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L'enterrement de l'âme

Asagao Jirô
Asagao Jirô

L'enterrement de l'âme Empty
Jeu 28 Mai 2020 - 14:07

Il était là, tapi dans la fraîcheur des bois qui l'entouraient: le temple Seidou. Saru en avait entendu parler assez rapidement après son arrivée à Kiri, mais c'était bien la première fois qu'il s'y rendait. Le lieu était tel qu'on le lui avait décrit: il respirait le calme, la sérénité. Bref, il semblait parfaitement propice à toutes les activités de la vie monastique qui y prenaient place. Et ses statues oxydées étaient bien là, elles aussi, qui lui donnaient son nom et semblaient veiller sur le monde tranquillement. En somme, c'était l'endroit idéal pour celui qui souhaitait se retirer du monde, ou du moins de la frénésie de la vie dans le village caché, pour vivre une existence disons plus spirituelle. Moins agitée en tout cas, c'était certain.

Saru n'était pas éveillé au concept de la religion. Son Maître n'avait pas jugé bon de le lui enseigner, et de lui transmettre une croyance en un dogme particulier. Lui-même ne devait pas se vouer à une foi spécifique. En tout cas, Saru ne l'avait jamais vu réciter de prière, ni adorer quelque idole que ce soit dans les hameaux qu'ils avaient eu l'occasion de visiter, à de nombreuses reprises, sur l'île de Kaiba. Dans ces bourgs, Saru avait vu les gens se livre à des cultes divers. Parfois, ils remerciaient telle divinité pour le repas qu'elle leur offrait. Parfois, c'était une prière pour que les récoltes se fassent sans encombre. Et parfois encore, on se vouait simplement à l'adoration pure et simple d'une figure toute puissante, supérieure.

Saru avait toujours regardé ces manifestations de la croyance en une entité divine avec une certaine curiosité, teintée - il ne pouvait s'en empêcher - de méfiance. Plusieurs fois, il avait vu des gens accomplir des actions allant contre la raison au nom de leur idole, ou différentes croyances s'affronter physiquement pour défendre la suprématie de leur propre dieu. Mais il avait également compris la vertu de ces panthéons pour les esprits des hommes. Ils leur apportaient une forme d'espoir, de foi en quelque chose de différent, de plus haut, peut être, et qui veillait sur eux. Dans la vie, et surtout dans la mort.

Toutes ces pensées, Saru avait eu le temps de les mûrir dans la jungle de Kaiba. A présent, c'était fort de ces réflexions qu'il pouvait contempler le temple Seidou. Mais ce n'était pas sa destination. Pas exactement. Si beau qu'il fût, le temple ne lui apporterait rien pour ce qu'il était venu faire. Il s'en détourna, et dirigea plutôt ses pas vers le bois qui ceignait l'édifice.

C'était un environnement qui lui était beaucoup plus familier, et qui convenait mieux pour ce qu'il était venu chercher. Il voulait enterrer son Maître. Pas physiquement bien sûr: c'était impossible. Le corps du vieux Maître était resté sur Kaiba, ou avait été emporté par les pirates qui avaient fini par le rattraper. C'était plutôt une sorte d'inhumation spirituelle que Saru s'apprêtait à accomplir. Le geste était purement symbolique, mais il lui tenait à coeur. Autrement, ç'aurait été comme si son Maître était resté dans des sortes de limbes. Un souvenir, perdu dans les méandres de l'oubli, et destiné à rester en suspens. C'était une forme de conclusion. Un dernier baisser de rideau.

Et quoi de mieux qu'une forêt pour y poser la tombe du vieux Maître ? C'était dans une forêt qu'il avait recueilli Saru, qu'il l'avait élevé, et qu'il avait fini par mourir. Il avait eu une vie avant cela, Saru le savait. Il avait été un pirate, lui aussi. Mais pour le jeune homme, toute l'existence de son maître avait été à son côté, dans la forêt. Et c'était dans la forêt qu'il voulait laisser son dernier souvenir.

