s’attarda pas. Il n’aimait pas déranger les autres durant leur labeur. Il déposa ses quelques bagages et notamment sa lance dans un espace où les teikokujins avaient rangé d’autres effets personnels, plus légers, ainsi que leurs armes, en faisceaux. Quand enfin la salle fut prête, il se mit en quête d’une table isolée. Sur le chemin, il croisa Miyuki qui s’était adossée au mur. Il s’inclina poliment, comme pour la remercier et lui montrer sa profonde reconnaissance. Il mit un certain temps à se relever. Tout travail consenti pour aider au confort d’autrui lui semblait être louable et sujet aux honneurs ; aussi insista-t-il auprès de la Sabreuse en se figeant dans cette forme de respect. Il n’avait pas encore eu le temps d’échanger véritablement avec elle. Il répéta la même chose avec l’aubergiste, ainsi que son personnel. Tout était dans l’attitude et dans l’humilité du teikokujin ; il n’y avait, pour leur dire merci, pas besoin de mots.

Jinoko, toujours aussi investi, vint rapidement quérir les ordres pour la suite. Le Lieutenant l’observa avec générosité et lui répondît avec souplesse et tranquillité :

« J’espère que nous serons conduits à Kirigakure. Tâchons de faire en sorte que nos hommes puissent tous avoir au moins quatre heures de sommeil. Pour le reste, il nous appartient de convaincre nos hôtes de nous conduire jusqu’à leurs autorités. »

Le décor était modeste mais agréable et beau. Leurs couverts étaient déjà installés et leurs tables avaient été soigneusement dressées. Shinpachi ne put que sourire devant ce souci accordé à leur accueil. Il se sentait un peu plus à l’aise sur les terres du Pays de la Brume. Il s’installa sur une table avoisinante celle de ses hommes, sans se mélanger toutefois, avec l’espoir que l’un des kirijins.

Son souhait fut exaucé par Reikan qui vint aussitôt lui poser quelques questions, visiblement intéressée par les propos qu’il avait tenu avec Aditiya.

« Je vous remercie, Dame Reikan. Pourriez-vous transmettre mes compliments à votre équipe ainsi qu’à l’aubergiste ? Je constate que vous avez laissé traîner des oreilles curieuses… alors laissez-moi vous raconter l’histoire de la guerre civile de Hi no kuni. »

Il but une gorgée de son verre, dans lequel on avait servi une eau aromatisée.

« Araho Masao, notre précédent Seigneur du Feu, se prétendait être un grand pacifiste. C’était malheureusement en réalité un homme imbu de sa personne et avide de pouvoir au point d’en devenir aliéné, n’ayons pas peur de le dire. C’est du reste ce que je pense ; d’autres vous diront qu’il a succombé à certaines pressions politiques. Reste que, fort d’être un souverain trônant sur un pays au centre du Yuukan avec plusieurs soutiens de renom sur ses terres, son œil ne vit plus le monde qu’à travers la démesure et la possession de tout ce qu’il pouvait désirer ; rien ne put étancher cette soif de souveraineté, pas même le mécontentement de ses plus proches collaborateurs, parmi lesquels on comptait jadis certains clans majeurs tels que les Hyûga de Tsuchi et les Nara de Kaminari. Sur le plan décisionnel, il faut admettre que le Seigneur Masao était un égocentrique qui n’accordait pas assez d’importance à ce qui ne faisait pas partie de ses priorités, au grand dam de certains. Mais cela ne correspondait pas à l’idéologie de plusieurs chefs claniques. Au bout d’un certain temps, l’ambition du Seigneur du Feu commença à se manifester de façon plus concrète et menaçante pour la paix dans le Yuukan, puisqu’il commença notamment à revendiquer des mobilisations au sein même des clans de shinobis. Bien entendu, tout ne se passa comme prévu. »

Il croisa ses doigts au bord de la table, et plongea ses iris rubicondes dans le regard céruléen de Reikan. Il était ravi de pouvoir conter l’histoire du Teikoku.

