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Le secret des diables

Shinrin Shinpachi
Shinrin Shinpachi

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Mer 17 Juin 2020 - 20:35
PAYS DU FEU | 火の国の物語


Le printemps s'installait avec ses bourgeons florissant, embaumant l'air de parfums délicats et se posant sur la peau des manants avec un peu plus de chaleur que ne le faisait le mordant hiver. Depuis que Kumogakure avait été libéré par le Porte-Parole de l'Empereur, de nombreuses exodes de Hijins et de sympathisants à l'Empire déferlaient en direction de la Capitale et la Garde, vigilante et imperturbable, ne cessait en tout état de cause de sonder les nouveaux arrivants et de gérer les flux. L'exercice n'était pourtant pas simple et pour s'assurer que ce tri fusse réalisé avec l'art et la manière, l'Unité Impériale s'était proposée en appui du dispositif déjà en place. Un soutien non négligeable compte tenu du labeur que demandait l'accueil de ces centaines de réfugiés politiques ; un soutien qui permettait au demeurant au Monarque des Bois de pouvoir continuer d'étendre son emprise.

Shinpachi s'était installé dans une tente bâtis sur des tiges de fer rustiques mais solides. Devant cette dernière, des bois de cerfs enfoncés dans le sol et se croisant faisaient hommage au clan Shinrin dont il était issu, et marquaient aussi son territoire. Volontairement, il avait enroulé le pan de tissu qui faisait office d'entrée pour son abri pour l'ôter de son champs de vision ; ainsi, dans la pénombre de cette sommaire installation, il pouvait guetter les passants tout en étant difficilement perceptible, enfant des ombres embusqué dans ces dernières.

Devant lui, un répertoire de noms associés à des heures d'arrivée et à des dates s'étalait comme autant de promesses devant ses orbes vermillons. Il s'agissait là des arrivées les plus récentes, mais il savait du reste que d'autres avaient déjà passé les murs d'Urahi en flairant la fin du Protectorat de Kumogakure. C'était la raison pour laquelle il avait déployé le Kôtsuzui, une section de l'Unité Impériale que Shinpachi considérait comme la moelle épinière de l'Unité à laquelle il appartenait. Les cervicales qui la composaient, engagés sous ses ordres, avaient réalisé un labeur sans précédent, dotant le Shinrin de toute une somme de renseignements fondamentaux pour qui voulait tout savoir pour pouvoir tout contrôler, depuis les ombres encore une fois. Mais l'information que l'un de ses Soldats parvint à glaner ce jour était d'un autre calibre, revêtant une capitale importance. Précieuse et exquise, elle vint couper le Lieutenant pendant son étude sans pourtant provoquer sa colère ; un gaillard apparût en s'inclinant devant l'entrée ombragée de la ténébreuse sentinelle attendant son dû.

« Lieutenant Shinrin ! »

L'homme était essoufflé. Sur son visage rond se liquéfiaient des gouttes de sueurs qui semblaient fondre sur son front et ses pommettes. Il portait, comme n'importe quel autre soldat, une plaque de fer au-dessus d'une tunique typique de la Nation du Feu, le faisant passer pour un quelconque homme de l'Empire, quand pourtant il était bel et bien un des espions du comploteur dans l'attente. Il parla à voix basse mais avec une telle intensité dans ses expressions et son timbre qu'il paraissait paradoxalement crier.

« Je l'ai vu ! Le Lieutenant Nara dont vous parliez ! »

Le visage de Shinpachi, découvrant le protagoniste en nage devant lui, se fendît d'un sourire comme s'il déchirait son sérieux. Un air mesquin conquit ses traits. Il avait d'abord voulu tendre la main, paume vers l'avant, avec la volonté de temporiser les émotions de ce brave gaillard ; mais au regard de la nouvelle, il ne put qu'être contaminé par cette frénésie. Dans la pénombre de son abri, il ressemblait à cerbère affamé jubilant à l'idée de pouvoir se mettre quelque chose sous la dent. Avisant qu'il devait réagir en vitesse, il referma son répertoire, siffla deux fois et rangea son crayon. Puis, de façon aussi soudaine qu'il était apparu, le rictus machiavélique qui s'était glissé sur son faciès disparût alors qu'il dardait de ses iris rutilants le bonhomme harassé par l'effort. Il se leva et sortît de la tente où pendaient des banderoles habillées de kanjis. Un courant d'air vint faire danser sa chevelure.

« Rassemble la section. Que tout le personnel se tienne prêt au combat. Fais vite. »

Dans Urahi, un instant plus tard, on put entendre un cheval hennir et galoper sur les sauvages prairies : le Lieutenant de l'Unité Impérial s'était empressé d'enfourcher son bidet et de foncer dans la direction indiqué. Des toits qui s'étendaient autour de lui jaillirent des ombres maudites, bondissant de tuiles en tuiles en épousant la même trajectoire que le cavalier. Derrière, l'homme qui avait prévenu Shinpachi avait craqué et s'était arrêté, vaincu par ses propres faiblesses physiologiques. Pour son supérieur toutefois, le destin avait réservé un autre cadeau.

