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Maîtres et Élève [Nobuatsu Saji]

Nō

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Mer 1 Avr 2020 - 17:57
05h00. Le battement du fer se faisait déjà le métronome solitaire de toute la musique que le matin offrait à ses privilégiés lève-tôt. Quelques oiseaux qui commençaient à s'ajouter aux percussions de la forge avaient réveillé le Xanthe plus tôt que ne le prévoyait son programme. En ce froid mois d'hiver, l'aube se faisait léthargique, nonchalante à son oeuvre lumineuse. Alors il se leva malgré l'obscurité et une toilette rapide acheva de le préparer au départ. Ça n'était pas fréquent de lui que d'être en avance, car à dire vrai il s'efforçait de partir chaque fois à l'exact moment qui lui permettrait d'être pile à l'heure sur place. Évidemment, le résultat était bien souvent un léger retard que d'aucuns attribuaient à son tempérament lymphatique. S'il était ainsi, ç'eût été difficile d'en expliquer la raison : son père était l'inverse complet de son tempérament premièrement visible. Travailleur acharné, strict et même sévère, qui mettait un point d'honneur à respecter la ponctualité et, au goût de Narotama, s'embarrassait bien trop de convenances inutiles. Le temps était quelque chose de bien trop fluide pour s'acharner à lui courir après. On ne réussissait ainsi qu'à s'essouffler. Et avec l'essoufflement, c'étaient les regrets. Son père en était pétris, mais ça c'est quelque chose qu'il ne dirait jamais. Nō ne lui en parlerait non plus probablement pas. Il y avait entre le père et son fils aîné une pudeur masculine, sorte de distance impalpable mais ô combien malheureuse.

Le sabreur finit d'attacher le côté de son kimono vert kaki, sur le dos duquel il avait récemment fait coudre le symbole clanique des Raiden : trois tomoe en cercle qui, disait-on, représentaient l'insigne du dieu de la foudre qu'il aurait gravé sur ses tambours. Par dessus, il enfilait encore son haori noir aux bordures blanches, et à son bras l'insigne de son rang de tōrikushi. Cette promotion récente était venue avec son lot de responsabilités, et s'il n'était encore que chargé de faire respecter l'ordre dans la mesure de ses attributions, Nō s'attendait à bientôt recevoir de nouveaux ordres inhérents à l'unité spéciale et aux problématiques actuelles de Kirigakure. Enfilant ses geta, le jeune homme s'approcha de l'épée jumelle et entrepris d'attacher la momie de métal sur son dos. Le poids de cette arme était aujourd'hui une trivialité. Comme à son habitude, Narotama se glissa par sa fenêtre pour atterrir lestement au milieu de la cour. Les braises soulevées par le travail du métal atteignirent presque son éternel bob strié quand il se retourna vers Tulsidas Raiden et son dos courbé par l'âge et le travail. Seuls lui et Narotama étaient levés à cette heure, dans la petite maison qui bordait les murs d'enceinte et les dangereux marécages brisés… La frontière entre la nature et la civilisation. Cet homme d'une cinquantaine d'années était encore debout malgré une vie de tribulations. Tatouages et musculature saillante, la peau marquée de brûlures et d'autres cicatrices, étaient les preuves silencieuses de sa bravoure. Même avec le salaire décent qu'obtenait son fils, il s'était interdit la retraite, sujet de disputes régulières entre les deux blonds. C'était de lui que le jeune homme tenait la coloration de ses cheveux et, bien qu'on ait du mal à le croire au premier abord, son caractère.

Tulsidas forgeait une lame d'aspect particulier, en forme de grand rasoir et à la pointe plate. De ses mains seules, il modelait le métal à la manière qui avait fait, fut un temps, la renommée du clan à Ame no Kuni : il enrobait ses doigts de foudre pour conférer au métal un tranchant inégalé. Cela faisait plusieurs semaines déjà que Nō le voyait travailler cette arme, sans oser lui demander quel projet motivait tant d'acharnement. Leurs relations s'étaient quelque peu tendues dernièrement. Voir un enfant devenir grand et partir, parfois pas dans la direction que l'on aurait souhaité, c'était difficile. Les affaires aussi l'étaient, depuis qu'une paix relative avait été rétablie à Mizu par le concours des trois clans fondateurs. Bien sûr, cet endroit n'était plus un lieu stratégique pour être trafiquant d'armes comme dans le temps… Mais ses deux fils avaient plus connu ce pays que les grandes tours défiant le ciel du village d'Ame. Tulsidas s'était résigné à la sédentarité, comme beaucoup d'autres de la famille qui l'avaient suivi. Et son aîné portait maintenant l'épée d'un autre.

