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Ain't no thing like me. Except me [SOLO]

Yasei Ketsumei
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Lun 16 Mar 2020 - 23:25
La nuit avait jeté son dévolu sur le village depuis un moment. Quelques chats de gouttière se chapardait un reste de poisson. Plus précisément une carcasse désossée. Un ridicule corps bardé d’arêtes, d’une queue défraîchie et d’une tête volumineuse aux yeux vitreux. Les deux matous se chamaillaient depuis maintenant cinq bonnes minutes, emplissant l’allée de leurs feulements agressifs. Bientôt remplacés par des miaulements de stupeur suite à l’irruption du raton-laveur entre les deux.

D’un geste des pattes, il les chassa comme un humain chasserait des pigeons à sa fenêtre. Seulement la prestation ne semblait pas les convaincre. Ils n’en étaient pas à leur premier poisson. D’ailleurs ils avaient dû bien mieux manger à en juger par leur petite bedaine débordante. Mais ils ne semblaient pas si balourds pour autant. Leurs yeux stupéfaits étaient devenus des billes noires où flirtaient gourmandise et esprit de chasse. Le petit mammifère masqué n’eut aucun mal à s’en rendre compte. Il les fixait d’un regard mauvais, attendant de voir s’ils allaient vraiment lui sauter dessus. Le petit ballet du derrière qu’entamait l’un des deux fut le signal.

Lorsque le félin bondit, le second s’apprêtant à faire de même, le raton-laveur laissa la place à Zoku. Le jeune homme afficha un air hautain, sourire au coin des lèvres, et réceptionna celui qui avait le projet de le béqueter une milliseconde avant. Son pied fit valdinguer le pauvre animal un peu plus loin. Cette fois, il prit la fuite, rapidement suivi de son homologue qui avait même abandonné l’idée de s’attaquer à l’étrange créature. Puis aussi rapidement qu’il avait emprunté sa forme humaine, le polymorphe retrouva ses traits bestiaux pour se balader dans la ruelle maintenant déserte. Du moins c’était ce qu’il pensait.

Sa petite tête et le pelage masqué décrivirent un mouvement lent vers l’odeur qui lui taraudait les narines. Celle d’une fourrure rance mal lavée auquel s’ajoutait quelque chose d’impossible à identifier, et il valait mieux que ça reste ainsi. Les billes noires croisèrent leurs sœurs jumelles. A moitié plongé dans l’ombre d’une poubelle et nimbé de la timide luminosité lunaire, un raton-laveur fixait Zoku. Ce dernier pivota entièrement vers lui pour se mettre bien en face. Il le dévisagea un instant avant de se parler à lui-même.

- Ça me ferait quand même mal de faire la même à un cousin éloigné.

- Essaye cousin, et je te confirme que tu auras mal.

La tête légèrement baissée de Zoku se redressa au même titre que le reste de son corps animal face à la surprise de constater que son reflet parlait. Il découvrait à l’instant qu’il n’était pas le seul membre du clan à avoir comme totem le raton-laveur. Il bégaya sur le coup, ne sachant quoi dire en premier, mais il fut tout de suite interrompu.

- Taratata, pas de blabla allez. Tu connais la procédure habituelle. Le patron veut te voir tout ça tout ça. On fait ça au pas de course j’ai pas que ça à faire.

Le petit mammifère se plongea dans la pénombre d’où il venait. Pour le coup, Zoku restait parfaitement interloqué. Non pas par cette apparition mais plus par ses propos. De quel chef voulait-il parler ? Le Mizukage ?! Certainement pas. Reikan ? Elle serait venue elle-même ou bien elle aurait envoyé une missive directement. La curiosité était un vilain défaut. Chez Zoku, on dénombrait plus de défauts que de qualités contrairement aux autres êtres capables de penser. Sans même se préoccuper du danger, il prit la suite du raton, se fiant à son flair. Même s’il le devançait de quelques mètres, son odorat ne pouvait le trahir vu la fragrance qu’il dégageait.

