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Les petits pantins de bois.

Hitori Hondô
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Ven 10 Avr 2020 - 23:46
Les petits pantins de bois. 200328053606350633

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‡ LES PETITS PANTINS DE BOIS ‡
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rokkusu, été 195.
Hitori Hondô.

J'avais neuf ans. Neuf ans et, comme d'habitude, tout les samedis matins je me dirigeais avec Papa vers un étang dans la périphérie de Rokkusu, qui ne savait pas encore que ce nom ne serait plus qu'une relique beaucoup plus tard. Papa fumait sa pipe en forme de pomme et moi, tout excité que j'étais, je faisais des tours autour de lui. J'adorais ses instants que l'on passait tout les deux et encore plus lorsqu'ils étaient réguliers comme c'était le cas à cette époque.

Papa et moi étions réveillés depuis l'aube, c'était de lui que j'avais pris cette habitude une fois adulte, et je me souviens avoir préparer la veille ma besace et aussi d'être atteint d'une insomnie familière comme tout les moments de ma vie que j'attendais avec impatience. Je me souviens, j'avais une insomnie la veille du jour où j'allais officiellement m'inscrire dans l'armée Iwajin.

Cette aube la, cette aube si particulière, je savais que jamais je ne l'oublierais car même si ces sorties étaient régulières, un évènement qui allait se dérouler ce jour-là allait changer pas mal de chose dans ma conception de la vie. La rosée du matin était visible et très perlée, l'odeur des muguets ennivrait mes narines et la douce mélodie des piverts qui s'amusaient à bécoter l'écorce des arbres me transportait à mille lieues de la ou j'étais. Ce paysage exquis digne des récits que des parents pouvaient racoter à leurs progénitures allongés sous les draps de leurs nids douillets semblait irréel et pourtant, maintenant que j'y pense, il ne s'agissait la que d'un paysage annonciateur de la sensation que j'aurais ressentis quelques heures plus tard.

Pendant le chemin, mon père et moi discutions de ce que nous espérions attraper sur l'étang ce jour-là. Nous faisions le bilan des deux précédentes sorties peu lucratives, et plus particulièrement la dernière, où mon père avait attrapé une misérable carpe en fin de journée, carpe qu'il s'est précipité à remettre dans l'eau tant l'humiliation de rentrer avec un pauvre poisson était plus grande que de rentrer sans. Alors que moi, de mon côté je n'avais même pas eu l'occasion de tirer sur ma canne tant les poissons me faisaient visiblement la tête. Je me souviens d'ailleurs que pendant cette dernière excursion, j'avais les larmes aux yeux tellement j'avais de la peine a voir mon propre père avoir du mal à attraper ces poissons. Evidemment, cela, je ne lui disais pas. Je lui disais que j'étais triste parce que je n'avais pas mit la main sur un seul poisson. Mais il n'attendais pas pour me rassurer et me dire une phrase qu'il me répétait très souvent et qui était ancré dans mon coeur pour toujours : " Mon petit Hondô, le succès c'est d'aller d'échec en echec sans perdre son enthousiasme. Ce que nous avons ratés aujourd'hui, nous le réussirons demain d'une manière ou d'une autre, dans un domaine ou un autre. " Ces yeux brillaient et souriaient, l'enthousiasme, lui, en avait à ne plus savoir quoi en faire. Il se disait surement que passer du temps avec son enfant lui était plus cher que quelques poissons au fond d'un étang. Mais ma naïveté qui allait de pair avec mon âge m'empêchait de voir les choses sous ce prisme la.

Nous nous motivions en nous disant que cette fois-ci, c'était la bonne et que nous allions bien manger le soir venu. Avant de nous rendre à l'étang, nous devions obligatoirement passer par le secteur des activités commerciale du village. Pour acheter appâts et de quoi nous désaltérer durant cette journée. C'était à cet endroit que mon père m'avais laissé seul car il avait une course rapide à faire. Et c'est au loin que j'avais aperçu pour la première fois une nouvelle échoppe avec un visage qui ne m'étais pas familier. Mais cette échoppe avait la particularité de mettre en vente différents types d'armes comme sabres, épées, lances. C'était la première fois que je voyais de mes propres yeux ce types d'armes et c'est donc naturellement que je m'étais dirigé vers ce stand.

