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Éveiller l'espoir

Aditya
Aditya

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Jeu 16 Avr 2020 - 11:51
Éveiller l'espoir

Solo


Été 203, Maison du bras de Fer, village de Kiri.


Au cœur des lueurs rougeoyantes que le crépuscule délaissait sur les contours de cette tendre citée, où la chaleur de l’été peinait encore à s’éveiller, Aditya laissait son regard courir sur chacune des courbes de ce paysage à l’agonie. Débris et anciennes reliques jonchaient les rues de la Brume, dont les plaies encore saignantes trahissaient les affres qu’elle avait subi une poignée de jours plus tôt. Les traces du Cataclysme de l’Eau, comme on le nommerait très certainement au cœur de leur Histoire, prendraient bien plus de temps pour s’effacer tant des mémoires que du paysage.

Mais au fur et à mesure que ses pas pavaient le chemin en direction de la Maison du bras de Fer, où se tenait en cette soirée une célébration intense sous l’effigie d’un tournoi, le blond ne pouvait ignorer les légers signes d’un renouveau, les graines d’un avenir où tous se relèveraient de leurs malheurs ; car déjà, l’éclat d’un sourire passager illuminait le visage de vieillards, les silhouettes des enfants parcouraient les rues, affublés de fanions colorés. Déjà, les hommes et les femmes travaillaient main dans la main pour forger à nouveau la solide la fierté du peuple de la Brume, car elle n’avait en rien à être entaché.

Kiri se reconstruirait. Elle le ferait toujours ; car le cœur de ses enfants était empli d’une fervente bonté envers autrui, lorsque la malice ne l’avait pas corrompu. À l’image de Raonaka Ao.

Une frêle brise d’été souleva les brins d’or d’Aditya, forçant la naissance d’un léger frisson le long de son échine. Ses doigts se refermèrent sur les codes qui retenaient son baluchon contre le tissu de son sari et, avisant l’entrée de la bâtisse, laissa sa route le guider jusqu’à l’une des têtes pensantes de ce tournoi désormais terminé. Iōzen l’y attendait et, dès qu’il eut partagé son regard, abandonna son pichet d’alcool et s’empressa de s’approcher de l’enfant du bois.

« Et voilà le Héros du jour !, déclara-t-il à haute voix, en accompagnant ses dires de grands gestes. Malgré son côté certes rustique, l’homme demeurait d’une fiabilité sans faille, et surtout, d’un cœur tendre. Du coin de l’œil, Aditya avisa son bras prothétique, dont le bois semblait exempté de toute fêlure.
Héros du jour, dis-tu ? Je n’ai pourtant rien fait pour en mériter les éloges, cher Iōzen. », répondit-il avec un sourire humble. « Mais j’en déduis que ton bras tiens toujours après un tel tournoi, c’est une bonne nouvelle.
C’est justement ce que je voulais dire ! », il fit tournoyer son épaule avec une aisance singulière, la main sur l’articulation.

Bien qu’il n’eût été amputé de sa chair qu’à mi-biceps, il lui semblait désormais tout naturel d’utiliser le remplacement que le blond lui avait prodigué ; le prototype demeurait d’une simplicité écrasante, mais cela lui suffisait.

« Certes, c’est encore difficile d’empoigner des objets ou des mains, mais ta création n’a pas même craqué lors des combats. J’ai l’impression de retrouver mon bras, haha ! »
Aditya lui adressa un coup d’œil sympathisant, alors que la silhouette de la jeune fille d’Iōzen venait se glisser contre sa jambe, les pupilles illuminées de félicité. « Je suis ravi de l’entendre. », glissa-t-il. « Pourrais-je jeter un coup d’œil ? J’ai toute confiance en ton jugement, néanmoins, je voudrais m’assurer qu’elle ne présente aucun dysfonctionnement ; après tout, elle se doit également de t’être utile lors de la vie de tous les jours.
Aucun problème. »

D'un geste entretenu par l'habitude, le blond guide le sac en toile maintenu contre son omoplate vers le sol et tâcha de remonter la seule manche de son sari, dont la blancheur, certes éreintée par le temps, n'en demeurait pas moins doté d'une aura cérémonielle. Du coin de l’œil, il vit l'homme détourner les talons vers le tabouret le plus proche, suivi de près par l'enfant, entre émerveillement et inquiétude. La curiosité devait très certainement s'être emparée de ses pensées ; tant pour elle que pour son père, dont la perte de son bras lors de l'attaque du Dieu de l'Eau l'avait empêché de poursuivre ses fonctions de charpentier.

