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Le jour où naquit l'infamie de « l'Impériale »...

Shinrin Shinpachi
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Sam 4 Avr 2020 - 15:30
PAYS DE LA FOUDRE | 雷の輝かしい土地


« Entendu, Mon Capitaine. »

Sans plus de mot, sans palabre, sans manière, la conversation fut rompue. Le lien qui l’unissait à son supérieur fut alors distendu, rongé par le sens du devoir.

« Shinpachi… l’homme est fait pour l’ordre…
- … quand il l’oublie, l’ordre se venge. »


Réalisant que sa présence était désormais fortuite, le nébuleux zélote de l’Empire du Feu baissa la tête, puis joignît ses mains : la paume vint couvrir le poing comme si l’on enrobait une arme de guerre dans un drapeau blanc, un geste symbolique d’une paix réciproque. Un geste qui voulait dire au revoir. Peut-être adieu. Aussitôt après avoir salué le Capitaine, il disparût d’un trait. L’autre demeura seul, pensif, lorgnant une immense carte placardée sur un mur, devant lui.

Il n’accordait aucune confiance à son lieutenant.

____________________________________


Kumogakure. Ce qui était autrefois la célèbre Cité des Sciences du nom de Shitaderu s’était transformée avec les années pour devenir la terrible Cité cachée des Nuages portant un nom emblématique qui résonnait sans cesse depuis quelques temps et en disait long sur toute la brume qu’il pouvait y avoir autour des mystères de cette communauté. Par ruissellement, cet état de fait convenait plutôt bien au Lieutenant de l’Unité Impérial. Lui-même avait mis un drapeau de sang entre ses paroles et ses intentions réelles. Cabalistique était sa définition. Son esprit pouvait paraître insondable même pour un Yamanaka… du moins, en apparence.

Son long manteau noir glissait dans ses pas, une capuche trop large tombant ténébreusement sur un masque confectionné par ses propres mains et qu’il avait mis à la place de son visage, pour que son identité se dérobe à la faveur d’une autre. Sous cet angle, il était Satetsu Soji. Une identité qu’il avait inventé de toutes pièces en se renseignant sur les décès du côté kumojin. Mais la feinte n’avait qu’un temps. Alors qu’il bifurquait, il approcha sa main de son faciès et, quelques simples mundras plus tard, il le déforma pour devenir un autre. Nishiki Pan. Un soldat du Teikoku dévoué, originaire de Hi, et qui ne possédait à priori aucun talent ninja. Une autre identité qu’il avait choisie pour camoufler la présence du Lieutenant qu’il était en réalité.

Shinrin Shinpachi était encore, selon les rumeurs, à la capitale de Hi ; mais Soji et Pan, eux, arpentaient bel et bien les rues de Kumogakure.

La stratégie développée par le mystérieux espion était celle d’une discrétion presque totale. Même à ses propres compatriotes, il n’avait accrédité que peu de chance de pouvoir en apprendre plus sur lui, en prenant la décision de ne pas accorder sa confiance ; qui pouvait dire si un jour, il n’aurait pas à utiliser ces pseudo-identités pour enquêter secrètement sur d'autres Teikokujins au bénéfice de son Unité ? N’importe qui, au Teikoku, pouvait être un traître ; autant qu’il y avait de mercenaires, il y avait des opportunistes déloyaux susceptibles un jour de trahir la cause pour laquelle ils avaient soi-disant voué allégeance. Le risque était trop grand, même au sein de sa propre institution : alors, il se devait de rester une ombre pour tous.

Sa propre section, le Kotsuzui, n’avait pas connaissance de ses identités déviées, ni des missions qu’il poursuivait dans l’ombre. Il n’avait fait qu’annoncer sa présence à titre restreint, arguant devoir régler des choses en interne d’un point de vue plus « politique » ; un prétexte que tous les membres de sa section avaient bien compris, décelant le mensonge qu’il y avait derrière cette revendication et comprenant, par cette même logique, que Shinpachi exprimait des doutes même vis-à-vis d’eux, et pouvait tout aussi bien leur tendre une embuscade.