Une fois arrivé, les yeux grands ouverts, je distinguais une silhouette, puis un visage, il s'agissait de la personne qui tenait cet endroit. Il avait vu un enfant se diriger vers son échoppe et je pense qu'il n'y avait pas grand monde ce jour-là pour qu'il est pris le temps d'intéragir avec ce gamin. Cet homme de grande taille avec une moustache de mousquetaire et des yeux perçants me sourait et cela rassurait l'âme d'enfant que j'avais et me rassurais pour me rapprocher un peu plus et d'arriver enfin nez à nez avec ces objets.

Salutations jeune homme, je suis Kogoro. Tu à l'air d'apprécier ce que tu vois la dis-moi? Me disait-il en souriant.

Oui ... Je lui répondais très timidement.

Allons allons, ne soit pas gêné mon garçon ! Je viens d'arriver dans ce village il y à un jour. Que dirais-tu d'être mon ami !? Comment est-ce que tu t'appelles?

Je suis Hondô.

Ah, Hondô ! Nous voilà amis désormais. Je t'aurais bien mis une arme entre tes mains mais je ne voudrais pas avoir affaire à ton père ! J'ai autre chose pour toi.

Il s'était penché très bas pour atteindre quelque chose qui avait l'air bien cacher. Après avoir trifouillé pendant quelques secondes, il sortait de la une poupée en bois avec des articulations bien élaborées et c'est en voyant ces articulations que je m'étais rendu à l'évidence, il s'agissait la en fait d'une marionnette. Cette dernière me fascinait, je n'avais pas à retirer les yeux de cette chose que je voyais en face. Mon émerveillement était encore plus accentué lorsque je voyais des sortes de fils bleus sortir des ses doigts et par miracle, c'était ses doigts qui faisaient bouger ce petit pantin d'une trentaine de centimètres tout au plus. J'avais affaire ici à un véritable ballet, Kogoro donnait tout simplement vie à cette chose. J'arrivais à ressentir des émotions alors que ce pantin n'avait pas de cœur.

Je te présente mon seul autre ami ! Je vais l’appeler Hondô à partir de maintenant ! Tiens, approche ta main de la mienne.

Alors que j'approchais ma main de la sienne, Kogoro plaça la sienne au dessus de la mienne pour faire comme ci c'était moi qui était le chef d'orchestre qui faisait bouger cette chose. J'étais tout simplement émerveillé et, pris d'un excès de confiance et ne réalisant pas que c'était Kogoro qui m'aidait à faire bouger ce pantin, j’avançais ma main pour m'éloigner de la sienne et ainsi essayer de bouger ce pantin par moi même. Mais ma naïveté, cette fois-ci, égalait ma déception. En effet, le pantin avait aussi tôt perdu la vie que j'avais éloigné ma main. Kogoro avait du voir à quel point j'étais touché par cet homicide et remis sa main directement par dessus la mienne. Et ni une, ni deux, le pantin reprit vie et mon sourire en faisait tout autant. Alors que le vendeur faisait danser ce pantin par dessus ma main, j'entendais mon père qui m’appelait au loin pour que l'on se mette enfin en route. J'étais triste de quitter ce vendeur mais ce dernier m'avais proposé une chose qui m'avais remplie d'une joie immense à l'époque.

Le pantin Kogoro est désormais ton ami ! Je veux que tu t'occupes de lui à partir de maintenant!

Mon visage était on ne ne peut plus radieux.

Merci beaucoup, Kogoro-san ! J'en prendrais grand soin, je vous le promets !

Je lui disais cela en mettant Hondô dans mon sac, je ne pouvais sourire plus que ce que je faisais à ce moment-là. En faisant signe de la main au vendeur je me dirigeais en courant vers mon père. Kogoro me faisait signe en retour en souriant, satisfait très certainement d'avoir fait la journée d'un jeune garçon qui était timide de base.
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