Il avançait sans empressement au milieu des arbres. Il était curieux de trouver un havre de paix comme ça dans Kiri, alors que le village grouillait d'activité. C'était comme une oasis. Les mousses étaient un peu flétries, et les arbres dénudés, parce qu'on était en hiver, mais le bois gardait une atmosphère assez chaleureuse. Ou peut être que Saru voulait y voir de la chaleur ? N'est-ce pas une vertu du chagrin, de nous faire remarquer de la compassion et du réconfort là où il n'y en a pas, et particulièrement dans les choses inanimées ?

Il finit par s'arrêter au pied d'un grand arbre échevelé, au tronc noueux et aux racines énormes. Là, ce serait un endroit parfait. Il tira un kunaï de sa sacoche, et décrocha un bout d'écorce assez grand pour pouvoir y inscrire, à la pointe de son arme, le nom de son Maître. C'était une stèle bien humble, mais qui correspondait au personnage. Saru ne put s'empêcher de sourire un peu en voyant son travail. Ce n'était certainement pas de la grande calligraphie, et il se serait sans doute attiré un reproche du Maître s'il avait pu voir un peu la tête de son travail. Toute une foule de réprimande qu'il s'était vu adresser mille fois par le passé lui revenait en mémoire, et lui serrait étrangement la poitrine. Il serra les dents, chassa les larmes qui commençaient à monter et se reprit.

Il gratta la terre au pied de l'arbre, entre les racines. Le sol était gelé, et il dut utiliser à nouveau son kunaï pour craquer le sol et y faire un trou suffisamment profond pour y planter sa stèle en écorce. Il reboucha ensuite le trou. Contempla son oeuvre.

Il resta plusieurs heures à veiller sur la petite stèle. Lové au creux des racines du grand arbre, il gardait son regard fixé sur l'inscription grattée dans l'écorce. Il ignorait même le froid, qui pourtant était assez mordant. La solitude qu'il avait ressentie immédiatement après la mort de son Maître lui revenait de plein fouet. C'était vrai, il était seul à présent. Et il devait faire face à une vie bien différente de celle à laquelle il avait été habitué. La tâche était rude. Pas insurmontable, il le savait bien. Mais rude. Et puis, il y avait toutes ces questions que le Maître avait laissées en suspens. Pourquoi l'avait-il marqué au fer rouge, quand il était enfant ? Pourquoi lui avait-il menti toutes ces années au sujet du trésor qu'il prétendait ne jamais avoir possédé ? Et pourquoi n'avait-il pas gardé cet arc merveilleux avec lui en permanence ? Pourquoi ne l'avait-il pas utilisé pour se protéger ? Pourquoi avait-il caché tant de choses ? Qui était-il ?

"Ne me laisse pas seul ..."

Sa voix brisa le silence du bois, avec un ton de désespoir si pathétique qu'il en aurait fait fondre la neige. Et ce fut comme si la voix qu'il entendit en retour résonnait dans tout son corps:

"Saru ..."

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Asagao Jirô
Asagao Jirô

L'enterrement de l'âme Empty
Lun 1 Juin 2020 - 23:05

Saru resta stupéfait. Il connaissait cette voix. Il l'avait entendue de nombreuses fois. Toute sa vie, à vrai dire. Et elle lui avait terriblement manqué ces derniers mois. C'était celle de son Maître. Il n'avait pas besoin de regarder autour de lui pour voir d'où elle provenait. Elle avait résonné en lui avec trop de force pour venir de l'extérieur. Comme si c'était de lui que la voix avait émané. De son coeur ...

Presque inconsciemment, il passa la main à l'endroit de sa poitrine où, des années auparavant, son Maître, dans une nuit de peur et de panique, l'avait marqué au fer rouge d'un symbole qui lui était toujours resté mystérieux.

"N'aie pas peur, Saru."

Elle avait été plus forte, cette fois. Saru frissonna. Ses doigts se crispèrent sur son coeur.

"M ... Maître ?

-Oui, c'est moi ... N'aie pas peur gamin. Ce n'est que moi ..."

Mais Saru avait peur. Comment aurait-il pu en être autrement, d'ailleurs ? Voilà qu'il entendait la voix de son défunt Maître. Il devenait fou, sans doute. Il ne pouvait en être autrement à ses yeux, car il n'avait connaissance d'aucune technique, d'aucun prodige qui puisse ramener les morts à la vie, pas même en esprit. A moins que ...

