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Dans une salle d'attente — PV Oterashi Yanosa

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Sam 25 Avr 2020 - 0:28
@Oterashi Yanosa — À l’hôpital d'Iwa

Dans une salle d'attente


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Passage obligatoire et rébarbatif bien connu de chacun avant de rencontrer le médecin, la salle d'attente. Titre fort bien choisi et synonyme de torture pour la plupart des gens. Dans un environnement rempli de malades et de souffrants, ceux-ci observent une certaine distance et se gardent de communiquer quoi que ce soit par crainte de la contagion ou encore plus souvent parce que le mal et la douleur ne permettent pas de s'épancher tout simplement. En effet, devant déjà gérer sa propre souffrance, on est rarement enclin à écouter se plaindre autrui de son propre mal. Ambiance de merde quoi faut bien le dire.

Sad, sans casque, sans arme et sans armure dans sa tenue de civil ne dérogeait pas à cet état. Il était présent ce jour-ci car il ne soutenait plus la douleur et que sa réserve d'antalgique était épuisée. Il n'en était pas encore au point de manquer de pilules en bavant comme un junkie suppliant pour sa dose, mais son visage blême et sa mâchoire contractée feraient voire même à un aveugle qu'il luttait à chaque instant contre la douleur. S'efforçant de se contrôler et de garder bonne tenue lorsqu'il entrait dans la salle, il laissait échapper un "bonjour" fort aimable avant de s'asseoir sur une chaise prise au hasard. Une chaise un peu petite pour sa grande taille où il était bien mal à l'aise et très mal installé soit dit en passant. Ne cessant presque jamais de se masser le bras en transpirant quelque peu, c'était dans un silence circonspect qu'il contemplait le vide tout en ignorant les toussotements et les jérémiades des autres malades présents, adultes ou enfants.

On n'est guère capable de dissimulation dans une grande douleur, alors Sad ne blâmait personne de la montrer tandis qu'il s'efforçait de contenir la sienne, de l’étouffer, ou l'engourdir ; la rendre inoffensive comme un serpent familier. Que pouvait-il faire d'autre sinon attendre et faire montre d'une patience de bouddhiste. Comme lorsqu'une rage de dents se déclare à trois heures du matin. On marche, on se contracte, on serre les dents et on attend, parce qu'il est certains maux qu'on ne peut endormir avec de belles prières ou une volonté d'acier.

Après quelque minutes de patience, Sad parvint à mieux se contenir (sans doute l'endorphine qui y aidait), c'est alors que de plutôt ne penser encore et toujours plus qu'à son mal, il préférait intérieurement se draper dans l'optimisme. La douleur est l'aiguillon de la pensée se figurait-il en se basant sur son expérience : l'excès des souffrances se repliant sur elles-mêmes, pousse la réflexion jusque dans ses derniers refuges : Elle considère toutes les faces, combine toutes les possibilités, et portant vers leurs extrêmes, développe en nous des forces, des idées, des ressources, qu'un sort plus propice eût laissées dans l'inaction. Plutôt que la pleurer, il fallait en accepter l'épreuve et en ressortir aussi fier et aussi humble que la douleur l'est elle-même. Une pensée à partager avec personne pour le moment. En effet, ce n'était pas les shinobis blessés au combat ou les marmots braillards qui seraient à l'instant prompt à considérer cette philosophie de jusqu'au boutiste...

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Dernière édition par Sad le Mar 28 Avr 2020 - 16:23, édité 2 fois
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Sam 25 Avr 2020 - 14:26
De toutes les choses qui soustrayaient un temps considérable à ses rares disponibilités et pour lesquelles il ne voyait aucun intérêt, ses visites de contrôle à l’hôpital figuraient certainement tout en haut de la liste. Il n’avait pas pu y couper, par une seule fois, depuis le réveil de son coma il y avait de ça un peu plus d’un an maintenant, et si le suivi que lui avaient offert Etsuko d’abord, puis d’autres eiseinins ensuite telle que Aimi par exemple, témoignait d’un sérieux et d’une rigueur tout à fait honorables, la conviction et le savoir inamovibles que ces contrôles ne pouvaient mener à rien l’exaspérait au plus haut point. Oui, il souffrait toujours, et non, ses cicatrices ne bougeaient plus, pas d’un pouce, pas d’un iota, rien. Bien sûr, les prélèvements et analyses plus poussés qui étaient conduits sur ses tissus cicatriciels pouvaient, éventuellement, hypothétiquement, un jour peut-être en comptant sur les progrès de la médecine, déboucher sur quelque chose, mais c’était une éventualité, un espoir ténu sur lequel le guerrier tellurique préférait ne pas compter du tout.