Sur son passage, quelques personnes se bousculèrent pour libérer la voie. On regardait avec stupeur et un peu d'effroi ce jeune intrépide fendant la bise à bride abattue, poursuivi par des fantômes agiles glissant sous l'azur.

Vint enfin le moment où le destin, offrant bon augure au Shinrin, mit Kansei sur sa route. Voyant le Nara en question, le Lieutenant qui était arrivé en fanfare sauta de son cheval et mit pied à terre. Toutes les ombres qui s'étaient précipitées sur les toitures, averties depuis peu par le bedonnant qu'ils avaient laissé derrière ou par commérage de l'un d'entre eux, l'ordre pour les cervicales s'étant répandu à travers la Capitale comme une traînée de poudre, encerclèrent le Nara recherché en dégainant sabres et lances. En hauteur, trois archers bandèrent leurs arcs en mettant en joue la cible de leur commanditaire. Autour, la foule s'écarta.


« Lieutenant Nara Kansei. Je suis Shinrin Shinpachi, Lieutenant de l’Unité Impériale. Par décret de l’Empire, je vous somme de vous débarrasser de vos armes et de nous suivre sans poser de questions. Nous vous expliquerons le motif de cette intervention une fois à l’abri des oreilles indiscrètes. N’y voyez aucune offense ; je vous prie de bien vouloir comprendre que nous n’avons d’autre choix que de procéder de cette manière. »
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Nara Kansei
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Jeu 18 Juin 2020 - 0:55




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Le climat semblait être devenu plus clément à l’instant où l’Ombrageux avait foulé la terre du Feu ; comme si sa venue prophétisait des temps plus doucereux. À tort, peut-être. L’idée qu’il fut le parangon de décisions divines à venir lui arracha une moue amusée tandis que muni de son baluchon abimé par les contrées arides traversées, Kansei semblait l’ombre de lui-même. Peu propre sur lui, la barbe à peine taillée et le regard terne, il n’avait eu aucun mal à rentrer dans Urahi après quelques mots aux gardes. Il avait une petite réputation en ses terres natales, supérieure à celle de Kumogakure no Satô tout du moins. Le Nara n’avait aucun doute que tôt ou tard il lui faudrait répondre à quelconque éphèbe effarouché mais pour l’instant il lui fallait profiter des cadeaux de la civilisation ; viendrait ensuite le temps des débats et de la force des mots.

Au détour d’un petit bouiboui ne payant pas de mine, il s’apprêta correctement dans un kimono de noir et de vert laissant entrevoir son épaule tatouée et fissurée de larges éclairs, son torse imberbe désormais en adéquation avec un faciès halé qui l’était tout autant.

Frais et dispo, il laissa ses affaires dans le trou perdu, n’ayant rien de valeur si ce n’était son katana qui lui n’avait pas quitté sa ceinture. Après tout, le Lieutenant avait dans ses sceaux bien assez de surprises pour venir à bout du premier malandrin se risquant à sévir dans la grande capitale du Feu.

Il en avait des souvenirs du temps où on l’appelait encore Crépuscule. Il ne put évidemment pas éviter les réminiscences passé de la fameuse réunion qui avait tourné au vinaigre et ses conséquences, les actes même qui avaient donné naissance à l’Empire auquel il avait choisi de porter allégeance.

Là au sein de ses pairs hijins, marchant sans réel but autre que de prendre un peu de repos bien mérité, sans qu’il sache lui-même si ce fut l’appréhension de ce qui restait à venir ou son simple flegme Nara, on décida à sa place de ce qui allait advenir. Au loin, un brouhaha bien différent de la clameur d’une foule occupée à aller et venir sembla se distinguer à son oreille aiguisée et bientôt il ne fut plus seul à discerner cette mélodie qui forca quidam et petit peuple à s’écarter pour laisser passer un singulier cortège composé presque exclusivement d’hommes armés, avec à leur tête un cavalier dont les yeux reflétaient une teinte évoquant bien des choses au manieur d’ombres.

Ses options, Kansei les avait vite évaluées et il se contenta de reprendre sa marche jusqu’à tomber nez à nez avec un soldat qui n’avait visiblement pas l’air amical malgré son rang hiérarchique inférieur. D’un regard en coin, il dévisagea un archer qui sembla déglutir ; c’était assez difficile à dire avec le contre jour.

Une voix s’éleva et brisa ce silence qui propageait le malaise parmi les natifs ; l’homme à la chevelure corbeau adressa un visage inexpressif dans sa direction pour l’écouter. C’est ce qu’il fit sans se mouvoir d’un iota, dorénavant face à l’homme sur sa monture, comme si le cercle de chair et de fer ne provoquait aucune autre réaction que l’ignorance pure et simple.