" Bonjour papa ", fit le Xanthe en brisant le silence. L'homme répondit d'un hochement de tête sobre, souriant en coin. Ça aussi, il le tenait de son père. " Je m'en vais au dojo, le Mizukage m'y a donné rendez-vous ", finit-il en allant ouvrir le portillon donnant sur la rue.

" Va donc ", répondit la voix séchée par le tabac, mais le jeune homme quittait déjà la cour et son métronome de métal. La brume avançait, ophidienne, entre les bâtiments du village. Le froid mordait la peau et au loin se laissait entrevoir la silhouette orangée de l'astre solaire. C'était bientôt l'heure de l'entraînement. Un long soupir vint s'échapper de sous le galurin strié, comme le souffle d'un dragon moribond. Il pressa son pas.

Bien vite, les terrains d'entraînement du dojo lui étaient visibles, et Nō s'avança à la recherche du Cavalier de Feu. Le Mizukage était homme à l'attendre déjà, peut-être même en lisant tranquillement un de ses livres sur l'art de l'épée dont il était le maître. Par dessus la silhouette des bâtiments, le soleil commençait à venir fusiller les lieux de ses rayons. La rosée brillait sous ces derniers, et la brume, lentement, commençait à se dérober.

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Mar 7 Avr 2020 - 16:54
Suite à une mise à l’épreuve réussie qui valut au Xanthe de rejoindre l’équipe Onryô, ayant impressionné le Nobuatsu tant par son endurance que sa capacité à assimiler assez facilement des connaissances, il était curieux de voir comment il réagirait à d’autres exercices et s’il avait vraiment l’étoffe d’un ninja d’élite en devenir. Tout ne faisait que commencer pour Nô, lui qui n’a encore guère connu ses premières missions, peut-être par peur de ne pas être à la hauteur de ce qu’on lui demande, la réalité du terrain étant autrement plus difficile que ce que l’on enseigne à l’Académie. En acceptant d’entrer sous la tutelle du Sabreur, il y avait de grandes chances que celui-ci soit le plus à même de lui montrer comment confronter les situations à venir, tant en tant qu’épéiste, qu’en tant que ninja.

Dans l’enceinte du Grand Hall où brûle le parfum rituel en l’honneur de la blonde guerrière, l’homme tout de noir vêtu se trouvait à genoux dans une parfaite catalepsie laissant flotter son esprit et circuler son flux d’énergie le long de son corps adoptant une immobilité la plus totale. Il avait assimilé les préceptes de la méditation et savait que cette posture lui permettrait de mieux se mettre en communion avec son environnement. Qu’il s’agisse de l’odeur, le son, ses sens s’éveillaient à mesure qu’il respirait profondément dans le silence de la salle, en attendant que l’ouverture soit annoncée.

Très tôt le matin, bien que la veille fut dure pour les muscles et les articulations, moins par manque de repos que par une sédentarisation excessive le forçant à rester plus souvent assis qu’en mouvement, toujours dans une optique de productivité et de fonctionnalité, se consacrer à la pure jouissance sensorielle de son environnement lui offrait un repos inespéré. Du mouvement des feuilles aux premières lueurs du soleil levant sur son épiderme, sa chaleur l’effleurant et le revivifiant jusque dans ses fibres musculaires, décontractant les pores de sa peau et inhalant la brise parfumée du matin hivernal…

La méditation commençait à devenir quelque chose de plus en plus naturel et l’amenait à embrasser la voie du zen à laquelle il empruntait la philosophie. L’intermède terminé, il se releva lentement et prit la direction des terrains d’entraînement, où il attendrait son disciple qui devait arriver d’une minute à l’autre.