Pour chacun d’eux, la mise en garde du Shinrin se répétait sans cesse dans leur tête : je ne serais pas garant de votre sécurité. N’était-ce pas une façon de dire, à demi-mot, qu’il pouvait tout aussi bien devenir la cause de leur mort ?

Telle était l’Unité Impériale. Chacun n’y avait une place qu’à titre précaire ; et de façon plus large la tendance était d’admettre que nul n’était irremplaçable avec tout ce qu’il y a de cruel dans cette affirmation. Tout au contraire. Les ambitions des uns et des autres pouvaient fort bien devenir de l’engrais pour différents complots au sein même de l’Unité ; tourmente dont s’était rapidement enquis le zélote du Feu du clan Shinrin une fois qu’il eut été propulsé au rang de Lieutenant. Tourmente qui justifiait sans doute que Jiguro lui-même, le Capitaine de cette mystérieuse composante de l’Empire basée sur tant de secrets que de leurres, tant de mensonges que d’informations profanes, n’accordait qu’une confiance illusoire à Shinpachi, quand bien même lui eusse-t-il été recommandé pour sa loyauté envers l’Empire.

En l’Empire. Pas envers lui.

Shinpachi, lui-même, savait parfaitement qu’il y avait anguille sous roche derrière sa mobilisation et l’étrange distance que cherchait à conserver son commanditaire. Comment croire que Jiguro ne s’intéresserait pas à la Résistance ? Il y avait trop de fertilité dans ce contexte-là pour que la situation n’appâte un de ces dévots conspirateurs jouant avec les ficelles de la rumeur comme avec les cordes d’un instrument. C’était une évidence. La Résistance était séduisante pour un courtisan du secret. Beaucoup trop séduisante pour être ignorée.

Qui pouvait garantir à Shinpachi que l’un des Shikyukei-bû (autrement dit les cervicales, soit les sept membres qui composaient la section du Kotsuzui*) sous ses ordres n’était pas officieusement l’atout caché de Jiguro ? Comment ne pas être attiré par l'idée de pouvoir prendre la place d'un Lieutenant en destituant ce dernier de son assise ? Jiguro n'avait-il pas réfléchi à une mise à l'épreuve pour son nouvel associé, de sorte à tester sa fidélité ?

Nishiki Pan passa dans une ruelle, puis reparut en plein milieu d'un boulevard. La nuit aidait à camoufler ses traits, ainsi qu'à n'être qu'un murmure dans le soir. Il se figea en voyant une silhouette qui ne lui était pas inconnue ; et pour cause, c'était celui-là qu'il recherchait.



HRP:
 

* Kotsuzui (littéralement « moëlle épinière ») : le Kotsuzui est une section fondée par Shinrin Shinpachi, sous impulsion de son Capitaine Taizen Jiguro, durant l’hiver 204 suite à l’examen impérial, pour faire face à la Résistance. Elle est composée de très peu de membres dont l’identité n’est connue que du Capitaine et du Lieutenant qui les dirigent. Les membres du Kotsuzui sont nommés les Shikyukei-bû (« cervicales »).


Dernière édition par Shinrin Shinpachi le Mar 12 Mai 2020 - 3:28, édité 1 fois
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Ami
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Dim 12 Avr 2020 - 18:14
Les Nuages dorment, bercés par les montagnes encerclant la cité. Au cœur de la nuit, quelques patrouilles circulent encore dans les ruelles. Dans l'obscurité, l'union parfaite entre l'Empire et la Cité de Kumo se produit : il n'y a pas de civils hostiles au régime, ni de farouches soldats luttant contre leurs démons intérieurs. Il n'y a que le silence, et des ombres.

Parmi ces ombres, l'une d'elle évolue calmement vers une ruelle. Sa démarche et sa silhouette sont quelconques. Sa silhouette est celle d'un autre, peut-être de personne. Son enveloppe n'évoque rien, surtout sous le filtre nocturne. Évoluant à travers le voile du borgnon, il avance dans des ruelles désertées par la surveillance de l'Empire. L'appel de la Flamme guide ses pas. Soudain, il s'immobilise. Il sait que les gardes passeront bientôt dans la rue d'à côté. il patiente, ne faisant qu'un avec son environnement. Il se fond dans les ombres. L'instant d'après, il poursuit son chemin ésotérique.

