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Premier kata [Natsumi]

Joo Jun
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Jeu 4 Juin 2020 - 20:02
-Il est temps de commencer ton long apprentissage, si tu veux un jour être digne et à la hauteur des aptitudes de mes confrères. Samuraï ou Ronin, peut importe. Le Bushido n'est pas une obligation, l'honneur non plus ces carcans n'ont que trop longtemps dictés la marche à suivre. Ce qui importe c'est ton excellence en tant que bretteuse.

Pour l'occasion, Jun avait achetée un bokken, un sabre de bois pour que Natsumi s'entraîne sans risque de se blesser. Commencer une véritable lame ferait plus de mal qu'autre chose, assise sur un rocher en face de son élève, l'errante passa en revue la nouvelle personnalité et apparence de Natsumi. La traumatiser, la mettre devant le fait accomplit avait marché en quelque sorte, mais cette version était mieux que l'ancienne qu'importe les petits couacs qui venaient avec. Et puis cela rajoutait une part de vérité à ce qu'était véritablement au fond d'elle même, et pour l'heure, la nouvelle membre de l'Empire. Perdue, esseulée et fragile le début de sa nouvelle vie commençait sous l'égide et la tutelle de la Lieutenante, et même si parfois la Mitsudo se révélait exaspérante, il fallait avouer que Jun commençait doucement à s'y habituer. Sautant de son promontoire, sans dégainer le katana elle se positionna à côté de Natsumi. Rapprochant sa bouche de son oreille droite. La posture était primordiale, aussi sous son apparence à la chevelure azure elle fixa les bras droit et s'efforça de rendre aussi stable que possible l'estropiée.

-Imagine que devant toi, quelqu'un souhaite m'ôter la vie.

Les propos furent comme un murmure s'effaçant presque avec la brise, il n'y avait pas de secrets. Avant de faire un semblant de technique, savoir garder son sabre était tout un art même minimaliste. Les civils de Tetsu, et pas que, mais ceux n'utilisant pas les arts shinobis savaient pour certains tuer avec simplement un bout de métal, l'arme devenait une extension du corps. Jun alla se reposer sur le rocher, décapuchonnant une bouteille d'alcool de riz et la faisant disparaître rapidement dans son gosier. Associer l'alcool, du moins chaque fois qu'elle buvait à une récompense ou un ordre précis c'était accoutumer et rendre normal ce que Natsumi trouvait il y a pas si longtemps horrifique ou impossible à concevoir. Et pourtant, pourtant depuis son premier meurtre il y a deux lunes, l'incapable changeait lentement physiquement. L'entraînement draconien portant ses fruits sur un cerveau plus enclin à obéir sans broncher. Allumant une cigarette, elle tapa sur le sol avec le bout de son fourreau.

-Plus fort, plus précis! Un coup létal vers l'avant, si tu l'entailles mais qu'il est vivant c'est moi qui meurt! Veux tu que je perde la vie, Natsumi?

La rhétorique marchait bien, mieux d'ailleurs qu'à son accoutumée. La journée serait longue, et probablement rythmée par des pauses. Son nouveau soldat ne pouvant encore assumer des longues journées sans se reposer au moins, et malheureusement, une heure ou deux. Une sieste pour reprendre des forces avant de se tuer à la tâche, oscillant entre combat et gazouillant, mais cela ne déplaisait pas à Jun. L'alcool fatiguant aussi l'esprit en même temps que le comportement parfois surprenant de Harusame, mais la finalité en valait le coup. Elles reviendraient à Hi rapidement, et au pire du cas Jun écrirait une missive à ses supérieurs pour expliquer la situation. Mentir aussi était une solution, inventer une traque imaginaire par des Kumojins vexés que l'une des leurs ne rejoigne le camp adverse. Sans se douter une seule seconde que la Natsumi Kumojin empotée et pleurant sur son sort était morte dans le pays du fer, laissant place à une femme déterminée sur son avenir mangeant dans la main de Jun et descendant goulûment l'équivalent d'un gallon par jour. Retour à la réalité, tirant sur une cigarette Jun sauta de nouveau pour attraper le Bokken à une main, sa langue claqua trois fois contre son palais signe de son agacement naissant. Elle soupira longuement et l'errante de nouveau afficha une mine aussi neutre que possible.