Tu es là, Nō.

Le Nanadaime fit un premier pas dans le terrain d’entraînement extérieur à la surface granulée, mais suffisamment plane pour qu’ils puissent y manoeuvrer assez facilement. Des troncs de bois et des cibles étaient disposés sur les bords pour ceux désirant s’essayer au lancer de kunaï ou autres armes de jet. Le même lieu où ils s’étaient rencontrés pour la mise à l’épreuve et l’apprentissages des projectiles affinitaires, il était désormais initié au Raiton et aurait tout le loisir de peaufiner son ninjutsu, que ce soit ici au Grand Dojo ou au Complexe shinobi. Mais aujourd’hui, le Nobuatsu avait prévu pour son élève de lui enseigner une technique plus “pratique” qu’extraordinaire, dans la mesure où il s’en servirait souvent dans son parcours de ninja.

J’avoue que sommes restés très pratiques la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, et je ne t’ai pas vraiment questionné sur ta motivation, ni tes objectifs. Même si pour moi ta seule volonté à subir l’épreuve et la réussir m’a suffi pour t’accepter dans mes rangs. Je pense que c’est le bon moment pour que tu m’exprimes tes attentes à partir d’aujourd’hui. En tant qu’élève, mais aussi en tant que shinobi.

Laissant quelques minutes de parole à son initié, il lui permit d’éclairer ces zones d’ombre en exprimant enfin ses aspirations, ce qui en somme déterminerait son parcours et permettrait aussi d’aiguiller l’enseignement prodigué par le Nobuatsu.

Il n’y aura rien de très extraordinaire aujourd’hui, pas de feu d’artifice à partir de sa lame, pas de découverte de son pouvoir caché…

De son bras gauche, il va chercher une poignée de shuriken qu’il lance subitement dans les airs avant de les regarder tomber comme une pluie mortelle sur leurs positions respectives. Dégainant sa lame, il attend le dernier moment avant d’effectuer une série de coups tranchant le vent avec célérité - du moins c’est l’impression qu’il donnait, faisant doucement résonner sa lame contre chaque projectile à chaque impact qu’il absorbait en suivant la direction du projectile, presque comme s’il les réceptionnait. Un, deux, trois, quatre, cinq. Si la scène était impressionnante et démontrait toute l’adresse du Sabreur masqué, quelque chose d’étrange se produisait: les projectiles n’atterissaient nulle part, et même, ils disparaissaient… A la fin des mouvements, il fit glisser la pointe de sa lame au sol, attirant l’oeil du genin. Les shurikens n’étaient ni sur le sol, ni dans les airs, mais plantés à ses pieds, parfaitement alignés.

... nous apprendrons à faire des parades.

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Mer 21 Oct 2020 - 1:34
Les yeux verts sous le bob rayé, haori mordu par les rappels de blanc comme l'étaient la peau de son menton mangé sous une barbe Xanthe, le jeune ninja avait attendu ici le Nanadaime. Il maintenait son corps hors de l'emprise de la gravité mortifère en repoussant le sol à ses pieds, les paumes posées sur les manches d'Hiramekarei la momifiée. Parfois, il se sentait un peu comme son épée : étouffé sous des bandelettes, si fines mais si contraignantes, porté par un fardeau plus que l'inverse, choisi ou destiné, ne pouvant que se laisser emporter par le courant. " Rien n'est plus fort que l'eau ", disait-on. Ces songes lui laissaient un sourire en coin qu'aurait remarqué le Cavalier de Feu en approchant, car Narotama Raiden, aîné de la branche survivante de son clan de trafiquants d'armes, n'avait pas appris de la vigilance de ses ancêtres. Le Mizukage ne fut pris en compte dans les schémas abscons de son esprit divagant que lorsqu'il en fut tiré de force.

