Soutenez le forum !
1234
Derniers sujets
Partagez

Antalgique — PV Mimi

Sad
Sad

Antalgique — PV Mimi Empty
Ven 24 Avr 2020 - 21:41
@Chiwa Aimi — À l’hôpital d'Iwa

Antalgique


Antalgique — PV Mimi Manj
Antalgique — PV Mimi 3f41

La capacité d'adaptation de l'être humain lui permet de s'accoutumer à tout, probablement l'un de ses plus grands pouvoirs, même à la douleur ; cependant une douleur lancinante et ininterrompue reste un fort handicap pour qui que ce soit. Le seuil de tolérance est très différent d'un individu à un autre, ce que nulle ne pourrait honnêtement nier, mais le mal est toujours ressentis : sourdement, aiguisé, écrasant, passager. Qu'il soit physique ou moral, il en est à qui comme ce fut à Sad, entré dans l'agonie le jour de la venue au monde, se virent frappés du sceau de la douleur au front dans le sein de la mère. Fui, on ne respectait pas sa peine et l'on s’abstenait d'en alléger le poids. Tandis pourtant qu'il se rendait à l’hôpital de la Roche en vue d'y quémander de quoi le soulager, ce n'était pas des maux de son âme qu'il allait réclamer le trépas, mais d'un mal mesurable, palpable, certes moins ancien (d'une dizaine d'années tout de même), mais dont il ne s'échappait jamais. Celui de son bras malade, mort et inerte, qu'il traînait comme un poids, mais dont malgré tout il refusa toujours d'être délesté.

Sad avait emporté sa réserve d'antalgiques lorsqu'il quittait Tetsu no Kuni, il en était cependant à court depuis quelques jours et la douleur en devenait de plus en plus insupportable. Digne et austère il ne s'en plaignait normalement jamais, hélas il en arrivait au point où elle le faisait transpirer et lui consommait toute son énergie. Gérer la douleur était un entrainement et exigeait une concentration de tous les instants. Du haut de ses trente-six ans, il avait l'expérience de celle-ci et savait quand il ne pouvait plus faire avec ; ce moment était venu. Outre le sentiment de souffrance, la douleur l'amenait lentement vers un malaise. Une baisse du débit sanguin par bradycardie et hypotension ; la syncope promettait de poindre ; un myosis (diminution du diamètre des pupilles par contraction de l'iris) ; une transpiration aux extrémités des membres ; une sécrétion excessive de salive. Ces symptômes qu'il ne connaissait que trop bien l’alertaient jusqu'à ce que vînt ce jour où il ne pouvait plus les ignorer.

Après l'attente dans une salle quelconque, on le conduisit vers un bureau où l'attendait lui avait-on dit Chiwa Aimi, une jeune et ravissante femme en charge de l’hôpital de la Roche et qui serait capable de le soulager. Il ne comptait guère sur une guérison lors de sa rencontre, car tous les médecins qu'il avait consultés furent incapable de le guérir de son mal. Aussi tout ce qu'il escomptait lui réclamer serait des antidouleurs efficaces. Codéine, opiacés, peu importe, pourvu qu'ils calment la souffrance jusqu'à la rendre supportable.
Lorsqu'il franchissait le seuil de la porte, il baissait un peu la tête pour passer, en effet comme bien souvent avec ses deux mètres dix, les entrées étaient plus petites que lui. Aimable et attentionné lorsqu'il se présenta comme Sad "Le Bâtard", il se montra sous son bon jour malgré son teint blafard et ses sueurs. Sans armes et sans armure, se tenant le bras gauche dans la main droite, il exposa ses symptômes à la jeune femme et n'attendit pas pour lui demander ce qu'il voulait. Il avait en effet l'habitude de ce genre de rendez-vous et coupait court, probablement parce qu'il gérait difficilement ce qu'il ressentait et ne voulait pas trop le montrer quoique cela lui fut bien difficile de le cacher :


« J'ignore quelle est votre politique sanitaire à Iwa, mais si vous pouviez me donner quelque chose de suffisamment fort, et en suffisamment grande quantité pour que je n'ai pas à venir vous voir tous les quatre matins, je ne vous demande rien de plus. Ordinairement je vis avec et les opiacés suffisent, mais je n'ai plus de fournisseurs depuis que je me suis engagé chez vous, dans l'armée de la Roche. Mes nerfs sont à vifs et cela impact mon travail. Je suis dur à la douleur je vous l'assure, mais j’atteins un point où je ne peux plus le supporter sans votre aide. Je peux vous dire ce que je prenais avant si cela peut vous aider. »



S'il y a courage à supporter la douleur, il y a faiblesse à lui rendre les armes, et à se tenir courbé sous son joug, une honte à laquelle jamais Sad ne comptait se soumettre. Il préférait mieux l'épancher sur un cœur ami dont la parole sera pour elle un baume tempérant. Point d'ami cependant où il vivait maintenant, mais qu'à cela ne tienne, la solitude avait ses propres anges pour recevoir les mots, douceurs et complaintes et ceux-là ne jugeaient jamais. Cette douleur des âmes fortes songeait-il parfois, qui ne se répand pas au dehors et qui s'alimente de son silence, est la plus dangereuse et la plus terrible, il lui fallait vite s'en soustraire ; au lieu de filtrer goutte à goutte par la voie des larmes, elle s'amasse dans les profondeurs de la poitrine, et ce n'est que lorsque la poitrine se brise que l'on voit les ravages qu'elle a produits ; un instant qu'il fallait éviter.