Car si il y avait bien une chose qu’il avait appris, depuis son réveil, c’était de vivre avec ces souffrances continuelles. Mieux, il avait appris à les dompter, à canaliser l’énergie qu’elles généraient en lui pour l’employer à mieux faire son travail ou le faire plus longtemps. Ses douleurs étaient devenues un carburant et, à ce stade, difficile pour lui de dire si il aurait vraiment désiré s’en débarrasser si cela devenait tout à coup possible. N’en restait pas moins que ce jour-là, comme prévu, il se rendit à l’hôpital pour se soumettre aux examens et prélèvements d’usage, pénétrant de façon routinière dans la salle d’attente qu’il ne connaissait que trop bien. Une chose, cependant, échappa d’emblée à sa routine lorsque ses yeux se posèrent l’espace d’un instant sur une silhouette en tout point singulière, assise là à la place qu’il occupait d’ordinaire.

Brun, très élancé, l’individu d’une trentaine d’années semblait encore plus grand que lui ne l’était, une appréciation approximative étant donnée sa position assise et, avant de prendre place en face de lui sur une chaise libre, Yanosa ne put s’empêcher de remarquer avec quelle application, quelle frénésie contrôlée, le géant se massait le bras gauche. Ne se souciant pas vraiment de paraître impoli tandis qu’il s’asseyait, l’Oterashi observa les mouvements de cet inconnu, dont le regard d’une neutralité sans faille tranchait avec la sueur qui perlait modérément à ses tempes. Il ne semblait pas blessé, songea le Chûnin, alors qu’est-ce qui pouvait provoquer chez lui ce malaise contenu ? Alors que les massages du bras gauche de l’individu se calmaient, la réponse, ou du moins une ébauche de réponse, parvint à l’esprit du Tellurique, car il venait, sans s’en rendre compte, de mettre le doigt sur le pourquoi de cette familiarité qu’il avait eu l’impression de partager avec cet homme.

« … Vieille blessure ? entama Yanosa en cherchant le regard de l’inconnu. Je crois pas vous avoir déjà vu ici. Ou dans le village tout court d’ailleurs. Pourtant… Quelqu’un de plus grand que moi… je pense que je m’en souviendrais.

Yanosa.
 » dit-il alors simplement en se penchant en avant, main tendue, pour solliciter la pareille de son interlocuteur.

Tout en se penchant, et en dépit du contrôle qu’il avait développé sur ses nerfs et leur impact sur sa vie de tous les jours, un rictus passager se forma sur son visage, qui se rida un instant alors que l’une de ses plus larges cicatrices, dans son dos, transmettait à sa colonne ce qui lui semblait toujours être une flambée spontanée.
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Sam 25 Avr 2020 - 18:57
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Face à lui, s'installait après ses longues minutes de torture quelqu'un, sur la chaise inoccupée. Un shinobi à n'en pas douter. Une puissante carrure et un large cou portant un visage au trait fin et raffiné, avec de beaux cheveux pour l'égayer. Un combattant au corps à corps de temps normal selon ce que je jugeais le bâtard de prime abord. Sad ne lui parlait pas sur le moment car il commençait à peine à se détendre et n'avait pas la tête à faire Causette. Normalement sans doute l'aurait-il fait, sinon ce serait permit de le saluer d'un bonjour. Après un bon moment à être observé par celui-ci, l'homme tentait une approche et son timbre empathique y laissa entendre qu'il comprenait en partie peut-être ce que vivait le samouraï :

« Vieille blessure ? Je crois pas vous avoir déjà vu ici. Ou dans le village tout court d’ailleurs. Pourtant… Quelqu’un de plus grand que moi… je pense que je m’en souviendrais. Yanosa. »

Avec un parler aussi franc et courtois que le regard qui cherchait le sien, c'était la main tenue en signe de bonne entente qu'il terminait en se présentant. Une façon de faire qui ne rebutait pas le bâtard. Délaissant son bras, il saisissait la main et répondit à son tour, certes sans le sourire, mais en mesurant son timbre pour ne pas ennuyer les autres et avoir l'air trop sur les nerfs. La plaisanterie sur la taille n'eut aucun effet sur lui, mais sûrement parce que la douleur demeurait trop présente. Souvent on lui faisait la remarque de ne l'avoir jamais vu. Grande ville qu'est Iwa, elle est cependant tant refermée sur elle-même que tout le monde s'y connaît et qu'un étranger s'y repère facilement. De quoi refréner l'intégration des nouveaux devant sans doute y faire leurs preuves. Pas de quoi s'offusquer de cela non plus cependant, se disait Sad pendant qu'il répondait :


« Moi c'est Sad, Sad Le Bâtard, on m'a toujours appelé comme ça. Vieille c'est le mot oui. Un souvenir difficile à oublier. C'est normal que vous ne m'ayez jamais vu ici je suis arrivé récemment quand Iwa est entré en guerre avec Tetsu. Et même si je suis grand c'est vrai, je n'ai pas tendance à aimer faire parler de moi. J'ai besoin de mes antidouleurs, je suis venu ici pour ça car il n'y a pas de remède connu de ce que je sais et sans eux ça devient vite insupportable. Ce foutu bras me fait mal à me rendre fou depuis quelques jours j'étais obligé de prendre rendez-vous. Et vous vous venez pour quoi ? À ce propos, vous pouvez me tutoyer, si vous le souhaitez, vu notre position nous pouvons zapper les formalités. »



Le meilleur des remèdes contre la douleur étant l'oubli de celle-ci, une bonne conversation pour occuper l'esprit avait de quoi revigorer, alors c'était de bon coeur que le samouraï répondait et posait ses propres questions. Dans un hôpital, toutes les volontés belliqueuses ont tendance à s'étouffer au profit de la compassion, c'est connu, et naturel.