-Tu dépenses trop d'énergie et tu te fatigues plus vite, et tu sais ce qui va arriver si t'y met pas du tient.

Le fourreau de nouveau frappa contre le sol, Jun passa derrière Natsumi pour observer et analyser d'ou les erreurs provenaient. Une mauvaise posture? Un empêchement? Une gêne quelconque? Ce n'était que les débuts. Il fallait patience et rigueur, la rigueur ne manquait pas en revanche la patience, probablement que Natsumi en aurait marre avant celle qui l'entraînait. Et Jun n'attendait que ça, de voir Natsumi s'imposer. Enfin s'imposer était un bien grand mais l'intéressée pouvait certainement dépeindre la situation mieux que depuis le point de vue de l'errante.


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Sam 6 Juin 2020 - 7:56





Une frappe pour les détruire tous.
Une frappe pour les gouverner tous; Et dans les ténèbres les y conduire.
Et la formation de samouraï débuta, une Natsumi toute neuve, ou presque, ayant remplacée l’originale, pathétique enfant-ninja incapable de quoique ce soit sinon pleurnicher ou trébucher misérablement, face contre terre les trois-quarts du temps, se préoccupant davantage du jugement d’autrui et de ses rêves et amourettes de gamine plutôt que de ce qui importait réellement en ce monde : survivre à l’adversité, la combattre quitte à tuer, agir en tout temps avec obéissance et fidélité selon les intérêts supérieurs de maman. Mon passé, mon présent, mon avenir; c’était Jun, à présent. Ma vie lui était dorénavant dédiée, dans son entièreté, l’ensemble de mes actions et pensées lui étant destiné. Une dévotion totale, presqu’un culte à son endroit, du zèle extrême pour quiconque observait la chose de loin, mais, pour tout vous dire, ces idiots m’importaient peu. Qu’ils crèvent donc ! Dans le pire des cas, si ceux-ci se faisaient trop insistants ou trop agaçants, je pouvais toujours rapporter leurs têtes décapitées à ma chère mère, comme un vibrant hommage, un sacrifice humain de plus à son endroit, en son honneur. Il suffisait qu’elle m’en donne l’ordre, qu’elle me fasse un signe discret pour que voilà, le bain de sang se produise, et que des vies de plus soient fauchées. J’en rêvais déjà, pour tout vous dire, de ce jour... Ce jour où je retrouverai ce goût ferreux sur la langue, les sensations sans pareilles d’une lame pénétrant de force la chair de l’ennemi ou celles provenant de la piètre résistance des tissus et des os d’un corps meurtri face au tranchant d’une arme. Ah... Goûtez-y un bonne fois, vous verrez à quel point cela pouvait être plaisant, excitant, délirant. Oui ! N’en doutez point. Moi aussi, je trouvais cela horrible, auparavant, de prendre gratuitement la vie de son semblable, je vous l’assure. La décharge d’adrénaline de ma ‘première fois’, l’impression de servir une cause juste, importante, de faire plaisir à maman, de savoir qu’elle allait être heureuse et fière de moi, voilà ce qui m’avait conquis. Depuis, l’envie me hantait, une vraie drogue, jusqu’à se faire sentir à la nuit tombée. Quel changement, n’est-ce pas ? Maman en était plus que satisfaite, visiblement, et moi, aux anges de la voir ainsi.