" Nanadaime, bonjour ", lança le Xanthe en voyant celui qui était en tous points son supérieur. Les boucles blondes dansant dans le vent hivernal ajoutaient à cet air d'innocence ahurie que Nô cultivait à certains moments. Comme un enfant dans la lune, comme lorsqu'il semblait vouloir s'extirper de l'emprise de la masse terrestre en poussant sur l'immense épée à ses pieds. C'était peut-être mieux de passer pour plus bête qu'on ne l'était. Son surnom, il le tirait de ce paradoxe. Si " Narotama " était l'épithète d'un dieu lointain, signifiant " Le meilleur des hommes ", son nom d'usage, " Nô ", signifiait " Le cerveau ". Le décalage entre son air idiot, son sarcasme plaisantin, et la complexité des subterfuges qu'il tentait toujours de mettre en place depuis tout jeune, lui avait valu cette satire de prénom. Mais face à son sensei, et Mizukage a fortiori, il n'y avait que peu de place pour le comique et l'humour noir. Ce qui ne rendrait pas plus satisfaisante sa réponse à la question du Nobuatsu. Pour le tôrikushi, c'était là un problème de philosophie complexe qui était posé.

" Mes attentes ? ", répéta le garçon en laissant le temps à l'hiver de leur répondre par la caresse d'une brise froide venant soulever la chevelure du Xanthe comme une main invisible et cadavérique. " Je n'ai rien de plus à demander, si tant est que j'en aie la légitimité, qu'un entraînement de qualité que je sais que vous dispenserez, étant donné votre rang ", conclut-il mielleusement. Comme un bon épéiste, il préférait esquiver plutôt que parer bêtement un coup de sabre ainsi visant la carapace de ses forces motrices. Qu'est-ce qui le motivait réellement ? Qu'est-ce qui le faisait se lever le matin ? C'étaient des questions difficiles. Il se les posait, évidemment, mais n'estimait pas qu'on aime à entendre ses digressions proto-philosophiques et bas de gamme. Cette réponse ne plairait peut-être pas à l'homme masqué, mais Nô osait encore espérer s'en tirer ainsi. Sans doute, pourtant, qu'au jeu des mots aussi le Nobuatsu avait une lame des plus affûtées.

Nô observa le manège quasi-artistique de la lame dansant et fauchant ses cibles avant même qu'elles ne retombent. L'arme fendait l'air avec une belle célérité, très loin de ce que lui permettait d'obtenir la lourde Hiramekarei. En principe, lui aurait plutôt tendance à alléger son arme en la séparant en deux, permettant par la même occasion de protéger différents angles, tout en se servant de la largeur de la lame comme grand bouclier. Cette solution n'avait somme toute rien de complexe, rien de très beau et portait de nombreux désavantages qui rendaient indéniables la nécessité de l'apprentissage de telles techniques. Les Sabreurs étaient généralement craints parmi les bretteurs de tous horizons, et nombre d'entre eux portaient pourtant des lames si lourdes qu'elles auraient dû rendre les affrontements bien plus simples pour le commun des épéistes aux armes faciles de maniement. Nô faisait partie de ces sabreurs aux armes anormalement lourdes, l'effet psychologique étant d'autant plus déstabilisant, mais pour lesquelles il fallait un entraînement adéquat pour être capable de quoi que ce soit.

Ces dernières semaines, Narotama avait passé ses journées à apprendre le maniement d'Hiramekarei. S'il avait toujours connu le froid du métal, de la même façon que tous ceux de son clan depuis des générations, Nô portait auparavant des sabres classiques et autres lames plutôt légères. Son père l'avait d'abord formé au maniement de ces outils de morts, leur milieu de vie obligeant, car à Mizu, à l'époque, il fallait être plus prudents encore qu'ils ne l'avaient été au Pays de la Pluie. La fondation du village de Kiri fut une véritable aubaine pour le commerce familial, qui put s'étendre dans la légitimité la plus totale. Les exploits des Sabreurs face aux bandits qui gangrenaient le pays étaient rapidement venus jusqu'aux oreilles d'un jeune blond qui nourrit bientôt le rêve de les rejoindre.

