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Le peuple du ciel [PV Sad]

Byakuren Yume
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Sam 23 Mai 2020 - 11:46

Le peuple du ciel


Il y avait un monde entre s'imaginer chaque jour défier les plus vives bourrasques et s'y confronter réellement. Par chance, le ciel était clément et n'avait pas hurlé sa rage sur vous ; Tu étais tombée, lentement, silencieusement, perdue au milieu de nuages trop épais pour que ta silhouette soit perceptible. Pourtant, l'immense paon s'était envolé à son tour et avait réceptionné ton corps avec une certaine légèreté. Tu avais senti des plumes tantôt douces et épaisses t'envelopper comme un linceul..ou un berceau. La glace était devenu feu et réchauffait petit à petit ton corps qui n'était pas loin de l'hypothermie. Un premier coup d'aile réveilla en toi une attention plus pointue ; malgré le plumage, l’incandescence nuageuse avait laissé place aux terres rocheuses, loin, très loin en dessous de vous.

A cette distance, l'ombre du volatile parcourait le sol et y dessinait des formes modulées par les paysages, tantôt large, tantôt évasée. Tu sentais également qu'au plus la bête progressait ; au plus votre altitude diminuait. Un paon avait un vol lourd, peu endurant et garder de la hauteur sur plusieurs centaines de kilomètres serait probablement impossible. Seul le vent apportait parfois un peu de réconfort à ces ailes immenses, déjà fatiguées. Planer était peut-être le seul réconfort de cet effort ; mais tu sentais que le titan ailé profitait de chaque instant comme s'il était le premier, ou le dernier. Parce qu'enfin ; il volait. Même la douleur de muscles tendus était un plaisir complice et une délivrance pour lui. Sa liberté retrouvée, le bon et le mauvais avec.

C'est au bout de plusieurs heures de vol qu'il s'affale enfin au sol, avec une lourdeur maîtrisée mais révélatrice : Il était au bout de ce qu'il pouvait offrir. Son souffle chaud soulevait à chaque fois tes cheveux, les emprisonnant dans une forme d’apesanteur éphémère.

- J'ai peut-être surestimé mes capacités...

L'héritier du ciel s'excuse presque dans l'humour ; t'arrachant un sourire triste. Il avait été prisonnier pendant des siècles et n'avait volé que dans ses songes ; où la fatigue n'est qu'une variable qu'on peut moduler à souhait. Ton buste se penche par respect et gratitude, sans lui, tu serais déjà immortalisée par le froid et la fatigue sur les hauts montagneux.

- Merci pour votre aide...

Tu pensais que le paon voudrait retrouver les siens, dans son monde illusoire, et leur conter avec vigueur son premier vol ; mais au lieu de cela, il s'allongea au sol comme s'il était prêt à couver. Il avait levé une aile majestueuse, comme pour t'inviter à t'y nicher. Le peuple du ciel avait ce don particulier et empathique de pressentir les besoins et les envies de ton cœur. La fatigue était encore trop intense pour que tu prétendes à avancer dignement seule ; tu plongeais alors vers le plumage d'argent, son réconfort, sa chaleur. Tu avais une confiance presque parfaite, tellement aveugle que le sommeil t'emporte aussi rapidement qu'un coup d'air hivernal.



@Sad

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Dim 24 Mai 2020 - 1:04
Le Peuple du Ciel


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Ce matin-là, Sad se rendit à une auberge de Tetsu qu'il avait l'habitude de fréquenter. Là-bas, il n'avait pas que la marotte d'y boire et d'y manger, d'y dormir, c'était aussi dans cet établissement qu'il retrouvait ses contacts lorsqu'il avait besoin d'une nouvelle mission à exécuter. L'habitude du travail sert à nous faire envisager d'un œil plus ferme les revers de fortune, la sienne s'amenuisait de jour en jour et le creux de sa bourse en témoignait. La constance d'une habitude est d'ordinaire en rapport avec son absurdité, mais rien d'absurde à travailler pour se nourrir et subsister. Il était revenu d'une énième chasse au nécromancien. Succès mitigé quand une fois de plus, il ne trouvât pas celui qu'il désirait ardemment retrouvé. Rien qu'une victime de plus sur le tableau de chasse d'un haineux. Son adversaire tranché en deux et pas même enterré après qu'il eut terminé sa besogne, ne lui laissa finalement pas plus de satisfaction que le précédent lorsqu'il fut achevé.