Les deux ratons quittèrent assez rapidement le carcan nocturne de la ville pour se réfugier dans une galerie souterraine. Ce que Zoku n’avait pas de suite identifié comme un gros terrier à cause de l’obscurité ambiante. Ne souffrant pas de claustrophobie, il n’eut aucun mal à suivre son double qui ne ralentissait pas le pas. Leur parcours les amena à bifurquer à de nombreuses reprises, au point où très rapidement, le Yasei ne savait plus où il se trouvait. Cette fois la sensation éprouvée n’était pas très agréable. Perdu dans un lieu qu’il ne connaissait pas sans aucun moyen de retrouver son chemin. Il ne lui restait plus qu’à continuer, même si sa course assurée se fit plus timide en laissant un peu plus de distance entre son homologue animal et lui-même.

La progression s’était faite dans le calme, à peine perturbé par le pianotement des petites pattes sur la terre battue, et dans l’obscurité la plus totale. Jusqu’à ce qu’au loin une lentille de lumière vienne déverses une timide lueur. Elle prit d’abord les contours du raton-laveur se trouvant devant Zoku avant que ce dernier ne disparaisse dans la clarté de plus en plus aveuglante. Toujours confronté à ce choix à sens unique, le polymorphe se glissa à la suite de l’animal. Malgré le fait qu’il s’était préparé à cette réaction physique naturelle, il fut ébloui l’espace de quelques secondes avant que ses prunelles totalement noires ne scrutent l’intérieur d’une pièce au plafond immense. Il ne semblait pas avoir de fin, d’ailleurs il n’était pas discernable depuis son point d’observation. Emerveillé par la splendeur des lieux, le polymorphe observait religieusement les immenses étagères bondées de livres qui grimpaient jusqu’à ce sommet obscur. Il en avait presque oublié son guide sur qui son regard se posa après avoir admiré l’endroit.

- Bienvenue chez nous : Orinposusan.


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Yasei Ketsumei
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Mar 17 Mar 2020 - 0:14
Zoku restait subjugué par le lieu qui dégageait une ambiance à la fois chaleureuse et religieuse. Lui qui ne s’était jamais intéressé à ce genre d’univers, il lui en venait presque le goût et l’envie de se plonger dans ces ouvrages. Il y avait là de toutes les formes, couleurs, formats, épaisseurs. Un régal pour les yeux mais aussi une sorte d’odeur singulière qui lui effleurait les moustaches. Son sentiment de malaise qu’il avait ressenti dans les galeries avant d’arriver ici s’était volatilisé, remplacé par l’exact opposé. Son faciès devait d’ailleurs bien retranscrire son sentiment car son collègue bestial affichait un large sourire d’où dépassaient quelques canines pointues.

- C’est l’impression que ça fait généralement oui !

- C’est magnifique, se contenta de dire Zoku qui se trouva bête de sortir quelque chose d’aussi basique. Tout ceci se trouve sous Kiri depuis combien de temps ?

Le sourire carnassier laissa place à une franche rigolade qui vint se répercuter sur les parois en cuir reliés ou sur les poutres qui soutenaient l’édifice. Incrédule, le polymorphe attendit des explications quant à cette hilarité, même s’il pouvait presque les deviner sans pour autant les comprendre.

- Nous sommes à des lieues de ton village, Kirijin ! Cet endroit n’a jamais été cartographié par les shinobis. C’est un sanctuaire que nous gardons jalousement. Il se trouve presque en dehors de l’espace et du temps si je voulais t’impressionner.

- Mais on s’est contenté d’avancer sous la terre. On a pas fait tant de kilomètres que ça, même si c’était long.

- Ces humains…pouffa l’animal. Le tunnel menait à un passage ancestral qui nous permet de gagner le Yuukan librement. Il est profondément enterré dans la terre pour rester secret.

