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Dim 10 Mai 2020 - 4:37

les liens du sangAnnée 203 – Deux mois avant le bannissement de Yaoguaï Senkû et le départ de Tomoe.

Bout de femme étendue là, ses longs cheveux bruns détachés ruisselant sur le bois noble qui constituait cette demeure qu’elle connaissait comme le fond de sa poche. Elle semblait seule. Du moins, il était évident que la vieille Chôkoku n’était pas présente pour la réprimander de nettoyer le sol de son kimono, mais surtout parce qu’elle faisait frotter sa ceinture obi récemment cousue aux quelques poussières qui devaient traîner là. Elle en serait probablement devenue écarlate de voir son « indécente » petite-fille. Aucun membre de sa famille proche n’avait jamais su comprendre ce qu’il se tramait dans la tête bien remplie de Tomoe. Ils n’avaient pas su voir ce qu’elle avait vu. La vérité. Tous autant qu’ils étaient, aveuglés, jusqu’à ne même pas imaginer que la haine que leur jeune femme ressentait depuis son enfance avait été la main du meurtre de son propre géniteur.

Quelle naïveté.

Las de discuter avec les courants d’air –parce qu’elle parlait effectivement toute seule- Tomoe décida de se lever. C’était un véritable fardeau pour elle de trouver matière à faire pour combler ses journées. Trop instable pour s’occuper d’une équipe de jeunes ninjas. Trop insolente pour écouter les ordres en mission. A cette époque elle n’était que rarement cantonnée à des missions hors du village caché de la roche. Personne n’avait le temps de s’occuper de son esprit fougueux… Destructeur. Et puis, après tout, elle n’avait pas non plus causé tant de tort entre les murs bien gardés d’Iwa. Et puis cette fois-là il en fut décidé autrement.

« Tomoe ? Tomoe ! » C’était la voix de la mégère qui était devenue sa tutrice, Obasan*. « Tu n’es pas en train d’abimer le dernier vêtement qui t’a été confectionné, n’est-ce pas ? » Le regard nonchalant de la jeune Chôkoku en disait long et lorsqu’elle se retourna, elle prit soin d’épousseter comme elle pouvait les quelques saletés qui s’étaient accrochées à sa ceinture. « Bien sûr que non Obasan, pas une fois de plus, j’ai compris la leçon. » Mentit-elle avant de serrer ses mâchoires pour venir présenter son plus beau sourire forcé. Les deux pupilles brunes de l’ancêtre se posèrent tels deux épées qui venaient frôler le cou délicat de leurs lames affûtées. Un déglutit plus tard et déjà elle était passée à autre chose. Assurément, la vieille bique devait avoir quelque chose de plus important à dire à sa petite-fille… Et ceci ne présageait jamais rien de bon pour Tomoe.

Un papier tendu devant la jeune silhouette, tendu pas la main ridée de son aînée. D’abord un froncement de sourcil, elle faisait mine de ne pas comprendre. Puis elle haussa les épaules d’un long soupir et prit ce qui lui était offert. Avec un peu de chance cette enveloppe ne renfermait rien de si grave.
« Avis de mission […]
Dans les hauteurs de Tsuchi no Kuni […]
En binôme […] Chôkoku […]

Signé le Tsuchikage. »

Bien. Cela faisait un moment et la jeune femme était finalement plus excitée qu’elle ne l’aurait pensé à l’idée de partir enfin en quête. Qu’importait finalement quel était le but tant que… Attendez.
« Chôkoku Jurôjin »
Le visage fin et fraîchement illuminé de la jeune femme se décomposa. Littéralement. Alors qu’elle se retourna immédiatement, Tomoe vit alors cette posture si familière. Quelle ironie du sort. C’était à vouloir tout faire exploser… « Ils ne pouvaient me mettre avec qui que ce soit d’autres, il fallait que ce soit toi… » Tomoe fronça les sourcils. A la fois cette petite fille qui semblait boudeuse qu’on lui ait dérobé son jouet, et à la fois cette femme qui lui en voulait pour bien des déboires –qu’il en soit responsable ou non.