_________________

Antalgique — PV Mimi L15d


Dernière édition par Sad le Mar 28 Avr 2020 - 16:29, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t9147-sad-le-batard#77164 https://www.ascentofshinobi.com/t8397-iwa-equipe-cataclysme-toph-rika-takeru https://www.ascentofshinobi.com/t9166-dossier-de-sad#77294
Chiwa Aimi
Chiwa Aimi

Antalgique — PV Mimi Empty
Dim 26 Avr 2020 - 18:14


Antalgique



Depuis sa prise de responsabilité, la kunoichi n’avait plus la même capacité à prendre des consultations comme auparavant. La rubiconde ne voulait pas perdre ce pourquoi elle vivait au détriment de son nouveau siège. Bien qu’elle comprenait qu’il était nécessaire d’accorder du temps dans la gestion de l’hôpital, elle avait réussi à placer dans son emploi du temps des périodes afin de recevoir des patients en consultation. Ses priorités seront les cas les plus délicats ou qui nécessitent une décision de sa part sur le plan médicale et pharmacologique. La personne que la doucereuse allait recevoir était concernée par ces deux points et c’était pour ça qu’elle n’avait pas prit d’autres créneaux pour le reste de la journée.

Curieuse de nature, la responsable avait bien pris en compte les informations transmises par la secrétaire et avec le dossier, s’était posée quelques minutes pour mieux comprendre la situation. Sad “le Bâtard” était ainsi qu’il se présentait. Il avait rejoint les rangs de la Roche après avoir quitté la terre du fer, de même grade que la Chiwa, il avait su faire ses preuves au sein de la cité rocheuse. Sa présence était due à une souffrance dans son bras qui avait atteint un seuil où il était devenu symptomatique et qu’il avait besoin de calmant. L’état de celui-ci devait vraiment être sérieux pour qu’il se retrouve atteint de bradycardie et d’hypotension. Mais rien de renseigné dans son dossier, lui donnant envie d’en savoir plus sur son cas.

Lorsque son regard vermeil se posa sur les Saphirs de cet homme bien plus grand qu’elle, elle comprit. Ce n’était pas dû au myosis bien présent, mais par cette lueur qui semblait vivre dans l’âme de ses yeux depuis si longtemps que la fatigue était présente. Un air sérieux sur son doux visage, la rousse l’invita à entrer dans sa pièce. L’intérieur contrastait avec la pâleur de l’hôpital et les nombreuses plantes de la kunoichi offraient un endroit que les patients appréciaient pour ce côté calme et rafraîchissant. D’un premier regard analytique, la jeune femme put confirmer que le bras gauche devait être la source de son mal. La transpiration et le teint cadavérique lui laissaient penser qu’il avait atteint le point de rupture, et peut-être… un manque ? Sa demande était claire, il avait besoin de quoi calmer sa douleur. Aimi ne pouvait pas donner n’importe quel traitement sans connaître le patient et la blessure qui saturait son esprit. Après sa blessure lors de l’attaque à Tetsu, la Chiwa était au point où elle pouvait le comprendre. Ce supplice avait duré plusieurs jours et cela avait été bien éprouvant pour la kunoichi. Depuis combien de temps Sad endurait-il le sien ?

Avant de répondre à sa requête, la jeune femme ne pouvait se résoudre à lui donner ce qu’il voulait, sans essayer de comprendre ou de se pencher sur son cas. C’était là contre toutes les valeurs pour lesquelles elle aspirait en tant que médecin et maintenant responsable du milieu hospitalier de la Roche.


« Bien Sad. Je comprends que vous êtes sur un point de rupture nécessitant cette aide médicamenteuse. Mais c’est la première fois que je vous rencontre, et je n’ai pas pour habitude de laisser un patient dans un mal certain, partir avec simplement des médicaments, sans essayer de comprendre ce qui le ronge et sans essayer de l’aider de manière plus durable.
Est-ce que vous voulez bien me raconter ce qui est arrivé à votre bras ? Je suppose que pour un combattant qui a besoin de ses bras, vous avez essayé de le soigner auprès d’autres médecins ? Si vous acceptez de me faire confiance, je vais avoir besoin de tous les détails et que vous me montriez votre blessure, Sad. Je suis assez solide pour entendre ce que vous avez pu vivre ou ce que vous éprouvez.
»

Un doux sourire accompagna ses paroles. Elle remonta ses manches alors et lui montra le lit d’auscultation pour qu’il s’y assoie, si bien sûr, il acceptait l’aide de la kunoichi. Dans son regard, aucun doute, aucune appréhension, simplement sa vigueur d’Eiseinin embrasant le sang de ses pupilles. Est-ce que Sad “le Bâtard”, celui qui semblait avoir tant vécu et qui s’était accommodé de cette souffrance, acceptera la main tendue de la Chiwa, qui comptait bien lui ôter ce mal qui rongeait son âme ?




Dernière édition par Chiwa Aimi le Dim 26 Avr 2020 - 21:36, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t6031-chiwa-aimi-se-presente https://www.ascentofshinobi.com/t8393-iwa-equipe-1-aimi-seika-taketora https://www.ascentofshinobi.com/t6109-chiwa-aimi-carnet-du-rubis-d-iwa https://www.ascentofshinobi.com/u1037
Sad
Sad

Antalgique — PV Mimi Empty
Dim 26 Avr 2020 - 19:32
Antalgique


Antalgique — PV Mimi Manj
Antalgique — PV Mimi 3f41

Pas désagréable à regarder, Sad était reçu par une médecin qui n'omettait pas de se rappeler qu'elle avait une personne avec des sentiments face à elle. Souvent pour les doctorants et guérisseurs, les patients n'avaient pas plus de valeur que de la viande animée, le samouraï en avait fait maintes fois l'expérience, mais cette fois-ci fut différente. Il en était d'ailleurs un peu surpris sur le moment. Une parure de belle qu'eut l'aimable décence, la douceur et surtout l'innocence. Lui qui n'aimait pas les rousses d'ordinaire ne voyait plus le feu qu'il craignait tellement dans ses cheveux, mais la saveur sucrée d'un fruit rouge bien heureux. Le bâtard reconnaissait pensait-il une certaine pudeur chez la jeune femme qui l'auscultait. La dévisageant sans contrainte et laissant ses yeux se faire percer des siens, il y entrevoyait la pudeur et l'innocence, idéales et éternelles compagnes inséparables ; elle était plus comme la petite fille qui, pour recevoir son déjeuner, les fruits que lui présente sa mère, trousse ingénument sa chemise, conserve toute sa pudeur, comparativement à la fille de quinze ans qui rougit, parce que sa jarretière s'est détachée.