- Un passage secret et tu connais ma vraie nature ?! Un instant c’est quoi tout ça là ?

- Tu as déjà eu ta réponse, Kirijin.

Cette fois la voix n’était pas celle du raton-laveur ressemblant étrangement à Zoku. Elle était différente et semblait provenir de leur flanc droit, où le polymorphe n’avait pas regardé assez attentivement. Au milieu des étagères pleines à craquer subsistaient des embrasures improvisées où il était possible de se faufiler en étant debout, et pas trop large. Celui qui venait de s’adresser à lui remplissait presque tous les critères. Il se tenait debout, restait d’une taille minime même s’il dominait le Yasei de quelques têtes, mais sa large carrure l’empêchait de s’insérer aussi facilement qu’on aurait pu l’imaginer. Il était étrangement vêtu : une toge qui semblait aussi vieille que lui. Il arborait une petite tignasse de poils sur le menton qui s’apparentait presque à une barbichette. Une large natte partait de l’arrière de son crâne pour venir s’épancher sur son épaule recouverte d’un tissu à l’état comparable au reste de sa tenue. La parfaite réplique d’un Père Castor dans une version raton-laveur.

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Le polymorphe dévisagea le nouvel arrivant avec tout autant de désarroi qu’avant. Il ne comprenait pas ce qui se passait ni où il était. Ce n’était pas la soudaine apparition mystique d’un mammifère gras qui allait le mettre sur la piste. Même si la présence de cet animal imposait un certain respect. D’ailleurs l’autre raton eut un semblant de courbette pour saluer celui qui était vraisemblablement son supérieur, voire même le gardien des lieux.

- Tu te trouves dans ma demeure petit humain. Orinposusan est mon quartier où nous veillons à la bonne tenue de ces ouvrages. Nous en assurons la collecte et la préservation. Il y a parmi ces ouvrages des manuscrits uniques dont la perte serait un fardeau immense pour le temple de la Connaissance et du Savoir. Shiyounin ne t’a même pas proposé de visite ?

- J’allais le faire grand Archiviste, s’excusa mollement le petit raton-laveur.

Zoku se fendit d’un ricanement narquois. Sa réaction arracha un regard dans sa direction de la part de ses interlocuteurs. Tandis que son jumeau semblait outré, le fameux grand maître semblait curieux.

- Mon titre te fait rire, Kirijin ?

- Oh non Gras Gourou je ne me permettrais pas ! Il est mignon votre Centre de Documentation et d’Information, seulement tout ça c’est pas pour moi. Si vous aviez des bibelots assez rares encore je dirais pas, mais en attendant vous me rameutez ici sans vous expliquer et ça me fait perdre mon temps alors salut la compagnie.

- Si c’est la rareté qui attise ta convoitise jeune homme, tu seras servi dans nos rayons.

Zoku avait fait volte-face sans attendre de réponse pour rejoindre le trou d’où ils étaient arrivés. A l’évocation de biens précieux, il s’arrêta net. Les oreilles frémissantes suite à l’annonce d’un potentiel butin caché ici. Il tourna alors sa tête pour soutenir le regard de l’ancien.

- Vous parliez d’une visite ? demanda le polymorphe non sans cacher un sourire malicieux.

- Bien sûr, Kirijin. Si tu veux bien te donner la peine de me suivre.

Sans même attendre de réponse de sa part, Père Raton s’en retourna de là où il venait. Zoku comprit qu’il devait le suivre mais ses yeux dérivèrent sur son guide. Il n’avait pas bougé et il se contentait de le fusiller du regard. Enfantin, le Yasei lui répondit d’une simple langue tirée dans sa direction. Il prit la suite de l’imposante masse de poils qui semblait pourtant assez agile pour se frayer un chemin entre les étagères qui devaient supporter une charge de plusieurs tonnes. Comme les guiboles du grand Raton, songea Zoku. Alors qu’il quittait la salle qui semblait être l’entrée, ils se retrouvèrent dans un couloir tortueux mais dont le plafond semblait toujours aussi interminable. De son museau, le polymorphe conclut qu’il était seul avec l’ancien, l’autre les avait abandonné. Il était bien crédule s’il pensait le Yasei incapable de subtiliser quelque chose ici. Tant pis pour lui. Alors que le nouveau duo poursuivait sa route pendant que le polymorphe jugeait la valeur de certains ouvrages au visuel, la voix grave de Père Raton se répercuta sur les bibliothèques alentour.

