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Des adieux, pleins de promesses

Aditya
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Ven 19 Juin 2020 - 21:19
Des adieux, pleins de promesses

ft. Yasei Reikan & Date Junko


Automne 203, Temple Seidou, village de Kiri.


Au cœur du Temple Seidou, où l'odeur âcre de la mousse et du cuivre venait se mêler à la fraîcheur d'un hiver ne souhaitant que parer le monde de ses couleurs ternes, la silhouette d'Aditya demeurait allongée au bord de ce hameau naturel, cet étang, dont le temple avait paré de ses plus beaux attributs sylvestres. Dans l'ombre prolongée des branchages d'un saule pleureur, garant de la paix des lieux, ses prunelles d’azur arpentaient la voûte d’un ciel désireux d’imposer le joug d’une nouvelle saison, au cœur de ce mouvement tempêtueux d’autant de pensées que cette méditation pouvait amener à lui. Seules ses jambes, immergée dans l’eau, ramenaient une partie d’entre elle à la réalité, entre monde illusoire et authentique.

Il se laissait aller le long de la vague de ses pensées, en cette aurore matinale où les instants qui le séparait de l’avènement de l’hiver se raréfiait, annonçant la venue de leur départ pour Hayashi au fur et à mesure que la route stellaire se perpétuait, encore et toujours. Aujourd’hui, elle était venue à son terme.

Un soupir s’échappa des lèvres de l’ascèse, dont les yeux tardèrent à s’ouvrir à nouveau sur la majestuosité d’un ciel clamant la blancheur de la glace, sur ces arbres dont les feuillages s’abandonnaient au sort du monde, sur ces fleurs dont la rosée en proie au givre leur donnait un air hors du temps ; et alors qu’il s’apprêtait à se redresser dans la caresse de ses mèches d’or, l’éclat d’une voix guida son regard vers l’orée du temple. Vers une silhouette dont les brins rougeoyants n’avaient jamais quitté son souvenir. Un sourire tendre s’installa sur ses lèvres, alors qu’elle s’approchait.

« Encore en train de rêvasser ?
Tu es venue.
Tu pensais que non ? J’aurai pu. »

Sans tarder, Aditya extirpa ses jambes de l’étang où elles reposaient et la rejoignit aux prémices de ce jardin intérieur, dans la fraîcheur de cette eau qui roulait désormais sur sa peau.

« De quoi voulais-tu me parler ?
Ai-je besoin d’une raison pour vouloir te voir ?

Il vit l’ombre d’un sourire passer sur les lèvres de Junko, bien vite effacé par la fierté ; et avant qu’elle ne le tarisse d’une nouvelle taquinerie, il laissa sa voix répondre à sa question.

« Je voulais te donner quelque chose. »

Le sourcil relevé, la jeune femme lui adressa un regard interrogateur ; mais devant son court départ à l'intérieur de ces murs de pierre, elle abandonna ces réflexions. Déjà, il revenait à elle, dans ce berceau où la fraîcheur de l’hiver ne manquait pas de raviver leurs joues de ses couleurs. Elle n’eut que quelques instants pour aviser l’objet tenu entre ses paumes, tandis qu’il se plaçait devant elle, interdit. Junko ne pouvait que deviner de quoi il s’agissait, face à l’évidence.

Un uniforme du village, identique à celui qu’elle l’avait vu porter quelques fois, lorsque les obligations le forçait à délaisser le confort de ce sari qu’il aimait tant. Le visage de la rougeoyante se renfrogna, dans une émotion entre dégoût, appréhension et curiosité. Pendant une poignée d’instant, lui non plus ne dit rien, avant que le calme de ce silence automnal ne ploie à nouveau devant l’écho de leurs voix.

« Féliciations. »

Le regard de Junko vint trouver le sien, dépourvu de cette once de doute et d’interrogation qui l’animait, plus tôt. Elle semblait peser ses mots, son attention alternant entre le visage de celui qu’elle connut comme un mentor, puis un égal, et désormais… Elle ne savait plus comment le nommer.

« Vais-je devoir quitter ton équipe ?
C’est habituellement ce qui est indiqué lorsque l’on est promu Chûnin., glissa-t-il sur un ton bienveillant. Pour que tu prennes la tête d’une autre escouade et enseigne à ton tour.
Moi, enseignante ?
Oui, je sais. », répondit-il, amusé. Il connaissait sa réticence à s’enticher d’autrui, d’autant plus par devoir.

Comme par dépit, elle prit le vêtement entre les doigts de ses mains et l’étudia, plusieurs minutes. Devant son mutisme, Aditya reprit la parole.

« Te souviens-tu lorsque je t’ai parlé d’Hayashi, il y a bien longtemps ?, il la vit acquiescer, et relever son regard vers lui. Je vais devoir partir, pour quelques temps.
Là bas ?, un regard échangé suffit à lui répondre. Pourquoi ? »

Ses yeux se parèrent du même silence auquel ses lèvres étaient soumises.

« Tu ne peux pas me le dire. », soupira-t-elle en détournant les yeux. Elle croisa son regard, une énième fois. « Ne me regardes pas comme ça. Tu m’annonces que tu ne veux plus de moi auprès de toi et que tu t’en vas, là où je ne peux pas te suivre. Comment veux-tu que je le prennes ? »

Avec délicatesse, Aditya enserra le poignet de la jeune femme, comme une promesse de la garder auprès d’elle et de demeurer à ses côtés. Un geste, que ses paroles ne tarderaient pas à formuler dans un murmure, tandis que sa seconde main rejoignait celle de Junko, pressant ses paumes entre les siennes avec toute la force d’une tendresse demeurée à demi-mots. Ses yeux vinrent se loger dans ses iris d’or, s’assurant que l’aube de son silence lui assure, encore une fois, de la profondeur de son engagement.

« Il s'agit simplement une preuve de ta progression, et d'une obligation, pour ma part. Rien de cela ne signifie que je ne veux plus de toi auprès de moi... Bien au contraire. »

L'ascèse sentit l'une de ses mains se détacher du vêtement et venir se lier à la sienne, discrètement. Comme toujours, avec elle, il s'agissait davantage de gestes que de mots.

« Cela ne devrait me prendre quelques semaines, peut-être plus.
Tu comptes me laisser autant de temps seule avec des élèves ? Tu dois avoir bien confiance en moi pour penser que je ne vais pas avoir envie de les étriper à la première occasion., sa remarque arracha un léger rire à l'intéressé, laissant place à un sourire sur leurs deux visages.
Cela te surprend tant ?, murmura-t-il en glissant ses bras autour d'elle ; une étreinte qu'elle ne tarda pas à lui rendre, dans l'ombre de lèvres pressés sur la tempe de la rougeoyante. Tu en es capable, mon absence ne changera rien à cela. »


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Dernière édition par Aditya le Ven 19 Juin 2020 - 21:30, édité 1 fois
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Aditya
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Ven 19 Juin 2020 - 21:20
Automne 203, abords du temple, village de Kiri.


Bien plus tard, lorsque les rayons du soleil eurent laissé place à l'éclat de la nuit, que les tensions du jour s'étaient apaisées sous la caresse du doux manteau lunaire, lorsqu'un jour s'était succédé à un autre, rapprochant d'avantage le temps du départ, Aditya s'abandonnait à nouveau au silence nuptial. À la seule différence que cette fois-ci, ses pas ne le guidaient non pas sur le chemin du temple, mais auprès de la demeure d'une tigresse blanche qui, à cette heure, devait avoir relégué la fougue de l'entraînement pour la candeur des bras de Morphée.

Dès l'aube, il lui faudrait rejoindre les flancs du port Naragasa, retourner auprès de la Forêt Millénaire qui détenait toutes les reliques de la tendresse qui berçait son cœur, tous les visages que ses yeux n'avaient pu contempler cette dernière année. Pour cela, il lui faudrait en laisser d'autres dans son sillage, y compris celui de la métamorphe. Pour la première fois depuis le printemps dernier, ces deux âmes seraient séparées, une fois encore avant que la chaleur de nouvelles retrouvailles ne teinte leur rencontre de l'écho de leurs rires partagés.

C'est pourquoi, avant ce départ qui le ferait quitter les rivages de la Brume, sa paume avait trouvé le contact d'un pinceau et l'encre celui du papier, dans l'espoir de laisser auprès de la jeune femme une trace de son départ, une explication qu'il n'avait pu lui avouer, tout comme à la rougeoyante.

C'est pourquoi, lorsque sa marche trouva fin devant cette porte de bois, sa main empoigna un exemplaire de la clef que lui avait confié la change-forme et qu'avec la lenteur dû au respect qu'il accordait à son sommeil, il la fit tourner dans l'engrenage. Et avec cette humilité naturelle qui bordait chacun de ses gestes, Aditya la referma à nouveau dans son dos, afin de préserver le silence, maître des lieux.

Il ne lui fallut pas longtemps à ses iris pour s’acclimater à l'obscurité de cette demeure dont il connaissait déjà tous les recoins, bercée par les rayons d'une lune pâle qui happaient chacun des trésors que revêtait l'abri de la féline. Et, guidé par cette familiarité, le blond outrepassa la barrière des rideaux tamisant son repaire, pour dévoiler sa silhouette endormie parmi les fourrures, non loin des parures qui trouvaient présence sur ses cheveux d'ébène, d'ordinaire. Au cœur de ces dorures, héritées du vent, la missive tenue dans sa paume depuis son départ du temple trouva sa place, comme un dernier mot laissé pour elle avant que leurs chemins ne se retrouvent.

Pendant quelques instants, Aditya s'accorda un répit observer ce visage d'ordinaire fougueux, qu'il ne recroiserait pas avant plusieurs semaines, peut-être davantage. Il était conscient que bien peu de gens s'oseraient à s'introduire ici, d'autant plus quelques instants avant que l'aube n'éveille le monde ; mais entre eux, cette proximité semblait naturelle, excusée.

Il n'aurait pu imaginer prendre la mer avant de la revoir, même s'il avait espéré qu'elle serait éveillée. Alors, à la place, son pouce vint dégager quelques mèches d'ébène de son visage endormi et lorsque l'or se mêla à l’obsidienne, le blond déposa un baiser chaste sur son front, signe de toute l'importance qu'elle revêtait à ses yeux.

L'une de ses mains vint redresser les fourrures laissée lâchement au-dessus de son épaule, afin de s'assurer que le froid mordant de l'hiver ne taraude pas son sommeil davantage ; et, dans une dernière œillade à son amie de toujours, la silhouette du blond quitta cette tanière familière aussi silencieusement qu'il n'y était entré, en veillant à ce que cette serrure soit verrouillée à nouveau après son départ.

Car ce nouveau jour où leurs chemins se séparaient était signe de l'avènement de tant de projets chers à leurs cœurs qu'il leur faudrait suivre, quand bien même les sacrifices.




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