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Sam 25 Avr 2020 - 23:33
La main tendue par le guerrier tellurique trouva son juste retour, tandis que celle de celui qui se présenta comme étant Sad le Bâtard s’étendait à sa rencontre. Yanosa perçut au départ une certaine gêne chez son interlocuteur, un malaise qui de dissolut dans l’échange qui était en train de naître, comme si devoir se concentrer dessus forçait l’attention de l’homme à se dérouter de la douleur qui semblait lui labourer le bras gauche. Sad le Bâtard : un nom pour le moins singulier, que celui-ci portait avec ce qui aurait presque pu s’apparenter à de la fierté. L’Oterashi n’était pas homme à juger autrui d’après ses origines et ses liens familiaux, aussi se contenta-t-il de hausser un sourcil tout au plus un peu surpris, tout en mettant naturellement fin à la poignée de main.

« Sad. Un nom étrange… sans vouloir t’offenser. Je saurais pas dire pourquoi il m’évoque une certaine… tristesse. » dit-il, pensif, en se replaçant au fond de son siège.

Ce faisant, le Tellurique déclencha une nouvelle vague de douleurs dans ses flancs, qui se traduisit cette fois par un bref pincement de ses lèvres. Il ne faisait plus vraiment attention depuis le temps à la manifestation extérieure que pouvaient prendre ces pics nerveux, préférant simplement laisser le traitement de l’information de la douleur à son mauvais caractère et à ses idées noires. Les deux négatifs se combattaient ainsi sans relâche en arrière-plan lui laissant, majoritairement, le plein contrôle de ses gestes et de ses réflexions.

« Quand Iwa est entré en guerre contre Tetsu tu dis… Une guerre, espérons-le, qui a enfin trouvé sa fin. Vu ce qu’on y a perdu, ce serait la moindre des choses. Tu y as pris part ? »

Une curiosité légitime de son propre point de vue : prendre pour point de repère les tensions récentes qui avaient pris forme au Pays du Fer pour situer son arrivée au village relevait d’une certaine contingence qui ne lui avait pas échappé. Soit ce Sad avait à coeur de prendre les événements les plus marquants de ces dernières semaines comme repère, soit il s’y sentait relié d’une façon ou d’une autre.

« Haha, les formalités, oui… Ça n’a jamais trop été mon truc non plus. Des antidouleurs… Tu dois sacrément déguster, pour en avoir besoin à ce point là. Pour tout dire… j’ai à peu près le même problème. Un vilain jutsu Fuuton. Je suis resté dans le coma pendant, quoi… un an ? A mon réveil, j’ai découvert que mon corps avait salopé le travail de cicatrisation, et toutes mes plaies sont devenues de jolis nids de nerfs à vifs.

Depuis, on me dit de venir faire des prélèvements régulièrement, pour voir si ça évolue… Mais, rien depuis plus d’un an. C’est… délicat, de comparer la souffrance. D’une personne à l’autre, sa perception peut tellement varier. Mais… T’as jamais songé… à faire quelque chose, de cette douleur ? La canaliser pour qu’elle t’aide, plutôt que le contraire.
 »
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Dim 26 Avr 2020 - 0:28
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« Sad. Un nom étrange… sans vouloir t’offenser. Je saurais pas dire pourquoi il m’évoque une certaine… tristesse », reprit Yanosa quand Sad finissait. Le bâtard ne comprit pas tellement sur le moment en quoi ce nom eût été triste à l'oreille. Il n'en connaissait pas la signification et ce n'était jamais posé de questions sur celle-ci. "Une sonorité coup-de-poing peut-être", songea-t-il sans couper son interlocuteur qui poursuivait. C'est là qu'il remarquait que celui-ci souffrait également, mais parvenait à mieux le cacher. Un fugace pincement de lèvres et une contracture au flanc que Sad, bien que l'apercevant, ne releva pas. S'ensuivaient encore beaucoup de questions, vraiment, beaucoup de questions. Aucune qui ne furent indiscrets cependant et puis une question n'ordonne pas toujours une réponse, d'autant que le Shinobi donnait volontiers les informations que Sad lui avait demandées. Il apprit donc que le Shinobi souffrait d'une ancienne blessure aux conséquences qu'il ne saisissait pas tout à fait. Un genre d'infection ? Des plaies qui ne cicatrisaient pas n'étaient pas commun, mais si cette blessure l'avait antérieurement amené jusqu'au coma, elle n'était certes pas anodine. Il avait été cependant plus intéressé par les raisons liant la venue du bâtard avec le conflit de Tetsu no Kuni. Un instant Sad se méfia, craignant que ces raisons ne portassent préjudice à cette relation naissante. Il quêtait en effet la paix et ne désirait pas qu'on vînt lui rappeler à tort qu'il était moins digne que ce qu'il souhaiterait. Questionnement moins pertinent et moins personnel encore que la suggestion que se permettait un instant le shinobi concernant l'appréciation de la douleur.