- Cet endroit fut fondé par mon père. Il a creusé lui-même toutes ces salles dans un but bien moins noble que le mien. C’était un voleur de grande renommée qui a su amasser au fil des années un véritable trésor. On dit que certaines de ses richesses sont encore enterrées ici et là, si tu veux t’essayer à leur recherche.

L’information n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Les billes malicieuses qu’étaient les yeux du raton-laveur scrutaient maintenant chaque recoin dans l’espoir de discerner un éclat furtif, même s’il doutait fortement que ce serait aussi simple. Il fallait être patient, il profiterait d’un instant d’inattention de la part de Père Raton pour filer à l’anglaise en faisant un petit tour des lieux. Il pouvait continuer de papoter, Zoku avait maintenant trouvé son but ici.

- Il se complaisait dans ce luxe inutile. Nous n’utilisons aucune monnaie mais il s’enivrait de sa richesse. Il lui en fallait toujours plus. Mais un mal inconnu se mit à le ronger de l’intérieur. Nous n’avons jamais su de quoi il retournait véritablement mais ce fut une lente agonie. Il tenta de trouver un remède qu’il n’arriva jamais à mettre au point. Sa quête de moyens se solda par une quête effrénée de questions qu’il tentait d’étouffer dans la collecte d’ouvrages de médecine. Il nous chargea de lui amener tout livre que nous pourrions trouver afin de l’aider à s’en sortir. Malheureusement ce fut en vain. La maladie l’emporta avant qu’on ait pu y changer quelque chose. Sur son lit de mort, il m’a seulement demandé de prendre soin de cet empire qu’il avait créé et d’en faire ce qui me semblait digne.

La large masse poilue s’était arrêtée, Zoku l’imitant pour ne pas s’y percuter. De peur de disparaître dans cette épaisse boule de gras dont il risquait ne pas pouvoir se sortir. Ça devait faire une éternité qu’il n’avait pas vu sa…

- En sa mémoire, j’ai décidé de poursuivre la collecte de livres. Nous nous sommes simplement diversifiés, récoltant tout ce que nous pouvions. Autrefois terrier d’un voleur, c’est maintenant le sanctuaire d’un collectionneur érudit.

Tout en s’exprimant, Père Raton avait repris son chemin tandis que son invité furetait du regard en quête d’une richesse égarée. Le couloir étriquée se termina pour atteindre une salle encore plus immense que la première mais similaire dans sa construction. Cette fois il y avait là de toute chose : livres mais aussi objets en cuivre à l’usage inconnu ou rouleaux. Ce fut naturellement vers ces derniers que Zoku se dirigea sans même faire attention au reste. Il s’agissait du même genre que celui offert par Reikan. Il passa une patte timide sur l’un d’eux, observant la masse de documents amassés ici. Il devait bien y en avoir une centaine. Une figure d’admiration se logea sur la gueule du mammifère masqué alors qu’une ombre vint recouvrir sa frêle silhouette.

- Magnifique. N’est-ce-pas ?

- Vous ne vous contentez pas que des livres à ce que je vois.

- Nous réunissons tout ce qui peut représenter une transmission de savoir. Cela peut donc prendre différentes formes. Et tu sembles plus habitué à celle-ci, déclara l’immense raton-laveur en désignant d’une griffe les parchemins.