"Tu ... T'es pas ... mort ?

-Si. Je le crois, en tout cas. Sinon, je serais avec toi ..."

Saru retrouva le silence. Sa main tremblait légèrement, et il ne savait si c'était la peur où le froid hivernal qui lui pénétrait la chair jusqu'aux os. Il ne voulait plus parler. Peut être que s'il se taisait, la voix finirait par disparaître ? Et il pourrait considérer tout ça comme un simple mauvais souvenir. Une illusion, perçue dans un moment de distraction. Un tour de son esprit. Mais ...

"Tu ne comprends pas, hein ? C'est normal ... Mais je peux t'expliquer."

Saru ne dit rien. Il se contenta d'attendre, toujours tétanisé.

"Ce n'est pas moi qui te parle. Je veux dire, pas ton Maître qui est mort. Je ne suis qu'un souvenir. Une empreinte. Une partie de l'esprit de ton Maître, scellée dans un arc à un moment précis."

Saru jeta un oeil à l'arme qui était attachée à son côté. Il avait déjà observé bien des fois, et avec curiosité, le symbole étrange, gravé à même le bois, sans jamais pouvoir en déterminer l'utilité. Il s'était simplement figuré que ce devait être de cet idéogramme inconnu que l'arc tirait son pouvoir. Pourtant, en cet instant, le glyphe lui sembla familier. Terriblement familier. Ses doigts se resserrèrent sur sa poitrine.

"Je peux te parler maintenant parce que tu as activé le sceau qui me renferme, tu comprends ? La marque que j'ai faite sur ta peau, quand tu avais dix ans, est entrée en résonance avec celle que j'ai gravée sur l'arc Tsubame. C'est comme ça que je peux te parler. Tu comprends, Saru ?"

Il resta muet. Oui, il comprenait. Les explications, si fantaisistes qu'elles puissent sembler, étaient claires. Mais le choc demeurait, et le paralysait. Une question finit cependant par s'échapper de ses lèvres, ou plutôt de ses pensées:

"Pourquoi ?

-Pourquoi quoi ?

-Pourquoi t'être scellé ? Pourquoi vouloir me parler, même si tu es mort ?

-Tu ne le veux pas ?"

Saru ne répondit pas. Il avait désiré entendre à nouveau la voix de son Maître. Il lui manquait cruellement. Et plusieurs fois il avait songé avec une envie maladive à leur vie passée dans la jungle. Mais le choc ... Et la pensée que tout ça était trop étrange pour être foncièrement bon le sidéraient.

"Si ... Je crois.

-Bon. Alors je vais te répondre: j'ai enfermé mes souvenirs dans ce sceau, la même nuit où je t'ai marqué au fer, parce que je savais que j'allais mourir bientôt. Dans des semaines, des mois ou des années, mais ma fin me paraissait inéluctable, et prochaine. J'espère avoir bien vécu, tout de même ..."

Saru ne put s'empêcher de sourire.

"Et je savais qu'en mourant, j'emporterais mon lot de secrets dans la tombe. Des secrets dont j'avais trop honte pour te les révéler de mon vivant. J'ai donc décidé, avec lâcheté, c'est vrai, de ne te les dévoiler qu'après ma mort. Quand ils n'importeraient plus. Quand je ne serais plus qu'un souvenir, et que personne ne chercherait plus à me traquer, et à me tuer pour les avoir.

-Quels secrets ?

-Ceux de ma vie."

L'excitation l'avait déjà emporté sur la surprise et la peur. Saru sentait son coeur palpiter puissamment.

"Je vais te raconter qui j'ai été avant d'être ton Maître. Parce que tu as le droit de le savoir, et parce que tu en as besoin, je pense."

C'était vrai. Saru s'était demandé, de nombreuses fois depuis sa mort, pourquoi son Maître s'était enveloppé d'un voile de mystères. Des mystères qui, du reste, ne lui étaient jamais vraiment apparus tant qu'il était encore vivant. Mais à présent qu'il était seul, ils lui apparaissaient, dans toute leur complexité.

"Alors, qui es-tu ?"

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