Bien malheureusement pour moi, aujourd’hui nous n’étions pas ici pour tuer, mais pour apprendre à le faire correctement, avec discipline. Bon, d'accord. Les deux pieds sur un terrain plat à l’écart des regards indiscrets ou trop curieux, en compagnie de maman, face à moi, perchée sur son imposant rocher, j’avais été habillée pour l’occasion - non, en fait, c’était pour passer inaperçu parmi la populace locale et faire table rase de mes anciens vêtements dégoûtants - d’un charmant kimono pourpre garni de détails aux accents floraux dorés et brillants, les cheveux rassemblés en un chignon traditionnellement porté par les femmes du pays du Fer et d’une double protection au cas où, car maman voulait éviter toutes fuites où changement de vêtements inutiles. Un léger objet déposé dans ma bouche, fabriqué à partir de matériaux flexibles et durables, permettait d’éviter l’introduction soudaine d’un pouce ou de toutes autres substances louches. Une manière de distraire l’esprit de cette envie, m’avait-on affirmé. Un demi-masque à l’effigie du museau et de la gueule d'un renard, comme ceux portés par de nombreux samouraïs de la région, couvrait mon visage, du dessous du menton jusqu’au-dessus du nez, d’une oreille à l’autre pour éviter que je ne recrache par inattention l’objet précédemment décrit. Une précaution supplémentaire, quoi. D’une couleur particulièrement sombre, le masque se voyait pourtant gravé d’une multitude de détails de la même couleur que le sang, entre autres, au niveau de la dentition animale finement sculptée, de l’intérieur des narines et de certaines gravures courbes et linéaires qui ornaient l’ensemble. Le tout donnait une impression féroce, intimidante, comme si, les babines retroussées pour laisser entrevoir les dents acérées, je grognais contre un adversaire imaginaire.

« Ka... Kaaaa..? Maamaaan... Kaaa ! » tentai-je de communiquer, sans franc succès, pour confirmer ma compréhension de l’exercice basique. Pas facile, avec la bouche aussi encombrée et le cerveau quelque peu affecté par les récents événements, mais bon.

Le premier kata à maîtriser : un coup latéral vers l’avant, précis, fort, mais avec souplesse, la lame telle l’extension de son membre. D’apparence simpliste au premier abord, j’en conviens. Or, en vraie débutante dans l’art de manier le sabre, n’étant point habituée de m’entraîner ainsi, la difficulté de l’exercice me surpris un peu. Le bokken, un sabre en bois, sans danger, acheté pour une Natsumi délirante, m’avait apparu bien plus lourd que prévu. Le secret pour réaliser le mouvement résidait, en fait, dans la posture, stable, solide, de mon corps et de mes bras tenant le pseudo-sabre.

Par moment, Jun sautait de son perchoir rocheux, tapant le sol de son fourreau, pour corriger mes défauts et imperfections, ainsi que pour m’encourager et me donner de précieux conseils, le tout avec une visée en tête : me faire trancher de façon létale l’ennemi aujourd’hui fictif s’en prenant à maman. Les sourcils me fronçaient de frustration à chaque fois que maman me le rappelait. La voir se faire ôter la vie, une triste, déprimante image en mon esprit. Ishh... Une motivation de plus pour me pousser à tout donner, à enchaîner les coups les uns après les autres malgré les erreurs, à me corriger, à répéter encore et encore le même kata. Je ne voulais pas voir maman mourir, bon, jamais ! Enfin, la rigueur, la patience, voici ce qui feraient la différence dans cet apprentissage. À toutes les fois où je réussissais précisément le mouvement, maman, une bouteille de saké à la main, pouvait se désaltérer une fois de plus, avec tout le plaisir que cela comportait pour elle. Une manière, en plus, de me donner soif.