De là il ne fallut pas l’entrée en matière de son intelligence Nara pour comprendre de quoi il retournait. On l’exhortait à déposer les armes et à suivre l’inconnu sans autre forme de procès ; sa mission étant restée secrète et vu la situation de l’ancien protectorat et son ancien rôle de Kumojin…
Mais il avait face à lui un homme de son grade ; la logique lui permettait donc de résister pacifiquement s’il le désirait. Pourquoi aurait-il dû plier devant son égal ?

« Ohayô. Il n’y a d’offensant que le fait de vouloir démunir un homme de son bien mais si vous en prenez soin alors je ne vois pas bien pourquoi je m’en offusquerais. » Il détacha la garde délicatement de sa ceinture et tendit à l’homme face à lui son arme en plongeant son regard charbon dans le sien. Il put y lire ô combien il risquait gros en abimant ne serait-ce que le fourreau du prolongement de son bras.

Ensuite, il ôta une poche dorsale dans son kimono, une à sa cuisse, celles autour de ses membres supérieurs, les kunaïs dans ses manches et les shurikens à sa ceinture et laissa tout cela glisser sur le sol dans un tintement métallique presque symphonique.

Pour autant, il ne semblait toujours pas une proie. « Et bien, j’imagine que je vous suis. Cependant je suis éreinté par un long voyage, je ne pense pas pouvoir suivre la cadence de votre cheval. » Entre les plis de son kimono et pendant qu’il se délestait de son matériel, tous avaient pu apercevoir de nombreuses blessures ornant ses chairs, partout sur son buste pour étayer ses propos.




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Shinrin Shinpachi
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Dim 21 Juin 2020 - 14:14
PAYS DU FEU | 火の国の物語


Encerclé, l’Ombrageux ne se montra pas plus décontenancé que s’il apprenait que c’était le jour de son anniversaire. De toute évidence il n’était pas si facilement impressionnable et malgré le vacarme produit par le débarquement inopiné des hommes du Shinrin il se contenta de manifester son approbation tout en faisant preuve de tact. Nul n’était besoin de résister, à moins que d’être coupable. Kansei se contenta de rester simple et sobre dans sa réaction, mettant en garde sans plus d’animosité le Lieutenant contre les représailles dont il pouvait devenir le sujet si d’aventures ses biens étaient détériorés par intention ou par négligence.

Shinpachi accueillît son arme dans ses paumes en appréciant le poids de l’arme. De cette façon, il put s’imprégner du potentiel de ce cabalistique protagoniste : était-il un style plutôt offensif et lourd, ou agile et léger ? Il se fit sa propre conclusion tout en prenant soin d’accrocher, après s’être retourné, l’arme aux sangles juxtant la selle de son coursier. Glissant l’arme, il cramponna ses doigts aux liens et tira d’un coup sec, y ajoutant son poids pour renforcer la tension, de sorte que l’outil de mort ne puisse guère s’échapper. Le cheval, légèrement déséquilibré, fit quelques pas pour se replacer et commença à reculer, gêné par son maître. Ce dernier le retînt toutefois par les rênes puis, avisant qu’il pouvait être inquiet, le caressa doucement. La monture se calma en s’ébrouant et inclina sa tête pour recevoir davantage de marques de sympathie du Lieutenant, qui lui-même délia ses lèvres pour prononcer quelques mots à l’adresse de Kansei, ses orbes vermeils toujours concentrées sur l’attitude de son cheval.

« Je vous remercie. Rassurez-vous, nous marcherons. »

Un soldat ramassa les biens tombés à terre du Nara et le reste participa à l'escorte de l'individu. Le trajet dura une dizaine de minutes et les mena jusqu'à un vieille bicoque aux fenêtres éventrées et au murs boisés attaqués par le lichen. Cet abri avait vieilli et n'était même plus habitable ; il était pouilleux et fragile, comme s'il ne demandait qu'à brûler ou à être détruit pour que renaisse quelque chose de plus noble.

Un soldat poussa la porte qui grinça et sortît presque de ses gonds ; seule une attache sur deux était en état de faire son labeur, si bien que la porte se retrouva ouverte et penchée vers l'arrière, menaçant de s'effondrer et d'arracher le dernier gond (celui du bas) restant, en tension totale pour retenir le lourd obstacle. A l'intérieur, la pénombre était reine et le Shinrin ne put s'empêcher de songer que le Nara serait dans son élément dans un endroit aussi ténébreux ; pour autant, il s'en accommoderait pour ce qu'il avait à faire. Le soldat qui ouvrit l'entrée, un vieux gaillard aux cheveux grisonnants armé d'un tetsubo (un gourdin militaire dont la poignée était entourée par des kanjis évoquant le Feu) fut le seul à demeurer avec eux ; les autres mirent en place un dispositif de surveillance autour de la bâtisse.