« Oniisan**. »

*grand-mère
**grand-frère


@Chôkoku Jurôjin

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Ven 15 Mai 2020 - 15:40
Il se souvient, il se rappelle. Alors qu’il a déjà fait une croix sur une partie de son passé, l’image de sa puissance et de son esprit solitaire, se croyant proche d’une perfection, certains fragments de sa vie revienne défiler. L’arrivée d’un renégat, Taishi, semblant être également un manipulateur d’argile, a ravivé un espoir, une envie : celle de revoir Tomoe à Iwa. Il y a quelque temps, sa rage aurait rejeté cette folie, surtout après l’acte de trahison commis. Pourtant, les mentalités changent. Jurôjin arpente une voie différente que celle de son soi précédent. La résonance a brisé des choses, mais ce qui se construit à la suite lui convient. Cela ne veut pas dire qu’il n’a plus aucune haine contre sa sœur. Non, cela serait un abus dans le changement. Il faut voir cela comme une compréhension, une illumination sur la façon dont la fille a pu se sentir dans sa vie maudite. Oui, il se souvient des moments qu’ils ont pu partager, des échanges noirs, où la tension se sentait. Lui qui se voulait si droit, si noble, comparé à sa sœur jugée inutile, pris de démence. Cela le propulse dans l’un des moments avec elle, peu de temps avant son départ d’Iwa, alors qu’il devait collaborer avec elle…

Une mission lui était attribuée, une routine pour un jeune talentueux comme lui. Un personnage hautain, fier et sûr de lui. Rien ne pouvait l’ébranler, sauf une personne. Le lien de sang a une importance dans beaucoup de famille, mais dans la sienne, ce lien a été entaché il y a longtemps, depuis la perte de la mère. Jurôjin n’avait jamais été proche de ses parents, encore moins de sa sœur, mais l’événement mortuaire n’a fait qu’accentuer la chose. Puis le père suivi, ne réglant pas la situation. A cette perte, un fardeau s’ajoutait, demandant de respecter le devoir naturel qu’il possède. Avoir la charge de sa petite sœur. Dans une famille des plus banale, cet acte serait accepté avec bienveillance. Or, la sienne n’était pas une simple famille. Il n’avait que faire d’elle. Tomoe, considéré comme un échec, ne méritait pas qu’on gaspille son temps avec elle. Grande incomprise au sein des Chôkoku. Ce sont donc les grands-parents qui ont fait ce qui fallait, laissant libre Jurôjin.

Ce jour-là, il devait pourtant surmonter ces liens rompus. Il ne devait pas agir seul pour la mission. Il semble que le village avait finalement trouvé une utilité à cette fille ingérable. Il n’avait pas le choix. C’est donc de manière professionnelle qu’il venait à elle, de manière à commencer la réflexion sur comment agir. Si ses aïeules lui donnaient un accueil chaleureux, la sœur ne fut pas du même avis. L’un et l’autre ne semblaient pas accepter cette décision. Les deux visages affichaient l’émotion, la colère. Ils ne s’aimaient pas, seul point commun qu’ils possèdent.

« Bien Tomoe, je pense que tu as eu le temps de lire cette mission. Ne perdons pas de temps inutile alors. Prépare-toi, on part maintenant. Tâche de rendre fier le clan durant notre travail. Prends exemple sur moi. »

Il était dur, mais c’est ainsi qu’il se devait être selon lui. Une sœur incontrôlable, qui ne pouvait que décevoir ses semblables, n’apportait rien de bons pour ce village. C’était l’occasion de lui mettre du plomb dans la tête, lui montrer la voie qu’elle devait suivre. Pas pour son bien, non, cela importait peu Jurôjin. Tout pour les Chôkoku, son image.

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Sam 16 Mai 2020 - 4:46

les liens du sangAnnée 203 – Deux mois avant le bannissement de Yaoguaï Senkû et le départ de Tomoe.