« Kaaa...! »

De temps à autre, une petite gorgée d’alcool obligatoire pour me rendre un tantinet plus docile et embrouiller l’esprit, lorsqu’une frustration inattendue remontait en surface, résidu d’une entité, d’une identité d’outre-tombe, ou comme récompense pour une bonne action. La fatigue me gagna régulièrement, en partie à cause de l’étrange boisson, obligeant maman à cesser la pratique pour me permettre une courte sieste bien méritée... d’une heure ou deux, avant de reprendre en main le fameux bokken et de persévérer. Pas question de lâcher malgré les difficultés, pas question de décevoir maman. Et, enfin, à la suite d’un énième enchaînement, un coup franc, fort, précis, souple. La maîtrise du premier kata de base approchait, si ce n’était pas déjà le cas.

« Kaa ! Kaa ! » dis-je, déterminée, fière du coup que je venais de porter à l'agresseur imaginaire de maman. De la joie. Une réussite? Peut-être bien.


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Merci au beau Goz' pour le vava et à Aimimii pour la signature! <3
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Joo Jun
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Dim 7 Juin 2020 - 10:59
-Encore, si tu fends pas le vent tu n'arriveras pas à trancher quiconque. Tuer un homme incapable de bouger ou de se défendre c'une chose, abattre un ennemi sur le champ de bataille s'en est une autre. Alors encore trois séries!

La sieste était obligatoire du moins pour son élève, Jun s'ennuyait relativement et préférait accroître sa dépendance aux alcools fort en pourcentage qui chauffaient les gorges des damnés les buvant que de se reposer. Et puis Natsumi commençait à boire aussi, pour la forcer à dormir surtout. L'obéissance venait en s'amusant ou en apprenant, et Jun avait beaucoup apprit de la nouvelle identité de la femme en peu de temps, d'avantage parce qu'elles vivaient ensemble. Et surtout parce que l'une dépendait entièrement de l'autre pour l'instant. Mais c'était ainsi qu'elle rebâtirait une fière soldat, zélée et dévouée à ses services. Et si pour l'heure, elle n'en était qu'à ses balbutiements au sens littéral comme figuré, Jun ne doutait pas qu'avec une nouvelle figure à idolâtrer Natsumi ne mette les bouchées doubles pour contenter la Lieutenante. L'azure tournait en rond autour de celle qui s’entraînait, une grimace sur son visage quand elle voyait les imperfections. Enchaînant cigarette, descendant petit à petit lorsque que jambe en moins montrait un signe de progrès, sa bouteille.

-Bien. Tu as comprit la base, plus tes bras seront fatigués, plus tu seras proche de l'épuisement plus tu sauras qu'à présent tu es proche du but. Un mouvement en avant, combiné avec ce kata basique te permet de finir un adversaire, néanmoins.

Son index sur l'objet au centre de son masque, ses rubis incitant l'autre à écouter avant de commencer à balbutier des inepties. Tenant fermement la garde et le manche de son fourreau entre ses mains, Jun porta le sabre derrière sa tête avant de rapidement le faire basculer vers l'avant, sifflant l'air. Elle répéta l'opération en désarticulant doucement pour que le cerveau et les images rétiniennes de Natsumi enregistrent ce que venait de monter la tuteur. Posant de nouveau son arme à la ceinture, elle se plaça derrière son apprentie et posant ses mains sur ses bras lui fit tenir fermement le manche du Bokken avant de faire le mouvement montré, doucement.

-Ce coup est généralement utilisé pour finir un ennemi, ou sérieusement briser sa garde. Si tu combines ça avec un boost de vitesse, tu obtiens un combos dévastateur.