Les personnes qui haïssent fortement ont la vengeance patiente. Sad pourtant commençait à s'y perdre, ne retrouvant jamais l'objet de sa quête, il songeait depuis peu à abandonner. Diminué par les mains combats qu'il menât avec plus ou moins de succès, n'ayant jamais atteint le prestige du soldat, la reconnaissance de ses pairs, c'était depuis peu le repos éternel du guerrier qui le guettait en sourdine. Cependant à 33 ans, il lui restait a priori encore quelques années devant lui. Lesquelles ne lui promettaient certes que peu de joie, mais l'habitude encore, de ces jours pluvieux et maussades, ne lui firent jamais entrevoir les choses autrement possibles qu'ainsi. Cette âme morte, en sommeil, qui lui permettait de bouger, il lui arrivait honteusement lors de certains réveils de désirer s'en délester. En effet, il y en a pour qui parfois, l'âme est un poids si lourd à porter qu'il vendrait leur vie au néant, qu'il l'avale de manière à accorder un utile, ultime repos, dûment mérité pour le plus souvent.

En bon automate et mercenaire, Sad rejoignit tout de suite la table qui lui fut destinée lorsqu'il pénétrait dans l'auberge. À cette table l'y attendait l'un de ses contacts habituels, un vieux bonhomme qui récoltait les missions et servait d'entremetteur en touchant une commission au passage. Sad était l'un de ses meilleurs clients si l'on pouvait dire, car élevé par un samouraï, comme à chacun de ses compatriotes, l'échec ne lui fut jamais admissible, ce dont ses résultats témoignaient quasiment toujours. Une fois les boissons commandées, comme de coutume l'un et l'autre n'attendirent pas et passèrent directement au vif du sujet. Le bâtard n'était pas un malpoli, mais n'aimait pas non plus perdre inutilement du temps en rond de jambe. Alors son contact lui passa dans l’immédiateté un dossier contenant plusieurs informations et notamment le portait d'une jeune fille :