Éviter son frère avait été, pour cette jeune Tomoe, une tâche qu’elle s’était imposée et qu’elle avait respecté avec une assiduité sans pareille. Elle était quotidienne. Et pourtant, on semblait s’acharner à vouloir lui mettre des bâtons dans les roues, même pour cela ! Un comble tout de même, quand celle-ci tentait de ne pas trop laisser déborder ses lubies. Alors elle soupira ouvertement devant lui, affichant la plus méprisante des expressions que l’on pouvait lire sur un visage. La cadette ne se gêna pas non plus pour lever sa main droite prêt de son visage et de caricaturer son aîné lorsqu’il ne manqua pas de se mettre en valeur. Ce qu’elle pouvait le détester quand il faisait ça, rabaissant même sa soeur au statut d’insignifiante petite chose faible. Il l’exaspérait déjà, même pas encore partis pour cette mission. D’ailleurs, ce fut la petite volée pas manquée que Tomoe reçut derrière le crâne par la main de sa grand-mère qui l’extirpa de sa moquerie. « Aïe ! Ca va, je plaisantais... » Le regard réprobateur d’Obasan glaça le sang de la plus jeune et elle arrêta ses gaminerie pour regagner un peu plus de sérieux. Du moins en apparence…

. . .

L’indication de la vieille Chôkoku résonnait dans la tête de Tomoe alors que le binôme inattendu se dirigeait vers les portes du village caché de la roche. « Je te fais confiance pour garder sa petite tête au frais, et qu’elle ne fasse pas de vague ! » Évidemment, la bique toute ridée s’était adressée à son petit-fils préféré… Il ne pouvait en être autrement dans cette drôle de famille selon la brunette. C’était à s’en arracher les cheveux. Le parfait Jurôjin devait tenir dans le chemin de droiture l’insupportable Tomoe. En y repensant, elle leva les yeux au ciel. Une enfant boudeuse d’être ainsi considérée par sa propre lignée. Avait-elle un jour été véritablement “considérée” justement ? Elle s’en plaignait rarement, parce qu’elle n’en parlait pas. Mais le mal être qu’elle vivait à leurs côtés était réel.

Ils avançaient doucement mais assurément. La jeune femme mettait un point d’honneur à ne pas adresser la parole à son camarade du jour, autant qu’elle l’ignorait s’il s’adressait à elle pour quelque raison que ce soit. Elle marchait, nonchalante, et même à la traîne, si cela pouvait énerver un tantinet l’assidu Chôkoku Jurôjin. C’était presque à se demander comment une enfant -car tel était son comportement- avait réussi à dégoter le grade de Chûnin. Et pourtant…

La sortie du village à peine passée avec pour justification l’avis de mission qui leur avait été assigné, le frère et la sœur semblait se diriger vers les hauteurs du pays. Cependant, le jeune homme remarqua sûrement le bruit sourd d’une chute qui provenait de derrière lui. C’était Tomoe assise par terre. Sans un mot qui semblait ne plus vouloir bouger, et qui regardait le vaste horizon. « Que penses-tu de tout ceci ? » Si dans un premier temps, Jurôjin aurait pu penser qu’elle s’adressait à lui, il comprit vite qu’elle s’amusait encore à le faire tourner en bourrique. « C’est magnifique, ça donne envie de partir… Loin. Tu n'es pas d'accord, Tomoe ? [...] » Rétorqua-t-elle à elle même, démarrant alors une folle conversation avec sa propre personne. Son but était aussi simple que probablement provoquant pour son grand-frère : Tomoe voulait l’emmerder autant qu’elle le pouvait.


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Sam 23 Mai 2020 - 17:06
La petite effrontée s’enfonçait dans son cas, allant jusqu’à mimer bêtement son aîné pour se moquer ouvertement. Il ne daignait même pas la regarder dans sa bêtise. Comment un homme de sa stature pourrait se sentir offenser d’une gamine ? Encore une fois, la réprimande tombait, allant à l’acte physique cette fois, par la grand-mère. Il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il serait tant que sa sœur grandisse, qu’elle arrête de donner bien des soucis autant à sa famille globalement, ainsi qu’à sa famille proche. Comme si la situation n’était pas déjà compliquée depuis la mort des parents, elle ne faisait qu’ajouter des grains de sel plus lourd à chaque action provoquée par son esprit détraqué.

La mission était une sorte de dernière chance, selon la vision de Jurôjin. Il fallait vraiment que sa sœur se montre digne d’être une Chôkoku, au moins d’être un membre de ce village, si elle voulait avoir une vie tranquille. Sinon, il fallait bien imaginer que frère ne resterait plus insensible à ses folies, se mêlant directement de sa vie, jusqu’à lui en faire baver si c’était nécessaire. L’aïeul faisait confiance à son petit-fils modèle, qui lui réussissait parfaitement dans son parcours. S’il regrettait d’avoir laissé Tomoe à sa charge, voyant les cheveux blancs qu’elle ajoutait toujours, il était pourtant bien heureux de pouvoir le faire. Il était donc temps de faire son travail, en tant que grand-frère, de reprendre en main la petite peste.