Il continue silencieusement, guidé par le trajet des soldats de l'Empire, sans que jamais son propre trajet n'épouse le leur. Seul l'écho de ses pas sur le pavé de la rue résonne autour de lui. Bientôt, il approche d'une ruelle. Puis d'un boulevard. Vide au premier au abord, il lui suffisait de tourner la tête au bon endroit pour apercevoir une silhouette. La nuit noire efface les visages. Les seuls nuages encore éveillés dévorent la lumière sélénite. Dans cette rue déserte, il ne reste alors que deux anonymes épousant les ombres.

« Je suis ici, comme vous l'avez demandé. »

Son visage se tourne vers celui de son interlocuteur. Son regard invisible crible désormais la silhouette qui lui fait face avec intensité.

« Pourquoi vouliez-vous me voir ? »

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Ven 17 Avr 2020 - 20:25
PAYS DE LA FOUDRE | 雷の輝かしい土地


Distorsion. Dès l’instant où ils se rencontrèrent, une aura de mystère ceignît les deux individus avec autant de brume que de doutes quant à leurs attentes respectives. Shinpachi, sous le sobriquet de Pan, ne laissa rien transparaître de ses intentions et se contenta d’une inclinaison de tête sommaire pour saluer son partenaire. Le ton employé par son visiteur en disait déjà long sur lui. Il avait parfaitement compris que ce qui se passait dans l’ombre des ombres devait demeurer à sa place : bien bas sous la voile de vérité, encore plus bas que les mensonges, plus enfoui que les complots. L’intrigue qui étendait ses plumes autour du Shinrin et de sa section du Kotsuzui avait une tendance de charognard, du genre profane et peu recommandable. Pragmatique, surtout. Subtile dévotion aux non-dits.

De son silence naquirent les germes du mystère. Il scruta son vis-à-vis comme s’il contemplait une œuvre d’art, s’efforçant de repérer chaque détail. Ses iris, d’ordinaires rubicondes, prenaient avec son masque une teinte plus auburn, rappelant l’écorce dont il était secrètement maquillé pour découdre les traits de son visage ; et s’offrir un air différent, plus vieux, plus sec. Clownesque art d’une dissimulation faciale fort bien maîtrisée. L’apparence cela dit n’était qu’une partie de cet art ; pour alimenter la scène, il savait parfaitement choisir ses mots. Il s’agissait, là aussi, de quelque chose de très subtil qui exigeait d’un être tel que lui une certaine sagacité : mieux que mentir, il devait déguiser la réalité de sorte qu’elle apparaisse comme indiscutable. L’exercice était particulièrement complexe. D’autant qu’il était à mille lieu de penser qu’Ami, symétriquement, était tout aussi fantasque.

Il ignorait qu’en piochant ce personnage, il se penchait métaphoriquement parlant au-dessus de l’eau et se trouvait face à son propre reflet. Mais les cartes étaient distribuées. La situation réclamait une entame. Ami, en particulier, ne semblait pas vouloir y aller par quatre chemins ; tant mieux. Shinpachi préférait agir de façon efficace et rapide. Il distillerait le poison de sa machination à travers celui-là ; et toucherait, avec bon espoir, son propre maître.

Jiguro était sa cible.

« Soldat. Je suis Pan, de l’Unité Impériale. Je vous invite toutefois à me nommer par un surnom dès à présent : je serais la Squille. Une sorte de mante-religieuse des fonds marins... Je vous ai convoqué dans le cadre d’une mission organisée par le Capitaine de l’Unité Impériale. Taizen Jiguro. »

Il laissa à son interlocuteur un instant pour mesurer le poids de ses paroles. Faire directement référence au Capitaine de l’Unité Impériale était quelque chose qui inévitablement ne pouvait que mettre une grande tension dans le débat. Tel Icare, ils risquaient de se brûler les ailes. Mais Shinpachi avait déjà quelques idées en tête.