« Qui est-ce ?
— La princesse de Tsuchi no Kuni. Elle a fuguée. Si tu l'acceptes, il faudra que tu la retrouves et la ramènes à Iwa, discrètement tant qu'à faire.
— Où l'a-t-on vu pour la dernière fois ?
— On l'a aperçu dans une montagne de Tsuchi, elle volait sur un Paon.
— Un quoi ?
— Une sorte de dindon avec des grandes plumes. C'est plutôt joli, m'enfin ce que j'en dis. Tu as un spécimen dans le dossier pour t'aider.
— Pourquoi tu ne confies pas cette mission à un Iwajin ? Ce serait plutôt à eux de s'en charger non ? D'ailleurs ce serait plutôt à Iwa tout court de s'en charger...
— Sa mère veut que ça reste discret. La princesse héritière du pays qui se fait la malle ça fait désordre. Alors elle veut un étranger discret pour ramener sa gosse à bon port. Quelqu'un qui pourra protéger sa fille et la ramener en bonne santé.
— Je lis là qu'elle est déshéritée par son paternel. Elle n'est pas aussi importante que ça en fin de compte.
— Elle reste un sang bleu. Des histoires de familles le reste, vaut mieux pas nous en mêler. Elle est pas laide en plus, ça te changera de tes missions habituelles si tu l'acceptes.
— Je m'en balance de ça. Ce que je vois c'est qu'elle est trop voyante si je dois la ramener habillée comme sur ce portait, on passera jamais inaperçu. Des ennemis ? Je dois me méfier de quelque chose ? Je veux dire quand je la retrouverai et l'escorterai, quelqu'un cherchera à nous faire des bobos et des emmerdes ?
— Normalement non. C'est juste qu'elle s'est tirée et sa mère ne sait pas pourquoi. Elle a souhaité devenir Shinobi apparemment. Pour ça que son paternel l'a désavouée. Peut-être qu'elle a voulu s’entraîner toute seule dans la montagne ou un truc du genre.
— Peut-être... Je dois m'attendre à une emmerdeuse pourrie gâtée ?
— Ce que je sais moi ? J'ai pas posé des questions jusque-là hein.
— T'aurais pu me donner sa signature chakratique au moins. Là c'est la galère de la repérer.
— J'y ai pensé qu'est-ce que tu crois ? Mais son identité en tant que Shinobi est cachée au village. Si je te donne sa signature chakratique apparemment ce serait préjudiciable pour elle.
— Pourquoi elle me suivrait quand je l'aurai retrouvé ?
— Ha oui, voilà une boite, tu as interdiction de l'ouvrir. C'est de la part de sa mère. Quand tu l'auras retrouvé il faudra la lui remettre, normalement ça devrait la convaincre de qui tu es et de ce que tu dois faire. Alors ça marche ou pas ?
— C'est bien payé ?
— Ce sont des seigneurs. Alors oui, c'est bien payé.
— Allez, je prends.
— Fais gaffe quand même. En ce moment entre Tsuchi et Tetsu c'est pas la joie.
— C'est pas ma guerre ça. Je m'en balance.
— Sinon ton bras ? Ça va aller ?
— T'inquiète, j'ai des nouveaux antidouleurs. »



Pour le bien de Sad, il lui fut beaucoup plus facile que ce qu'il avait cru de retrouver la piste de la jeune fille. Le monstre sur lequel elle volait était si voyant que les témoins furent fort nombreux à en avoir fait la description au samouraï durant son voyage. Si cela le ravissait de pouvoir la retrouver rapidement, pour ce qui fut de la discrétion, cela ne le contentât guère en revanche. Car il n'oubliait pas l'un des objectifs qui étaient de dissimuler aux yeux d'Iwa cette impromptue escapade de la princesse. Remontant la piste en gravissant le flanc de la montagne que les témoins et son dossier lui désignaient, un jour où il discerna dans le ciel un majestueux vol de paon blanc bien trop gros pour qu'il s'agît d'autre chose que d'une invocation. Lors de sa descente, malgré la distance le samouraï pensa bien reconnaître la jeune fille et n'y perdant pas plus de temps, se rendit vers l'endroit supposé de son atterrissage.

Le colosse épuisé par les jours de marche à pente abrupte ne tarda pas à voir l'objet de sa mission. Une toute jeune femme blottie sur son grand oiseau aussi surmené qu'elle en avait elle-même l'air. Tout colosse au bras ballant qu'il était, son visage se posa sans retenue d'un regard franc sur une cette petite chose frêle. Un corps et un visage où l'on lisait les affres de la surprotection et la vie suave d'une sécurité matérielle. Femme sans grâce est une fleur sans parfum, mais le sien était autant d'effluve destiné à embrumer l'esprit des mâles sans en avoir l'air. Sad heureusement était insensible à ce genre de charme, la beauté féminine ne l'atteignait que lorsque celle-ci s'accompagnait d'un intellect et de qualités humaines d'une même hauteur. Chose qu'il ne pouvait juger pour le moment et ce fut fort bien tombé dans ce cas présent. Gracieuse princesse réduite par un étrange processus martial, vers elle avançait un homme en armure et au visage découvert. À peine fut-il à portée de voix, que sans ménagement le bâtard se fit entendre :

« Je suis Sad. On m'a engagé pour vous retrouver et vous ramener à votre village. »