S'il était talentueux, rapidement plus doué que son père et tous les autres de sa famille, ce n'était pas quelque chose qu'on aurait cru possible pour autant. Nô devint l'apprenti d'une femme qui lui ferait don d'un certain goût pour le raffinement intellectuel : la philosophie, les arts, la littérature, autant de choses que les voyous d'Ame qu'étaient les membres de sa famille ne voyaient que comme une perte de temps. Ces gens étaient plus simples, froids et réalistes, plus terre-à-terre. C'est sur cette double-allégeance, comme les deux tranchants d'une lame, que se construit le garçon. Il développait bientôt un embryon de philosophie personnelle : une philosophie froide et terre-à-terre, mais passionnée de beauté. Le jour du legs venu, il pris la charge du hachoir ichtyoïde. C'était si près et si loin.

Toujours était-il que les techniques qu'il avait développées par le biais de son arme n'avaient rien avoir avec quelque chose d'aussi précis que l'était la réception des armes de jets lancées par le Mizukage.

" Je ne pense pas que mon arme me permette d'aller aussi vite. À moins que je ne pare les projectiles sans utiliser ma lame ", lança le Xanthe, impressionné et réfléchissant déjà à une solution pratique au problème du poids d'Hiramekarei.

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Lun 26 Oct 2020 - 0:33
L’entraînement de ce jour avait pour objectif de développer une technique de base pour son élève, une parade en bonne et due forme sans laquelle il ne pourrait faire long feu dans un combat si tant est qu’il affrontait des adversaires au corps-à-corps. La démonstration du Nobuatsu avait pour but de donner une idée du résultat attendu quand le Xanthe aurait poussé l’art de la lame à son paroxysme, être non seulement capable de voir les projectiles circulant à une vitesse quasi-imperceptible à l’oeil nu, mais aussi mouvoir son bras non seulement à une vitesse supérieur mais aussi dans un timing parfait de sorte à ce qu’une arme d’aussi faible épaisseur qu’une épée puisse intercepter des projectiles si petits. Il suffisait de faire ce constat pour réaliser qu’un tel exploit paraissait presque impossible, du moins pour les épéistes qui n’avaient su maîtriser qu’un aspect de la technique.

Face aux réponses courtes de son confrère et disciple, le Nobuatsu ne fit pas de commentaire quant à ses attentes et se contenta de passer à la suite de l’exercice, s’arrêtant plutôt sur la remarque de l’épéiste qui disait ne pas être capable de manier sa lame à une vitesse suffisante pour dévier des projectiles aussi rapides. Son regard se déposa sur l’énorme épée à deux manches recouverte de bandages qui lui servait d’arme, c’était à se demander comment il faisait pour traîner un tel objet sur son dos toute la journée, la question ne se posait même pas pour le maniement qui devait être particulièrement rude au moindre mouvement. Et pourtant, lors du test que le Mizukage avait fait passé à Nô, celui-ci s’était brillamment illustré en parvenant à maîtriser la technique de projectiles affinitaires qu’il lui avait demandé de reproduire, mais pas seulement. Il lui avait également été demandé de toucher le centre de la cible un certain nombre de fois afin de réussir l’épreuve.

Une épreuve que peu de genins réussissaient étant donné la difficulté qui était élevée à un degré tel que même des chûnins seraient à peine capables d’apprendre en un temps si restreint. Un constat que le Nobuatsu se garde de dévoiler au genin de peur de gonfler son ego, même s’il n’hésitait pas à reconnaître le mérite là où il était dû, il voyait un véritable défaut dans le comportement de l’homme au bob et qui empiétait sur le talent qu’il possédait. Un diamant à l’état brut qu’il restait à affiner.

Tu as réussi à assimiler l’autre technique que je t’avais imposée. Cette fois-ci il s’agit de manier ton épée encore plus rapidement, ce n’est pas une simple parade que je te demande, mais plusieurs… Et cinq fois plus rapide que les coups que tu as pu donner jusqu’à présent.