Invité à s'asseoir sur le lit qu'elle lui présentait, Sad ne s'y refusa pas et s'y dirigea sans faire ni esclandre ni réponse, il s'assit simplement. Il n'obtint pas cependant immédiatement ce pour quoi il était venu ; ses précieux antidouleurs. La Eiseinin fort consciencieuse et sans doute un peu curieuse désirait avant cela lui réclamer des informations complémentaires et c'est ce qu'elle fit. Le timbre doux, le ton bas, le verbe tendre, elle posa donc ses questions, avec, Sad le comprit, l'espoir de parvenir non pas seulement à comprendre ce qui lui était arrivé, mais peut-être de parvenir à lui réparer ce fichu bras. Elle prit une grande attention à ne pas l'offenser, comme si de parler de cette blessure risquerait de faire perdre sa constance au samouraï. Il sourit devant tant de prévenance, car il n'en bénéficia que rarement. Les hôpitaux de campagne militaire ne sont pas connus pour la qualité des relations patients / médecins. En revanche dit-on, c'est le meilleur entrainement, enseignement, qu'un chirurgien puisse avoir.

La prévenance de la kunoichi n'était cependant pas totalement due au fait de son unique caractère tendre ou empathique. Sur la cuisse nue de la jeune femme, en dessous du niveau de la blouse et du kimono, Sad remarquait des marques de brûlures vives, et une plaie cicatrisée, mais vraisemblablement qui eut été importante. Lorsqu'il relevait le regard pour contempler plus attentivement les yeux de la jeune femme, il cherchait non pas le privilège d'admirer quelque chose de beau, comme ce que font les hommes en extase devant des femmes traitées comme des œuvres d'art, il sondait son âme et son cœur à travers les pupilles pourpres franches qu'il avait en mire :


« Vous n'êtes pas que médecin n'est-ce pas ? Vous êtes une combattante, vous avez vu le champ de bataille vous aussi. »



Ceci étant dit, il sourit et silencieusement lui exprima tendresse et douceur équivalentes à celles dont elle fit démonstration précédemment. Subséquemment, il ôta son vêtement pour dévoiler son bras et son torse nu, cependant celui-ci n'était pas plus endommagé que le reste du corps. Les nombreuses cicatrices le parsemant n'étaient, selon Sad, rien de bien évocateur, parlant, ou original du point de vue de Sad. La durée de vie des samouraïs et des shinobis étant ce qu'elle est, il n'y avait pour lui rien d'étonnant à être marqué de la sorte, c'était même finalement banal. Pas si gêné que cela, il offrit à Aimi, la kunoichi, ce qu'elle lui demandait, des explications :

« Je compense un bras par l'autre. Vous ne trouverez rien sur la peau. C'est un nécromancien qui m'a injecté du poison il y a un peu plus de 10 ans. Apparemment cela me bloque l'usage du bras sans m'endormir les nerfs. Pendant le combat j'ai taillé une veine au poignet pour l'évacuer avant qu'il n'atteigne mon cœur. J'avoue que c'est pas la meilleure idée que j'ai eu. Depuis il est ainsi. D'après les médecins que j'ai vus, il n'y a plus de poisons dans mon corps depuis belle lurette, mais ils ont sans doute endommagé irrémédiablement mes nerfs et c'est pour ça que la douleur est continuelle. Pour ce que j'en sais... Ne me demandez pas quel poison, j' y connais rien. Il était inodore et incolore. Par contre je sais qu'il était liquide, puisque c'est en me blessant avec son arme qui me l'a injecté. Et vous ? Ce truc là ? C'est arrivé comment ? C'est vilain. Chez nous les médecins ne sont pas envoyés sur la ligne de front, du moins rarement. Mais vous les shinobis avez d'autres façons de faire je crois. »



Le truc en question était la blessure à la cuisse que Sad pointa d'un mouvement de tête. Après tout, s'il avait raconté tout cela, il pouvait bien oser en demander autant.

_________________

Antalgique — PV Mimi L15d
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t9147-sad-le-batard#77164 https://www.ascentofshinobi.com/t8397-iwa-equipe-cataclysme-toph-rika-takeru https://www.ascentofshinobi.com/t9166-dossier-de-sad#77294
Chiwa Aimi
Chiwa Aimi

Antalgique — PV Mimi Empty
Sam 9 Mai 2020 - 17:44





Satisfaite de le voir se diriger sur la table d’auscultation, la rousse le suivit du regard, un fin sourire à son minois tandis qu’elle tendait ses mains vers lui si c’était nécessaire. Sûrement long habitué de se retrouver manchot, Sad se débrouillait bien et Aimi ne voulait pas entacher une possible fierté en l’aidant à s’installer. Elle avait souvenir de certains patients qui l’avaient agressé verbalement pour les avoir aidés à s’installer. Geste tout à fait désintéressé qui violait la fierté d’un homme. Depuis, la kunoichi prenait ses précautions, car elle souhaitait que ses consultations se déroulent sans encombre. Fidèle à ses principes et à ses pensées en tant que personne dévouée pour son prochain, la jeune femme le questionna et lui fit savoir qu’elle comptait bien comprendre ce qui lui était arrivé pour pouvoir l’aider. Douce, avenante, elle savait que tous n’appréciaient pas forcément cet élan de gentillesse, mais que d’autres y étaient bien plus sensibles.

Concernant Le Bâtard, il semblait vouloir sonder l’âme de la kunoichi en dardant ses pupilles vermeilles. Durant cet échange, la douce pouvait aussi avoir l’opportunité de s’y plonger et de lire son âme et son cœur. Seulement, il fut le premier à la prendre au dépourvu et l’Eiseinin ne put cacher sa surprise, laissant ses longs et fins cils se rehausser. Rien qu’avec ce qu’il avait devant lui, cet homme savait qu’elle ne se contentait pas que de soigner, mais aussi de se battre. Cette manière directe de s’adresser à elle, se mélangeait à une certaine bienveillance dont elle n’était pas forcément habituée avec ses patients. Docilement, il ôta le tissu qui couvrait ses épaules robustes pour dévoiler un bras inerte et un torse marqué par le combat et un passé mouvementé. Ses orbes curieux ne s’empêchaient pas d’analyser chaque trait qui l’habitait pour mieux le comprendre.