Sad y portait conséquemment son regard plus en profondeur jusque dans le creux des yeux de son interlocuteur. Une œillade franche, sans haine, mais sans amour non plus. La douleur qu'il ne connaissait que trop bien, il la gérait comme il pouvait depuis plus de dix ans. Celle-ci symbolisait beaucoup pour lui et lui servait déjà en maintes occasions de moteur, à sagesse, à endurance, à tempérance. S'il tardait à répondre, c'est qu'il cherchait soigneusement ses mots et à ses yeux pendant ce temps transparaissait pourtant un message facile à entendre ; tu ne peux pas comprendre. Une façon d'être désolé plutôt qu'un reproche, comme si le bâtard se sentait coupable d'une chose, ou de plusieurs, qui l'amenaient plus aisément à accepter ce fardeau, même s'il s'en délesterait s'il en avait le moyen. Forçant le sourire, enfin il répondit, patiemment et posément en reprenant son bras gauche dans sa main, comme inconsciemment il protégeait sa propre douleur pour qu'autrui n'est point à en souffrir. Peut-être sans le savoir, l'homme se torturait lui-même en signe de pénitence :


« Je suis navré que tu aies à souffrir. J'ai ouï dire que les médecins d'Iwa sont très compétents cependant. Mes mots ne guérissent pas, mais je te souhaite de te rétablir promptement. Tu ne me sembles pas être un mauvais homme, ces mots sont donc d'autant plus sincères. Pour te répondre je suis Tetsujin originellement. Quand le conflit a commencé j'ai refusé de combattre contre Iwa, et j'ai fui mon pays chez vous en échange de quelques maigres informations que je possédais. Il se trouve que je me suis si bien senti chez vous que j'ai décidé de m'engager définitivement et de rester. Vous m'avez bien traité. Si j'étais resté au Fer j'aurai été décapité ou enrôlé de force. Je crains en revanche et hélas que tu te trompes, cette guerre n'est pas finie, mais tu te devrais te concentrer sur ta guérison plutôt que cela mon ami. La guerre viendra bien assez tôt et ceux comme nous, ne peuvent que se tenir prêt à y faire face. Pour le reste... j'ai compensé ce bras manquant par l'autre. Et si je vivrais sans doute mieux sans le mal, qu'il perdure m'empêche d'oublier que... Mmh... Il me force à me rappeler que je veux être quelqu'un de bien. Si je dois retenir quelque chose de bon ce sera ça. Avec les antidouleurs c'est supportable je suis dure à la douleur. Mais là quatre jours sans, elle a grandi, d'où ma présence ici. Si je dois bien travailler je dois avoir ces pilules. C'est sûr que le simple chûnin est fort peu important, mais un homme fait pencher une guerre comme un grain fait pencher une balance. »



Ceci étant dit, enfin Sad sourit sans s'y forcer. Un sourire tendre et léger invitant à se sentir, il espérait, encouragé. Clairement un homme qui ne fuyait pas les ombres du monde, qui les connaissait et sans doute voulait au moins les comprendre, mais qui ne cherchait pas non plus à les alimenter, bien au contraire.

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Dernière édition par Sad le Mar 28 Avr 2020 - 16:25, édité 1 fois
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Dim 26 Avr 2020 - 16:03
Étudiant sans même le cacher les mimiques de son interlocuteurs, Yanosa passa son index le long de ses lèvres en essayant de décrypter ce nouveau visage qu’il était en train de découvrir. Sad était plus âgé que lui, et avait conséquemment vécu plus de choses. Cette blessure à son bras, cette douleur lancinante qui semblait le parcourir, il avait l’impression qu’elle dépassait de loin en impact et en intensité les souffrances que lui devait endurer à cause de ses cicatrices. Difficile à vérifier, et par conséquent difficile de conseiller quoi que ce soit à cet homme, quand il était question d’un concept aussi volatile et subjectif que la douleur. Par le passé, l’Oterashi aurait été prompt au jugement, et n’aurait pas hésité à pointer du doigt la faiblesse dont Sad faisait preuve en requérant ainsi l’usage d’antidouleurs, mais après les épreuves qu’il avait du lui-même traverser et tout en ayant développé son empathie en parallèle, il était aujourd’hui très loin de se laisser aller à de tels raccourcis.

Car si il était, presque, toujours possible de faire mieux et de se surpasser davantage, Yanosa lisait une sincérité et une maturité telles dans les yeux de Sad qu’il imaginait mal celui-ci céder à une quelconque facilité. Mais alors que son attention était portée sur le brun et ses deux mètres de muscles fins et longilignes, qu’il devinait sous ses habits civils, la remarque que Sad lui porta le fit soudainement revenir à sa propre personne. Lui, un homme bien ? Il n’avait jamais trop songé à lui-même sous l’augure du bien et du mal, seulement du nécessaire et du profitable. Qu’il puisse avoir l’air de quelqu’un de moralement acceptable le surpris quelque peu, même si il était vrai que la discussion entamée n’avait jusque là pas pu aller déterrer les facettes les plus égoïstes et pragmatiques du guerrier tellurique.