Brutal et sans autre forme de douceur, le samouraï sortit ensuite la boîte qu'on lui confiât. Celle qui devait convaincre cette jeune femme qu'il n'était pas une menace et bien présent pour ce qu'il venait de dire. Convaincu d'avoir trouvé la bonne personne, il se moqua bien pour l'instant de ce qu'elle eut à rétorquer et continua :

« Byakuren Yume c'est bien ça ? Relevez-vous. Si vous êtes blessée faites-le moi savoir. La route est longue jusqu'à Iwa, je vous escorterai maintenant jusque-là. Nous nous arrêterons pour vous acheter d'autres vêtements, vous nourrir et que vous puissiez prendre un bain. Si vous pouvez renvoyer votre Paon d'où il vient j'aime autant également. Je suis sensé vous ramener discrètement, cela risque d'être difficile avec un tel animal. »



Cela dit, il lui tendit enfin son unique bras fonctionnel de manière à l'aider à se relever. Un instant de douceur réelle dénotant fortement avec l'apparence rugueuse du personnage. S'il avait su il aurait emporté des chevaux avec lui pensa-t-il sur l'instant. La prochaine étape le lui permettrait peut-être, car ayant croisé un maux où se trouvait une maison d'hôte, c'était là qu'il escomptait emmener son paquet le temps qu'elle se refasse une santé et une beauté. Il avalait ensuite un de ses antalgiques tout en espérant que leur louerait des chevaux à cet endroit.

« S'il vous faut quoi que ce soit, demandez-le. Je suis là pour servir, du moins jusqu'à la fin de ma mission. Mais sachez qu'étant Tetsujin, je ne devrais pas trop traîner chez vous. Je vous laisserai à l'entrée d'Iwa et à partir de là ma mission sera terminée. J'espère que vous comprenez que je suis là pour vous aider, et que vous ne me ferez pas des difficultés. Allez maintenant, en route. »


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Dernière édition par Sad le Dim 31 Mai 2020 - 18:47, édité 1 fois
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Byakuren Yume
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Dim 31 Mai 2020 - 18:28

Le peuple du ciel

On t'arrache aux ténèbres d'une voix rauque et sans manières. Le paon avait gonflé comme s'il cherchait à te dissimuler sous ses plumes hérissées. Il se voulait méfiant... même menaçant. Vous n'aviez pas considéré que son vol avait été indiscret ; et pouvait apporter des regards curieux sur votre progression. Pour sur ; tu devais rejoindre Iwa au plus vite.

Ton nom est alors scandé et ton sang se glace ; tu ne portais pas ton masque, et ton visage était loin d'être méconnu sur ces terres hasardeuses. Il te sermonne alors des ordres comme s'il était un quelconque tuteur ou légitime pour le faire ; renforçant de plus belle toute la méfiance que tu pouvais avoir à son égard. Yozora se braque quand il l'appelle à repartir ; non seulement il ne le souhaitait aucunement, mais surtout il ne semblait absolument pas disposé à te laisser seule avec un individu qui se présentait comme un mercenaire engagé pour te ramener au village, qui plus est, un Tetsujin.

Tsuchi avait une relation électrique avec son pays voisin ; Masato n'en disait rien, mais son dogme parlait pour lui : tout homme ayant prit le pouvoir de force était indigne de régner. Ce qui signifiait qu'il n'approuvait ni l'ancien Shogun, ni l'attitude des Iwajins à son égard. Au plus loin les conflits se trouvaient, au mieux la Seigneurerie se portait.

- Ni votre nom ni votre visage ne me sont familiers. Hors de question que Yozora parte et... Si vous êtes ici pour me nuire, ne perdons pas plus de temps, jouons franc jeu

Tu avais adopté une posture de combat, quelque peu ridicule vu ton allure épuisée, mais le Paon te garantissait une autre forme d'assurance. Des Iwajins venaient de défaire le Shogunat ; pourquoi un Tetsujin chercherait-il à aider l'héritière du pays adverse ?