C’est en voyant les stigmates qui arboraient sa peau, qu’elle comprit qu’il avait sûrement remarqué la sienne. Seule présence sur son corps, prouvant qu’elle avait vécu la guerre et la douleur. Une immense souffrance qui avait longtemps enfermé Aimi dans une torpeur foudroyante. Mais elle s’était remise et avait même gardé ces marques pour ne pas oublier. Avant de répondre à cette affirmation, plus tellement troublée, elle préféra se concenter sur la suite de ses paroles. Ses fines mains, quelque peu refroidies par la froideur hivernale, se posèrent délicatement sur son bras. En effet, il n’y avait rien de visible, à part des cicatrices qui étaient là depuis un moment. Notamment celle sur son poignet qui se connotait avec ce qu’il lui expliquait de son sordide passé.

La notion de poison alerta d’ailleurs la jeune femme qui fronça les sourcils. Concentrée sur les points qu’elle prenait en appui pour déceler le moindre indice qui pourrait l’aider à comprendre, elle se questionna. Ce nécromancien avait usé d’un poison des plus vicieux et horrible. Faire perdre la capacité à user d’un membre, sans lui faire oublier sa souffrance. Une douleur qu’on ne pouvait atténuer sans calmant, et avec laquelle on vivait. Un air assez chagriné sur son minois apparut, en l’imaginant vivre avec ce supplice depuis dix ans déjà. Voilà en tout cas un mystère que la Chiwa comptait bien résoudre. On pouvait constater rien qu’à la décoration de son bureau, où étaient placés divers pots de fleurs assez spéciales, que la kunoichi y vouait un certain intérêt. Elle apprenait sur le poison depuis plusieurs mois et avaient déjà certaines connaissances théoriques, n’ayant jamais osé encore passer par la pratique. Son cas était un moyen de peut-être commencer à s’y entreprendre.

La mention de sa brûlure et de sa facture externe confirma les interrogations de la kunoichi. Son regard se posa sur sa peau laiteuse, bien hideuse maintenant. Mais avant de lui répondre, la kunoichi comptait bien lui faire part de ses pensées quant à sa blessure et la présence d’un poison soutenait cette idée.


« Aucun médecin a essayé de soigner en interne ? D’aller directement rencontrer les nerfs ? Il doit y avoir une inflammation de vos nerfs assez intense pour justifier de cette douleur. Je me demande même, si cela n’a pas atteint le système nerveux périphérique gauche. Pour faire simple, il est constitué par les nerfs crâniens et les nerfs spinaux qui passent dans tout le corps et qui sont rattachés et remontent au système nerveux central. Son rôle est d’y conduire les informations issues des récepteurs périphériques de la sensibilité ou de la douleur. Si ces nerfs ont été touchés, cela expliquerait cette douleur inlassable.

Sans savoir de quoi est composé le poison, cela sera compliqué de trouver un remède, mais je vais essayer de faire des recherches. Il me sera aussi nécessaire de voir tout cela en profondeur et d’aller aux nerfs directement. Je parle d’effectuer une opération qui consisterait à voir l’état des nerfs du bras, et de remonter jusqu’à la source principale d’information pour voir s’ils ont atteint le système nerveux central. Le fait d’avoir tailladé votre veine, a sûrement permis au poison de s’expulser, et c’est pour cela que tout votre corps n’a pas été atteint.
»

La rousse reprit son souffle, elle ne pensait pas avoir autant parlé et allait sûrement porter à confusion Sad qui n’avait sûrement pas la tête à entendre ses explications, ou peut-être que si. Elle passa une main derrière la tête, un peu gênée puis prit de nouveau la parole.

« Désolée pour le trop-plein d’informations, je me perds toujours dans mes réflexions.

Concernant la blessure sur ma jambe, vous avez raison en tout point. En tant qu’Eiseinin, nous devons éviter un maximum d’être sur le front, car nous pouvons porter secours à nos camarades. Mais nous pouvons aussi nous battre et protéger nos camarades avec la force de nos capacités. C’est en essayant de me battre aux côtés de mes camarades sur un champ de bataille, que je me suis retrouvée dans cet état. J’ai totalement échoué dans ma tâche et c’est pour cela que je garde cette cicatrice, pour me souvenir.
»

Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle lui avait confié tout ceci. Était-ce de part cette aura calme et douce qui émanait de lui, alors qu’il avait quand même une carrure assez imposante et sûrement tellement plus vécu qu’elle ? La combattante ne savait pas vraiment, mais ne regrettait pas. Elle n’avait plus honte de ses échecs et les acceptait fièrement maintenant. Ce qui comptait pour elle maintenant, c’était de pouvoir aider son village de toutes ses forces, ce qui pourrait impacter ensuite le Yuukan. Alors aider un shinobi de la Roche était quelque chose qu’elle faisait avec honneur et dévouement. Sad avait besoin d’elle, elle avait besoin de lui pour arborer fièrement l’étendard d’Iwa.

« En attendant que j’organise cette opération, je vais vous prescrire un calmant, qu’il ne faudra pas prendre le jour J par contre, c’est très important. »

Elle lui disait tout cela comme s’il avait déjà accepté, mais peut-être que l’homme n’avait pas envie de passer sous son bistouri ou qu’il trouvait ses idées complètement absurdes. À lui de lui dire ce qu’il pensait de tout ce qu’elle venait de lui dire.

Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t6031-chiwa-aimi-se-presente https://www.ascentofshinobi.com/t8393-iwa-equipe-1-aimi-seika-taketora https://www.ascentofshinobi.com/t6109-chiwa-aimi-carnet-du-rubis-d-iwa https://www.ascentofshinobi.com/u1037
Sad
Sad

Antalgique — PV Mimi Empty
Dim 10 Mai 2020 - 6:48
Antalgique


Antalgique — PV Mimi Manj
Antalgique — PV Mimi 3f41

Un écrin de douceur s'ouvrait et s'y échappaient tendresse et professionnalisme sur le bâtard. Bien étonné qu'il fut de ne pas être qu'un tas de viande capable de parler. Autrefois plus habitué à des médecins militaires qui devaient malgré eux prioriser les blessés en abandonnant ceux qui avaient le moins de chance de survivre, il ne trouvait pas dans le regard de cette femme la déshumanisation inhérente à ces malencontreuses expériences. Silencieux qu'il demeurait pendant qu'elle l’auscultait, il se prit à sourire des plus simplement. L'esquisse à la commissure des lèvres, il n'en avait jamais perdu le sens, mais cette fois, il y avait quelque chose d'autre. Il se sentait réellement, sincèrement pris en soin par quelqu'un. Cette sensation-là qu'il avait oubliée, peut-être même qu'il n'avait jamais connu, le désarçonna plus que le mal dont il souffrait sans discontinuité. Il n'avait pas sourit comme ça depuis si longtemps qu'il se sentit déjà moins enclin à se soumettre aux affres de la douleur. Dans le champ de la pensée et de la passion il est des régions lointaines, inconnues des amis les plus intimes, mais où sait aller tout droit la femme la moins remarquée ; ce n'est pas ce qu'elle dit qui plaît et semble spirituel, mais le rapport de ce qu'elle dit à ce monde obscur d'idées et de sentiments intraduisibles ; l'accent, le geste, toute la personne en est comme une vivante expression. La femme aimée est révélatrice, même à son insu ; ce qu'elle éveille en nous de rêves et d'émotions est prodigieux et passe de beaucoup son intention et son art ; en effet elle n'introduit pas en nous ces poèmes, elle les y fait éclore, elle a rencontré la source, elle en fait jaillir les trésors, mais elle ne les y avait pas apportés. Il ne suffisait donc à un homme abattu et résigné par le temps et le vécu, que quelques mots, quelques caresses et quelques intentions, pour retrouver son humanité, se découvrir à nouveau comme quelqu'un, quelqu'un avec du sens et sa consistance.

Perdu un moment en lui-même, le samouraï n'écouta qu'à moitié les explications de la Eisenin. Un assemblage de termes dont il ne comprenait de toute façon pas grand-chose si ce n'était qu'il lui serait peut-être possible un jour de retrouver l'usage de son membre. Cela aux dépens d'une opération qu'Aimi se proposait elle-même de réaliser. Elle sembla aussi troublée que le bâtard décela en elle cette expérience de la mort, la perte de quelque chose dont on ne retrouvait jamais le morceau. Pas présent pour cela, et ne s'y osant, il n'approfondit pas la remarque sur la blessure de la jeune femme. Il se laissait faire, homme-objet qu'il devint le temps de passer cet instant gênant entre ses mains expertes.

Il n'eut pas besoin de demander plus d'explication de toute façon, car la rouquine se confia à lui des plus naturellement. Ni jugement, ni fausse tentative de consolation, Sad ne fit qu'une chose, écouter, écouter patiemment et sincèrement. Après tout, si elle pouvait le guérir de dix ans de mal, une écoute active fut le moins qu'il pouvait donner. Là d'où il venait, les médecins étaient des civils et disposaient de beaucoup moins de moyens qu'elle, alors quand il lui répondait, il n'eut qu'à bêtement lui dire la vérité. Pourtant, il n'osait à cet instant, plus croiser son regard. Peut-être se découvrait-il de la pudeur, ou encore que la situation de faiblesse dans laquelle il se trouvait le forçait à avoir l'air plus rude qu'il ne l'était en réalité. Mieux valait à ses yeux la honte sur le visage que la tache dans le cœur :

« Si vous avez échoué, nous avons tous échoué aussi. Un soldat qui ne perd pas ses amis au combat et qui survit sans la moindre blessure à jamais supporter. Ça n'existe pas. Nous endurons, nous, ceux-là qui combattons nous endurons. Parce que c'est notre devoir. Endurer l'entrainement, endurer la douleur, endurer la peine, endurer la perte, endurer la folie. Endurer toujours plus jusqu'à ce que nous ne puissions plus. Nous n'échouons pas ou alors nous échouons tous. Maintenant vous êtes ici, maintenant vous continuez de sauver des vies. Ce qui est derrière vous doit le rester, laissez le passé être le passé, il ne vous pèsera que d'autant moins. M'enfin, vous n'êtes pas obligé de me croire et s'il y a bien un homme qui devrait se taire, ce serait moi. Tout ce qu'on sait de plus certain avec le temps, c'est qu'on ne sait rien. Je suis ça, un homme qui ne sait, rien. Je ne vous connais pas, je ne sais pas tout ce que vous avez vu ou vécu. Mais personne n'avait été aussi doux avec moi depuis... depuis très longtemps. Merci pour ça. »



Un homme qui ne sait rien. Cela, Sad ne savait pas pourquoi il le lui dit à elle. Quel intérêt cela aurait-il pu avoir. Fallait-il croire que se laisser livrer à lui quelques-uns des troubles de la shinobi, en fit résulter que certains des siens désirèrent émerger de sa pensée profonde sans crier gare, sans pouvoir les contenir. Subitement il serrait les dents, la douleur s'éveillant de plus bel, jusqu'à lui contracter la mâchoire. Calmement malgré tout, parce qu'il détestait faire peser sur les autres son propre mal et ses humeurs, il poursuivit donc tandis qu'il se rhabillait, puisqu'à priori, Aimi avait fini, à moins qu'elle ne lui ordonnât de rester tel qu'il était à ce moment-là :