« Dire qu'il n'y a pas si longtemps, nous réparions le Dojo des Sabreurs ensemble, et te voilà à me bander le bras, haha ! Si on m'avait dit que je pourrais un jour retrouver ma fonction grâce à un truc comme ça, je ne l'aurais pas cru.
Tu dois rester prudent néanmoins, je n'en suis qu'au début de mes recherches. Nous ne sommes pas à l'abri d'un problème., déclara-t-il en prenant place face à lui, ses pupilles d'azur rivées sur le bois qui composait la prothèse de fortune.
Tu m'as déjà prévenu des risques la première fois, ne t'inquiète pas pour ça., il gratifia le crâne de sa jeune fille d'une caresse passagère, preuve de tendresse.
As-tu été missionné sur d'autres reconstructions ? J'imagine que le marché doit être effervescent au vu des récents événements.
Mon équipe a été commanditée pour rebâtir le Palais de l'Eau. Ça risque d'être long, mais cela nous suffira à mettre à manger sur la table. On pourrait même se faire des bénéfices sur le long terme.
Aditya délaissa un sourire sincère, alors qu'il débouclait l'objet de bois du moignon du charpentier, faisant glisser la majeure partie de la prothèse sur le bout des doigts, comme désemboitée. « Tant mieux. », souffla-t-il. « Ressens-tu des douleurs quelconques, ou des problèmes pour mouvoir le coude ?
L'attache est assez inconfortable, comme tu peux le voir. » D'un coup d’œil, le blond avisa le moignon, dont la peau rougeoyait des marques malgré le tissu qu'ils y avaient déposé afin d'éviter de telles gênes. « Mais rien que je ne pourrais pas supporter. Je suis déjà assez chanceux de pouvoir le bouger comme je le veux, à l'exception des doigts. Je ne sais toujours pas comment tu as réussi à faire ça, je n'y connais rien à la médecine crois-moi, mais un bout de bois ne pourra jamais remplacer la chair des hommes. »

Aditya nota mentalement les dires d'Iōzen ; il tâcherait d'améliorer ce point, à l'avenir. Il releva son regard sur le charpentier, néanmoins, et déclara d'une voix posée ;

« Le Fūinjutsu. » Devant l'inconfort de son vis-à-vis, il précisa sa pensée. « Les sceaux. En les créant en chaîne comme ici, là, et sur ce point, ils communiquent entre eux. Les fils jouent sur l'activation et la direction que prendront ton poignet ou ton coude.
C'est malin. »

L'enfant du bois laissa un sourire humble peindre ses lèvres avant de reporter sa concentration sur son affaire. Il pouvait sentir les yeux avides de connaissance de l'enfant bercer chacun de ses gestes ; pourtant, il ne s'en formalisait pas. Il ne pouvait que comprendre l'étrangeté de la situation, pour elle qui pensait voir son père à jamais privé d'un nouveau bras. Mais après quelques instants, l'ascèse finit par emboîter à nouveau la partie supérieure sur celle inférieure et renouer l'attache quelques centimètres au-dessus du moignon. Ses paumes se lièrent brièvement sous le signe du Serpent avant qu'il ne glisse sa peau sur les détours boisés de cette prothèse, qui, peu à peu, semblait se reconstruire et se polir, comme se nourrissant du chakra qu'Aditya lui offrait.

« Cela devrait être un peu moins inconfortable, mais je repasserai dans les jours à venir pour régler ce problème définitivement. Comme tu le pensais, elle n'a pas été très endommagée ; seulement quelques craquements mineurs.
Je te remercie. », une nouvelle fois, il fit jouer l'articulation de son épaule. « Tu refuserais encore une pinte en guise de remerciement ?
Te venir en aide me suffit, Iōzen. »

Dans un sourire échangé, l'homme frappa légèrement le bras de l'ascèse dans un geste d'accolade avant d'hisser son enfant dans ses bras. Aditya se redressa, lui aussi. Dans quelques temps, il reprendrait la route du temple Seidou, pour y retrouver le calme et la sérénité d'un lieu de prière. Mais pour l'heure, son âme se trouvait apaisée par les visages qui se dérobaient à lui. Le baluchon retrouva sa place le long de son omoplate, au sien duquel une prothèse de remplacement avait trouvé sa place.

Visiblement, elle serait inutile, ce soir. Aussi futile puisse-t-elle être, cette victoire en demeurait une, ne serait-ce que pour le bonheur dont il était témoin.


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