Tu avais assez appris de ce monde pour comprendre qu'un bras tendu pouvait être celui qui briserait tes os, t’étoufferait d'une main hargneuse. Le prix à payer pour la liberté en ce monde était la désillusion sur celui-ci. Chacune de tes sorties hors Iwa s'étaient soldées sur des tentatives d'assassinat ; parce que le Yuukan était cruel, et affamé. Parce que tes épaules n'étaient alors pas assez fortes pour comprendre que le rêve dans lequel tu t'étais enfermée n'avait rien de réel. Maintenant, pour la première fois depuis ta naissance, tes yeux voyaient clairs ; et savaient anticiper plutôt que de subir.

Le bras que cet homme proposait n'avait rien de rassurant. Son nom était un mystère. Sa désinvolture... un indice suspect.



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Lun 1 Juin 2020 - 0:07
Le Peuple du Ciel


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La main tendue du samouraï ne fut pas saisie par la princesse lorsqu'il la lui présentait, pas plus qu'elle ne sembla remarquer la boîte qu'il avait posée au sol et dont il lui avait expliqué la nature. Déjà déçu de cela et pressentant qu'elle lui ferait décidément des problèmes, cela précédait même une grande méfiance, ce qu'elle illustrait d'un verbe inquisiteur nuancé d'un ton plus ou moins effrayé ; tout du moins de son point de vue. Sad soupira, ne cachant pas le peu de considération qu'il portait aux propos irréfléchis qu'il avait accueilli de cet unique soupire.

« Si j'avais dû vous nuire, ne serai-je pas déjà en train de le faire ? Là, maintenant que vous êtes seule, aussi épuisée que votre invocation, et sans témoin à craindre ? Lui rétrocéda-t-il d'abord dépité avant de continuer simplement. Ouvrez au moins la boîte que l'on m'a confiée... Regardez dedans, on m'a assuré qu'elle venait de votre mère et que son contenu vous convaincra que je ne suis bien mandaté par elle. Si on a appelé un étranger que vous ne connaissez pas, ce n'est pas sans raison. Je suppose que votre mère ne veut pas qu'on apprenne chez vous votre petite escapade. Sans déconner regardez cette boîte, après si vous persistez, croyez-moi, vous assommer ne me posera pas plus de soucis que de devoir vous porter. Je dois vous protéger, pas vous plaire. Des sangs bleus j'en ai connus d'autres, je sais ce que je vaux à vos yeux. Si vous ne me faite pas de problèmes, ça se passera bien, sinon, je peux tout autant durcir le ton. »



Parce que Sad voulait remplir sa mission, mais que cette mission n'impliquait pas qu'il dut se faire une amie de ce colis qu'on le payait pour le rapporter. Qu'elle ne lui fit pas confiance ne l'offensa pas d'autant plus qu'il ne lui faisait pas confiance lui-même. Une princesse de plus à ses yeux qui se pensait capable de survivre au monde duquel on l'avait sans doute protégée toute son enfance. Le vieux soldat n'avait pas le temps, ou plutôt pas l'envie parce que du temps il en avait, de faire Causette. La sécurité de la jeune et la poursuite du voyage était tout ce qui lui importait. La confiance est une plante très délicate qui ne refleurit pas à volonté et à l’égard de Sad, cette princesse ne fut pas en reste. Le cœur, lorsqu'il a pris l'habitude de se replier sur lui-même et de renfermer ses secrets, ne s'ouvre plus à la confiance et n'est plus susceptible d'épanchement. Le bâtard ayant vécu dans les conditions qui furent les siennes, avait au moins autant de raison que cette jeune femme de se méfier. Cependant et c'était bien normal, elle ne pouvait encore le comprendre.