La route vers la sortie du village se faisait sans un son, vu les deux fortes têtes qui faisaient équipe. Chacun avait une dent, voire plusieurs, contre l’autre. Vu le sérieux dont au moins un faisait preuve, il ne cherchait pas à s’expliquer ou justifier son comportement. Tant qu’il n’avait aucun besoin de communiquer avec elle, il ne le fera pas, connaissant la perte de temps que cela serait. Il ne fallait que marcher, puis en arrivant à la frontière du village, présenter l’ordre de mission pour passer tranquillement. Donc toujours rien à dire à la petite, tant qu’elle suivait sans faire d’histoires. Ce qui naturellement, n’allait pas se passer si bien…

Il était en tête, puisqu’après tout, il se voyait comme tête pensante du groupe. Il se devait de la guider, donc hors de question que de voir Tomoe devant, comme si elle se baladait en extérieur. Il savait d’avance que la mission ne l’enchantait pas, que c’était un supplice, qu’elle ferait tout pour ne rien faire et plutôt profiter d’une certaine liberté de mouvement en dehors des murs étouffant. C’est alors qu’il entendait les premiers signes de la déviance de sa sœur durant la mission. Il se retourne, après le bruit de chute, voyant l’enfant poser une bête question, le regard dans le vide. Il n’arrivait pas à saisir le sens, voir où elle voulait en venir. Puis elle répondait à elle-même, montrant que son but était de faire son caprice. Savant qu’à l’intérieur du village, elle serait rapidement exposée aux regards des autres soldats ou habitants, elle a donc au moins attendu d’être loin pour le faire. Il pouvait s’estimer au moins heureux sur ce point.

« Alors voilà ce que tu comptes faire durant cette mission ? Exposer aux grands airs ta folie ? D’habitude, je me ficherais bien de ce que tu racontes dans ton état, mais permets-moi de rebondir dessus Tomoe. »

Il s’approche d’elle, imposant, le regard dur. Il avait le dessus, autant en hauteur qu’en estime.

« Tu parles de partir ? Où irais-tu ? Tu n’es même pas capable de t’occuper de toi-même. Tu poses que des soucis partout où tu vas. Tu ne fais même pas l’effort de ménager ta propre famille, comme si ton but n’était que de la détruire. Notre grand-mère est tolérante, tu as bien de la chance, mais ce lien que nous avons, tous les deux, sache que tu ne le mérite pas. Tu as beau avoir des rêves, si tu ne fais déjà pas l’effort de vivre dignement ici, alors aller ailleurs ne changera rien. Si tu veux abandonner la mission, soit, vas-y, je continuerai seul. J’y arriverai bien mieux. Mais alors, dis-toi que le village ne te fera plus confiance. Tu resteras confinée dans ta petite chambre, seul, pouvant dire au revoir à tes rêves. Alors Tomoe, tu choisis quoi ? »

Il avait pris la peine d’expliquer un minimum les choses à cet esprit compliqué, insondable. Il ignorait encore comme elle allait réagir, si la boudeuse allait enfoncer son cas, ou prendre conscience de certaines choses.

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Mar 26 Mai 2020 - 13:54

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Il n’y avait pas pour Tomoe plus grand fardeau que de faire partie de cette pseudo-famille. Les apparences. La nécessité de les garder intacte lui avait valu toute sorte de remontrances en tout genre. Alors elle avait fini par s’échapper de ceci d’une nouvelle manière bien à elle. Depuis la séquestration de son défunt père, la petite fille d’autrefois s’était trouvée maintes façon de s’occuper, de se changer les idées. Or, maintenant que cet homme, part entière de la naissance de ces frère et soeur, n’était plus, alors la cadette avait déjà pu jouir de sa liberté. A moindre mesure, elle s’était toujours sentie oppressée en la compagnie des membres du clan Chôkoku, mais au moins, elle n’avait plus à subir le harcèlement d’un individu qui n’avait vu qu’en elle le moyen de ressusciter le souvenir de sa femme. Un frisson la parcourut. C’était comme si, ce jour précis, le géniteur les regardait encore. Ses deux enfants si proches, et pourtant si loin à la fois.