Shinpachi, qui n'avait quasiment pas parlé durant le trajet, invita Kansei à entrer. Connaissant déjà le chemin, il partir s'installer sur un petit fauteuil dont l'assise était déchirée, laissant la mousse qui le composait à vif ; décharné, il faisait encore son travail du reste. Il pointa du doigt un canapé très bas, proposant tacitement au Nara de s'y installer : ce dernier était aussi écorché que le fauteuil qu'il avait choisi.

L'abri, délabré, semblait empli d'une atmosphère mauvaise et dangereuse. Il régnait ici quelque chose de lourd, un parfum d'interdit qui mettrait sans doute le sens de l'Ombrageux en éveil ; en s'y attardant un peu, on sentait quelques onces d'un effluve de sang.

Concentré, Shinpachi tira du pan intérieur de sa tunique un papier enroulé sur lui-même et fixé par une petite ficelle qu'il délia sans hâte. Paupières closes, il laissa un petit instant s'écouler pour donner à Kansei le temps de se mettre à l'aise. Puis il se redressa, quitta son assise pour se tenir sur ses deux jambes, pour la simple et bonne raison qu'il ne voulait se rendre nonchalant. Debout, il put enfin s'exprimer.

« Nara Kansei, les récents rapports vous concernant sont particulièrement énigmatiques. Il va sans dire que vous n’êtes pas le seul dont les activités ne sont pas toutes recensées, et de cela je ne peux vous tenir rigueur. Toutefois, les rumeurs qui accompagnent ces rapports corroborent les doutes que nous pouvons avoir à votre égard. Ce que j’ai entendu n’est pas très rose, pour ne rien vous cacher, et je suis surpris de vous rencontrer à Urahi. Il nous faut des réponses, Nara Kansei… »

Ayant prononcé la sentence, il leva ses iris érubescentes et les figea sur l'Ombrageux, avec une attitude beaucoup plus formelle. Il était résolu.


« ... où étiez-vous et que faisiez-vous ces dernières semaines ? »
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Nara Kansei
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Dim 21 Juin 2020 - 15:44




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L’homme des Ombres resta là, planté comme un tuteur à contempler la musculature dorsale camouflée par le tissu de son interlocuteur qui semblait partager un moment de complicité avec sa monture en lui octroyant le droit de porter sa donneuse de mort. Soit, il ne s’en formalisa pas et mit à ses lèvres d’un mouvement qui se voulait intentionnellement très lent une cigarette. Pas question de prendre une flèche ; déjà quelque soldat trop zelé semblait raffermir sa prise sur son arme quand il vit le Nara se mouvoir.

Kansei opina donc du chef et se mit en branle entouré par le petit cortège morne et suspicieux dont il était presque l’épicentre, marchant dans les traces d’un homme dont il en savait moins que la réciproque, apparemment.

Toutefois il faisait partie de l’Impériale et le stratège avait déjà des bribes de doutes quant aux raisons réelles de cette future entrevue. Il ne rechigna pas et tint la cadence d’un pas plus tempéré que décidé.

Leur point de chute se trouva être des quartiers miteux dans un environnement qui se voulait déjà un peu plus sympathique et il ne porta qu’une rapide analyse à ce dernier ; en tant que Shinrin, il avait lui aussi l’avantage dans un environnement presque exclusivement composé de sa propre nature chakratique. Il avait à l’époque cotoyé quelques quidams de son engence et savait plus ou moins à quoi s’en tenir, ce qui était sûrement aussi le cas de Shinpachi. Il put ainsi en déduire que l’éphèbe était assez sûr de lui pour intentionnellement se placer dans telle pénombre.

Après qu’on ait ouvert les portes de cette assemblée pitoyable, qui lui rappelait par sa vetusté celle brûlée de Kumogakure no Satô, il s’introduisit en baissant la tête par le pas de la porte chancelante sur ce territoire visiblement bien gardé où ils ne finirent qu’à trois. Que de moyens mobilisés pour sa petite personne, pensa-t-il sans flatter son égo pour autant. Etait-ce suffisant pour brimer les possibilités de Nara Kansei ?

Laissant son hôte prendre place, il déclina la proposition d’assise et resta simplement planté là sur les croix de bois ornant la partie inférieure de ses getas, laissant des croix dans la poussière du sol. Là régnait une ambiance peu enviable où il ne se voyait certainement pas passer son temps sauf conduit.

Les effluves d’un affrontement ou d’un massacre ? L’emplacement d’actes et de propos barbares, peut-être ? Il n’en avait cure à la venue de ce qui arrivait bientôt. Il se remit droit et Kansei écouta, exhalant toujours de la même attitude -si elle n’était pas nonchalante pour autant- incroyablement placide.