Là, Sad prit un antalgique dans une sacoche à sa ceinture, les dents serrées figurant l'agacement, lui-même accentuant les maux de son douloureux bras. Une fois sa pilule avalée à la salive, calmement et le regard posément fixé sur elle, sans travers lubrique ou malveillant, il reprit de lui parler en cherchant, comme il pouvait, cette fois, à mettre un peu de douceur sur un timbre des plus rustiques :

« Yasora c'est ça ? Non Yozora. Je n'aurai rien contre à ce qu'il nous accompagne, c'est un bel oiseau, mais dans son état c'est un poids. Trop voyant et incapable de nous défendre. J'ai déjà vous à veiller, tant qu'il ne se sera pas reposé, il ne sera qu'un encombrement de plus. Et puis à la prochaine auberge il ne pourra pas rentrer. Soyez gentille, levez-vous s'il vous plaît et renvoyez-le, je ne suis pas votre ennemi. S'il faut vous porter je le ferai, je vous le promets, mais au moins essayez. »



Parce que Sad voulait atteindre la prochaine auberge en aval avant la nuit, et qu'il était aussi pressé de s'y rendre. Paisiblement, une fois qu'il eut fini de dire ce qu'il avait à dire, espérant qu'elle regarderait dans la boîte, il lui tendit à nouveau la main pour l'aider à se relever, en signe de bonne entente.

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Lun 1 Juin 2020 - 0:57

Le peuple du ciel

Sur bien des points, le mercenaire avait raison , mais il s'était fourvoyé sur le plus important de tous ; celui de parler en ton nom sur quelque chose qu'il ne connaissait pas. Ton regard s'était embrasé d'un courroux froid et amer lorsqu'il affirma connaître ta façon de jauger les gens, à l'image des « sangs bleus ». Toute ta vie avait été une fuite en avant ; pour faire honneur à ce sang, mais pas de la manière la plus traditionnelle qu'il soit.

La boîte de Pandore ouverte ; tu y découvres un portrait peint à l'encre. Une des choses que tu chérissais le plus au monde, et que toi seule possédais. Ta sœur perdue avait un profil délicat empli d'une grâce autoritaire. De la famille royale ; elle était celle qui était destinée à régner. Son absence... avait laissé un trône vide et désuet.

- Contentez-vous de penser pour vous même, mais laissez moi propriétaire de mes jugements.

La boîte s'était refermée en harmonie avec une réponse cinglante. Tu n'appréciais guère les remarques sur ton rang, ni même les facilités à te stéréotyper ou penser te connaître au nom d'un titre. Ton regard était devenu froid et légèrement triste ; la fatigue n'aidant pas à calmer tes humeurs.

Il avala en vitesse quelque chose et insista pour que l'oiseau rentre chez lui. Yozora arbore alors la même mélancolie quand il comprend que sa protection n'est plus nécessaire, mais il termine par se raviser. Tu compris tout de suite qu'il culpabilisait presque d'avoir insisté pour rester ; parce qu'une part de lui ne voulait tout simplement pas retourner dans leur antre scellée. Il avait savouré chaque instant, s'en était enivré au point d'avoir du mal à abandonner cela.

- Désolée Yozora...

Il penche la terre comme pour se prosterner, ou pour accepter tes excuses et.. sans un bruit, s'efface comme une brise matinale. Seules quelques plumes restent et tombent au sol en guise de dernier cadeau.

Tes traits se durcissent alors en réponse à Sad. Il ne semblait avoir aucune règle, aucune dignité, aucune limite qui le ferait doubler de bienséance à côté d'une noble. C'était agaçant, mais cela t'épargnerai également des faux semblants.

- Pas besoin de me porter.

Je peux très bien me débrouiller seule.

En princesse capricieuse et fière ; tu fais le premier pas pour tourner le dos à l'individu. Pour vous deux, cette escorte semblait être un poids, donc au plus vite vous auriez retrouvé Iwa, au plus vite vous retrouveriez votre liberté solitaire.

Tes mains se nichent un peu plus dans la toge épaisse qui cache les éraflures et la peau manquante. Ta démarche tente tant bien que mal de camoufler les douleurs parsemées. Un regard en coin ne te permet pas d'observer si le mercenaire te suivait, ni de jauger s'il était du genre à vouloir converser ou simplement progresser dans un mutisme radical.



