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Périple [Libre]

Nomura Ieyasu
Nomura Ieyasu

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Dim 28 Juin 2020 - 19:16
Le souffle court, Ieyasu lançait un regard de défi de ses yeux anormalement dilatés vers les deux derniers individus encore désireux de se battre. Son corps tout entier le faisait souffrir, mais ce n’étaient pas les sensations physiques qui l’assaillaient qui occupaient la plus grande partie de son esprit. Car si il y avait bien une idée, un concept, un but qui le poussait encore à cet instant à rester debout et à se battre, c’était simplement…

… de survivre.

Jamais auparavant le jeune adolescent ne s’était retrouvé dans pareille posture. Il avait suffit d’une fois. Un bivouac, au mauvais endroit, au mauvais moment. Trop de fatigue accumulée. Trop de négligence, peut-être ? Le Nomura aurait voulu appeler ça de la malchance : après tout, comment nommer un tel tour du destin, quand un groupe de bandits de grand chemin parvenait par le plus grand des hasards à vous surprendre au réveil au coeur des bois ? Tout s’était jusqu’ici trop bien passé pour Ieyasu, et son karma, semblait-il, s’était décidé à tourner pour le pire ce matin-là. Heureusement, ses réflexes à peine émoussés par la fatigue lui avaient permis de s’en sortir contre les deux premiers assaillants, qui lui auraient coupé la gorge sans sommation si il leur en avait laissé le loisir : son sabre mis au clair en un battement de cil avait rapidement échaudé les deux gaillards en leur coupant à chacun un morceau de leur bras ou de main, et de là le pugilat avait pu se développer de façon plus normale.

« Normale ». Un grand mot, quand on était tiré de son sommeil par l’irruption d’une demi-douzaine de bandits armés. Le Nomura, en dépit de sa réaction in extremis, n’avait pas été en mesure de contrer tous les assauts qui avaient suivi : une taillade en diagonal lui avait entaillé l’épaule, un coup de genou l’avait saisi dans l’estomac, et un larron un peu plus subtile que les autres l’avait contourné pour lui asséner un puissant coup de pied dans le dos dans l’espoir de le mettre à terre, où lui et ses comparses auraient pu le rouer de coups et le taillader à mort. Mais c’était mal connaître la rigueur que le jeune Ieyasu s’était imposé dans son entraînement d’autodidacte à Tetsu que de penser qu’une telle manœuvre aurait pu suffire. Même si, sur le moment, l’adolescent avait failli se voir mort. Il avait fait pleuvoir les parades et les estocades en contre, se souvenait avoir coupé net deux pieds appartenant chacun à une personne différente, et n’avait cessé de se replacer pour ne jamais se laisser avoir par leur supériorité numérique.

Et ainsi se trouvait-il à présent là, au milieu des plaintes agonisantes de cinq des sept malandrins qui avaient voulu le tuer et le voler, son sabre pointé vers eux comme un avertissement. Le sang maculait ses joues, ses vêtements, et coulait modérément de sa plaie à l’épaule. Il ne mourrait pas ici. Pas comme ça. Mais les deux hommes qui demeuraient en bonne forme face à lui, eux, semblaient ne pas l’entendre ainsi, et décidèrent donc plutôt de retourner à l’assaut du jeune homme en le prenant en tenaille dans le sous-bois. L’instinct, plus que toute autre chose, prit alors le dessus chez Ieyasu. Dans un contre et une déviation doubles exécutées avec son sabre et son wakizashi soudainement dégainé, il entailla sévèrement l’abdomen des deux hommes en se dégageant de leur cercle intérieur pour aller se replacer, haletant, au plus près de ses affaires sans dessus-dessous.

Et alors, il attendit. Un à un, parfois deux par deux pour se soutenir l’un l’autre, les bandits se retirèrent dans un ballet sanglant, face à la menace de mort implicite que faisait peser sur eux le jeune Nomura, ses sabres mis en garde et prêts à finir le travail. Bientôt, le sous-bois retrouva le silence, son parterre de feuilles recouvert de ci de là de gerbes de sang foncées. Ieyasu, lui, mit un genou au sol en s’appuyant sur son sabre. Récupérer… vivre un autre jour...
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Nomura Ieyasu
Nomura Ieyasu

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Lun 29 Juin 2020 - 0:25
Ça ne pouvait plus durer. Ieyasu était un jeune homme simple, qui trouvait ultimement ses racines dans une relative pauvreté et un milieu social particulièrement précaire, et il avait de ce fait tenu pour acquis qu’il pourrait tenir indéfiniment sans dépenser un seul Sen en se nourrissant majoritairement de gibier et de racines qu’il pouvait trouver dans la nature et surtout, en passant toutes les nuits à la belle étoile, chaque fois dans un bivouac différent. Toutefois, il se devait à présent de se rendre à l’évidence : il s’était trompé.