« Les samouraïs n'ont pas de médecins shinobi. Uniquement des civils. Ils ont fait ce qu'ils ont pu je suppose. La preuve est que chez nous, les cicatrices ne s'effacent pas. Elles sont là et elles restent et c'est comme ça. Avec le temps j'avais finit par abandonner l'idée que je pourrais reprendre ma vie sans souffrir. Quelque part, à bien y regarder de près, c'est d'une certaine façon méritée. Je ne comprends pas grand-chose à ce que vous dites pour être honnête. Cette opération est-elle risquée ? Si ce sont mes nerfs que vous allez triturer, je ne sais pas, je veux dire, je ne risque pas la paralysie définitive ou quelque chose dans le genre ? Je ne serai plus jamais aussi fort qu'il y a 10 ans c'est sûr, mais au moins dans l'état actuel je ne suis pas inutile. Inutile pour Iwa par exemple. Je ne crois pas que je supporterais de ne plus pouvoir me battre. Je ne sais rien faire d'autre vous comprenez ? J'aurai aussi besoin d'un peu plus d'un calmant... Sans vouloir insister, je dois partir en mission bientôt, si j'ai pas mes antalgiques je deviens fou, donnez-moi une petite réserve, jusqu'à l'opération. Je vous en supplie j'en ai besoin. »


_________________

Antalgique — PV Mimi L15d
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t9147-sad-le-batard#77164 https://www.ascentofshinobi.com/t8397-iwa-equipe-cataclysme-toph-rika-takeru https://www.ascentofshinobi.com/t9166-dossier-de-sad#77294
Chiwa Aimi
Chiwa Aimi

Antalgique — PV Mimi Empty
Sam 23 Mai 2020 - 18:15





À travers cet échange, la kunoichi avait l’impression d’en apprendre autant que lui. Elle ne savait pas pourquoi, mais dès qu’elle croisait son regard, celui-ci lui renvoyait un passé rempli et une histoire qui n’était pas facile et qui donnait à réfléchir. C’était comme si elle était touchée par cet homme qui souffrait depuis tant d’années et qui n’était que l’esclave des jours qui avançaient et qu’en dépit de son handicap, il marchait, avançait. S’en était presque une belle leçon pour la rougeoyante qui elle s’était laissé ronger par ses échecs et qui avaient fui l’extérieur durant plusieurs jours. Était-elle aussi courageuse qu’on pourrait le penser ? Si elle pourrait éveiller en lui de la douceur ou un semblant d’émotion quelconque, lui la faisait se remettre en question sur ces propres réactions. Cela la poussait à être encore plus forte et offrir la douceur et le réconfort dont ses patients avaient besoin. Aimi aimait l’humain autant qu’il la faisait vivre, car elle vivait pour eux, leur offrait de son humanité et car il le lui rendait bien.

Peut-être que ce fut pour cette raison qu’elle se confia gratuitement à lui. Le combattant avait remarqué sa blessure, avait fait attention à ce qu’il disait et s’était ouvert aussi à elle par le biais de cette blessure qui semblait indélébile. À son tour de partager l’expérience de cette balafre peut-être moche mais qui signifiait beaucoup pour la Chiwa. La jeune femme n’attendait pas de lui un quelconque réconfort ou une main sur son épaule. Elle assumait entièrement ses choix et ses erreurs et ne souhaitait là qu’une oreille qui l'écoutait. Et ce fut ce qu’il fit et ce qui la poussa à sourire. Mais la tranquillité dont elle lui était reconnaissante fut prise de cours alors qu’il s’adressa à elle. Ses paroles furent lourdes de sens, très impactantes pour la kunoichi qui le dévisageait presque de ses pupilles vermeilles. Parce qu’il avait raison, parce qu’elle s’était fait une raison, que même si elle n’aimait pas cette idée, un soldat était voué à voir son camarade périr ou à le sauver, mais on finissait tous par connaître l’un ou autre.

L’endurance était le pionnier d’un shinobi s’il voulait survivre dans ce monde de barbare. Il fallait être solide pour supporter tous ces maux. Pour Aimi, c’était parce qu’elle croyait aussi aux bonnes choses, à la lumière qui cherchait à se faire une place au travers des ombres.


« Si vous n’êtes qu’un homme qui ne sait rien. Alors je ne suis qu’un être qui veut donner de la douceur dans ce monde de brute. Merci à vous de m’avoir rappelé ce qu’est endurer et survivre, et que je dois rester forte, peu importe les épreuves. »

L’Eiseinin constata le pic de douleur qui prit possession des mimiques sur son visage marqué par la vie. La rousse en était désolée et tenta de ses doigts de fait de masser des parties précises du bras qui pourraient le soulager quelques instants. Une chose était sûre, s’il ressentait autant de souffrance, c’était que son bras était encore en vie. Endormi, endolori, douloureux, mais toujours en vie. Il y avait donc un espoir. Aimi le laissa se recouvrir et l’écouta s’adresser à elle de nouveau.

« Pourquoi pensez-vous mériter ce qui vous arrive ? Je vous trouve bien dur envers vous. Concernant l’opération, il n’y a aucun risque. Il s’agit là d’une exploration qu’agir directement sur vos nerfs. Je veux vérifier si entre votre bras et votre cortex cérébral, vos nerfs sont impactés aussi. Cela pourra me donner une réponse à mes questions. Je ne compte pas vous priver de ce pourquoi vous vivez. Je vous demande simplement de me faire confiance. Pour les antalgiques, c’est d’accord, mais à prendre avec précaution et comme je vous ai dit, il ne faudra pas en prendre la veille de l’intervention. »

La kunoichi se tourna vers son bureau et inscrit sur une ordonnance de quoi soulager ses douleurs efficacement. Elle n’aimait pas vraiment cela, mais exception faite, si un poison avait rongé son organisme elle pouvait comprendre qu’il pouvait en devenir fou. Mais cette situation la poussait donc à redoubler d’efforts pour trouver une solution. Peut-être que cela lui demandera des nuits de recherche, beaucoup de travail et de l’énergie, mais elle fera tout pour le sortir de cette condition qui serait invivable pour elle. La jeune femme se rapprocha de lui et lui tendit la feuille.