Le soleil commençait à descendre dans le ciel, mais elles avaient encore le temps. Deux heures d'entraînements que répéterait, dans la chambre de l'auberge son élève et normalement ce mouvement serait compris et dès lors la suite bien que longue serait construite autour des mêmes bases. Jun n'était pas professeur de métier, elle dictait d'avantage qu'elle expliquait mais avec cette recrue spéciale, l'errante tentait de montrer le meilleur d'elle même. Tirant sur une nouvelle cigarette, croisant les bras à la recherche de la moindre erreur. Corriger maintenant plutôt que d'être laxiste, mieux vaut prévenir que guérir. Et puis Natsumi ne guérirait jamais, sa 'maladie' évoluerait de manière aléatoire. Si Jun en avait le contrôle, elle ne se doutait pas des possibilités et ne croyait franchement pas à ce qu'un jour sa création se retourne contre son inventeur. Un léger rire éteint au creux de sa gorge. Craquant sa nuque et ses articulations, elle jeta la carafe d'eau à Natsumi non seulement pour tester ses réflexes mais également pour voir si celle ci tenterait de la briser ou de la rattraper. Des petits contrôles surprises ne faisaient de mal à personne n'est-ce pas? Si Natsumi tentait de briser la carafe, une charge laissant à une vitesse si rapide que le temps semblait s'être arrêté, Jun se retrouvait pour bloquer dans une main le bokken de l'estropiée et de l'autre attraper la carafe d'eau. Lui tendant, un sourire sur sa gueule balafrée.

-Je savais que tu y mettrais du tiens.

Une main pour ébouriffer la chevelure de l'ancienne Kumojin, montrer un minimum d'affection pousserait indéniablement celle qui maîtriserait les pouvoirs des hommes du fer à continuer à carburer et donner le meilleur d'elle même. Un léger tour d'horizon du kimono de celle qui travaillait dur et Jun afficha ou non une mine décontractée et en joueuse. Finalement, c'était pas si mal de créer de toute pièce un nouvel être humain. Claquant dans ses mains, elle encouragea Natsumi à finir son entraînement.

-Allez allez, sauf si tu veux marcher au retour. Tu finis avant la tombée de la nuit!

Un surnom finissant son allocution, une moquerie pour rappeler qui véritablement tirait les ficelles du jeu. Et en plus le surnom contenait un jeu de mots et une part de vérité. Non vraiment Jun était au sommet de la chaîne alimentaire.

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Ven 12 Juin 2020 - 14:04



Et dans un cathartique enchaînement de mouvements,
je maîtrisai mon premier kata au katana, évitant un cataclysme, le catastrophique catapultage de maman vers de ténébreuses catacombes. Du moins, dans mon imaginaire, car je ne possédais qu’un bokken, et l’agresseur de Jun n’était autre que la douce brise hivernale qui nous caressait les joues aujourd’hui. Un jour, oui, un jour je porterai à la ceinture la fidèle arme du samouraï, mais d’ici à ce merveilleux moment, les répétitions, les leçons et la pratique étaient de mise, à travers un entraînement acharné et baigné par la discipline, du matin au soir, sous l’œil attentif d’une maman intransigeante, n’exigeant rien de moins que la perfection technique. Elle me testait d’ailleurs régulièrement, et pas qu’en lien avec l’apprentissage de katas, en soi. Cela pouvait être, par exemple, l’envoi d’une carafe inattendue en plein visage, le but étant ici d’évaluer mes réflexes et ma prise de décision lors de situations nécessitant certaine vivacité d'esprit. Si les premières fois avaient été peu concluantes, voire gênantes, il vint un moment où je pus presque briser l’objet dans son vol plané, si ce n’avait été de la charge de maman, qui arrêta à la vitesse de l’éclair, et le bokken que je manipulais, et la carafe en l’air, m’offrant l’un de ses rares sourires en récompense, suivi d'une affectueuse brassée de cheveux de par sa puissante main et de quelques mots qui sonnèrent aussi doux qu’une coulée de miel dans le creux de mon oreille (Euh... ouaip, un truc du genre!). De quoi me motiver deux fois plus, je ne vous le cacherai pas ! Voir maman fière de moi, il n’y avait point de plus grande satisfaction pour moi.

« Kaaa ! Kaaaa ! Fi... Fiereuuuh maaaâmaaeuh ! » balbutiai-je, gagnée par une motivation revigorée. Mes capacités langagières faisaient visiblement toujours défaut...