« Les rumeurs sont le lot des colporteurs et des petites gens malintentionnés. Mais qu’à cela ne tienne vous dites vrai. Mes derniers agissements ont été passés sous silence, par moi-même. Qu’avez-vous entendu exactement ? Ce sera un plaisir de vous infirmer ou vous confirmer preuve à l’appui chacune de ces messes basses. » Son ton se voulait ferme mais sa diction lente et ses mots choisis, pensés.

« Ces dernières semaines, je rentrais au pays du Feu. De l’étranger, à vrai dire. Ca n’a pas été facile, je me déplace lentement avec des plaies qui ne demandent qu’à se rouvrir. » Shinpachi prenait cela avec un sérieux exemplaire auquel il répondit avec quelque chose d’équivalent. Kansei n’était pas un simple soldat qu’on pouvait essorer des mots qu’on voulait ouïr, il s’en doutait sûrement.





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Shinrin Shinpachi
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Lun 22 Juin 2020 - 23:22
PAYS DU FEU | 火の国の物語


A l’ombre du vétuste abri, tapissé davantage par les moisissures que par les toiles, les deux hommes se toisaient comme s’il se jouait un enjeu de pouvoir balancé entre eux deux et exigeant de chacun la meilleure réactivité possible ; pourtant, nul n’osa trop s’avancer, chacune de leur conscience étant bien éveillée et assez sagace pour comprendre que la moindre faille serait exploitée jusqu’à sa plus basse profondeur. Il s’y tournerait alors un couteau remuant les viscères, jouant avec les entrailles pour évider petit à petit tout ce qui pouvait substantiellement les remplir ; qu’un seul vacille en somme, et celui d’en face l’écorcherait vif.

Celui qui s’autoproclamait comme le Monarque des Bois ne tarda pas à voir à travers les mots du Nara, aussi vrai que ce clan portait le sobriquet du trait de génie, chose qu’il semblait contester par cette seule entrevue avec Kansei qui d’entre tous était sans équivoque l’un des plus prestigieux représentants. Par sa prestance, par la finesse de son Verbe et par sa confiance débordante, l’Ombrageux était impressionnant, et pourtant le Shinrin se refusait à lui céder le moindre centimètre. Comme s’il affrontait un fauve, il avait compris qu’il n’était pas bon de révéler ses craintes au risque de devenir non le prédateur, mais la proie ; chose qu’à bien des égards il ne désirait guère. Car tout aussi ficelée pouvait être sa méthode, il n’était pas à l’abri qu’elle se retourne contre lui et que, voulant tirer les vers du nez de Kansei, ce dernier ne lui fasse le procès de son manque de tact. Dès lors, le risque qu’il se retrouve à devoir se justifier à la place du Nara était réel.

Si bien qu’il fallait tant être la nébuleuse impénétrable que le confident solaire ; un paradoxe particulièrement difficile à entretenir face à un homme de ce calibre dont le grade était à son grand dam équivalent au sien.

« Pour appartenir à l’Unité Impériale depuis un certain temps déjà, je sais bien qu’il existe de nombreuses façons de déguiser la vérité et de fuir les accusations. Je vous prierais toutefois de ne pas vous amuser à ce genre de détours, Kansei, au risque que votre charrette ne se renverse. Soyez assuré que mon but n’est pas de vous piéger. Il est dans notre intérêt commun que nous parlions en restant opaque dans notre discours. »

Disant cela, il réalisa qu’il avait sacrifié un bout de terrain à son vis-à-vis. S’il avait d’une certaine manière fait preuve d’hypocrisie en ne révélant pas ses véritables intentions, il n’en maintenant pas moins sa position avec une telle assurance qu’il semblait presque sincère. Presque.

« Un informateur dont je tairais le nom vous accuse d’avoir quitté le Protectorat de Kumogakure à l’heure où la Résistance battait son plein. C’est d’autant plus vrai que durant votre absence, un de vos confrères Nara a lui aussi disparu et nous supposons à défaut d’en savoir davantage qu’il est décédé. Je vous présente mes condoléances pour Nara Shikarin, sûrement mort dans l’exercice de ses fonctions… »

Il accorda à Kansei un instant de répit, mais dût reprendre pour poursuivre son ambition.