« Je vous contacterai par lettre pour l’intervention, avec toutes les explications nécessaires. Est-ce que vous avez d’autres questions ? Je n’ai rien d’autre à faire pour le moment alors n’hésitez pas. Juste prenez soin de vous d’ici là et ne faites rien d’imprudent. »

Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t6031-chiwa-aimi-se-presente https://www.ascentofshinobi.com/t8393-iwa-equipe-1-aimi-seika-taketora https://www.ascentofshinobi.com/t6109-chiwa-aimi-carnet-du-rubis-d-iwa https://www.ascentofshinobi.com/u1037
Sad
Sad

Antalgique — PV Mimi Empty
Lun 25 Mai 2020 - 14:23
Antalgique


Antalgique — PV Mimi Manj
Antalgique — PV Mimi 3f41

Parfois entre deux personnes, le courant passe naturellement. On ne se l'explique pas, c'est juste comme ça. Une sorte de feeling qui s'installe, un fluide qui coule sans accroc, c'est agréable et sans retenue et on s'y laisse prendre avec joie, parce qu'on y pense pas, oui, c'est juste comme ça. Apaisé qu'il était et touché d'avoir touché, le samouraï en perdait ses rides, son visage s'adoucissant autant que ses traits se firent de moins en moins sous tension. Il puisait sans le savoir dans le regard et les mots de la kunoichi un bienfait pourtant des plus communs, souvent rencontrés lorsqu'un homme et une femme, sans sombrer dans les viles et libidineuses pensées, pouvaient s'offrir totalement gratuitement. Dans l'homme la femme puise la force ; Aimi retrouva la sienne, à son visage et son œil cela se lut ; dans la femme l'homme puise la grâce, et cet échange, après la sensation passionnelle, fait le plus grand charme de l'amour qui ne s’embarrasse pas de convoitise charnelle. L'amour le plus chaste est celui qui de degré en degré s'élève le moins vite du sentiment à la sensation, celui pour qui la possession n'est point un but, mais une conséquence inévitable. Si l'amour n'était qu'un appétit des sens, il mourrait une fois satisfait, et ne s'élèverait pas jusqu'à l'idéal de la perfection. Là, la perfection non seulement s’élevait durant ce court instant, mais aussi descendait sur deux êtres fatigués de leurs conditions, de leur passé et qui se rassemblant, s'ouvrant l'un à l'autre en toute confiance, retrouvèrent une parcelle nécessaire de leur humanité.

Le bras massé entre les doigts de la Einseinin, le soulagement qu'il en ressentit alla jusqu'à faire rougir le bâtard, comme une vierge effarouchée. Après tout, le colosse n'avait pas été touché pour être autrement que frappé depuis des années. Cette douceur de contact, il en avait tant oublié la sensation qu'elle lui fut transportant, âme et coeur, élan de l'émotion gracile emportée dans un instant de volupté dont il ne sut tout à fait mesurer la portée. Aimi se laissa à cet instant à poser une question des plus intime, peut-être sentit-elle qu'elle put profiter de ce moment en vue de le faire. Sad en fuît instinctivement son regard, alors que cette fois-ci, dans le même temps, il répondit honnêtement. Habituellement il coupait court, Masami n'eut le droit à aucune réponse, Toph n'eut le droit à aucune réponse, personne, mais cette fois, allez savoir, les mots sortirent de sa bouche. Pas triste, pas mélodramatique, ce fut seulement ce dont il était convaincu, ce qu'il était certain d'avoir réalisé, d'avoir vécu :

« J'ai tué ma mère, lorsque je suis né. J'ai tué son mari, lorsque je suis parti. J'ai tué mon père, en m'enfuyant, en l'abandonnant, lâche que j'étais j'ai sauvé ma vie au prix de la sienne. J'ai tué des civils, des ouvriers et des fermiers. J'ai tué des femmes, j'ai tué des enfants, sur les champs de bataille et dans les campagnes. J'ai violé, parce qu'on m'ordonnait de le faire, mais je n'ai pas protesté, j'ai violé et j'ai regardé sans rien dire d'autres le faire aussi. J'ai torturé, parfois gratuitement, uniquement par vengeance. J'ai tué des nécromanciens, j'en ai tué des dizaines pour n'en retrouver qu'un seul que je n'ai finalement jamais retrouvé. À force de n'être qu'une arme, à force de faire le mal... j'ai... Mon dieu. Alors aujourd'hui que je vieillis, quand je sens approcher de moi la fin, devant Dieu que pourrais-je dire ? Sinon dire que je suis désolé, que je ne peux être pardonné par âme qui vive ici bas ? Cette douleur est ma punition, celle qui me ramène à la réalité, à moi-même, à ce que j'ai fait. Toute cette folie de ce monde, elle pèse sur mon corps et c'est finalement un mal qui est un bienfait. Je lutte pour ne plus être, mais si j'y arrive, que deviendrai-je ? »



Ceci dit, Sad n'avait plus mots à réprouver, plus de mots à cracher. Il venait de sortir du coeur ce qu'il avait et si cela lui fut long à lui, ce n'était pas encore assez pour le convaincre du contraire de ce qu'il pensait de lui-même. Entre la connaissance et la sensation, le rapport, c'est le sentiment. La culpabilité, c'est le rapport de l'acte à la conscience. Le juge connaît le premier terme du rapport, Dieu seul connaît le second, Ô grand Suprême à qui Sad appelait de ses vœux une sentence, il lui répondait par ce bras malade et cette douleur folle qui le rongeait. Sagesse ou masochisme ? Il y a de ces maux, qui font grandir, plus le mal est grand, plus il révèle la vérité, ainsi son destin corrélait son passé et le conduisait inexorablement vers une fin, dûment, méritée. Toute faute oblige le coupable à parler autrement qu'il ne pense, à agir autrement qu'il ne veut. Elle le condamne au mensonge, jusqu'au moment où elle est acceptée, soit par la chute complète, soit par l'expiation. La résignation, Sad, il en fit cette expiation.

Il acquiesçait après cela aux propositions d'Aimi. Il n'y fit aucune protestation, examen et opération, il l'acceptait sans rechigner en aucune façon. Lorsque la séance s'achevait et qu'il se rhabillait, se levant de la table, il se surprit lui-même à un désir qu'il n'avait pas ressenti encore depuis si longtemps qu'il en avait oublié la saveur. Il avait envie de nouer un lien, peu importe ce qu'il était. Il avait envie de la revoir. Fixé sur elle, d'abord silencieux, il se risqua alors, timidement, maladroitement, à le demander :

« Si vous êtes d'accord. J'aimerais vous revoir... Disons pour ? Je sais pas ce que vous aimez faire, bouffer ? Je veux dire manger, ou autre chose, moi je m'en fous. Non excusez c'est stupide, vous êtes sûrement très occupée. Merci beaucoup pour votre aide. »



Enfin, il se retourna, il prit le chemin de la sortie.