Il appuyait bien sur le “cinq fois” en montrant sa main afin de faire comprendre à son élève le palier qui lui fallait atteindre pour pouvoir prétendre ne serait-ce que manier son épée suffisamment vite pour bloquer les projectiles. Sans cette vitesse de maniement, il était inutile pour lui d’espérer ne serait-ce que de frôler les shurikens qui arriveraient dans sa direction. Toutefois, bien que cet objectif parut impossible à atteindre pour quelqu’un maniant une arme aussi colossale que l’Hiramekarei, Saji ne montra aucune pitié ou ne chercha pas à se demander si cela était seulement possible physiquement pour quelqu’un de bloquer des projectiles en maniant cette épée. C’était à Nô de lui montrer si oui ou non il était capable de repousser cette limite qui n’était jamais que mentale avant d’être physique.

Tu as un mois pour développer ta force physique et habituer tes bras à manier l’épée comme une lame normale. Du moins suffisamment pour effectuer les mouvements que je t’ai montrés. Voici le programme que je te propose. On se retrouve dans un mois pour voir le fruit de tes efforts, si tu ne réussis pas ces exercices, ce ne sera pas la peine de revenir me voir pour la suite.

Dans la liste d’exercice qu’il lui remis, il était questions d’entraînements au quotidien avec un jour de repos par semaine. Les exercices alternaient entre des coups donnés dans les eaux stagnantes des Marécages Brisés afin d’habituer ses fibres musculaires à l’impact des coups, ensuite il s’agissait de frapper un arbre à plusieurs reprises en tâchant de toucher précisément le même endroit. Pour finir, il était question d’attraper des poissons dans une rivière avec ses mains, jusqu’à ce qu’il réussisse à en attraper cinq par jour. Un programme physique draconien qui mettrait son disciple en condition pour les futures techniques de kenjutsu qu’il assimilerait, à défaut de quoi il serait toujours handicapé par le poids de son arme.



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Lun 9 Aoû 2021 - 0:09
Alors qu’il lui remettait son ordre d’entraînement, Nō tentait de deviner à travers le masque l’expression que pouvait avoir le Nanadaime Mizukage. Il savait qu’il lui en demandait beaucoup. Vraiment beaucoup. Hiramekarei était tel qu’elle était : un grand hachoir ô combien puissant mais tout aussi peu maniable qu’il était redoutable. Narotama n’était pas sûr qu’atteindre une aisance suffisante pour la manier comme un simple katana soit possible, mais si le Cavalier de feu lui demandait de faire ses preuves… En ce cas il donnerait tout ce qu’il avait. Et s’il possédait bien une chose, c’était la hargne des fous et des inconscients. Le porteur de l’épée jumelle ne pouvait s’empêcher de sourire en coin, recevant le papelard où était noté le programme prévu par l’Ombre de la Brume, révélant ses dents de squale. Soit le Mizukage avait confiance en ses capacités, soit il essayait de se débarrasser de lui. C’était au choix. Narotama croyait cependant en la première option. Son combat contre Ikaku Jiro, le porteur de Kyameru, avait effectivement révélé le désavantage que constituait sa lenteur d’exécution face à un autre épéiste. S’il voulait transcender l’art de l’escrime, à la manière des plus grands ayant manié l’arme ichtyoïde, Nō ne pouvait échouer.

Il se contenta d’un hochement de tête, sobre, avant de saluer le Mizukage pour se mettre sans attendre à l’entraînement. Alors qu’il traversait le village et sa brume opaline, le genin revoyait sa maîtresse d’autrefois : Totsugi Isuke, qui avait préféré le devoir de mère à celui de kunoichi, et qui maniait Hiramekarei comme si cette immense lame n’était qu’un bout de chiffon ou un vulgaire sabre en bois. Sa maîtrise d’Hiramekarei était quasiment symbiotique, et lorsqu’elle combattait c’était comme si deux adversaires se trouvaient en face, l’un féminin et raffiné, l’autre monstrueux et brutal. Totsugi avait atteint cette sorte de cohésion de l’âme avec l’esprit de la bête bicéphale, à la puissance inhumaine. Nō n’était même pas sûr que le Watanabe, Chiho, qui un jour lui aussi porta cette arme, ait atteint un tel niveau de maîtrise malgré son lignage commun avec la défunte Shiori. Il était des combattants dont le talent surpassait toutes les limites qu’un simple corps pouvait allouer à son détenteur. Ces êtres d’exception marchaient sur le monde comme des superprédateurs ou des demi-dieux capables des plus grands miracles et des pires atrocités. Mais pour atteindre ce stade, leur route avait-elle été si simple ? Existait-il des génies inégalables et inégalés, ou bien pouvait-on, par la force du travail, surpasser les héros des temps jadis ?