« Je… te remercie. L’équipe ici est très compétente, oui. Si tu as besoin à ce point de tes pilules, j’espère qu’Aimi pourra t’en faciliter l’accès pour éviter ce genre de délais. »

Sans la moindre censure, Sad avait ensuite entrepris de répondre au questionnement un tantinet inquisiteur de Yanosa. Un Rônin, déduisit-il tout en l’écoutant avec attention. Déserter son pays, renier la soumission à son Seigneur, tout cela avait du coûter beaucoup à Sad, et cela le soumettait par définition, vis-à-vis du Bushido, à une certaine dette morale, peut-être même à une honte inhérente au code que devaient d’ordinaire suivre les samouraïs. Cependant, si il y avait bien une période où se détacher du shogunat de Tetsu avait pu se comprendre, c’était bien durant les dernières semaines écoulées. La couardise dont avait fait preuve Fugaku sur le champ de bataille en était la première et plus édifiante justification.

Sans le couper, le Tellurique écouta cette fois son interlocuteur jusqu’au bout. La discussion avait beau le détourner quelque peu de la douleur qui émanait de son bras, il était aussi évident qu’il ne lui était pas aisé de s’épancher ainsi. Respecter ce genre d’ouverture était autant une manifestation de respect de sa part que celle d’un besoin d’obtenir toujours plus d’informations sur ce nouveau soldat, ce futur coéquipier, avec qui il pourrait potentiellement porter à l’avenir le poids de la réussite ou de l’échec d’une mission capitale.

« Un simple Chûnin, peu important tu dis ? Écoute, j’ignore quelle position tu occupais avant à Tetsu et si on t’a confié ce grade c’est que t’es capable d’assimiler ce qu’il y a derrière mais comprend bien une chose : un Chûnin est plus qu’un simple soldat. De lui dépend la sécurité de toute une équipe et la réussite d’opérations entières. Un Chûnin en rade, et c’est un jeu de domino rarement agréable qui s’engage, avec en bout de ligne des pertes à déplorer qu’elles soient humaines ou pas. Comme tu l’as dit : un grain peut faire pencher la balance.

Du reste… Je peux comprendre que tu veuilles être « quelqu’un de bien ». J’imagine que c’est ce qui t’a motivé à renier le shogunat et à transmettre des infos à Iwa. Mais… sans vouloir jouer à l’oiseau de malheur, tu l’as dit toi-même : d’autres guerres, d’autres conflits, seront toujours à mener. Et vouloir faire ce qui est consensuellement appelé « le bien » dans ce contexte… ne sera pas toujours la chose à faire. Si tu vois où je veux en venir.

Il faudra que tu saches ce que tu veux poursuivre le plus ardemment : des principes… ou des objectifs. 
»
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Dim 26 Avr 2020 - 18:06
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Attentivement, le bonhomme écoutait le Shinobi, et patiemment, ingurgitait, digérait ce qu'il avait à dire. Tous les points de vue sur tous les sujets avaient une valeur aux yeux de celui qui aspirait à la sagesse. Le dénigrement d'une pensée, s'il est de but en blanc, fait toujours plus ou moins la preuve d'un défaut de personnalité, d'une intellectualité bornée. Les extrémistes sont ceux-là qui ne dérogent jamais à aucune de leur conviction. L'on peut être un extrême du pacifisme ou de la violence et toujours lorsque débat se prend au jeu, l'on entend ce moment où il ne s'agit pas de partage et de compréhension, mais de vaincre l'idée de l'autre, d'imposer la sienne, ce qui n'est pas plus évolué, ne vaut métaphoriquement pas plus qu'une confrontation sans bain de sang en finalité. Souhaiter l'écrasement de l'autre, amène fatalement et ironiquement, aussi, à l'écrasement de soi. L'Homme n'a hélas globalement jamais compris que faire le mal à quelqu'un c'est également se faire mal à soi-même. Leçon enseignée à Sad dans sa jeunesse, lorsqu'on le mettait en garde du péché d’orgueil. Comme souvent hélas il n'avait en ce temps pas écouté les précieux conseils, quêtant Gloire et aventure en se croyant héroïque jusqu'à ce qu'il concédât qu'à l'issue de l'affrontement toute gloire finit irrévocablement usurpée. Mythe sans doute entretenu par les chanteurs et auteurs pour ne pas épuiser les futurs réservoirs à soldats.