« Je ne peux malheureusement pas confier cette mission à n’importe qui. Vous devez avant toute chose me prouver que vous êtes capable d’honorer notre contrat et de travailler avec nous. Je vous propose donc une première mission : trouver le Capitaine Taizen Jiguro. Lui-même. »

Cette simple idée le grisait. Une certaine excitation germa en lui, toute proche du cœur, chaude et électrique. S’il parvenait à étendre son réseau de la sorte, peut-être une bonne surprise pouvait-elle débusquer Jiguro. Il avait d’ores et déjà dégoté deux autres associés ; celui-là était le troisième, et dernier. Lui permettrait-il de répandre sa toile ?

« Si vous acceptez, je vous décrirais le protocole de notre collaboration. J’insiste pour que vous compreniez que cette mission nécessite une certaine discrétion de votre part : ne révélez pas nos plans, ni vos actions, à personne d’autre que moi. Nous sommes dans le cadre de la plus haute confidentialité. Au moindre faux pas, vous iriez au devant de sérieux ennuis. »

Rien de moins qu’une menace de mort, implicite.

« Qu’en dîtes-vous ? »




Dernière édition par Shinrin Shinpachi le Mar 12 Mai 2020 - 3:29, édité 1 fois
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Ami
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Dim 26 Avr 2020 - 12:59
L'ombre couvrait son visage. L'obscurité était son masque. Un nuage passa. La lumière s'en échappa et révéla une noirceur plus profonde encore.

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La silhouette écouta attentivement la voix qui l'avait invoqué ici. Il parlait d'une mission. Au nom de Taizen Jiguro. L'actuel capitaine de l'Unité Impériale. Ami redoubla d'efforts pour comprendre le contexte nébuleux que présenta la Squille. Son nom sonnait d'ailleurs faux. Mais Ami s'abstint pour l'heure de lui faire remarquer. Il attendit le moment opportun pour lui faire signaler.

La Squille imposa une condition sine qua none à leur collaboration, avant d'aller plus loin. Une garantie, une assurance même, de poursuivre la tâche d'Ami dans l'Impériale sans courir le risque de semer les graines de la discorde. Au nom de Taizen Jiguro, il fallait donc le… retrouver ? Le mystère ne fit que se renforcer dans cette réunion nocturne. Pan, dit la Squille, consolida cette entrevue dans le secret absolu. La confidence était le mot d'ordre de cette discussion, et plus précisément de cette mission clandestine. Mais l'homme masqué ne cherchait pas à se reposer uniquement sur la simple compréhension de son allocuteur. Une épée invisible pesait au-dessus de ses épaules à présent : celle des représailles.

L'orateur engageait dès à présent son intégrité pour satisfaire les sombres machinations de l'Impériale. Pourtant, il était là, impassible, les mains dans le dos. Il n'avait pas bougé d'un cil depuis le début de la rencontre. Ami avait toujours bien tendu l'oreille tout au long. Aussi, lorsqu'il marqua une pause significative entre la question finale de la Squille et sa réponse, c'était pour accentuer son intervention.

« Je comprends. »

Nouveau silence. Ami en profita pour délier ses mains de son dos. L'envie d'accompagner le geste à la parole le démangea, mais il s'en abstint, pour rester fidèle à son personnage. Ce soir, il n'était qu'un masque. Un masque à la solde de l'Impériale. Au plus près du Teikoku.

« J'accepte votre mission, Shakomoku-san. Servir l'Unité Impériale, c'est servir les intérêts de l'Empire au plus près, et à cet égard, j'accepte volontiers cette mission. »

Ami ajusta le masque sur son visage. Les deux lueurs blanches qui constituaient son oeillade restèrent toujours aussi fascinantes et inquiétantes à la fois.

« Si l'accent a été mis sur le risque de cette mission, et la confiance qui doit résulter de notre collaboration, alors je tiens à avoir quelques… garanties. J'ai bien conscience de travailler pour le compte de Taizen-taishō, toutefois, qui se cache derrière le masque de Pan pour me demander cette mission ? Vous comprendrez qu'il est logique que je sache pour qui je travaille, avant de me lancer dans pareille entreprise. Et cela implique de connaître l'identité celui qui transmet les ordres. »

Une brise nocturne fit office de pause, accentuant la gravité de la situation. Encore à présent, la ruelle où se trouvaient les deux hommes resta absente de gardes.

« La résistance est une réalité, ici, dans la cité des Nuages, Shakomoku-san. Elle gangrène les intérêts du Protectorat, corrompt le peuple. Et la crainte d'une taupe parmi les rangs du Teikoku m'empêche d'aller plus loin dans cette mission sans l'assurance que cette mission sert purement les intérêts de l'Empire, loin d'une quelconque manipulation orchestrée par un ennemi de l'intérieur. »

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Lun 27 Avr 2020 - 10:47
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L’albe perle régnait sur son écrasante voûte noire où scintillaient difficilement les poudres d’étoiles clairsemées, du fait des nuages gras et pompeux qui envahissaient le toit du monde. Le royaume des ténèbres tombait jusqu’à ceindre les deux individus qui, dans l’ombre de toutes choses, s’enfonçaient secrètement dans la toile du complotisme notoire de l’Unité Impériale.

Pan face au soldat. Le soldat face à Pan. La nébuleuse du doute.

Dans la pénombre de l’espace confiné où ils échangeaient désormais, semblable à quelque grotte ou quelque entaille tellurique propices aux plus noires et profanes aspirations, les deux hommes échangèrent tant leurs plans que leurs intentions ; mais, sous leurs masques respectifs, les deux individus avaient gardé une part de secret qu’il était judicieux de conserver jusqu’à la toute fin du contrat qui les lierait. Un contrat dans lequel, maquillé sous le serment, la mort avait glissé tel un pinceau invisible pour écrire les clauses décrivant l’assurance de sa présence en cas de défection. Pour l’un, ou l’autre. Promesse d’un destin sans suite.

Le Lieutenant ne bougea pas, dévorant du regard son interlocuteur, analysant avec patience ses arguments. Il n’était pas dupe. Il se révélait même assez subtil, malgré son intérêt pour la mission, en tentant de pousser son contracteur à se dépecer de sa fausse peau. Cela n’était pas envisageable malheureusement.

« Nous écraserons cette résistance en temps et en heure, si du moins nous parvenons à réunir autant de force que jadis. L’affaire n’est pas simple cependant. Le chaos qui sera le fruit d’un possible soulèvement ne nous aidera pas à savoir qui est dans notre camps, et qui ne l’est pas. Raison pour laquelle il nous appartient, avant toute chose, de réunir les éléments capables d’espionner ce mouvement, sans lui nuire ; il n’y a qu’ainsi que nous pourrons les prendre par surprise. »

Il tourna la tête.

« Quant à ce qui vous concerne directement… vous vous doutez bien que je ne peux me permettre de vous révéler ma véritable identité. Je vous propose toutefois une autre forme de garantie : il y a, ici, une section secrète de l’Unité Impériale, nommée le Kotsuzui. Gardez cette information pour vous. Votre travail servira directement les intérêts de cette section. Ce secret est encore plus important que ma véritable identité. »


Dernière édition par Shinrin Shinpachi le Mar 12 Mai 2020 - 3:29, édité 1 fois
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Ami
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Dim 3 Mai 2020 - 13:03
« Le Kotsuzui, donc… hum. Votre cœur semble dire vrai. »

La guerre des anonymes continua au clair de la nouvelle lune. À défaut de révéler sa réelle nature, la Squille sacrifia un de ses propres os pour être rongé par Ami. Fidèle à lui-même, le masqué ne laissa transparaître aucune réaction. Encore moins expressif qu'un des murs qui dissimulaient le tandem dans l'ombre.

« Je vous fais confiance quant au reste, Shakomoku-san. Mon inquiétude au sujet d'une taupe ne concernait que cette discussion. La question de la résistance sera inévitablement traitée, mais n'est pas de mon ressort à l'heure actuelle. »

Il leva les yeux au ciel. Un léger courant d'air traversa la ruelle, portant avec elle le silence de la nuit. Aucun garde à l'horizon ne vint perturber leur entrevue secrète aux allures de cabale. Ami s'en assura une énième fois d'un coup d’œil. L'assurance constituait le maitre-mot de cette discussion, aussi bien dans les faits, que dans les propos. Ami traitait avec un émissaire de l'Unité la plus imbriquée dans la vie de l'Empire. En acceptant cette entrevue, il consentait à s'enfoncer dangereusement dans les abysses du Teikoku. Les braises les plus noires et froides, support abscons sur lesquelles reposait la Volonté du Feu. Après une brève vérification des alentours, il posa à nouveau ses pupilles masqués sur la silhouette de la Squille.