Lorsque son aîné, de toute sa supériorité -avis qu’elle ne partageait évidemment pas- s’interposa dans la longue conversation que Tomoe mettait un point d’honneur à avoir avec elle-même, elle s’interrompit subitement. La petite brune tourna son regard, celui là même qui avait quitté l’expression rêveuse pour un air bien plus sombre et dédaigneux. Il la dégoûtait. Elle lui en voulait. Rancune intemporelle de plusieurs vérités cachées, ignorées. Haine profonde qu’elle n’aurait même pas su exprimer à l’époque tant elle en était rongée. C’était ça, un grand-frère ? Un garçon qui se croyait au-dessus de tout, même des “liens” comme il semblait l’entendre. Le ton aussi vindicatif que suggestif que Jurôjin venait d’employer pour énumérer quelques suppositions et consignes la mit hors d’elle. La Chôkoku bouillonnait déjà de l’intérieur alors que ça ne faisait que quelques dizaines de minutes, une heure entière, tout au plus, qu’ils étaient sortis du village caché qui les avait vu naître. Il n’était donc que ça ? Le parfait petit donneur de leçons. Mais pour qui se prenait-il ? Les poings serrés de la benjamine allèrent jusqu’à ensanglanter par de petites gouttes au coeur de ses paumes de mains meurtries par ses propres ongles.

Se levant lentement et en silence, le visage abaissé comme un chiot obéissant mais prêt à mordre à tout moment, Tomoe s’approcha doucement de son frère. Peut-être penserait-il qu’il avait eu raison de sa “folie” prétendue. Mais alors qu’elle venait au plus proche de son aîné, à son odeur, elle finit par lui bondir dessus pour le faire basculer. Venant immédiatement serrer son cou de ses deux mains, déposant ainsi même son sang sur celui-ci, son regard n’avait plus rien d’une faible petite-soeur, de pensif ou de gentillet. Il n’était plus question qu’il lui parle de nouveau ainsi. « Mais Jurôjin, tu t’entends parler ? C’est infecte, tu es tout bonnement insupportable ! » La prise devenant un peu plus forte à chaque fois qu’elle hurlait -parce qu’il n’était plus question de ne pas être entendue. « Ménager ma propre famille ?! J’espère que tu plaisantes ! Quelle famille hein, Oniisan ! » Tomoe accentua le surnom de son grand-frère pour enfoncer ses ongles dans sa chair, sans que cela ne soit probablement douloureux puisqu’elle n’était pas dotée d’une force menaçante. « N’as-tu, ne serait-ce qu’une seule fois été de ma “famille” ?! Tomoe est un fardeau ! Tomoe n’est pas digne du grand Chôkoku Jurôjin ! Mais tu n’as jamais rien compris, Jurô’ ! Quel ignorant tu fais, tu n'es même pas capable de voir ce qui est devant ton nez ! J’en ai rien à faire de ce village ! » Puis, en un regard enflammé à l’encontre de son frère, elle serra les mâchoires. Relâchant finalement sa poigne, le repoussant quelque peu dans son geste, elle se releva. Pestant de nouveau, mais cette fois dans sa barbe mais juste assez pour qu’il l’entende. « Tu me répugnes, tu me donnes envie de vomir. » La jeune femme reprit sa route, tentant de calmer ses pulsions. Les mêmes qui l’avait incité à faire exploser son propre géniteur...


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Lun 1 Juin 2020 - 20:40

Il la regardait, de sa hauteur qui lui semble si absolu. Le « Génie » l’observait, tentait encore de comprendre si cette enfant avait réellement les capacités de rester un soldat de confiance. Il se doutait déjà que certaines personnes n’ont pas l’étoffe de faire partie de l’armée du village. Chacun a une place, forcer dans une voie qui n’est pas la sienne ne changera en aucun cas le résultat, sauf si miracle il y a. Selon sa vision, Tomoe n’avait pas sa place dans les rangs. Si dérangée, si défectueuse. Jamais rien de bon ne ressortait de ses actes, ni de son esprit. Jamais il ne prit le temps de s’y intéresser, de comprendre mieux sa sœur. Elle n’importait pas. « Elle ne ferait que me ralentir, ternir mon image » disait-il.