Et nous enchaînèrent sur une nouvelle leçon, celle d’un coup se voulant dévastateur, destiné à achever l’ennemi ou, autrement, à briser sa garde en cas de besoin. Quoi de plus plaisant que d’apprendre une manière de tuer ou de vaincre inédite ? Cela me servirait sans doute grandement, autant pour protéger maman de ses agresseurs que pour mon plaisir personnel. Ah oui, je me voyais déjà, couper la tête de mes adversaires, m’amuser avec leurs cadavres ensanglantés et goûter un fois de plus la merveille écarlate qui leur sortait des vaisseaux... Je jubilai à cette pensée, oh oui, que de plaisir guettait mon avenir proche, si je suivais à la lettre les conseils de maman chérie. Je la remercierai un jour à ma manière, je vous le jure. N'appréciait-elle pas la mort, après tout ? Ricanement.

« Coupe... Coupeuuuuh ! »

Je tentai alors de répéter par moi-même le mouvement illustré de multiples façons par maman – une enseignante hors-pairs, devais-je préciser. Reproduisant ce que je venais d’expérimenter au ralenti et guidée par les mains de ma professeure du jour, je tins fermement le manche du bokken, le positionnant en premier lieu à l’arrière de ma tête, puis d’un coup rapide, puissant, mais relativement précis pour l’instant, je fendis ainsi l’air, ou l’ennemi imaginaire (Un vrai tenace, celui-là !) de Jun. La force apportée à mon mouvement, cependant, peut-être un chouya trop importante, me fit perdre l’équilibre: un point faible, le défaut d’avoir une prothèse à la place de la jambe droite s’immisçant, ô malheur, une fois n’étant pas coutume, entre moi et la réussite de cet apprentissage. Malgré plusieurs répétitions, rien ne sembla changer, me retrouvant à chaque fois honteusement face contre terre. Ne doutez point de ma volonté, mes braves, ou encore de mon entêtement, car j’y mettais réellement du mien. Je ne voulais pas décevoir maman, après tout, mais la situation étant ce qu’elle était, et, moi-même à court de solution, je me retournai, frustrée, pour chercher du regard la femme qui me supervisait.

« Hmm... Pro... thèssseu, Kaaa ! Kaaa ! Touom... beuh! » marmonnai-je approximativement, comme un appel à l’aide lancer en direction de ma Lieutenante. Quoi, vous n’aviez rien compris ? Pfff... Pas facile de parler avec un mental brisé, un objet obstruant la gueule et un masque par-dessus le tout, ne pensez-vous pas ?

Un découragement évident me guettait, si rien ne bougeait dans le bon sens, d’autant que le crépuscule menaçait bientôt de nous ensevelir et qu’il nous faudrait retourner vers l’auberge d’un instant à l’autre. Misère. Comment avoir un appui, une base plus solide, et conserver mon équilibre avec un pareil handicap. La solution à cette énigme m'échappait...
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Jeu 16 Juil 2020 - 4:50
-Debout. Tu vas abandonner? Personne ne te fera de cadeaux, tu dois apprendre seule. La discipline, c'est ce qui te mènera vers la victoire.

Craquant ses articulations, l'ancienne errante se rapprocha pour se positionner à côté de son apprentie. Les phalanges serrés sur le pommeau de son arme, la devise la nouvelle soldat devait l'avoir comprise maintenant. La détermination ferait la différence, ce n'était pas en claquant des doigts qu'on maîtrisait quelconque pouvoir, non il fallait faire ça sur la longueur. Et tant pis si certains recevaient des coups de pouce du destin, des appels mystiques pour prendre plus rapidement ce que certains mettraient dix ans à atteindre. La finalité c'était que souvent, ceux avec une cuillère en or dans la bouche, ceux baignant dans l'opulence avec des contacts hauts placés, ne savaient rien faire par eux même. En combat, et dans la vie, c'était uniquement sa propre personne qu'il fallait glorifier ou remercier. Ses iris rubis plongèrent dans ceux de son ancienne victime, le tourment psychologique laisserait place, et cela commençait déjà à une autre personne.