Zoku se surprit à ne pas oser répondre. Il lâcha sa prise sous le regard bienveillant de l’ancien qui le surprenait au fil de la discussion. Il avait soudainement envie de prêter un peu plus attention à ses dires. Notamment car il était maintenant plus perdu qu’à son arrivée. L’histoire de ce lieu, il la comprenait maintenant. Seulement il ne voyait pas ce qui pouvait justifier sa présence ici. ce fut donc après un léger soupir que le polymorphe se décida à parler :

- Qu’est-ce que vous me voulez à la fin ? Et qui êtes-vous ?

Une patte grasse vint se cogner mollement sur le front velu du gigantesque raton-laveur qui mima la surprise.

- J’en oublie mes manières ! Je me nomme Oodanna. Et nous ne voulons rien de toi Kirijin. Comment t’appelles-tu d’ailleurs ?

- Zoku, répondit mécaniquement le concerné.

- Eh bien cher Zoku, si tu es là ce n’est pas pour nous apporter quelque chose. Si je me suis assuré que tu viennes ici, c’était pour t’offrir la possibilité d’ouvrir les yeux afin d’augmenter ton potentiel. Nous te surveillons depuis un moment et tu as fait du chemin depuis les tréfonds d’Ame.

La mine du polymorphe se renfrogna à l’évocation de son territoire d’enfance. Une madeleine de Proust qu’il aurait préféré enterrer avec tout ce qui s’y rapportait. Son pelage s’hérissa une fois de plus. La boule de poils nerveuse avait une faille qui se trouvait au pays de la Pluie. Là où il était né une deuxième fois. Non sans sacrifices et douleurs. Sa patte gauche vint se poser sur son ventre qui devenait une fois de plus douloureux. Comme à chaque fois qu’il y repensait. Ce taré. Tout ce qu’il avait fait. Zoku étouffa un haut-le-cœur, attendant seulement que son hôte se décide à poursuivre. Ce dernier le dévisageait avec une moue compatissante, comme un père avec son fils. L’image déplaisait au shinobi qui se contenta de détourner le regard pour observer à nouveau l’immense bibliothèque.

- En quoi vous comptez m’aider ? En lisant tout ça ?! Vous êtes tombés sur le mauvais client Père Raton. Je suis pas un rat de bibliothèque.

Il était à deux doigts de l’être au vu de son animal totem. A quelques lettres près et le Yasei ce serait retrouvé comme étant un vieillard adepte du kung-fu et maître de quatre tortues shinobis. Une réalité alternative qu’il préfèrerait ne jamais vivre en dépit de son passé difficile. Il s’aimait bien mieux comme il l’était. Seulement après avoir mentionné sa patrie d’origine, Zoku était de suite moins décidé à écouter ou à épancher sa curiosité. Sans prendre de pincettes pour s’éclipser, il se dirigea vers le chemin qui menait à l’entrée, les épaules voûtées et la tête rentrée dans ces dernières. Ce fut là qu’il tomba sur son jumeau de tout à l’heure. Le fourbe s’était glissé à leur suite et le polymorphe n’avait même pas remarqué son odeur nauséabonde. Il dévisagea avec hargne celui qui représentait vraiment le miroir de sa personne sur l’instant. Il modifia sa trajectoire pour le contourner mais il fut stoppé par une patte tendue en avant. Le Yasei recula à peine mais darda ses perles noires sur la silhouette du raton-laveur.

- Dégage de là j’en ai assez de votre charabia, vous avez passé trop de temps à renifler vos feuilles toi et l’autre tas de gras.

Une fois encore, une ombre imposante se glissa du sol jusqu’au-dessus du crâne du petit mammifère masqué. Il se retourna, toujours couvé par le regard de l’ancien. Zoku commençait à s’impatienter et la colère montait en lui. Son mal de ventre se muait en une haine sourde mais profonde à l’égard de ce duo atypique. Il réalisait en observant son jumeau à quel point il pouvait être désagréable par moment, ne serait-ce que par son faciès insolent.