Ce jour était bouleversant. Lui qui se sentait si dominateur, se voyait devenir dominé. Alors que la fille se levait, marchant enfin sur ses deux jambes, plutôt que divaguer de la mission qu’ils se voient confier, elle semblait vouloir exprimer son opinion, en réponse à son sérieux frère. Il ne la voyait pas souvent, il pouvait ainsi dire que c’est bien la première fois qu’il avait la chance, si on peut le dire ainsi, d’entrevoir la vraie facette de sa sœur. Telle une bête sanguinaire, surtout avec les mains coulantes du liquide rougeâtre, elle le saisit au cou à l’aide d’une forte impulsion sur ses jambes. Etonnement, surprise, pris de revers, Jurôjin ne savait pas comment réagit, tandis que son corps se stabilisait à la suite du bond. Plus que ses oreilles, c’était bien son esprit entier qui l’écoutait. Il ne pouvait plus faire impasse sur elle.

A mesure qu’elle parle, l’étreinte devenait de plus en plus forte, surtout gênante plus que douloureuse. Elle hurlait d’une force incroyable. Plus que le volume de sa voix, ce sont les sentiments qui en ressortaient qui secouer le jeune homme. Si habituellement, il aurait simplement levé la main sur elle pour la calmer, cette-ci, il ne pouvait pas. Signe d’une vérité profondément cachée ? Il l’ignore. Une seule chose était sûre, il découvrait une facette inconnue de sa cadette. Il apercevait la réalité perçue de cet œil jugé déjà fou. Les ongles s’enfonçaient dans la chair, doucement, sûrement un signe qu’elle se retenait. Sa vision de « famille » se dévoilait. Non, pire. « Quelle famille… ? ». En reprenant ses mots, elle montrait en sa place n’était pas dans celle-ci, voire dans le village. Repoussé, elle exprimait une dernière fois son ressentiment.

Qu’avait-il fait pour elle ? Rien. Que fait-il pour le clan et le village ? Tout ce qu’il peut. Voilà ce qui était mis en exergue. Avant se penser à sa famille, celle qui lui est la plus proche, il a toujours pensé d’abord à l’image qui en ressort, puis ensuite il s’occupait du bien-être à Iwa. Il n’a jamais pris en considération le bien-être des membres, trop peu important pour sa carrière ou la nation. Tomoe en avait fait les frais, mais cela aurait pu être quelqu’un d’autre. Un déclic survenait à cette pensée. Le sans-voix pouvait répondre à toute cette haine.

« Tu daignes enfin à ma parler sérieusement ? En outre ta montée sauvage, j’applaudis tes paroles pleines d’émotion. Oui je n’ai jamais pris le temps de te comprendre, je n’ai fait encore effort pour toi. Mais tu te méprends sur une chose. Tu n’es pas la seule. J’ai pris conscience que j’ai délaissé bien plus, laissant d’abord nos parents, puis notre grands-parents actuellement. Je leur ai donné une responsabilité, là où je pouvais me concentrer sur moi. Je reconnais mon erreur. »

Il était encore plus rare avant de le voir reconnaître ses fautes. C’était donc déjà incroyable.

« Si tu veux bien, on en reparlera plus tard. Maintenant qu’on a fait un pas dans cette voie, nous pouvons reprendre la raison de notre coopération. Il faut réussir la mission. »

La raison de leur sortie du village était pour atteindre un hameau dans Tsuchi, qui avait besoin d’aide dans une carrière. Le pouvoir des Chôkoku n’était plus à définir. L’argile, cette arme si singulière, peut provoquer de puissantes explosions. C’était son utilisation en cette journée. Plusieurs roches devaient être soufflées, susceptibles de tomber à tout moment sur les chantiers. Une fois la menace tombée, les équipes allaient être plus sereines pour travailler. Marchant un peu plus longtemps, une vingtaine de minutes, les missionnés arrivèrent sur place.

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Sam 13 Juin 2020 - 14:02

Les liens du sangAnnée 203 ▬ Deux mois avant le bannissement de Yaoguaï Senkû et le départ de Tomoe.