Aujourd'hui Sad relativisait bien de choses. Imparfait qu'il était, lorsqu'il ne savait pas, déjà là à ses vœux il était un grand pas en avant de l'admettre et d'accepter sa propre ignorance. L'usage de la violence, nécessité ou engorgement si ancien qu'on ne concevait plus les rapports étatiques autrement, que pouvait-on affirmer ? En tant que soldat, la charge la plus difficile à soutenir était une obéissance dû. Les considérations et les états d'âme des guerriers passaient rarement au-delà des réalités politiques et ils se retrouvaient à frapper à mort des hommes et des femmes, voir des enfants, qu'ils ne connurent jamais avant le moment de l'affrontement. Lorsque Yanosa finissait d'exposer son point de vue, Sad prit son bras et le plia pour le reposer sur sa cuisse. Puis il leva la main droit, d'où jaillissaient deux doigts dressés, l'index et le majeur, tandis que les autres étaient fermés sur le poing. Il ne garda pas cette posture, l'illustration étant faite, il l'accompagna de ce qu'il avait à dire :


« Deux doigts levés, symbole de justice et de pouvoir. Justice garantie par le contrat social que le pouvoir permet. Toi, moi, tous ceux qui portent les armes et ceux qui payent ces armes, sommes les outils de ce pouvoir censé garantir la justice aux anonymes, à la multitude qui a choisi de se placer sous cette égide. Combien de guerre possède la justice pour motivation ? Souvent l'honneur, l'honneur qui tue peut-il être honorable ? Un soldat qui n’obéit pas n'est pas honorable, mais est-il honorable d’obéir à un chef sans honneur ? Chez moi je suis un déserteur, mais l'homme que l'on m'ordonnait de protéger a fui. Pourquoi se battre pour un homme qui ne se battrait pas pour toi ? La vengeance est le moteur de cette guerre, la conquête. Nous pouvons faire pencher la balance, mais jamais en faveur de quelque chose de bien. Un outil, reste un outil, il ne commande pas, il obéit. Un jour les hommes seront tous rassemblés sous la même bannière, et lorsqu'ils jugeront l'histoire, leurs ancêtres, nous, que verront-ils ? Regarder les choses avec recul, c'est prendre des siècles de distance sur ce que l'on voit. Ce que je vois me peine. Mais je demeure seul gardien de mon âme, à cela je ne déroge pas, j'ai toujours le choix. Comprends-tu ? Je sais qu'il nous faut combattre. Mais en notre âme et conscience, nous devons toujours nous rappeler les conséquences de nos actes, même si pour cela il nous faut nous opposer à ceux qui nous nourrissent, qui nous payent, nous commandent. »



Terminant sur un silencieux sourire surplombé d'une œillade vaincue et résignée, Sad n'était pas tout à fait certain d'avoir été compris, ni que le shinobi face à lui adhérerait à ce qu'il venait de dire. Toujours est-il qu'occupé qu'il fut à chercher ses mots, il en oublia complètement pendant ces quelques instants la douleur qui le rongeait. Pour cela, sans le dire, il l'en remerciait.

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Lun 27 Avr 2020 - 15:50
Yanosa avait l’habitude de souvent déclencher l’ire de ses interlocuteurs quand il commençait à leur faire un semblant de moral et à se placer comme une sorte de donneur de leçon qui ne pouvait pas souffrir d’être contredit. La vérité, c’était que celles et ceux qui se contentaient de l’écouter et d’acquiescer sans faire preuve d’une once de caractère ou de remise en question méritait bien moins son respect que les autres. Ceux-là qui, en se basant sur leur expérience personnelle, des illustrations pertinentes et une articulation ordonnée de leurs arguments parvenaient à nuancer son propre propos, à l’éclairer sous un autre jour voire, parfois, à le contredire de façon pertinente. Cela ne voulait pas pour autant dire que ces individus parvenaient à faire changer la mentalité et les vues du Tellurique, dont bien des convictions étaient gravées dans le marbre, mais celui-ci appréciait nettement plus ces personnes et leur portait un respect du même niveau.

Patiemment, tout en levant une jambe pour aller la déposer sur son genou opposé, l’Oterashi écouta donc la réponse formulée par Sad, précédée par ce geste annonciateur de deux points distincts. Il était décidément, songea Yanosa, un homme particulièrement maître de lui-même, en dépit des difficultés qu’il avait à gérer la douleur dans son bras gauche. Le Rônin nouvellement accueilli au sein du village de la Roche fit montre d’une certaine inclination pour la spiritualité, et aussi d’une forme d’optimisme prédéterminé dans son exposé, que le guerrier tellurique écouta avec attention. Une fois de plus, son index passa le long de ses lèvres avant d’échouer sur le côté de son menton comme pour le soutenir. La différence d’âge entre les deux hommes n’était pas si énorme. Pourtant, à l’écouter, Yanosa percevait un gouffre générationnel entre lui et Sad, un gouffre qui ne saurait être comblé par autre chose que le partage d’une adversité commune et particulièrement extrême. Loin, très loin d’une conversation initiée au détour d’une salle d’attente, ce qui n’empêcha tout de même pas le Tellurique de peser son propos pendant quelques instants avant de le délivrer.

« Tu me parais plutôt optimiste Sad. De penser qu’un jour l’humanité se trouvera unie et solidaire, qu’elle aura abattu toutes les barrières et sera arrivé à un consensus stable et paisible… M’est avis qu’elle disparaîtra avant d’avoir l’occasion d’en arriver là, mais… question de point de vue, j’imagine.

Pour le reste par contre je dois dire… que je suis plutôt d’accord, dans le fond. Des outils. Nous ne sommes que ça, ici, c’est vrai. Des outils particulièrement instables. Des outils qui doivent garder leur libre arbitre, pour éviter d’être mal employés, quitte à prendre le risque de blesser la main qui les manipule. Ce que tu as fait, en fin de compte, quand tu as trahi ton pays et rejoint nos rangs. Si ça te rend plus ou moins honorable que l’homme que tu étais avant… S’interroger là-dessus revient à te poser la question de ce que tu vois dans les yeux des autres, quand ils te regardent. Une perception des choses, rien de plus.

Tu sais… pour tous ses défauts, pour tous ses crimes, ton ancien Seigneur, Fugaku, a fait preuve d’une volonté assez remarquable dans ses derniers instants. Blessé et mourant, il a trouvé la force de se plier au seppuku avec son propre katana. Il n’avait rien à y gagner, rien de tangible en tout cas, rien qui ne soit pas en rapport avec le salut de son âme et l’honneur de son nom. Des valeurs qu’il avait renié quelques heures plus tôt à peine. Pourtant, que ce soit honorable ou pas, que ce soit justifié par les instances morales ou non, nous l’aurions exécuté même si il ne s’était pas soumis à ce rituel. Comme tu l’as dit, ce qui compte avant tout, c’est de pouvoir vivre avec ses choix. J’ai juste… un peu de mal à comprendre ton optimisme à la limite du divinatoire, quand on réalise aussi clairement que nous à quel point la violence, la souffrance et la mort sont inévitables et inéluctables. 
»
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Lun 27 Avr 2020 - 17:01
Dans une salle d'attente


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« Optimiste. Oui peut-être. C'est au regard de l'histoire que je considère cette possibilité. Autrefois guerroyant entre clans, aujourd'hui nous voici combattant entre nations. Qui sait ? un jour peut-être serait-ce entre continents. C'est un curieux paradoxe que de songer à ce que le conflit, une division, mène irrévocablement et toujours à une unification. C'est comme la vie qui s'avale elle-même, qui s'agrandit en se dévorant. Mort, meurtre, pour se nourrir, pour la gloire, l'amour, l'argent, le pouvoir ou l'honneur, du plus petit insecte au plus gigantesque mammifère, la mort est au bout du chemin de vie et pourtant cette vie ne cesse de s'agrandir. Je m'attache au fond plus qu'à la forme pour tenter de comprendre notre place dans le monde. Notre place à nous les guerriers. Nous grandissons l'arme à la main dans des bains de cultures différentes, et nous nous traitons de barbare alors que les eaux de ces bains de cultures sont déjà entremêlées. Chez les miens, comme tu le soulignes le suicide rituel lave l'honneur. J'ai connu des contrées où se suicider était parmi les plus grands blasphèmes à ne jamais commettre. Curieux état de fait, qu'une éducation puisse donner des points de vue si différents sur de mêmes sujets. Toute cette violence dont nous sommes à la fois victime et coupable, ne fait jamais de nous des héros, tout au mieux des martyrs. Si jeune que je suis encore, j'ai fini à force d'étude et de combats par admettre que la seule chose dont je pouvais être sûr était que je ne savais rien, et que ce que je devais éviter absolument était de raisonner dans l'absolu. Lorsque je mourrai, qu'on honore mon nom ou non, je ne serais pourtant jamais qu'un meurtrier de plus parmi d'autres. Et toute ma vie je devrais porter sur mes épaules la honte d'avoir fait tout ce que j'ai fait. Qu'importe que je ne l'aie pas choisi, qu'importe que je ne fisse qu'obéir, je suis avant tout quelqu'un qui tue. Il est peut-être ainsi que notre devoir est d'assumer ce que de plus faibles ne peuvent. La folie du monde, pas seulement celle des hommes, mais bien celle du monde tout entier. En étant qu'une poignée d'individus à le porter, nous l'évitons à d'autres. Que les Dieux, qui qu'ils puissent être et où qu'ils demeurent en soient témoins et absents spectateurs, nous leur offrons du sang, pour que le destin vienne à s'accomplir. »



Longue tirade que celle-ci, dont Sad doutait lui-même, sincèrement, qu'elle fut utile ou plus encore dans le vrai. Les mots n'exprimaient pas toujours au mieux la pensée, d'où l'importance d'un vocabulaire suffisamment fourni pour ne pas avoir à travestir les ressentis. Toujours, en tout et pour tout le doute était permis, ici, tout sage qu'il paraissait peut-être être, pour lui-même ou ce qui était à son écoute, la contradiction ne fut pas interdite. Souriant, mollement pendant et après cela, la douleur se rappelait à lui et pour l'amenuiser, comme une sorte d'exorcisme, Sad revint à un sujet plus doux, quelque chose qui lui tenait plus à coeur encore que le reste, une envie jamais contentée, un désir à la limite du fantasme pour lui :

« Ma foi, maintenant hormis bien faire mon travail, j'aspire à une vie un peu plus paisible. Me trouver une femme bien, que je puisse chérir et qui me donnera des enfants en bonne santé. Leur apprendre ce que je sais, les préparer à un avenir radieux, qu'ils aient le choix du chemin qu'ils voudront prendre. Ho, je ne parle pas de ranger définitivement l'épée au fourreau. Mais les grandes entreprises désormais m'ennuient, j'ai eu mon lot de sangs et d'infamie, de gloire, de bataille et d'épique. La douceur d'une femme me tempérerait et serait je crois une juste récompense pour tout ce que j'ai enduré. Un juste retour des choses. Faut-il que j'en trouve une qui ne sera pas ennuyée par mes séquelles avant cela. Et puis à mon âge, je crains que cela devienne compliqué. »



Finissait-il en plaisantant.

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Mer 29 Avr 2020 - 15:21
Le raisonnement qui menait Sad à penser que l’humanité pourrait un jour se retrouver unie sous la même bannière et poursuivre ensemble les mêmes objectifs suivait une logique indéniable, une observation macroscopique de l’évolution de ses mœurs, mais Yanosa avait déjà son avis sur la question. Car si on pouvait effectivement juger que la violence physique et tangible qui sévissait encore et toujours à travers le monde avait statistiquement diminué en quantité et en intensité ces derniers siècles, la part ainsi « disparue » s’était en ce qui le concernait muée en autre chose de tout aussi brutal mais simplement plus pernicieux et moins visible. La politique, les manigances, les jeux de pouvoir, et bien plus encore, le Tellurique n’était que trop bien au fait de ces facettes incontournables des rouages qui faisaient tourner le monde. Lui-même était, en bout de ligne, un instrument de mort employé par ceux qui avaient l’autorité de commander à des sections entières d’Iwa, si ce n’était à Iwa elle-même dans son entièreté. Mais, en son âme et conscience, Yanosa assumait de n’avoir à défendre que ce qui était important pour lui, sans avoir à poursuivre un idéal qui ne lui correspondait pas.

Sad, de son côté, semblait irrémédiablement torturé par sa condition, ses obligations, et le jugement moral qu’il s’infligeait de lui-même, comme si la souffrance qui lui labourait le bras gauche ne suffisait pas à contenter cette forme de sado masochisme. Pour autant, le Tellurique ne le jugeait pas pour cela. Dans un coin de sa tête, il ouvrit même une porte, étroite, aux contours mal définis et peu éclairés, afin de pouvoir à l’avenir se souvenir et se mettre à la place de Sad ou de tout autre vétéran comme lui. Une empathie simulée et contrôlée, utilitaire, mais qui, pour ce qu’il en savait, pourrait peut-être lui devenir essentielle à l’avenir. Acceptant une fois de plus d’écouter le grand brun sans le couper dans son discours, l’Oterashi répondit à son maigre sourire lorsqu’il évoqua l’espoir ténu pour lui de se trouver une femme avec qui partager un amour vrai et sincère, trouver une âme dans laquelle la sienne pourrait venir se lover et réciproquement. L’idée était belle, il en convenait. Malheureusement, les lois qui régissaient les relations intimes entre individus de sexe différent échappaient à présent en grande partie à Yanosa, et si il percevait parfois les prémisses de ces sentiments grandir en son coeur, il s’évertuait malgré lui à les étouffer, à s’en protéger comme on le faisait d’un fléau contagieux.

« Ce n’est pas parce que prendre une vie n’a rien d’honorable que tu dois pour autant en avoir honte, Sad. Tu devras sûrement repasser par là d’ailleurs, pour protéger cette tranquillité à laquelle tu aspires… Mais, je n’ai pas envie de trop te mettre le nez dans ce que l’avenir te réserve de désagréable.

Pour ce que j’ai eu à voir jusque là, et selon mon avis, tu es quelqu’un de respectable. Puisses-tu donc trouver la femme qu’il te faut, c’est tout ce que je te souhaites.
 »

Tandis qu’il terminait sa phrase, le grincement d’une porte étouffa ses derniers mots, dans son dos sur la droite.

« Yanosa ? Yanosa Oterashi ?
- C’est pour moi, on dirait. Content d’avoir pu te rencontrer, dit-il en se relevant et en tendant à nouveau sa main à Sad. Pour tout ce que tu en penses, j’ai quand même hâte de voir ce que tu sais faire l’arme à la main. A très vite. »

Le Tellurique se tourna alors vers l’eiseinin qui l’avait appelé et lui accorda un hochement de tête avant de la suivre dans la salle d’examen. Ces prélèvements étaient rarement agréables, mais ni plus ni moins que les douleurs que ses cicatrices lui imposaient au quotidien. Moins pire, à ce qu’il semblait, que le calvaire que devait subir cet homme. Sad. Une nouvelle âme singulière à Iwa, songea-t-il, de laquelle il voudrait certainement tester les capacités très bientôt.
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