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Tiger Queen.

Asaara Kuuli
Asaara Kuuli

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Sam 18 Avr 2020 - 14:14
Le chasseur chassé, un cliché ou un comble qui ne cesse de se répéter. Parfois le cycle de la vie, la chaîne alimentaire prend un tout autre tournant à la suite d'une seule petite mauvaise décision, prendre son destin en main c'est aussi accepter parfois qu'on puisse se retrouver au bord de la mort. L'échec peut s'avérer fatal pour n'importe qui, n'importe quel être vivant si il manque de détermination ou succombe aux émotions négatives, ne trouvera que la disparition et la lente agonie. Ou sont les siens quand lui prédateur parmi les carnivores se trouve dans le besoin? Sa race ne sait vivre en communauté, trop occuper à guerroyer pour des morceaux de territoires. Chacun veut devenir un petit roitelet sur ses terres et chasser n'importe quel prétendant jusqu'à ne plus avoir de forces, un cycle éternel inscrit dans leurs gênes et ADN. Pour autant cela semble-il juste? Ne méritent-ils donc pas mieux que de finir en peau de bêtes pour des huttes humaines? Sont-ils condamnés à être asservis comme des simples divertissements avant qu'on ne les force à se reproduire et ensuite arracher chaque génération à la précédente. Les pattes sur le sable chaud semblent immunisés, l'oasis, sa maison, son territoire loin derrière, l'animal ne cesse de parcourir les kilomètres poursuivis par des bipèdes. Les rayures sur son dos, la langue cherchant désespérément à plonger dans de l'eau qu'elle fusse fraîche ou non. Ce pays n'était pas le sien, le bois était plus approprié à sa carrure et aux siens. Bannie comme un vulgaire renégat par ceux prenant le pouvoir sur son entière race sans qu'ils pussent confirmer les crimes dont l'animal semble être accusé. Condamné à errer sans pouvoir revenir auprès des siens, revenir signerait son arrêt de mort, mais vivre dans ce désert vaut-il mieux que de fermer les yeux une fois pour toutes?

Le rythme ralentit, la fuite en avant aussi. Un dernier face à face, mourir sans portée, mourir sans avoir réussis à redorer ce qui coule dans ses veines, une dynastie à perpétuer et pourtant voilà le tigre bien loin de son territoire. Montrer les crocs, rugir comme le ferait un lion dans la savane, l'époque de ses aïeux est bien loin désormais. Forcer à combattre contre des braconniers dont sa simple présence fait affluer des quatre coins du désert comme des abeilles autour du pollen. Son odorat, sa meilleur arme, sa discrétion aussi, sous ce soleil de plomb fatiguant. Il tourne, des petits cercles dans cette vallée entre des flancs rocheux. Il sent, il sent la sueur et la transpiration des bipèdes, il les entends se rapprocher. Détecter les effluves ne suffit plus, il faut se battre, des deux côtés de la crevasse ils arrivent. Armés de lances, de sabres et de filets, habillés avec des peaux de bêtes. Ils ne sont guère là pour prendre vivant la glorieuse machine à tuer qu'il est. Ils arborent des visages radieux, des sourires trop parfaits pour des édentés et des misérables. Le tigre est cerné de toute part, il faut faire un choix, plus il attends plus le piège se referme. Mais c'est contraire à sa nature, le chasseur patiente des heures avant de bondir sur sa proie, on ne lui laisse que quelques minutes tout au plus.

Il existe une troisième option. Fuir, sans réfléchir le félin s'élance et plante ses griffes du mieux qu'il peut dans la roche. Ce n'est un bon grimpeur, il peine déjà sur des arbres naturellement alors la pierre, ça ne provoque que le rire général des chasseurs en contre bas. Ils ne prennent pas la peine de lancer leurs projectiles, lorsque l'animal tombera ils n'auront qu'à l'abattre ou le capturer. C'est bénéfique pour eux, ils se fatiguent moins et tout le monde est content. Mais le chassé lui ne démérite pas, il n'y a que ça qu'il connaisse, toujours essayer. Toujours retenter même si ça échoue. Il grogne, l'effort tend ses muscles, son corps entier sculpté pour le combat et la chasse est mit à l'épreuve par le fait de cette ascension hors du commun. Et comme la nature l'emporte souvent, voir systématiquement sur l'évolution spontané du genre, il perd prise, ses pattes glissent et son corps bascule vers l'arrière. Rugir, rugir vers sa fin, rugir contre ceux ayant provoqués cette mort certaine. Contre son peuple occupé à se quereller pour des parcelles de territoires alors qu'il y a tant à entreprendre, tant à faire. Faut-il donc se résigner systématiquement? Ils ne sont pas que des animaux, ils parlent, ils sont le dernier maillon de l'évolution de leurs espèces eux les rois, les princes et princesses du royaume animal. Eux pouvant ne pas manger pendant des jours, sont-ils condamnés à être traquer en dehors de leur monde?

Pourtant lorsqu'il semble percuter quelque chose, aucune lance ne transperce sa chair, aucune épée ne s'abat contre lui. Aucun filet ne l'empêche de bouger, rien que du sable. Du sable tournant autour de son corps, du sable contre lequel ses coups de griffes sont inefficaces. Le sable qui pourtant ne l'étouffe pas, du sable dans lequel il trouve presque du réconfort. Il est posé délicatement contre le fond de la crevasse.
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