« Si vous le permettez, et je suis navré de ne pouvoir vous laisser davantage de temps pour faire votre deuil, il m’est impératif de terminer de vous expliquer les accusations qui sont portées contre vous. Cette disparition, conjuguée à votre absence, n’arrange pas votre cas pour être tout à fait honnête avec vous. La première hypothèse vous incrimine dans la mort possible de Nara Shikarin ; la seconde vous accuse d’avoir fui devant la menace. Il va me falloir un alibi, Nara Kansei. Crime passionnel, vengeance fratricide, règlement de compte familiale... Je suis au regret de vous annoncer que vous faîtes le parfait suspect. »
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Nara Kansei
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Mar 23 Juin 2020 - 19:45




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Face à lui, Kansei disposait d’un adversaire. Tout le laissait transpirer dans sa posture et s’il le savait, c’est qu’il aurait certainement agi de pareille manière dans sa situation où il avait l’avantage du terrain et de l’information. Rien n’était laissé au hasard par le Shinrin et il le devinait aisément ne serait-ce que par le ton de sa voix, fluctuant sur des fréquences qu’il ne connaissait que trop bien, chantant une mélodie qui tentait telle une forme serpentine de l’étreindre dans une lutte qui se voulait faite pour durer.

Toute chose étant ce qu’elle était, Nara Kansei n’était pas connu pour son manque d’implication dans les discussions qui l’intéressaient et si Shinpachi avait réussi à quelque chose, c’était de reveiller une part de l’Ombrageux qu’il croyait avoir laissé derrière lui à Kumogakure no Satô. Au centre d’une intrigue, il attendait avec la même stature maintenue et l’immobilité la suite. Car elle allait arriver.

« Loin de moi l’idée de paraître insultant ou même opaque. Alors parlons, comme je l’ai mentionné plus tôt, ce sera un plaisir de vous éclairer autant qu’il m’en sera possible. » Et c’était bien la limite infranchissable. Le possible, il l’avait décidé bien avant leur rencontre et il s’y tiendrait. L’abîme qui les séparait tout deux était plus profond qu’il ne voulait bien l’admettre, rang égal ou pas. Sans aucun signe d’irrespect, il continua donc de donner du jeu à son collaborateur, ses yeux d’un charbon presque brûlant par intermittence ne perdant pas la trace du Shinrin, même dans l’obscurité ambiante.

Et il resta là, effectuant le tour de force de rester impassible, d’un calme olympien qui n’exprimait en rien l’assimilation des informations qu’on lui fourrait dans le gosier, comme une oie prête à être servie. Sa méthode semblait toutefois rôdée ; il n’était pas à son coup d’essai.

Dans un coin de son esprit, il nota de faire attention à ce Shinrin à l’avenir ; c’était presque une bénédiction qu’il fut placé si tôt sur son chemin.

« Pour être honnête, j’ai bien quitté Kumogakure no Satô. Cependant à cette époque la Résistance dont vous parlez n’était que tracts sur des murs et pas plus que cela. Merci pour votre commisération, Shinpachi. » La nouvelle de la mort de Shikarin surprit le représentant de l’entité clanique. Il semblait un jeune homme plein de promesse et même s’il n’allait pas tarder à être accusé, le bougre ne pouvait que chercher à le lier à son meurtrier. Non pas que la vengeance fut au menu mais par simple curiosité intellectuelle. Peu pouvaient s’en prendre à un membre des Trois Clans impunément. Peut-être Kumogakure no Satô avait déjà procuré au vrai responsable un traitement adéquat.

Le marbre ne craquela pas de la moindre zébrure, tant pis s’il paraissait trop froid pour être honnête. Chidori avait terminé d’amenuiser le peu d’affect dont il était capable.

Le souffle de Kansei ne se fit pas plus rapide, pas plus que son mutisme ne se brisa de prime abord. Shinpachi avait réuni des faits sans liens et sans causalités apparentes. Mais dans quel but autre de se débarrasser de lui ? Et pourquoi ? Deux secondes passèrent, puis l’ancien Jônin de Kumogakure no Satô en vint à répondre à l’autre Lieutenant. Il ne lui fallait pas plus de temps pour ce qui allait sortir de sa bouche.

« Pour ce qui est des allégations de fuite, sachez que nul autre que l’Empereur du Feu lui-même sera en mesure de prouver ma loyauté et ma vaillance toute relative quant à cette question. En son absence, se tourner vers son porte-parole semble la meilleure idée si vous êtes pressés de savoir. En tant que simple Lieutenant, je n’ai malheureusement pas le choix de décider quelle information reste secrète et laquelle ne l’est pas. Vous devez bien le savoir, en tant qu’égal. Dans la même unité que la mienne, qui plus est. »

Sa voix et son éloquence étaient restées fidèles à elles-mêmes. Dans l’obscurité il semblait presque que ses paupières jusqu’alors mi-closes découvraient maintenant les miroirs de la flamme que le Shinrin avait déclenché. Il ne laissa cependant pas le temps à son accolyte d’en placer une et passa lui-même à la conquête plutôt qu’à la défense.

« J’ai plusieurs questions. Pourquoi aurais-je commis tel crime, d’abord ? Le fameux informateur n’avait pas plus à dire ? Ensuite, comment se fait-il que le Teikoku en vienne à plaider la cause d’un Nara, clan d’une faction qui n’est notre alliée en rien, peut-être même le contraire en ces temps troubles ? J’en déduis que Shikarin opérait sûrement pour l’Empire et vu votre implication et votre engouement, sous vos ordres peut-être ? Ce serait logique, un Lieutenant de l’Impériale télécommandant un tel client. » Par politesse ou peut-être par jeu il laissa exactement le même temps, à la milliseconde près, que Shinpachi juste avant avant de reprendre.

« Que faisait le dénommé Shikarin quand il a disparu, exactement ? »





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Shinrin Shinpachi
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Mer 24 Juin 2020 - 14:34
PAYS DU FEU | 火の国の物語


« Nul ne le sait. »

Répondît-il du tac-au-tac, coupant presque la parole à l’éminent Nara qui de toute évidence ne semblait pas se laisser conquérir par la perfidie déployée par le Shinrin. Le Monarque des Bois avait toutefois pris l’habitude de rencontrer de la résistance et l’Ombrageux, si invulnérable qu’il paraissait être, ne pouvait décemment pas être sans faille ; quelque part dans ce marbre poli par l’emprise d’une intelligence remarquable, il devait y avoir un point faible, une entaille lézardant sur la peau impénétrable ; et c’est par cette entaille qu’il comptait instiller son venin.

Il demeura sur ses deux pieds, et désormais les deux hommes se faisaient face en égal ; métaphoriquement, les fleurets étaient tirés et chacun tentait de piquer au bon endroit, mais leur agilité à esquiver les attaques de l’autre rendait ce ballet interminable, si bien qu’il apparaissait que ce duel ne pourrait se terminer qu’à l’usure… ou à la faveur d’une inattention fatale.

« Nara Shikarin, Lieutenant de l'Empire comme vous devez le savoir, se trouvait à Kaminari no kuni et semblait s’impliquer dans les affaires de la Résistance, c’est tout ce que nous pouvons démontrer à l’heure actuelle. Pour autant, rien n’augure que sa disparition soit liée à cette dernière ; d’autant que si c’était le cas, probablement que d’autres se seraient volatilisés comme lui en s’évertuant à détricoter les mystères entourant ce groupuscule. Ainsi, nous supposons deux choses : ou bien a-t-il mis le doigt sur quelque chose que la Résistance ne voulait pas ébruiter, justifiant une éventuelle élimination pour préserver leurs secrets ; ou bien a-t-il été victime d’autre chose, un règlement de compte personnel. »

Il occulta volontairement l’idée que Shikarin ait pu avoir un lien avec lui. S’il n’en avait eu aucun en réalité et qu’il pouvait aisément le démentir, il ne désirait pas pour autant glisser vers le chemin des justifications, auquel cas il se savait indubitablement contraint de perdre l’ascendant. Il se refusait à subir ce revers de son égal ; non, il voulait contrôler le débat, tandis que sous la terre ses racines continuaient de s’étendre et de serpenter sous les pieds du Nara, invisibles

« Il est vrai que dans cette affaire, Nara Kansei, vous apparaissez comme un suspect idéal, si tenté qu’on envisage la deuxième option ; peut-être même que la deuxième option pourrait être liée à la première, vous savez, la course au prestige ; mais il est vrai que je suis surpris également qu’on m’informe si hâtivement de votre retour et qu'on me fasse cas de votre disparition, si comme vous le dîtes elle provient des plus hautes autorités de l’Empire. Comprenez, à demi-mot, que je me méfie tant de vous que des allégations qui sont faîtes contre vous ; nul ne m’est ami comme nul ne m’est ennemi. Dès lors, le coupable dans cette affaire pourrait tout aussi bien être celui que j’interroge, que celui qui m’informe. »

Il s'attarda un instant sur la silhouette de l'homme, et le contempla de haut en bas comme pour tenter d'y déceler quelque chose d'interdit ; instinctivement, il le jaugeait.

« Si j'en crois vos paroles, vous avez reçu une mission de l'Empereur en personne, ou du reste de son Porte-Parole. Cela fait de vous un homme visible, Nara Kansei, surtout pour ceux qui ne supportent pas de rester dans l'ombre de potentiels concurrents ; d'autant plus s'il s'agît de l'ombre d'un Nara, sans mauvais jeu de mot. »

Il se mit à taper dans ses mains deux fois consécutivement, comme pour attirer l'attention de ses subordonnés. La porte de la maison délabrée grinça de nouveau et le bruit des bottes des Soldats tambourinèrent contre le parquet de bois. Ils étaient couverts de tout l'attirail du Lieutenant qui était, en l'état, libéré de cet entretien.

« J'irais m'informer sur votre mission. Je vous remercie d'avoir accepté de vous entretenir avec moi, c'est pour ma part la preuve de votre bonne foi. Je n'ai pas à me soucier des hommes qui œuvrent pour notre Empire. Je ne vous retiendrais pas plus longtemps. »

Les Soldats commencèrent à lui restituer doucement ses effets, s'efforçant de ne rien abîmer et de ne pas soulever la colère de l'Ombrageux.

« Comme je vous l'ai expliqué, nul ne m'est ami, et nul ne m'est ennemi. Je vous invite en toute objectivité à rester vigilant envers tous ceux que vous pouvez côtoyer au sein de notre Unité ; d'aucuns ne sauraient que convoiter votre position. En ce qui me concerne, je m'assure seulement que nul ne sème le désordre ; car l'homme est fait pour l'ordre et quand il l'oublie... »

Il invita tacitement Kansei à terminer la devise de l'Impériale.
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Nara Kansei
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Ven 26 Juin 2020 - 19:52




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Il haussa un instant un sourcil, comme s’il cherchait métaphoriquement à devenir ce que son cousin Nara avait bien pu ficher pour se retrouver dans telle situation. Bien que cela n’était pas possible, le regard toujours accroché au faciès pas plus expressif que le sien, à son grand désarroi.

À vrai dire ses théories et ses hypothèses n’avaient pas vocation à découvrir la vérité vraie ; même si Shinpachi la connaissait. Il était en position de force et même sans cela, il ne semblait pas du type à monnayer ce genre d’informations à la sauvette sans une réelle raison. En cela, il le respectait presque. Il ne paya pas de mine et ne répondit ni par l’affirmative ni par son contraire à l’allégation de ce qu’il savait ou non. Le Shinrin ne connaissait pas ses cartes plus que Kansei ne connaissait les siennes.

« Dans les deux cas, je suis aussi démuni que vous, mais peut-être autant ou plus encore intéressé à la résolution et l’éclaircissement de ce mystère ; mais découvrir qu’il ait disparu du fait de quelque kumojin ne ferait que jeter de l’huile sur le feu et le Protectorat n’est plus, sans compter la potentielle alliance à venir avec la Coalition. Il n’est pas l’heure de chasser les sorcières. » Pour la première fois, ses yeux s’illuminèrent d’une volonté brûlante ; celle du Feu. Dur à dire si c’était à l’idée de faire la lumière sur l’affaire ou bien quant à cette alliance d’intérêt commun pour le Yukan.

« Quel dommage que ladite affaire ne soit pas si simple à résoudre, pour vous comme pour moi. » Toujours stoïque, emanant d’un froid qui aurait gelé les sangs du plus aguérri des Yukijins s’ils avaient été présents, il ne fit pas plus de commentaire sur les informations et leurs colporteurs, ni sur la méfiance de Shinpachi qui semblait être un moteur tout à fait correct à des ambitions encore mystérieuses. Il n’avait face à lui que l’ersatz de Shinrin Shinpachi ; une version amoindrie qui ne laissait transparaître que ce qui l’arrangeait. Qu’à cela ne tienne, ce jeu se jouait à deux.

Les yeux à peine plissés et désormais habitués à l’obscurité, il eut un sourire adressé à lui-même en son for intérieur. Si seulement il se doutait à quel point il visait juste en parler de son pouvoir clanique et en même temps ô combien il était dans l’ignorance quant à ce dernier. L’idée de le prendre dans son emprise et de lui trancher la gorge en moins d’une seconde lui traversa l’esprit, comme un millier d’autres. Chaque situation était traitée d’égale à égale avec les autres dans une partie de sa conscience ; bien qu’il n’eut nul gain à tel acte.

« J’imagine que nous nous recroiserons ; puisque nous obéissons au même Capitaine. » Les mots n’étaient en rien négligés ou employés sans ferveur ni but, ils le savaient l’un comme l’autre.

Le Nara récupéra ses armes et les rangea consciencieusement à leurs places respectives après que le Shinrin ait convoqué les porteurs de ses claquements. Il repartait aussi libre qu’il était venu, sa besace remplie d’interrogations et d’un nouveau visage.


« C’est le lot de tout shinobi. J’ai vécu assez longtemps au sein du Feu pour avoir appris cette leçon au prix fort. » Un simple rictus déchira un coin de ses lippes sans afficher pour autant sa dentition tandis qu’il partait pour s’engouffrer dans l'encolure de la porte, la lumière baignant sur son visage sans qu’il ne soit dérangé par le changement pour autant.

« L’ordre se venge. » La vengeance. Un terme tout trouvé pour être prononcé ici-bas, au Retour de Flamme. Pour la première fois dans la discussion, on put croire entendre un autre mot plutôt que celui prononcé. Venait-il de remplacer une syllabe par une autre ? Un ou deux des soldats les plus proches de lui semblèrent entendre le terme ombre pour remplacer celui évoquant le pouvoir de l’Impériale. Dur de définir qui avait raison.

Kansei du clan Nara, lui, avait déjà repris ses activités à la faveur de la foule à laquelle il se mêla sans hâte. Rencontre intéressante...




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