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Lun 1 Juin 2020 - 1:45
Le Peuple du Ciel


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Lorsque, enfin, la princesse saisissait la boîte et y regarda à l'intérieur, elle acceptait que le bâtard face à elle ne parcourût pas tout ce chemin uniquement pour lui faire du mal. Cependant ce n'était pas pour autant que cette péripétie permit de nouer une bonne relation, bien au contraire. À contrecœur, Yume acceptait de renvoyer son invocation et alors qu'elle se relevait elle-même, sans prendre la main du samouraï, elle se montra extrêmement sèche, pédante, fière au possible. Vexée du jugement de Sad, elle le renvoyait en même temps à sa condition de subalterne, ce qui ne le surprit guère. Ce fut peut-être instinctif, peut-être parce qu'il était Tetsujin, mais toujours était-il qu'il pensât qu'elle devrait agir autrement si elle souhaitait qu'on ne la considérât pas comme une sang bleue pourrie gâtée de plus. La façon de parler de la jeune fille transpirait l'éducation noble et quand bien même aurait-elle voulu le cacher, que le premier détrousseur venu aurait flairé la bourgeoise en la croisant.

Qu'il soit maltraité par sa cliente, cela ne dérangeait pas Sad. Il s'attendait à être reçu de cette façon. Ce n'était, encore une fois, qu'une pimbêche mal baisée de plus à ses yeux. Toutefois, il n'allait pas permettre à celle qu'il avait promis de protéger de faire n'importe quoi, à commencer par ouvrir la marche... Un manquement de base qu'il ne pouvait pas laisser passer.

« Hey... Mademoiselle. C'est moi qui ouvre la marche. Tant qu'on est pas à Iwa, vous n'êtes pas à moins d'un mètre de moi et vous ne prenez aucun risque, jamais. »



De plus, s'il y avait bien quelque chose que Sad connaissait bien, c'était la douleur et comment elle marquait quelqu'un. Alors la démarche de Yume ne lui dissimula rien du mal dont elle souffrait. Songeant qu'il faudrait veiller à la remettre sur pieds, en tout cas prendre soin d'elle, jusqu'à leur première étape il possédait au moins de quoi la soulager efficacement. Ce dont Sad souffrait lui-même n'était en rien comparable, alors les pilules dont il disposait serait d'autant plus efficace. N'ayant, de par sa taille, que quelques pas à faire pour passer légèrement devant elle, calmement lorsqu'il arrivait à son côté , il lui glissait l'une de ses pilules qu'elle était libre de prendre ou non :

« C'est un antalgique. Un antidouleur. Je sais ce que c'est d'avoir mal, croyez-moi, je ne passe pas un jour sans souffrir. Je suis obligé d'en prendre tout le temps à cause de mon bras. Ça vous fera pas de mal. Vous allez planer un peu, mais rien de méchant, vous resterez lucide vous inquiétez pas. Va falloir qu'on s'impose quelques règles. Surtout vous. Désormais, jusqu'à Iwa, vous n'êtes plus Yume. Choisissez-vous un nom et un métier quelconque, qu'on accorde nos violons si nous sommes interrogés. Je dois aussi cacher votre identité d'après ma mission. Il n'est pas dit qu'on arrive à la prochaine auberge avant la nuit, si je vois qu'elle tombe et qu'il nous reste trop de chemin, nous camperons à la belle étoile désolé. Vous êtes pas obligé de jouer la dure avec moi aussi. On est bon pour deux bonnes semaines de route. Si je vous demande quelque chose, c'est toujours pour votre bien. Ma vie à moi n'est pas importante, c'est la vôtre pour laquelle on paye. Je suis un fils de noble aussi vous savez... Sauf que... Sad le Bâtard qu'on m'appelait. Vous vous doutez de ce que ça sous-entends. Tant qu'on marche, vous voulez me dire pourquoi vous avez fugué ? Y'avait quoi de si terrible ou important pour vous faire la malle comme ça ? Et y avait quoi dans la boite ? Enfin si c'est pas indiscret. »