« Plusieurs clans qui fréquentant les plaines du Pays du Feu décidèrent de refuser cette mobilisation et se positionnèrent en contestataires ; quelques-uns, comme les Hyûga et les Nara que je citais précédemment, osèrent même la désertion pour vouer allégeance aux nations voisines. Le Seigneur du Feu entra dans une colère noire et décida derechef d’entamer une campagne d’oppression pour asseoir son emprise sur les clans récalcitrants, et de vengeance pour ceux qui l’avaient trahi ; en particulier pour les Nara qui furent les premiers déserter. Semble-t-il qu’il ait voulu faire des manipulateurs des ombres un exemple pour tous ; à tort, puisque certains s’opposèrent à cette traque, quand d’autres au contraire la prônaient. Il fut la racine d’un complot qui prit une dimension nationale. Il ordonna des attaques, alimenta de vieilles rancunes entre différentes personnalités du pays sur fond de prestige, noua des liens avec quelques collaborateurs en leur promettant monts et merveilles, divisa l’unité de sa propre nation pour mieux régner. Mais les querelles entre les clans et certains groupes armés prirent de plus grandes proportions que prévues ; et la résistance de certains opprimés, tel que les Inuzuka, ne permit pas au pouvoir en place de pouvoir refermer sa prise sur leurs têtes pensantes. Ce ne fut plus une oppression. Cela devint une guerre civile. »

Ses yeux s’assombrirent. En même temps qu’il avait parlé, ses mains avaient épousé ses paroles, comme s’il peignait chaque scène sur une toile invisible.

« Le pouvoir ne put bien évidemment pas conserver sa place durant une période aussi instable. La guerre civile dura plus de vingt ans. Le Seigneur Araho Masao fut ensuite assassiné par son propre fils, à la faveur de l’émergence d’une organisation nommée le Soshikidan. »

Il s’adossa sur sa chaise, et libéra la table de ses mains, tout en réajustant sa position pour avoir une stature digne. Reikan lui inspirait une position très noble ; à mille lieux de la Bête qui dormait en elle.

« J’ai grandi dans les poumons de la guerre civile. Autant vous dire que l’air y était rare. Le clan Shinrin dont je suis issu fut une des victimes collatérales de cette guerre interne au Pays du Feu. Aujourd’hui cependant, les choses ont bien changé. »

Le repas se poursuivit.


Dernière édition par Shinrin Shinpachi le Sam 9 Mai 2020 - 1:04, édité 2 fois
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Aditya
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Ven 1 Mai 2020 - 9:47
Un sourire simple para les lèvres de l’ascèse lorsque la silhouette de Miyuki disparu dans l’entrebâillement de l’entrée de cette bâtisse isolée, un chemin que tant bien lui que son vis-à-vis portant l’emblème du Feu ne tardèrent pas à suivre : car une fois leurs pairs ayant imité la sabreuse en rejoignant le logis de bois, tous deux tâchèrent de fermer la marche. Néanmoins, Aditya veilla à ne jamais se trouver dans le dos du Shinrin, conscient que la fatigue ne pourrait qu’attiser la méfiance et embraser les doutes de trahison. Il ne tarda pas à laisser leurs marches délier leur proximité, car déjà, le confort d’un lit simple réclamait les corps endoloris des envoyés de l’Empire, une demande qu’ils semblaient décider à accéder au plus tôt. Alors, il tâcha de rejoindre son élève, ne serait-ce que pour lui adresser quelques mots de remerciement.

Du coin de l’œil, il pouvait remarquer la silhouette de Shinpachi prendre place à l’une des tables sylvestres érigées au cœur de l’auberge, excentré de ses pairs comme une invitation sourde à le rejoindre pour étayer la discussion entamée plus tôt : mais ce fut cette-fois la féline qui lui répondit, en éveillant tout haut les questionnements sourds de l’ascèse. Alors, lentement, ses pas le guidèrent jusqu’à la métamorphe ; et bien qu’il se gardât de prononcer toute parole pour ne pas briser le flot du discours de leur vis-à-vis, il s’adossa néanmoins contre l’un des piliers de bois qui ponctuaient l’espace et, les bras croisés, apporta toute son attention à ses dires.