Nō ne savait rien de tout cela. En ce qui le concernait, il avait triomphé de son père d’abord. Vieux et fatigué qu’il était. Puis il avait survécu à l’épreuve des lames et réussi à dompter – bien que très partiellement jusqu’alors – l’esprit d’Hiramekarei. Enfin, il avait réussi l’épreuve imposée par le Nanadaime, et accédé au rang d’élève du plus grand épéiste de sa génération. Cela lui suffisait pour démontrer par l’empirisme qu’il était capable de relever le défi. Echouer n’était pas une option qu’il se proposait, se refusant à perdre l’honneur immense que constituait sa prise en charge par le Cavalier de Feu en personne. Etrange personnage que le porteur de Baransu, sombre et taciturne, un dirigeant comme la Brume devait en avoir… Mais chez qui Nō pensait sentir une sorte de bienveillance, au moins à son égard. Difficile d’en juger réellement. Lui qui ne voulait pas d’une vie trop simple, empoisonnée par le miel avilissant de l’immobilisme, il avait sans doute trouvé le meilleur sensei possible.

L’homme à l’éternel bob finit par atteindre les marécages brumeux, à l’exact endroit où il avait affronté l’Ikaku, quelques temps auparavant. Un beau combat, mais un combat dans lequel il avait rapidement trouvé ses limites. Le jeune homme semblait animé d’une détermination extérieure à lui-même, tant son allure tranchait avec le tempérament lymphatique qu’il aimait à présenter à la face du monde. Sa posture était droite, révélant la largeur assez impressionnante de ses épaules, fruit du travail déjà fourni sur son corps afin de parvenir à maîtriser son arme. Le Xanthe serrait les dents, sachant bien que les quatre semaines qui l’attendaient seraient marquées par le sceau de l’abnégation dans la douleur. Des conditions qu’il acceptait avec fierté, si elles lui permettaient de poursuivre son entraînement auprès du numéro 1 des Epéistes de la Brume. Narotama Raiden tira la grande épée de son dos et, d’un coup sec, y insuffla de son chakra qui se transforma en énergie soulevant les bandelettes de la momie d’acier. Son sarcophage d’opale ouvert, le monstre marin à deux têtes pouvait affronter la rudesse de cette épreuve avec son maître.

C’est ainsi que se déroulèrent les jours pour Nō, qui enchaînait sans la moindre lassitude les exercices imposés par le Mizukage. Les eaux fangeuses des marécages brisés n’avalèrent pas sa volonté, pas plus que les solides nœuds des arbres ne fracturèrent sa détermination, tandis que les poissons des cours d’eau de Kiri ne purent pas non plus glisser sous ses doigts en emportant avec eux sa rage de vaincre. Chaque jour, négligeant parfois le repos que préconisait le Mizukage, Nō s’activait. Il se sentait harassé, mais plus fort à chaque fois. Petit à petit, l’homme au bob parvenait à s’imposer la discipline martiale que cherchait à lui inculquer son sensei. Au Diable les facilités, au Diable le talent. Maudites soient les prédispositions qui lui avaient rendu la vie jusqu’alors trop facile. C’étaient elles qui avaient endormi ce feu en lui. Le fils Raiden ne savait pas s’il était prêt, quand se leva le soleil annonçant la fin de son temps de préparation. Et malgré cela, c’était presque déjà fier de lui qu’il arrivait au Grand Dojo, pour retrouver le Nobuatsu au lieu convenu.

Les bras gonflés par l’entraînement, de la corne lui tapissant les doigts à force de les soumettre aux chocs répétés de son épée, Narotama Raiden patientait dès l’aube, ayant gagné une première bataille contre ses doutes. Désormais, il ne lui restait plus qu’à vaincre au jeu retors que lui imposait son maître.

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