Pas de remords, aucun sentiments venant cacher ce tableau qui se dessinait lentement sous les yeux de la Lieutenante. En revenant au pays du feu, ou même ailleurs, son acolyte serait capable d'utiliser aussi bien un sabre que son propre pouvoir. Créer un soldat parfait, comme on se fait à l'idée d'une chimère c'était impossible. Mais Natsumi sortait doucement de son cocon, parce que désormais quelqu'un ne lui laisserait pas le choix. Avoir un libre arbitre était un défaut, mais pour autant la privation de libertés n'existait pas. Retenir quelqu'un contre son gré comme l'avait été Jun dans une vie antérieur à Kumo, il n'y avait rien de plus démotivant que de se voir contraindre à suivre des ordres d'une hiérarchie qu'on haïs. Mais cela dit c'était le quotidien des soldats également, disons que l'Empire offrait jusqu'à présent plus de libertés, et de part son statut la rônin se trouvait relativement à l'abris de supérieurs fantomatiques, et tant mieux d'ailleurs. Après tout jusqu'à présent, hormis peut-être Kansei personne n'était digne de passer à l'échelon supérieur.

Mais l'Harusame pouvait à son niveau, délaissant les grades et les appellations gagner en force. Sur la durée et même aujourd'hui, chaque étape, chaque avancée verrait le façonnement d'un être plus complet. Comme si les pièces manquantes apparaissaient avec ces cessions d'entraînements, et de la vie de tous les jours. Soufflant, fermant les yeux, le sabre de Jun quitta son fourreau pour viser l'estoc d'un ennemi imaginaire, patiente car depuis qu'elle avait récupérée l'infirme elle se devait de l'être. Jun répéta le mouvement trois fois de suite, avant d'effectuer des mudras classiques et de se cloner en deux copies. Retournant son rocher en esquissant un sourire presque malsain elle clapa des mains pour avoir l'attention de son élève.

-On ne partira pas tant que tu n'auras pas maîtrisé cette technique attaque mon clone, tous tes katas que tu as répétée en boucle depuis ce matin ont servis pour ça. Prouve moi que t'es capable de le faire, c'est relativement simple et à ta portée. Sinon....

Le deuxième clone se positionna derrière elle, croisant les jambes mais gardant une certaine aura mystérieuse inquiétante. La carotte et le bâton, jusqu'à présent aucune réprimandes physiques, punitions ou privations avaient étés nécessaires pour faire assimiler ce que voulait Jun envers la néophyte dans le domaine de l'art du katana. Mais il se faisait tard, et Natsumi l'avait surement aussi remarquée. Trouver un équilibre, rester stable même avec une prothèse ferait d'elle une personne entièrement apte au combat. Et surtout finit de tomber, et de voir sa supérieure la porter pendant des kilomètres. Non parce que Mitsudo ou pas, il y avait un certains poids parfois d'ailleurs plus vers la fin de journée qu'à l'aube. Allumant une cigarette, plissant les yeux la dame aux crocodiles tapa une nouvelle fois dans ses mains. Signe qu'il fallait que sa disciple commence.

-Joo Natsumi, ceci est le début de la fin de ta vie.

Marmonna la Lieutenante. L'idée du sang c'était quelque chose, tuer pour la première fois dans un carnage sanglant aussi, mais dans la vraie vie prendre des vies se déroulait plus avec des armes et des techniques que dans un pugilat archaïque. Une fois que Natsumi commencerait à comprendre l'utilité et ce qu'elle pouvait faire avec un katana, la fin de sa vie d'avant serait complètement actée. Et Jun n'attendait rien de plus que ça.


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