- J’ai rien à faire ici apparemment alors ciao les blaireaux.

Cette fois, son double ne fit pas dans la dentelle. Il lui sauta à la gorge, canines sorties. Il l’attrapa à la jugulaire en tentant de lui infliger une morsure hargneuse. Zoku ne se laissa pas faire et fit pleuvoir une nuée de coups de griffes sur la gueule de son collègue masqué. Il perçut un grognement de douleur lorsqu’une de ses griffes effleura une matière molle. Il devina avoir touché l’œil et en profita pour sauter à son tour sur son attaquant. Il voulait lui rendre la monnaie de sa pièce en lui faisant subir la même chose. Dents dehors et mâchoire déployée, il allait se venger lorsqu’il sentit un choc très vif au niveau de la joue. Un impact qui le fit virevolter plus loin. Il se redressa bien vite, encore plus remonté après une telle humiliation mais il réalisa que son double n’y était pour rien. Il s’agissait du Père Raton, qui n’avait plus rien à voir avec le gentil papy gâteau qui radote. Ses yeux étaient plissés et son sourire avait disparu en un trait fin d’où on pouvait pourtant deviner quelques canines un peu abîmées mais toujours redoutables.

- Tu as raison. Tu n’as rien à faire ici car tu n’es bon à rien. J’imaginais pouvoir t’offrir un avenir, force est de constater que tu ne le mérites même pas. Disparais, vermine.

Toujours aussi renfrogné mais dissuadé de s’attaquer au gros morceau, Zoku fusilla le raton-laveur du regard avant de le reporter sur son homologue. Il alterna entre les deux et prit la direction du couloir. Lorsqu’il fut hors de leur champ de vision, il se mit à quatre pattes pour courir et arriver plus vite de là où il venait. Il espérait juste que le fameux passage lui permettrait de se tirer de là. mais comme si ça ne suffisait pas, il voulait faire payer à ce grand gourou son insolence. Son amour propre en avait pris un coup et il ne partirait pas sans contrepartie. De retour dans la première salle, il localisa du coin de l’œil un ouvrage plus gros que les autres. Il se précipita dessus pour le tirer de sa place et l’ouvrir au sol. Les différents sigles s’y enchaînaient sans qu’il en comprenne le sens. Cela avait peu d’importance vu son dessein. Il fit pivoter l’épaisse couverture de l’arrière du livre pour se retrouver face aux dernières pages. Prestement, il en déchira quelques-unes qu’il plia avant de les caler dans sa gueule.

Prenant bien garde de ne pas les humidifier, il fila en direction du terrier où il détala aussi vite qu’il pouvait. Les galeries s’enchaînaient et se ressemblaient. Il ignorait véritablement où il se rendait mais il voulait s’assurer de mettre le plus de distance entre lui et cet endroit maudit. Il ne voulait pas y remettre les pattes ou alors ce serait dans le but d’en faire flamber le contenu.

A des lieues du polymorphe, le duo de ratons-laveurs était revenu dans l’entrée de leur domaine. Le livre pris pour cible par Zoku gisait là. Shiyounin s’indigna de cet affront. Il se précipita vers une autre voie que celle qu’ils avaient empruntée tous les trois. Il y était à peine arrivé qu’il fut stoppé d’un simple claquement de langue sur le palais.

- Mais…Archiviste enfin ! Il a profané notre temple !

- Ce n’est rien Shiyounin. Nous aurons l’occasion de remédier à ça. Il n’est simplement pas encore prêt pour ça. En attendant, laisse le s’en aller.

A contrecœur, le raton effectua des mudras et concentra son chakra. Sans le savoir, Zoku venait d’emprunter la bonne voie pour retrouver la surface et son village. Il fut réjoui de retrouver l’air libre alors que sa course l’amenait dans les rues de Kiri tandis qu’un vieux raton-laveur souriait en coin en songeant à lui.
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