« J'aurais souhaité meilleure garantie de votre confiance, mais pour l'heure, je m'en contenterai pour considérer ma participation à la recherche de Taizen-taishō. La confiance se construit mutuellement avec le temps. Aussi suis-je disposé à entendre les modalités de cette mission que vous me confiez, afin d'honorer mon engagement envers l'Unité Impériale. »

Le nom du Kotsuzui fut englouti dans la conversation. Ami s'assurait de ne plus aborder le sujet, afin qu'il retourne à l'état de secret.

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Mar 12 Mai 2020 - 11:40
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Ainsi dans la nuit naquit l’infamie de l’Impériale, mobilisant toutes les ressources vives encore présentes à Kumogakure non pour abattre cette Résistance qui se répandait en tracts légers, mais bel et bien pour profiter d’un terrain fertile aux mascarades, aux complots de toutes sortes, aux machiavéliques et pernicieuses corruptions auxquelles le Lieutenant venait secrètement de convier son partenaire de la nuit. Se douter qu’il y avait anguille sous roche derrière cette mobilisation était presque de l’ordre d’un réflexe naturel et il ne fallait pour comprendre l’avilissement de ces hommes des ombres avoir fait de longues études ; seules quelques paroles mariées à certaines mises en gardes suffisaient à saisir que ce qui se tramait derrière la toile n’était autre qu’une réalité qu’on ne voulait pas voir, ou pas montrer.

S'étant abreuvé silencieusement de cette noirceur qui caractérisait littéralement l'aura de l'Unité Impériale, celui qui venait d'accepter de mener une enquête pour débusquer Taizen Jiguro avait consenti en même temps à enlacer tous les périls qu'il pouvait espérer. D'une certaine manière, il fallait être aussi sombre et vicieux que ceux de cette Unité pour accepter de collaborer avec eux en rentrant dans leurs manipulations. Dès lors, nul n'était victime et tous étaient coupables de leurs choix. Shinpachi, derrière le masque de Pan, continua d'observer son vis-à-vis.

« Un miroir fendu. Ce sera notre façon de nous réunir. Ceux qui d’aventures seront amenés à collaborer avec vous le déposeront négligemment contre un mur de l’Assemblée Calcinée, discrètement ; l'éclat devra se situer en haut à gauche et nulle part ailleurs, ne vous laissez pas piéger par un leurre ; lorsque vous le verrez, cela signifiera que vous serez attendu à cet endroit, le lendemain à la levée du jour. Il se pourrait que d’autres informations vous parviennent. Pour l’heure, tout ce que je peux vous révéler, c’est que notre Capitaine est quelque part dans ou autour de la cité et qu’il cherchera à collecter des informations sur les conditions de notre collaboration. »

Il marqua une pause avant de reprendre.

« Vous ne devez rien dire. Comprenez que vous êtes aussi dans une mission qui nécessite de savoir si vous savez garder vos secrets pour vous. Nous ne pourrions confier cette tâche à un homme qui se trahirait trop vite. Méfiez-vous particulièrement de Jiguro et ne faîtes pas d’erreurs, c’est un homme habile en complots et en discours qui aura vite raison de votre naïveté si d’aventures vous étiez amenés à le croire. »

Mais ce n’était pas tout.

« Il vous faudra donc considérer la Résistance comme un support dans un premier temps et non comme une fin en soi. Vous agirez à votre guise, tant que vous parvenez à collecter des renseignements sur lui. Vous pouvez tout aussi bien utiliser de tierces personnes que mentir en prétendant détenir certaines informations susceptibles de l’intéresser. Peut-être même pourriez-vous prendre le risque de dire que vous avez certaines révélations à faire sur une certaine section de l’Empire, mais que vous ne pouvez les donner qu’au Capitaine de l’Unité Impériale… à vos risques et périls, bien entendu. Tout ce qui compte, c’est le résultat. Sur ce… »

Il s’inclina.

« … je vous laisse vous divertir dans cette épreuve. »

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