L'homme venait de leur conter les prémices de l'Empire du Feu, les raisons mêmes pour lesquelles celui-ci était né, si toutefois ses paroles n'étaient pas enjolivées par un besoin quelconque de redorer la postérité de sa nation. Et quand bien même, ce récit fut loin de le laisser de marbre quant aux massacres qu'il laissait supposer, à y compter celui d'un clan dont la place grandissait chaque jour dans le cœur de l'ascèse, depuis qu'Arata avait sous-entendu la probabilité qu'il détienne un tel héritage. Lui qui n'avait grandi que dans la Forêt Millénaire, il n'avait jamais eu vent de la guerre civile qui avait ravagé Hi ; ou tout du moins, pas jusqu'à ce qu'il ne s'y rende lui-même au cours d'un de ses nombreux voyages, des années plus tôt. Alors, lorsque Shinpachi tari ses dires set prêta à nouveau ses droits au silence, Aditya fut laissé plongé dans ses réflexions, ne serait-ce que pour quelque temps. Pas une fois il n'émit l'écho de sa voix, laissant la liberté à la métamorphe de commenter l'histoire que sa question avait supposé plus tôt. Au lieu de cela, il se défit de son ancrage de bois, délia ses bras et s'adressa tant à Jinoko qu'à son comparse – le dénommé Akira, lui, semblait trop éloigné pour l'entendre, puisqu'il apparaissait en train de parlementer avec les soldats qui avaient d'ores et déjà reprit des couleurs.

« Vous ne devriez pas perdre de temps octroyé au repos. Nous vous conduirons au sein de la Cité Brumeuse dès que vous aurez récupéré. ; notre Ombre est déjà au fait de votre arrivée, néanmoins, il serait sage de ne pas s'éparpiller dans la ville avant de le rencontrer. », glissa-t-il sur un ton ferme, mais non moins dénué de la délicatesse dédiée à la diplomatie.

Paré d'un regard bienveillant, l’enfant du bois glissa quelques mots à l’enfant des bêtes, portés par ce lien inébranlable qui les unissait – après tout, elle s’apprêtait à respecter le désir des envoyés du Feu, celui de veiller sur leur sommeil réparateur afin de, peut-être, ne viser qu’à ébranler la confiance régnant entre les dignitaires de la Brume.

« N’hésites pas si tu as besoin d’une relève ; les heures peuvent sembler longues lors de gardes. Je passerai, de temps en temps. »

Encore bien des interrogations naissaient dans l’esprit de l'esprit du blond, choses auxquelles il souhaitait trouver une réponse dans la bouche de ces hommes, d’autant plus celle de celui s’étant présenté sous le nom du clan gardien de la Forêt Millénaire. Mais pour l’heure, seul le confort du silence prendrait grâce aux yeux de celui qui s’était retranché dans l’extérieur brumeux de cette bâtisse, et dont les membres repliés trahissaient le destin d’une méditation imprégnée d’habitude.


[…]


Quelques temps plus tard, lorsque l'orée du départ se faisait pressentir par les quelques âmes habitant cette bâtisse temporaire, la silhouette du blond vint se glisser auprès de la sabreuse, ayant abandonné le repos spirituel auquel il s'était adonné plus tôt. Il annonça simplement sa présence, en se plaçant à ses côtés et partageant la même vue qu'elle observait depuis lors. Il ne se doutait pas que leurs camarades issus du Feu devaient s'être offerts aux bras de Morphée à en juger par le temps écoulé – bien qu’avec la lueur qui trônait dans le regard de Shinpachi, il n’était jamais réellement certain de savoir ce qui se tramait au-delà de ce qu’il laissait paraître.

« Les temps d'attente comme ceux-ci sont souvent ceux qui font le plus jouer nos nerfs. Comment te sens-tu ? »

L’ascèse patienta pour entendre sa réponse avant de poursuivre, révélant la raison pour laquelle il l’avait rejointe.