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Mar 16 Juin 2020 - 18:24

Le peuple du ciel

Lorsque l'autoproclamé bâtard annonçe qu'il dirigerait la marche, avec plus ou moins l'injonction de te voir collée à ses côtés, ton ego se met de côté et arrête tes pas. Du moins le temps que les siens te rattrapent ; une seconde tout au plus, avant que sa carrure n'épaule la tienne, la surplombe, et ne l'isole finalement de son ombre. Tu ne connaissais que trop bien cette sensation d'avoir à suivre la silhouette d'un autre ; les protecteurs qui avaient exploré les sentiers en ton nom ne se comptaient plus. C'était une habitude égoïste, irritante.

Sa peau balafrée en disait long ; plus que ses mots ne l'avouaient, il souffrait, avait souffert, souffrirait encore. Tellement qu'il se nourrissait de ces calmants qu'il t'offrait dorénavant. L'agneau que tu es s'en sert aveuglément, sans vraiment juger s'il cherchait à t'empoisonner ou vraiment t'aider. La fatigue te faisait perdre tes limites. En proie facile ; tu jauges son état et continue avec indélicatesse.

- Comment quelque chose qui n'est plus là peut-il faire souffrir ?

Le rose te vient aux joues, bien vite rattrapé par toute la stupidité de ta question ; Il te suffisait d'un regard vers le portrait de ta sœur pour en comprendre toute l’ironie. Avant que l'embarra ne révèle cette profonde tristesse et ne t'arraches les quelques instants de vie qu'il te restait ; ta paume place le masque d'ébène sur un visage dont les sens s’échappaient.

- Kurotori Iki...

Il voulait un nom d'emprunt, ignorant que cela faisaient longtemps que tu ne vivais plus sous le tien.

- C'est ainsi que je me présente à Iwa, en tant que Genin du village.

Ses questions s'enchaînent comme s'il était avare de réponses ; qu'elles l'importent ou non n'empêchaient pas ton cœur d’éprouver une retenue formelle. Certaines choses n'étaient ni bonnes à dire, ni bonnes à savoir. Ce que tu avais découvert et vu en haut de ces monts immortels.. n'étaient qu'un chapitre illustré de tes propres desseins.

- Je suis étonnée que Mère ne vous en aie pas fait part... Puisque c'est elle-même qui m'a parlé de cet endroit où... les miracles pouvaient être exhaussés.

L’ironie de la situation ; Tout était vrai et faux à la fois. Les miracles se façonnent ; ils se forgent. L'espoir était la seule chose qui pouvait produire quelque chose de plus grand, de plus intense. Sa dernière question est la plus rude, sans le vouloir. Le portrait de ta sœur est un de tes plus grand trésors, mais aussi ta plus grande malédiction.

Ta main se tend fébrilement vers lui, confiant alors l'honneur d'un regard sur l'image d'une femme aux traits forts. Une beauté froide, une princesse. Ses yeux de charbons reflétaient une fermeté et une puissance de caractère qui lui étaient propre. Tout l'opposé de toi. Si tu étais la lune, elle était le Soleil ; régnant en maître avec une puissance unique. **

- Ma sœur Himiko..

Tu te rends compte que tes mots sont trop lourds pour être prononcés jusqu'au bout, écorchant presque son nom. Une grand inspiration, plus grand que la norme, souffle alors dans le but d'annuler cette impression de faiblesse.

- Un sacré caractère, quelqu'un à qui personne ne pouvait rien refuser.

Échec.. Tu parles d'elle au passé, statuant involontairement sur son absence. Pourtant, tu le dis si naturellement que repenser à son autorité parfois extrême rehaussa quelque peu ton humeur. Elle aurait pu créer une guerre à elle toute seul, compte tenu du nombre de nobles princiers qu'elle avait repoussé sans aucune retenue. Elle avait écouté son cœur plutôt que son titre. Et parfois, tu l'entendais encore battre à tes côtés ; sur ses pas que tu suivais silencieusement.



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