Des paroles pleine d’émotions. C’était un fait, une vérité. Mais en cela, il lui fallait donc admettre que cette “relation”, si telle était la définition de ce qui incombait au frère et à la soeur, existait véritablement. Et c’était là quelque chose d’inconcevable pour la cadette. Tournant le dos à Jurôjin, Tomoe ne pouvait faire autrement qu’écouter sa fine analyse. Après tout, il n’était question que d’analyse avec l’aîné. Qu’est-ce que cela pouvait bien changer qu’il prenne conscience ? Rien. Pour la Chôkoku rien ne justifiait ou rattrapait ces années d’indifférence. Plus encore : De négligence. Ni ce jour, ni à l’avenir. Car oui, Tomoe avait des sentiments, aussi absurde qu’était cette pensée. Préférant alors réprimer son impulsivité au risque de faire ce qui lui coûterait définitivement tout espoir de liberté, la jeune femme se contenta de serrer un peu plus les mâchoires à chacun de ses mots. Une responsabilité. Il n’aurait pu davantage aggraver son cas…

Et pourtant l’aîné fit finalement le choix de remettre au lendemain cet échange. Pour une fois, ils semblaient d’accord. En partie… La kunoïchi ne comptait sûrement pas reprendre cette joute verbale avec son frangin. Rien de normal, ni même de sain ne découlait de ces maigres conversations qui pouvaient mettre Tomoe face aux faiblesses qu’elle ne savaient admettre. Alors que cet homme, son propre sang, sa propre chair en faisait évidemment partie. Il représentait peut-être la seule faiblesse. Jurôjin symbolisait bien trop son horrible père, sa défunte mère, beaucoup plus qu’Obasan qui n’était qu’une figure d’autorité pour la brune. Alors la haine de la cadette n’était-elle pas née de cette comparaison ? Ce n’était pas si important en fin de compte puisque pour la Tuchijine il n’aurait pu en être autrement. Aussi accablante pouvait être cette relation brisée.

[. . .]

La route jusqu’au hameau avait été longue, et si Tomoe n’avait pas fait plus défaut au parfait Jurôjin, elle n’en avait pas pour autant cherché à converser de la pluie et du beau temps. Le reste du voyage s’était passé comme à leur habitude : dans le silence, véritable roi dans cette atmosphère tendue. A leur arrivée il y avait bien moins de travailleurs que l’annonçait l’avis de mission. Très certainement parce que beaucoup ne pouvait mener à bien leurs tâches tant que les problèmes liés aux potentiels éboulements de la roche n’étaient pas résolus. Dès lors que les deux shinobis s’étaient approchés du chantier, un homme aussi grand que large -Tomoe le compara même à un cube- en fit de même mais dans la direction du binôme. « Eh bien, c’est pas donné à toute les familles de se ressembler autant ! » S’exclama l’ouvrier pour entamer la conversation sur une note qui se voulait joyeuse. Puis il reprit : « J’ai été prévenu que deux manieurs d’argile Chôkoku viendraient pour déblayer les hauteurs. » Si la première phrase de l’homme eut pour effet d’agacer la plus jeune, au premier abord elle afficha un large sourire carnassier. Les deux manieurs d’argile, comme il les avait nommés, n’avaient rien en commun selon la brunette -et pourtant… Alors Tomoe s’avança lentement, comme prise d’une certaine légèreté, et vint poser une main presque amicale sur l’épaule de l’ouvrier. Son regard transformé transpirait une probable cruauté, elle serra dès lors sa poigne sur un nerf pour faire mal. « Je te suggère de vite nous montrer où nous devons agir au lieu de raconter n’importe quoi, le gros. » L’homme qui devait sentir l’animosité dans le geste de la jeune femme, plus qu’une réelle douleur -après tout il était doté d’une carrure bien plus imposante- repoussa violemment le bras de l’Iwajine, fronçant les sourcils au fur et à mesure que la colère montait. « C’est comme ça que vous traitez vos employeurs ?! »

Il lança un regard accusateur à la brunette, puis à son frère. Mais tandis que Tomoe voulait en découdre suite à cette réaction, elle ne pensa même plus à son aîné, celui si inquiet par “l’apparence” et qui devait être témoin une fois de plus du caractère impulsif -pour si peu- et provocateur de sa cadette.


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