« D’ici quelques temps, nous nous rendrons à nouveau au sein du village de la Brume pour retrouver le Nanadaime, et ton chef de clan. Si tu aspires à rejoindre les rangs du Shinden comme tu me l’as confié lors de notre rencontre à l’hôpital, tu devrais être au fait de quelque chose avant que nous nous y rendions. », ses bras vinrent se croiser sur son torse alors qu’il se tournait vers elle, observant du coin de l’œil la féline qui demeurait au poste de garde. « Je suis conscient que tu n’as pas pu prendre part activement aux discussions, néanmoins il était plus sage pour toi d’observer dans un premier temps. Aussi, lorsque nous serons à Kiri, j’aimerai que tu annonces toi-même notre venue et celle de la délégation de l’Empire à l’Ombre. Tu entreras donc la première, si cela te va. », murmura-t-il avec un air bienveillant.

Il avisa la lumière du soleil à l’extérieur, qui ne tarderait pas à se parer des lueurs chatoyantes du Zénith.

« Chaque membre du Shinden représente la garde rapprochée de notre chef, aussi, cela sous-entend qu’ils se doivent d’être alertes en tout temps, que ce soit pour étudier les mouvements de ceux qui l’entourent – amis ou ennemis – ou ceux de celui dont ils auront été chargés de la protection, afin de s’assurer qu’il ne soit pas une nuisance à lui-même. Il semblerait que les soldats du Feu n’aspirent aucunement à tenter telle folie que d’attaquer le dirigeant de l’Eau en son propre bureau, cependant il nous faudra toujours être méfiants, dans le doute. Lorsque tu entreras dans la pièce, j’aimerai que tu trouves un endroit où tu pourras observer au mieux tout ce qu’il s’y passe, à l’intérieur comme à l’extérieur, et qu’une fois la rencontre terminée tu juges la manière dont chacun s’est comporté. Considère cela comme un entraînement pour rejoindre tes objectifs, à défaut de participer aux méandres diplomatiques. »

Dans l’ombre d’un sourire, le blond mit fin à ses recommandations, ne souhaitant seulement que la Mawehara trouve tout autant son compte dans sa présence ici que la métamorphe ou lui-même. Le fait qu’elle ne soit qu’une genin ne changeait rien à la valeur qu’elle pouvait apporter à ses yeux ; il avait toujours traité ses élèves ainsi. Ses bras se délièrent le temps d’une œillade et, finalement, il lui adressa quelques mots finaux.

« Pourrais-tu aider Reikan quant à l’éveil de nos comparses du Feu ? Je me charge de l’aubergiste. », à l’autre bout de la pièce, il glissa un coup d’œil à la changeforme et haussa légèrement le ton, bien qu’il fût conscient que ses sens félins pouvaient certainement l’entendre à l’autre bout de cette bâtisse. « Il est temps de partir. »


[…]


Deux coups furent frappés sur la surface d'une porte de bois noble, annonçant la présence à venir tant des enfants de l'Eau que des représentants du Feu. Aditya fit jouer la poignée entre ses doigts avant d'ouvrir la voie à chacun de ses partenaires, demeurant en retrait afin que la sabreuse n'adresse les premières paroles à l'Ombre, comme ils l'avaient convenu avant de se rendre au cœur même de la Brume. Sur le chemin, quelques coups d'œil et murmures avaient ponctué le passage du Feu, bien que le corps même de la délégation soit demeuré à l'intérieur des murs du village avec le dénommé Akira ; seuls Shinrin Shinpachi et Shimizu no Jinoko seraient attendus par le Nanadaime Mizukage, mais leur présence même avait suffi à éveiller l'intérêt silencieux des villageois et shinobis qu'ils trouvaient sur leur chemin. Après tout, jamais leurs visages n'auraient pu leur être familiers.

D'une œillade, il s'enquit de l'état de sa partenaire, afin de s'assurer que ses nerfs n'acier n'aient pas trop été érodés par les heures dédiées à la garde et à l'attente. Le sourcil légèrement haussé après que chacun ait pénétré dans la pièce, il lui adressait sourdement la question.

Et finalement, l'ascèse dépassa à son tour le seuil de la porte, tâchant de la refermer derrière lui avec le même calme qui bordait chacun de ses gestes. Car devant eux se trouvait désormais la septième Ombre de l'Eau, dont le regard s'était détaché des formulaires et demandes diverses qui tapissaient singulièrement son bureau ordonné, prêt à accueillir l'Empire du Feu.


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Débarquement à Mizu no kuni [Kiri/Teikoku]

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