_________________

Antalgique — PV Mimi L15d
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t9147-sad-le-batard#77164 https://www.ascentofshinobi.com/t8397-iwa-equipe-cataclysme-toph-rika-takeru https://www.ascentofshinobi.com/t9166-dossier-de-sad#77294
Chiwa Aimi
Chiwa Aimi

Antalgique — PV Mimi Empty
Jeu 28 Mai 2020 - 11:55





Au fur et à mesure de l’échange, Aimi constata que les traits de son patient s’étaient apaisés, adoucis. C’était un peu une réussite pour elle que de pouvoir apporter de la paix dans l’âme de quelqu’un. Elle savait qu’il était difficile de soigner une souffrance de dix années comme cela, surtout quand c’était ancré et qu’on ne savait pas ce qu’il se passait précisément.

La rousse s’étonnait de ne pas l’avoir aperçu auparavant. Quelqu’un de son gabarit était assez remarquable pourtant, surtout avec ce malheureux bras inerte. A croire que même durant ses consultations, la kunoichi pouvait faire de belles rencontres et il s’agissait là d’une qu’elle n’oublierait pas de sitôt. Surtout après ce qu’il allait lui confier. Ses massages semblaient lui faire du bien au vu de la coloration de ses joues, ce qui fit sourire la jeune femme qui se concentrait sur les points, comme pour de l'acupuncture. Plus il en dévoilait sur lui, plus elle était curieuse. Il semblait être un écorché vif de la guerre, comme si les stigmates de son passé faisait ce qu’il était aujourd’hui et ce qui le faisait tant souffrir.

Alors, naturellement, l’Eiseinin lui demanda pourquoi il pensait mériter ce tel supplice. Cette interrogation semblait avoir atteint l’homme au point où il préféra en détourner son regard. Puis il commença à déballer les vestiges de son passé bien sombres et sanglants. La jeune femme arrêta son massage et resta immobile en écoutant le récit poignant et horrifique de Sad. Un frisson parcourut son corps lorsqu’elle l’entendit confier ses péchés devant le tribunal qu’elle était. Une mine assez sombre et triste surplomba le minois de l’Irounin qui sentait une tristesse en elle qu’elle n'aurait cru. Son regard se baissa alors que la voix masculine et fatiguée résonnait dans sa tête et que des images assez horribles se dessinaient instinctivement.

Comment arrivait-il simplement à vivre avec tout ce qu’il avait commis ? Aimi n’aurait pas pu, aurait préféré raccourcir cette vie de culpabilité et de souffrance qu’elle avait infligée. Alors il voyait ce fardeau comme sa punition, celle qui remplacerait ses simples excuses, car elles ne suffiraient peut-être pas. Allait-elle le juger ou le repousser ? Peut-être qu’il y a quelques mois, elle l’aurait fait. Mais aujourd’hui, la rousse avait changé.


« Il y a quelques mois de cela, je pense que je vous aurais simplement laissé repartir et me serai contenté de réaliser les soins, et vous aurais fui ensuite au possible. Je me reproche d’avoir laissé ma mère mourir pendant que je m’amusais tranquillement, d’avoir tué mon père en sachant qu’avec l’attaque, il serait en danger, mais que j’ai préféré faire mon devoir avant d’aller vérifier. D’avoir ôté beaucoup trop de vies à Tetsu, bien que c’était pour protéger mes camarades. D’avoir échoué dans mon travail et d’avoir perdu des patients.
Je ne peux pas ne pas être insensible à ce que vous dites, mais je ne veux pas vous juger ou vous détester pour cela. Si vous voulez sincèrement vous repentir pour tout le mal que vous avez fait, alors agissez et ne vous contentez pas de simples mots ou d’une douleur que je compte vous retirer. Parce qu’au fond de moi, je sens que votre âme, derrière tout ce sang et ces salissures, elle cherche simplement la paix.
»

Un triste sourire s’empara des lèvres de la doucereuse. Elle ne savait pas quoi dire après avoir entendu tout cela, il fallait encaisser. Pourtant, elle essayait aussi de lui faire comprendre que le pardon était possible, mais qu’il fallait agir pour cela. C’était ce qu’elle faisait aussi en agissant pour les autres et donnant de sa vie pour sauver la leur. Ordonnance dans la main, elle le lui tendit et le laissa se relever. Un certain silence assez pesant dominait son précieux bureau. Alors qu’elle pensait qu’il allait partir, celui-ci resta sur place et la fixa. Elle pencha sa tête sur le côté, se disant qu’il avait peut-être une autre requête ou une nouvelle confession. Sa surprise se lut sur son doux visage, alors que ses joues se coloraient légèrement, prise au dépourvu. Il lui proposait de se revoir. Avant qu’il ne quitta la pièce, son esprit se réveilla et elle le rattrapa rapidement.

« Attendez ! » La rousse fit mine de réfléchir, cherchant ses mots. « D’accord, j’accepte de vous revoir. Nous pourrions nous retrouver aux hauts-plateaux demain pour apprendre à nous connaître d’une manière plus… shinobi ? Par la force ? J’emmènerai de quoi manger aussi. Si ça vous va. »

Un simple sourire accompagna ses paroles avant de laisser le samouraï partir et répondre s’il le souhaitait.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t6031-chiwa-aimi-se-presente https://www.ascentofshinobi.com/t8393-iwa-equipe-1-aimi-seika-taketora https://www.ascentofshinobi.com/t6109-chiwa-aimi-carnet-du-rubis-d-iwa https://www.ascentofshinobi.com/u1037

Antalgique — PV Mimi

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de la Terre :: Iwa, village caché de la Roche :: Quartiers désolés
Sauter vers: