Soutenez le forum !
1234
Derniers sujets
Partagez

[SOLO] Chronique I : Reconquête de Mizu no Kûni

Yukino Shizune
Yukino Shizune

[SOLO] Chronique I : Reconquête de Mizu no Kûni Empty
Mer 29 Avr 2020 - 21:27

Bullseye


Année 193 ; Octobre ; Mizu no Kûni ; Territoire Contesté
Dans leur abri de fortune, nichée dans le creux d’une falaise surplombant une dense forêt, un petit groupe se massait autour d’un reste de feu dont ne luisait plus que les braises. Une brochette finissait sa cuisson, un poisson relativement petit qui allait rassasier le maigre appétit d’un blessé dont le reste le de l’assemblée se foutait de sa trogne. Il pesta alors qu’il masqua une douleur sur son front, une jeune femme aux doigts de fée s’occupant de son cas. Elle ne disait rien, se concentrant sur les soins, appliquant du coton humide, traitant la plaie avec de l’onguent. Sur sa droite, une bobine de fil et une aiguille étaient préparé, ce qui ne manqua pas de faire réagir son patient :

- Franchement Shizune, t’abuse, utilise ton chakra qu’on n’en parle plus !

- Arrête de faire l’enfant, répliqua celle-ci, tu ne vas pas me dire que tu as peur des aiguilles ?

Evidemment que non, mais cela l’énervait que leur médecin attitré soit aussi économe en ses réserves de chakra, surtout en sachant que du groupe, elle en avait le plus. La kunoichi s’obstinait à pratiquer à l’ancienne, insistant sur le fait de ne pas vouloir perdre la main, et que ce n’était pas forcément bon pour le corps que d’être traité en permanence par Iroujutsu, comme quoi ça le rendrait paresseux… Enfin, il savait aussi que dans le fond, elle faisait cela pour lui donner une leçon, le blessé avait été trop téméraire, ayant reçu un coup de la plus ridicule des manières. Son autre collègue, une fille plus jeune que lui qui le narguait depuis le mur opposé finit par le mettre en rogne :

- Oy’, si tu n’as rien d’autre à faire que te foutre de ma tronche, vas faire le guet dehors !v
Elle lui tira la langue avec de partir en lâchant une petite pique qui lui fit gonfler une veine sur le coin du crâne encore propre. Il reprit son calme à la demande de son soignant qui annonça qu’elle allait recoudre la plaie :

- Tu es certain de ne pas vouloir de Genjutsu pour t’épargner une douleur inutile ?

- Nan, ça va… ( L’homme souffla et donna son autorisation d’un signe de tête. ) Allez, qu’on en finisse.


A l’extérieur, le soleil commençait à disparaitre à l’horizon, baignant la région dans un filtre jaune orangé. Leur leader se chargeait de surveiller les environs, profitant aussi de l’air frais pour fumer son herbe tranquillement, la venue de la plus jeune interpella.

- Ben alors, tu t’es fait virée ?

- Partie de mon propre chef, Guss commençait à montrer les dents.

La demoiselle se pencha près du bord, mirant le précipice avec une indifférence certaine, après tout, les shinobis vivaient en hauteur la plupart du temps. Elle se redressa, mirant son chef, un homme mûr, possiblement la quarantaine, les cheveux grisonnants, former des signes avec la fumée de sa pipe en bambou. On ne dirait pas, mais il monte la garde. Cette période d’avant la création des villages était toute particulière, les shinobis n’étaient pas encore totalement organisés, la plupart formaient des petits groupes comme celui-ci, s’engageant auprès du plus offrant. Ils se trouvaient sur l’une des iles de Mizu no Kûni, à la solde du Daimyo, combattant une insurrection incontrôlable et des bandits bien trop présents. Rien de quoi inquiéter ses forces de la nature, force est de constater qu’un humain lambda, d’autant plus un pauvre brigand, n’était aucunement une menace pour un shinobi. Sauf peut être pour Guss qui se faisait soigner en ce moment même, le bougre a reçu une pierre en plein visage dans la matinée, un lancer traitre, il fallait le reconnaitre. Mais plus que sa santé, sa fierté en avait pris un coup, comme quoi, l’arme la plus anodine ne pouvait être prise à la légère. Néanmoins, ce manque d’attention avait eu dont d’amuser l’équipe, en particulier Nina, la cadette, qui adorait trouver une occasion de se moquer. Par chance, Shizune, leur médecin, était plus compréhensive. Quant à Tanjiro, leur chef, cela lui importait peu, tant que ses éléments soient aptes à repartir vagabonder et accomplir leur mission. D’ailleurs, il commença à se demander s’il pourrait opérer cette nuit…


Dans la demi-heure qui suivie, Shizune rejoignit les sentinelles, s’essuyant les mains dans un tissu virant légèrement au rouge. Elle se dénoua les cheveux, chassant alors son chignon, laissant place à une longue chevelure brune, virant au pourpre. La kunoichi remarqua son chef, toujours à consommer de l’herbe, elle n’aimait pas ça, et s’empressa de le lui rappeler, sur le ton de l’humour :

- Oy’ Tanjiro, tu sais bien que c’est mauvais pour tes poumons.

- Nah’ foutre, mon corps mon choix, répliqua celui-ci sans la regarder. Alors, comment va Guss ?

- Je l’ai sonné, il voulait à tout prix repartir sitôt recousu, mauvaise idée.

- Donc il ne pourrait pas opérer ce soir…

- Non, confirma le médecin, il lui faudra une nuit complète pour s’en remettre, j’ai usé un peu d’Iroujutsu pour accélérer le processus, histoire de pouvoir réattaquer demain.

Le fumeur souffla une nouvelle fois, l’air songeur. Cela l’embêtait vraiment, mais si on lui disait que l’un de ses éléments ne pouvait partir ce soir, alors il n’allait pas tenter le diable. Il grommela dans sa barbe mal rasée, il mira alors Nina qui patientait en sifflotant, l’air de rien.

- Bon… ,finit par lâcher Tanjiro, sans bouger de son poste. Shizune, Nina, vous partez pour la nuit terminer la reconnaissance. Je reste ici surveiller notre grand blessé.

La grande brune s’étira et laissa sa serviette sur une roche, près de l’entrée de la grotte. Nina se craqua les doigts puis se massa l’épaule. Elle fit un signe de tête à sa coéquipière, qui acquiesça à son tour, puis se jetèrent toute les deux dans le vide. Tanjiro resta là, formant un petit cercle de fumée :

- Aaah… La fougue de la jeunesse…

Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t4276-yukino-shizune-retour-au-pays#33014 https://www.ascentofshinobi.com/t9281-kiri-yukino-shizune
Yukino Shizune
Yukino Shizune

[SOLO] Chronique I : Reconquête de Mizu no Kûni Empty
Dim 10 Mai 2020 - 15:12

Tomber sur un os

Dans le feu de la mêlée, le brigand attrapa la hache d’un bucheron se présentant à porter de bras. D’un coup sec, il arracha le fer du tronc d’arbre et s’en alla rejoindre le combat, levant son arme au-dessus des flammes des maisonnées de la ruelle. Il cria fort pour se donner du courage, tenta de distinguer les amis des ennemis malgré sa vision troublé par l’effet de l’adrénaline et du précédent coup porté à sa tête. Il reconnu un de ses amis en proie avec une forme étrange, presque inhumaine, qui le trainait au sol, levant ce qui semblait être son bras pour porter un coup fatal. La hache s’abattit avec violence, explosant son manche, le fer ricochant plus loin. La créature s’arrêta, semblant consciente de la gêne dans son dos, elle tourna la tête. Le brigand, encore sonné par son échec et des fourmis dans les bras, leva les yeux, croisant ceux de la bête. Il y vit un visage, humain. Les flammes s’intensifiant non loin, les braises produisirent assez de lumière pour éclairer cette tête. Un homme, recouvert de plaques blanches semblables à des os. Il lâcha sa précédente proie, se retournant complètement vers son agresseur. Sa main, aussi déformé par l’armure organique qu’il avait, empoigna sa mâchoire. La bête le regarda dans le blanc des yeux, il lui adressa la parole, une voix rauque :

- Criminel. Justice est rendue.


Dans la matinée, le calme était finalement revenu, des incendies de la veille ne restaient que des tas fumants. Les ruelles du villages méconnaissables se fondaient sous les éboulements des maisons, les habitants avaient quitter les lieux depuis un moment. Des patrouilles armées arborant les bannières de la seigneurie de Mizu no Kûni s’activaient aux réparations mais aussi à l’enlèvement des corps. Cette image sordide que l’on pouvait avoir de ce pays, Shizune le vivait depuis quelques mois déjà, on appelait ça une reconquête, à son gout, on aurait plus dit une épuration. Son groupe se dépêcha au quartier des officiers, une tente plantée dans un parc, non loin de la place centrale. Tanjiro, leader de son équipe, alla à la rencontre du général en charge des opérations sur le secteur, ce dernier félicita la venue des shinobis :

- Ah ! Nos éclaireurs, vous nous avez rendu un fier service, la reprise du village s’est déroulée à merveille. Continuez ainsi, et la pacification du pays se fera en deux temps, trois mouvements !

Même si cela faisait partie du métier, Yukino ne se laissait pas avoir par les paroles mielleuses du gradé, tentant de maquiller l’hécatombe au dehors. Certes le pays devait être reprit à des criminels sans foi ni loi, mais ceux-ci embrigadaient les villageois des patelins où ils établissaient leur campement, les armées ne faisaient pas du zèle quand ils se devaient d’intervenir…
- En tous les cas, reprit l’officier, vous tombez bien. Suivez-moi. ( Les ninjas lui emboitèrent le pas sans un mot, quittant la tente pour rejoindre ce qui semblait être l’ancien entrepôt de grain de la ville. ) Je voudrais vous présenter quelqu’un, un shinobi comme vous, il serait ravi de vous accompagner.

En arrivant sur les lieux, il y régnait une odeur de sang insupportable, mêlé aux geindres et aux cris des prisonniers aux fers. Les troupes seigneuriales avaient rassemblés les bandits survivants, attachés à la chaîne, chacun contraint de voir se dérouler des jugements arbitraires. Sur une estrade, on amenait un à un par les geôliers, un juge de campagne et son bourreau exécutaient sans relâche ces pauvres âme, pour le crime d’avoir contesté l’autorité impériale pour la plupart. Les véritables brigands instigateurs de la rébellion étaient partis bien avant l’attaque du village, payant pour eux les malheureux embrigadés, souvent de force, à leurs convictions. Dans un coin à l’écart, on menait des interrogatoires musclés, c’est ici que l’officier emmena les shinobis, Nina ne manqua pas de faire remarquer la présence d’un haut-représentant de la cour du Daimyo, assistant au passage à tabacs d’une femme. La personne chargée de lui tirer les vers du nez était un grand homme, dont la particularité physique était d’avoir une espèce de corne dépasser de son front. Sans surprise, l’officier le présenta comme étant un membre du clan Kaguya, un nom qui n’était pas inconnu puisqu’ils menaient une alliance shinobi dans un mouvement de libération visant à purger Mizu no Kûni de sa criminalité incontrôlable, tout cela avec l’appui de son seigneur. Le gradé expliqua alors la situation à Tanjiro et son équipe :

- On a fait une surprenante découvert cette nuit, pendant notre intervention. Pendant la bataille, on a aperçu des mouvements étranges dans le coin sud du village, en dépêchant sur place nos unités d’élites, nous avons combattu plusieurs mercenaires, et mit la main sur cette femme, une nukenin.

- Une kunoichi ? ( Tanjiro semblait en parti étonné par la nouvelle, il tenta d’en savoir plus. ) Que savons-nous sur ces mercenaires qui l’accompagnaient ?

- Pas grand-chose, malheureusement, avoua l’officier, mais ils étaient vraiment tenaces, on a dû lâcher le Kaguya pour s’en débarrasser, comprenez. Par contre, comment se fait-il que de vulgaires brigands peu organisés se payent le luxe d’avoir des services de la part d’autres shinobis ?

- Rien d’étonnant, reprit Tanjiro, le pays est plus instable que jamais, beaucoup souhaite capitaliser là-dessus, d’où notre présence et tâche première qu’est la reconnaissance pour le daimyo. Je trouve tout de même étrange qu’il se soient fait attrapés si facilement…

- Vous insinuez que nos troupes ne sont pas efficaces ?

- Nullement, mais que vous leur soyez tombé dessus, comme ça. Le village était condamné dès le début des combats, et votre attaque, bien que rapide, était très concentrée, avec beaucoup de troupe, impossible de passer inaperçu. Alors pourquoi n’ont-ils pas fui bien avant…

Alors que se prolongeait leur débat, l’interrogatoire touchait à sa fin, on ne pouvait plus rien en tirer de la prisonnière sonnée, le visage déformé par les bleus. Le Kaguya fit son rapport au dignitaire du daimyo avant de venir saluer l’officier.

- Oy’, je vois qu’on a du beau monde par ici, tu nous présente ?

- Oui, bien entendu, fit le gradé en s’écartant légèrement pour laisser passer le shinobi, voici Kaguya Gao, notre terreur de la compagnie. Gao, je te présente Tanjiro et son groupe, qui sont…

- Guss, Nina et Shizune, compléta le chef en désignant chacun des siens. Je vois que la réputation de ton clan n’est pas usurpée, vous n’êtes pas des tendres.

- Eh’, bonne vanne ! ( Le colosse rit de bon cœur avant de reprendre. ) On est même passé maitre dans l’art d’attendrir la viande, je dirais. Ah’… Du coup, le commandant vous a déjà fait part de ma demande ?

- Oui, je leur en ai parlé, ajouta l’officier. Tanjiro, j’aimerais que vous acceptiez Gao avec vous, il sera un atout indispensable et vous permettra de prendre plus facilement contact avec le Front de Libération.

- Je ne vois pas vraiment d’inconvénient, avoua Tanjiro tout en jaugeant le Kaguya. Mais est-ce qu’il saura se faire discret, notre groupe fait dans le recueil d’information avant tout.

- Aucun problème, répondit le concerné avec un sourire carnassier, laissez moi vous le prouvez sur votre prochaine opération. Et puis j’ai un autre avantage, vous savez.

- Qui est ?

- Je cuisine très bien la viande.

Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t4276-yukino-shizune-retour-au-pays#33014 https://www.ascentofshinobi.com/t9281-kiri-yukino-shizune

[SOLO] Chronique I : Reconquête de Mizu no Kûni

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Souvenirs et correspondances :: Flashbacks
Sauter vers: