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Yasei Ketsumei
Yasei Ketsumei

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Lun 22 Juin 2020 - 21:32
Relevant les lunettes sur l’arrête de son nez, le trentenaire baguenaudait parmi la population de l’archipel. Il n’était pas membre de la Brume depuis longtemps et il lui plaisait de découvrir cette nouvelle contrée avec leurs mœurs et leurs coutumes. Lui qui avait toujours voyagé, il profitait de chaque expérience pour se faire un avis sur à peu près tout et n’importe quoi. Un petit sourire naquit sur ses lèvres alors qu’il se frayait un chemin jusqu’à sa destination.

Si la balade ne lui déplaisait pas, elle n’était pas simplement récréative. Depuis son arrivée, il s’était renseigné sur ce qui était advenu de son ami d’enfance. Il tenait absolument à le retrouver après ces années d’absence. Peut-être ne se souviendrait-il pas de lui ?! Cela serait étonnant au vu des évènements qu’ils avaient vécus côte à côte. Ketsumei voyait mal son camarade héréditaire ne pas remettre son nom sur ce visage. Certes, ils étaient plus jeunes mais il n’était pas commun de croiser des polymorphes, surtout de leurs animaux respectifs. Un instant, Ketsumei avait songé à user de son talent pour voler au-dessus de cette foule compacte mais ça aurait été se priver de ce parcours du combattant ô combien enrichissant.

Toujours est-il que sa quête s’était soldée sur des renseignements lui indiquant qu’il devait se renseigner auprès d’une certaine Reikan. De sa voix mielleuse, il avait réussi à extirper toutes les informations nécessaires sur sa localisation probable dans un certain temple appelé Seidou no Shinden. Ayant un excellent sens de l’orientation, il n’avait eu besoin que d’indications pour se diriger. C’était là-bas que ses pas le menaient. Il comprit être arrivé lorsque son regard, au-dessus de ses verres orangés, capta les idoles rougies par le temps. Le métal s’était abîmé au fil du temps, offrant une coloration inédite aux statues du bâtiment. Ketsumei eut un nouveau sourire, fier de sa réussite. Il entra d’un pas décidé avant de ralentir sa marche lorsqu’il pénétra dans l’enceinte. Le lieu transpirait d’une certaine aura bienveillante qui poussait à la méditation.

Le polymorphe n’étant pas adepte du culte d’une divinité, il préférait s’en référer à lui-même et ses compétences. Ces dernières lui permirent d’ailleurs de ressentir une forte présence chakratique non loin de là. Il poursuivit son avancée dans les couloirs de l’édifice pour finalement retrouver une sorte de petite place où florissait gazon et autres végétaux. Dans cette aire verdoyante se tenait une femme que Ketsumei devina être la fameuse Reikan qu’il recherchait. Elle ressemblait du moins au signalement qui lui avait été fait. D’un pas calme, il franchit la limite entre le bois et l’herbe pour la rejoindre dans sa bulle.

Lorsqu’il fut à niveau, il s’adressa directement à elle en veillant à ce que son ton ne soit pas trop grossier dans un tel moment de plénitude.

- Bonjour mademoiselle. Pardonnez-moi de vous déranger, je suis à la recherche d’un ami : Yasei Zoku. On m’a dit que vous saviez où je pourrais le trouver.

Le polymorphe le cachait très bien mais il trépignait d’impatience à l’idée d’être aussi proche des retrouvailles avec son ancien compagnon de galère.

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Yasei Reikan
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Ven 26 Juin 2020 - 18:48
♫ FROM HERE TO ETERNITY — DEVILMAN CRYBABY

Printemps 204, Village de Kiri

Malgré les efforts de l'Héroïne de l'Eau, des sillons de sang avaient creusé aussi bien sur les terres de la Brume que sur celles du Vent. Si les effrois du Désert s'étaient avérés si terribles à ses yeux, puisqu'elle en avait été au cœur même, l'élégante brune demeurait tristement loin de se douter de l'ampleur de ceux qui l'attendaient à son retour, entre les murs de notre chère Kiri. De par son statut dans la hiérarchie, la changeforme fut mise au courant des événements déroulés en son absence sur les dunes de ses ancêtres, dès sa descente du monstre de bois venant directement de Kaze no Kuni. Mais en la voyant revenir de son périple désertique, personne n'avait eu cette franche audace de lui avouer le détail le plus crucial de cette situation si catastrophique, qui concernait pourtant l'un des combattants qu'elle appréciait le plus ; un ami, un proche, un frère.

Encore vierge de toute la souffrance qui allait s'abattre sur elle, Yasei Reikan chercha tout d'abord à actualiser ses correspondances pour prendre en main avec efficacité les affaires du clan Yasei. Elle venait tout juste d'en prendre la tête et déjà, l'enfant des Bêtes était conviée à moult entrevues par des demandes qui recrutaient parfois toute sa sagacité d'esprit. Voilà donc pourquoi la féline s'était réfugiée à l'abri des statues oxydées, bâtisse reine de l'ataraxie et de la tranquillité par excellence, portée par l'espoir d'encrer ses mots avec autant d'ingéniosité que possible. Tirée de ses songes, la Fille du Lion n'imaginerait même pas la nature de sa distraction.

Et encore moins de sa finalité.

Ses parures venues d'ailleurs cliquetèrent au moment où la féline détourna son visage en direction de l'ombre qui venait d'avaler la sienne, l'extirpant de ses lettres. Par pure politesse, ses jambes la poussèrent à se redresser pour monter à la hauteur du ténébreux et ainsi lui permettre de reluquer sa silhouette dans son intégralité, par le biais de l'éther de ses perles. L'étrange teinte rougeoyante des yeux de son homologue piqua son intérêt, autant que la requête qu'il venait de soumettre. Un de ses voiles orientaux fut caressé par la brise printanière, révélant à l'occasion les bandages qui couvraient sa cuisse encore meurtrie par le Désert. Une blessure qui ne représentait pourtant rien face aux affres qui rôdaient autour de son âme innocente, voués à lui infliger une plaie au tranchant parfait en plein cœur.

« Yasei Reikan, enchantée de faire la rencontre d'un ami de notre raton. Il me fallait d'ailleurs m'entretenir avec lui alors si cela vous convient, j'aimerais vous guider à travers le village pour que nous puissions le trouver rapidement. Suivez-moi. »

En même temps que le Félin d'argent se courba pour rassembler ses écrits et les déposer sur une pierre usée par le temps, sa longue chevelure de jais retomba en cascade. À nouveau grandie, elle enfila son bandeau frontal et rehaussa son brassard de la Main de la Justice avant d'emprunter le sentier humide à l'intérieur du Temple Seidou. Ses pas l'amenèrent à sa sortie, à partir de laquelle l'insouciante métamorphe emprunta diverses allées du village pour inspecter les adresses où il était susceptible de se retrouver. De ses lieux de restauration préférés, en passant par tous les endroits qui concernaient les plans d'un nouveau quartier pour le clan et dont elle lui avait laissé la charge, jusqu'aux aires de repos où il aimait céder à la douce tentation de la paresse. Aucun d'entre eux ne fut en mesure de recracher la silhouette de Zoku aux yeux de ses deux impatients amis. Il n'y avait plus qu'un seul endroit où la Tigresse blanche savait où trouver son fier frère d'armes.

Le logis même de l'homme Raton, vers lequel la féline se dirigeait déjà.

« Navrée de vous presser de la sorte mais j'imagine que si vous êtes à sa recherche, cela veut dire que vous êtes aussi impatient que moi de le retrouver. Je viens tout juste de revenir d'un long périple au Pays du Vent pour notre clan et j'ai beaucoup de choses à lui raconter. Vous, que représentez-vous aux yeux de Zoku? Auriez-vous eu la chance de le connaître avant qu'il n'arrive sur les terres de la Brume? »

Déjà en train de penser au sommeil grincheux d'un Zoku encore endormi et à comment elle allait le taquiner au sujet de sa procrastination, Reikan afficha un maigre sourire rien qu'à ces idées qui se bousculaient en elle. Malgré son impatience, elle stagna aux côtés de cette nouvelle rencontre en haut des pavés de la ruelle menant au foyer de son élève, où l'habituelle folie sonore des rues avait été remplacée par un silence indigeste que l'Héroïne de l'Eau n'avait pas – ou ne souhaitait pas – remarqué. De tous ceux qui étaient restés entre les murs de Kiri, loin de sa protection, le raton était celui que la Tigresse blanche voulait le plus combler de fierté en lui apprenant son triomphe sur le Scorpion noir. Et son nouveau statut de cheffe de clan, auquel il l'avait tant aidée à se hisser depuis toutes ces saisons.

Que faire de l'ombre de ce Soldat de la Kenpei au visage tordu par le regret et dressé à son dos, qui s'apprêtait à lui demander de le suivre sur un chemin dont elle voulait à tout prix s'éloigner?

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Yasei Ketsumei
Yasei Ketsumei

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Ven 26 Juin 2020 - 22:17
La demoiselle s’était relevée, quittant du regard son occupation se résumant en paperasse. Son mouvement semblait décomposé. Elle dégageait une certaine grâce qui ne devait pas manquer d’attirer les audacieux. Seulement Ketsumei ne s’y trompait pas. Au-delà de ça, il émanait d’elle une certaine force qu’il était préférable de ne pas négliger. Son niveau semblait suffisamment haut pour faire éprouver quelques difficultés au trentenaire en combat singulier. Si ses sens instinctifs étaient en alerte, il savait cependant qu’il n’avait rien à craindre pour l’instant, à moins qu’elle soit une fervente ennemie de son camarade. Ce qui ne serait pas étonnant au vu du caractère de ce dernier.

Il ne s’était heureusement pas trompé et adressé à la bonne personne. Yasei Reikan recherchait elle-même le raton-laveur pour discuter avec lui et elle se proposa comme guide au sein du village pour qu’ils puissent le retrouver. Fort content de ses renseignements fiables, Ketsumei accueillit la nouvelle avec un large sourire enchanté qui ne manquait pas de révéler certaines incisives un peu trop pointues. Il effectua un petit signe de tête respectueux à l’attention de son interlocutrice :

- Avec plaisir, je vous en remercie.

Simple et sobre, Ketsumei ne tenait pas à tergiverser alors que la polymorphe se dirigeait déjà vers la sortie. Il la suivit avec attention en ne manquant pas de bien analyser les lieux par lesquels ils passaient. Etant nouveau, il tenait particulièrement à se familiariser avec tout ce nouvel environnement inconnu. L’édition d’une carte mentale du village se faisait progressivement au gré de ses balades et serait bientôt complète. Au-delà de ça, l’idée de retrouver son vieil ami rendait son pas léger et véloce. Comme s’il avait pensé trop fort, sa guide privilégiée l’interrogea sur ses relations avec le raton, en s’excusant par la même occasion de presser ainsi le pas.

- Ne vous en faites pas je suis également impatient de le retrouver. La dernière fois que je l’ai vu, nous étions jeunes alors je partage votre empressement. Nous avons vécu…des choses similaires, conclut Ketsumei. Mais veuillez m’excuser je manque à tous mes devoirs : je me nomme Ketsumei, Yas…

- Yasei Reikan.

Un troisième intervenant venait de grossièrement s’ajouter à la discussion. Le polymorphe ignorait de qui il s’agissait et il tirait un drôle d’air. Une petite alarme interne pour qui a vécu des évènements troublants dans sa vie et a déjà pu faire face à ce regard précis qu’il lança à la concernée. Sans même faire attention au trentenaire, l’inconnu semblait réciter son discours :

- Je suis désolé de vous importuner dans votre quotidien mais j’ai été chargé de vous trouver pour vous escorter à l’hôpital. C’est…il s’agit de votre élève. Zoku.

Même Ketsumei pour le coup fut frappé par la nouvelle. Il ignorait quel lien unissait le raton à cette femme mais elle avait l’air assez proche. Aussi une telle annonce devrait la bousculer autant que lui. Il la regarda brièvement avant que son interlocuteur ne reprenne :

- Je vais devoir vous demander de me suivre, ils vous expliqueront là-bas.

Rien d’autre ?! Il y avait de quoi devenir fou. Quémander quelqu’un pour avoir ce genre de discours était proprement inhumain. Comment ne pas s’alarmer et s’inquiéter ? Ketsumei qui pour sa part n’avait aucun proche était perdu. S’il y avait bien quelqu’un en ce monde qu’il considérait comme tel c’était ce jeune garçon qui lui avait permis de survivre à sa détention et responsable de sa libération. Pour le coup, il n’était plus question de parlementer avec la belle Reikan. Ils se rendraient urgemment sur place. Même s’il n’y avait été pas convié, il faudrait une certaine escouade pour l’en dissuader. Seul le vent qui leur sifflait dans les oreilles occupait un paysage acoustique pour le trio qui filait vers le bâtiment médical. Dans quel état allaient-ils retrouver le raton ?! Une explication logique s’était envisagée.

Ils n’avaient pas fait venir n’importe qui. Yasei Reikan. Elle était de la même famille que Zoku et Ketsumei. Ce qui voulait dire qu’il devait avoir besoin d’une greffe ou d’un don de sang compatible avec son organisme. C’était le plus rationnel. Bien que « rassurant », c’était le genre d’opérations qui présentaient des risques, d’où le ton alarmant du malheureux envoyé à leur rencontre. C’était une explication parfaitement censée qui avait pris racine dans l’esprit de la Chauve-Souris alors qu’ils faisaient leur entrée dans l’édifice. Leur guide les conduisit à travers les couloirs avec assurance. La théorie de Ketsumei s’étiolait à mesure que les panneaux d’indication se raréfiaient, jusqu’à ne laisser que deux possibilités : service gériatrique et morgue.

Dans un tout autre contexte, Ketsumei se serait amusé de la superposition des deux écriteaux. Rapprocher ces deux services relevaient à la fois du bon sens comme de l’ironie et il se serait sûrement gaussé de ça pendant quelques secondes. Mais pas aujourd’hui. À moins que Zoku n’ait pris plusieurs décennies d’un seul coup, l’irréparable s’était produit. L’homme qui les accompagnait ralentit le pas, se poussa d’un côté du couloir pour laisser la double porte battante face au duo polymorphe. L’air penaud, il n’osait pas parler et fit juste signe à la kunoichi d’entrer. Lorsque son cousin ailé fit de même, l’homme voulut l’arrêter mais la ferveur avec laquelle Ketsumei congédia sa main fut suffisante pour qu’il comprenne à qui il avait affaire.

Un silence encore plus lourd s’était instauré derrière ces portes. Pas total, puisque ponctué du bourdonnement d’un système de ventilation et de l’écho de leurs pas sur le carrelage. Face à eux, une table à roulette et un homme en blouse dont l’air impassible pouvait irriter au vu de la situation. Le chariot était recouvert d’un drap où une forme se dessinait nettement. Ketsumei se mordit profondément la lèvre, faisant perler du sang, à la vue de cette silhouette. Elle n’était pas très grande.

Ces dernières minutes semblaient suspendues dans le temps. Les mots n’y étaient plus nécessaires. Il n’y avait pas eu d’explications supplémentaires comme promis par leur coursier et ce ne fut pas le légiste tirant le drap qui leur en offrit plus. Si ce n’est la frêle silhouette du raton-laveur dont on avait pris soin de le rendre présentable malgré des blessures qui semblaient sévères. Tremblant, Ketsumei serra les poings avec une rare violence. Le blanc de ses phalanges nuançait le filet vermillon qui s’en échappait. Il n’y prêtait guères attention. Cette dernière était happé par la forme animale de son ami qui reposait éternellement dans cette parfaite statue de chair qui le rendait plus serein. Un instant, naïvement, Ketsumei pensa voir le jeune homme se redresser brusquement en insultant la terre entière pour ce sale coup qu’on venait de lui jouer. Un piètre songe laissé en l’état.

Le trentenaire refoula son chagrin alors que le ressac d’une autre émotion, plus vive, venait s’échouer sur les limbes de son esprit. Plus rien n’avait d’importance à ce moment. Une seule préoccupation qu’il formula à voix haute sans même s’en rendre compte.

- Qui ?

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Yasei Reikan
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Sam 27 Juin 2020 - 16:00
♫ FROM HERE TO ETERNITY — DEVILMAN CRYBABY

Si Yasei Reikan apparaissait aussi forte aux yeux de ses pairs, ceux-ci savaient pertinemment que sa persévérance n'avait pas été le seul et unique déclencheur, encore moins moteur de sa montée en puissance. Au-delà de son goût pour l'effort et de son envie de vaincre la haine dans le cœur de tout fielleux, elle portait en son sein un amour infiniment grand pour ses proches. À l'aube de sa vie déjà, même haute comme trois pommes, la petite féline éprouvait une adoration extrême envers les êtres qui l'entouraient de près. Et en grandissant, cette maladie de l'âme n'avait fait que se creuser davantage. Pas un seul jour ne passait sans que ce sentiment irréversible ne la dévore jusqu'à la moindre de ses cellules et ne la fasse scintiller dans l'immensité de ce monde. Hélas, il constituait également la plus grande faiblesse de celle qui nourrissait d'aussi étincelants desseins. Du sillage qui était le sien et celui de ses alliés, la Tigresse blanche pouvait en écarter bien des ennemis, bien des terreurs.

Mais aussi fort chérissait-elle ses proches, elle demeurait impuissante face à la mort.

Cette mort que ce Soldat incarnait en chair et en os derrière elle. Curieuse de savoir ce qui le liait à son cousin, son intérêt pour Ketsumei se faisait croissant. Mais la voix épineuse de son confrère ne manqua pas de la rappeler à l'ordre. Dérangée dans sa discussion, la métamorphe prit la peine de se retourner pour déposer son attention sur lui et sentir la fébrilité le gagner au fur et à mesure des mots. Était-ce son âme à elle, qui venait de frémir de la sorte à leur entente? La stabilité de la santé de Zoku se révéla mise à l'épreuve au bout de quelques sons, permettant au glas de l'inquiétude de sonner sans prévenir au fin fond du cœur de la changeforme. Les pensées irradiées par le monstre de l'angoisse, l'enfant des Bêtes n'osa même pas plonger son regard dans celui du sibyllin afin de lui témoigner de la réciprocité de sa frayeur.

Seules ses jambes parvinrent à la faire avancer, motivées par l'espoir de revoir son ami.

Le corps tendu et l'esprit martyrisé, Reikan cogita, enfermée dans un mutisme qui laissait s'enfler la boule d'anxiété s'accrochant à son estomac. Inconsciente de ce qui l'attendait, chacun de ses pas la rapprochait pourtant un peu plus de la naissance d'un jour péniblement funeste. Jusqu'à arriver à l'étage où reposaient les morts et ceux qui n'allaient pas tarder à l'être. Mais même devant la porte, la Fille du Vent continuait d'espérer tomber sur un Zoku encore en état de suivre ses périples et de contempler tout ce qu'elle avait déjà accompli à mille lieux de Kiri, leur maison. Un Zoku encore en vie, qu'elle pouvait enlacer contre son gré pour le punir de lui avoir infligé une telle peur.

Mais à la place, Reikan retrouva un Zoku éteint.

À la vue du petit corps inerte du métamorphe, la cheffe de clan sentit son cœur asséché cogner sur son poitrail et l'arrêt de sa respiration brutaliser ses côtes. Elle fut rincée de toute trace de sérénité, laissant les ténèbres de la pièce alléger ses épaules du fardeau de la lumière. Empoisonnée par le chagrin qui explosait en son sein, la féline aux instincts refoulés laissa la porte de son être s'ouvrir à une vague de désespoir et de rancune.[invisible_edit]

« Kyōjō, l'Enchaînée défunte à ce jour, en est à l'origine. Yasei Reikan, navré de vous apprendre la perte de Yasei Zoku. »

Une vague qu'elle ne pouvait déverser sur personne respirant le même air qu'elle. Sa colère était si grandissante que sa chair, pétrie par elle, menaçait de céder en essayant de la contenir dans son carcan. Mais savoir que cette odieuse vipère qui avait ôté la vie de son frère d'armes n'appartenait plus à ce monde vint cercler sa haine débordante d'un halo de raison. Un halo qui, fâcheusement, s'avéra loin d'être aussi imperméable à sa tristesse et sa culpabilité. Poussée par la réunification, la Yasei du Tigre blanc avait pris le risque avéré de se détourner de ses plus fidèles soutiens laissés derrière elle, même pour un maigre instant. Et aujourd'hui, entre ces murs refroidis par l'odeur de la mort, celle qui venait de perdre un être cher s'en mordait les doigts jusqu'à s'en détester.[invisible_edit]


Aucun rayonnement d'aucun astre n'était en mesure d'apaiser les maux de Reikan, à cet instant. La terre entière pouvait bien s'écrouler, elle n'était plus ici mais ailleurs, dès l'instant où des rivières de larmes avaient eu la force de courir sur ses joues bordées d'éphélides. Debout et figée au creux du silence, elle se répéta cent fois au moins son impossible souhait de remonter le temps pour ne plus voir le raton gésir sur ce chariot.

Et pour le serrer dans ses bras de son vivant.

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Dernière édition par Yasei Reikan le Jeu 16 Juil 2020 - 12:42, édité 4 fois
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Yasei Ketsumei
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Dim 28 Juin 2020 - 22:50
La rage déformait les traits du polymorphe. Son ouïe était perturbée par le tambourinement violent de son cœur qui tentait de s’extraire de sa poitrine. Son souffle gagnait en profondeur et en hargne. Il lui fallut toute sa concentration pour comprendre ce que lui expliquait le soldat, ayant maintenant rejoint les polymorphes. Une femme était à l’origine de cette perte mais elle y avait laissé la vie elle aussi. Au moins, ce serait le meilleur hommage pour Zoku. Il aurait vociféré nombre d’insultes à son égard s’il avait été le seul à pâtir des néfastes circonstances de l’affrontement. S’il s’était défendu et qu’il avait pu l’emmener avec elle, son esprit devait reposer en paix et il méritait ce repos sacré.

Pourtant ce n’était pas ainsi que Ketsumei voyait la situation. La simple vision du corps frêle reposant sur le métal froid faisait bouillonner son sang, faisant renaître ses envies de massacre. Il ne pouvait même pas se réfugier dans une traque éperdue de la fautive, à moins de périr lui aussi mais il lui serait alors plus facile de retrouver son ami d’enfance pour profiter d’être de nouveau réuni. Il n’y avait rien à faire. La responsable avait disparue en même temps que lui. Ils avaient pour seuls compagnons le deuil et la vérité.

Alors qu’une perle de sang avait tâché le carrelage, Reikan elle y laissait des larmes. Ne la connaissant pas, Ketsumei ne se voyait pas le mieux placé pour la réconforter. D’un côté, même en étant proches, il ne se serait pas permis. Il ruminait sa rage lorsqu’une main se déposa sur son avant-bras d’où goûtait le sang. Il s’agissait de leur guide qui le fixait d’un air las et désolé.

- Je ne peux que comprendre votre peine mais je me dois de m’entretenir seul à seul avec sa senseï pour les dispositions administratives. Il l’avait mentionné comme unique proche s’il lui arrivait quelque chose et…

- Vous fatiguez pas je me tire, répliqua sèchement le polymorphe en quittant la salle.

Il ne tenait pas à rester une minute de plus dans cette ambiance morbide. Elle ne faisait que les plonger dans cette mélasse sentimentale où on se plait à s’y prélasser mais dont on se plaint quand même. Sans même lever le regard, il reprit le chemin inverse de celui qu’ils avaient suivi à leur arrivée. Même sans avoir fait réellement attention, il s’était habitué naturellement à l’environnement et en avait fait inconsciemment un plan. Il traquait l’air frais et l’extérieur pour parvenir à se calmer.

Lorsqu’il y parvint, il repensait à son enfance et à sa rencontre avec lui. Il songeait également à sa cousine encore à l’intérieur. Il aurait pu s’éclipser et en rester là mais il préférait profiter de son spot pour s’apaiser et attendre. Pour la simple et bonne raison que Zoku la considérait comme son unique proche, à qui il revenait la décision des dispositions à prendre en cas de décès. Cette femme ne devait pas être n’importe qui pour que le raton lui accorde une telle importance. Il ignorait s’il en aurait fait de même avec lui s’ils s’étaient retrouvés plus tôt. Cette kunoichi semblait très impliquée dans les affaires du clan et ce devait être en partie ce qui avait conquis le cœur du mammifère masqué.

Après plusieurs dizaines de minutes à faire les cent pas dehors, Ketsumei reconnut de loin la signature singulière de la polymorphe. Elle aussi quittait les lieux, avec pour seule envie de se réfugier à son tour dans la solitude. Seulement, le trentenaire ne pouvait la laisser ainsi. Non pas sans s’entretenir un peu avec elle d’abord. Il fit sa part du trajet en s’approchant et prenant l’initiative de la parole une fois les deux êtres au même niveau :

- Navré d’être parti comme ça, c’était préférable. Et toutes mes condoléances. Il vous considérait beaucoup, de ce que j’ai entendu. J’ignore comme vous avez pu l’« apprivoiser » mais c’est du grand art.

Il hésita pendant une seconde, peu à l’aise dans ce genre de situation. Il faut dire qu’il ne se serait jamais imaginé dans pareil cas de figure. Lorsqu’il s’était mis en tête de le retrouver, il avait bien évidemment imaginé plusieurs scénarios allant des chaleureuses embrassades à un affrontement musclé. Au lieu de ça, il y découvrait un profond vide et un sentiment amer d’injustice. Lui qui s’était toujours évertué à survivre. Il chassa ces pensées l’espace d’une seconde en tendant sa main vers la demoiselle endeuillée :

- Yasei Ketsumei. J’ai connu Zoku sur les terres d’Ame où nous avons partagé une cellule et des séances de torture, j’ignore s’il en avait parlé. C’était un brave se cachant derrière des principes de lâche. J’avais rejoint la Brume dans l’espoir de le retrouver. Si je n’ai même pas la possibilité de pouvoir traquer la responsable, j’ignore quel avenir m’attend ici.

Il posa son regard en direction du port qui devait se profiler un peu plus loin que leur position. On ne distinguait même pas les mats mais le polymorphe en devinait la direction approximative. Etait-ce un retour sur le Continent qui l’attendait ?

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Jeu 16 Juil 2020 - 13:44
La rancune. Sa prison de chair et celle de son esprit, toutes deux en étaient désormais pleinement infestées jusqu'à la dernière de leurs cellules. Et la disparition de sa seule et unique compagnie, au cœur d'une pièce meurtrie par la présence du cadavre inerte de son cousin et élève, ne parvint pas à joindre au monstre navire de sa tristesse le pont d'une joie quelconque. Hélas, la féline se laissait aller à une courte ère de perdition existentielle, mettant toute la sérénité et la confiance qu'elle avait accumulé jusqu'à lors à la renverse, comme si plus rien à ses yeux ne méritait d'avoir du sens à ce moment précis et charnier. Les larmes perlant contre ses joues se révélaient tout aussi vraies que la pluie battant à l'extérieur de ce fichu berceau morbide, sur les terres de la Brume. Sans parler du silence dans lequel Yasei Reikan venait juste de se réfugier, loin de cette réalité, si intense qu'il vint pousser le soldat et le légiste à délaisser d'eux-mêmes ces murs pour au moins quelques instants.

Le temps de laisser à la cheffe de clan d'avaler une nouvelle inassimilable.

Aussi dense pouvait-il être, aucun pelage n'aurait su la protéger de la froideur de l'ambiance quand ses fins doigts s’étaient élevés au-dessus de Zoku afin d'adresser une ultime marque d'affection. La frigidité et le flegme forcés que dégageait dorénavant le corps du petit raton cherchèrent à grignoter la chaleur qui émanait encore de la féline, à l'instar de son ami. Plus le temps passait, plus la Yasei à la peau cuivrée par le soleil du Désert ressentait son sang, ses extrémités et même son cœur se glacer jusqu'à se vernir de fissures, face à un constat si alarmant. Et lui, qui n'avait pas supporté la cruelle vue de son frère d'armes en fuyant avec lâcheté cet endroit, allait devoir batailler une heure entière contre l'impatience avant que la métamorphe ne trouve le courage d'affronter cette macabre vérité.

D'affronter cet enfer.

Dépouillée de ses forces ne serait-ce que pour parler, la Tigresse blanche se chargea en silence de l'administration en remplissant son rôle de garante et senseï jusqu'au bout. Ses traits torturés puis forgés dans le marbre, la jeune femme récupéra le rouleau qu'elle avait offert à son apprenti et ses babioles rouillées, seuls biens personnels retrouvés à même son corps. Et une fois que tout était en ordre, elle tourna les talons sur le chemin de la sortie, sous les salutations des consternés croisant sa route avant de retrouver l'air humide de ce dehors embrumé. La fraîcheur eut du mal à chasser de son sensible nez les effluves de la morgue, mais cela n'empêchera pas ses pas de l'en éloigner.

Jusqu'à retomber sur le ténébreux, pour qui son amitié avec Zoku avait créé une passerelle.

Si très peu avaient su entrevoir la lueur de bonté qui brillait dans le cœur de l'enfant des Bêtes natif de la Pluie, moins encore avaient été capables de franchir les barreaux de son caractère revêche et grincheux. La Fille du Lion avait réussi à intégrer ce restreint cercle d'amis, de proches, à travers la beauté de son idéal et la grandeur des efforts investis dans sa quête pour les Yasei. Dès le début, elle était parvenue à subodorer le délicat potentiel et l'honorable sens du sacrifice enveloppés sous cette coquille abîmée par les vices. Et de laquelle avait eu raison l'absence de la féline.

Ses pupilles céruléennes longèrent la main qui lui était tendue.

Il était son ami de la Pluie et elle, de l'Eau. Et percevoir le nom de son propre clan entre ses mots, lorsqu'il révéla son identité, scella délibérément l'avenir de leur relation avec l'audace d'écarquiller a minima les paupières de Reikan qui fixait Ketsumei droit dans les yeux, sous l'averse.

Sa dextre s'avança pour se lier à la paume de celui qui traversait le même chagrin qu'elle.

« Il était mon élève ici, à Kiri. Et également l'un des premiers à m'avoir soutenu dès le départ dans mon rêve de devenir la cheffe du clan des métamorphes. Même si je n'ai pas pu lui annoncer que cet espoir est devenu réalité depuis mon retour du Pays du Vent, je suis sûre qu'il doit être fier d'avoir servi à mes côtés, depuis l'au-delà. Yasei Ketsumei, un avenir t'attend entre ces mers, auprès de tes frères et sœurs de sang. Auprès de cette nation pour laquelle Zoku a donné sa vie. »

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Où va-t-on raton ? [Reikan]

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