Car si sa récente et sanglante rixe avec les bandits qui avaient bien failli lui trancher la gorge faisait jusque là figure d’exception dans son parcours, plus le temps passait et plus ce genre d’infortune pourrait statistiquement se reproduire. La fatigue, également, se faisait sentir toujours un peu plus, et si le jeune Nomura avait adopté une rigueur particulièrement ferme sur son rythme de vie, sa routine physique et son régime alimentaire, il n’avait pas pu passer à côté des sensations qui lui remontaient parfois le long des doigts, de ces fourmis intempestives ni de ces petites tâches noires qui apparaissaient parfois devant lui. Non, il ne pouvait pas continuer comme ça. Mais le prix de sa survie et de son confort, il allait devoir le payer. Cash.

Avant même d’atteindre la petite agglomération qu’il avait repéré la veille, Ieyasu s’était toutefois déjà décidé. Le pécule qu’il avait en poche, il allait l’investir. Pas dans l’avenir de ses proches restés à Tetsu, ni même dans un équipement quelconque dont il n’avait tout de façon pas besoin, mais bel et bien dans sa santé. Car il n’y avait de chance pour lui de percer dans le travail qu’il s’était choisi que si il était en pleine possession de ses moyens, chose qui ne durerait pas encore longtemps à cette allure. Paré de ses plaques d’armure et de ses sabres, le bretteur passa donc sans se poser de question les limites de la ville et s’y enfonça à la recherche d’un hôtel. Du regard, il épia les yeux qui se posaient sur lui : déjà méfiant avant son départ du Pays du Fer, il en était devenu presque paranoïaque, rejetant en bloc l’idée qu’il pourrait se faire surprendre comme cela avait été le cas dans la forêt l’avant-veille. Finalement, le dévolu du jeune Nomura se porta dans le centre ancien de la cité sur un établissement aux allures presque miteuses et surtout, aux tarifs attractifs : il paya d’avance pour les deux prochaines nuits et monta prendre possession de ce chez lui temporaire de neuf mètres carré.

Avant de céder à la tentation de se vautrer sans ménagement dans le lit en apparence très confortable, Ieyasu prit le temps d’enlever ses plaques d’armure et son haut en lin, découvrant ainsi la blessure sur son épaule. Il y préleva le pansement qu’il avait confectionné, nettoya consciencieusement la plaie et porta la main dans son sachet d’herbes médicinales pour récupérer du Chèvrefeuille, qu’il mâcha ensuit quelques instants avant d’appliquer en remplacement. La blessure à nouveau recouverte, torse nu, éreinté, Ieyasu s’affala alors finalement dans le lit, infiniment plus confortable que n’importe quel bivouac, et sombra dans un profond sommeil, en plein milieu de matinée.
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Kogami Akira
Kogami Akira

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Ven 3 Juil 2020 - 1:10
Akira revenait de mission. Une banalité concernant l’acheminement d’une ligne commerciale entre le teikoku et un petit territoire situé proche d’Hi no kuni. L’unité coloniale n’est pas seulement destinée aux annexions et autres invasions forcées après tout. Parfois, les alliances ou conquêtes se font par la coopération et le pacifisme. En se rendant indispensable commercialement, le teikoku se met un territoire dans la poche. Aussi petit soit-il. Ainsi, dix soldats dont Akira furent envoyés sur les lieux avec un ordre simple: établir de petits avants postes sur la route, mettre en place le ravitaillement et laisser parler le reste.

C’est sur la route du retour, épuisés, que les soldats décidèrent de dévier de leur trajectoire afin de s’arrêter à la ville la plus proche située sur leur carte. Dormir à la belle étoile commençait à devenir redondant et inconfortable, en plus d’avoir un matériel en fin d’usage. Autant se ressourcer dans la cité voisine quitte à prendre l’auberge la plus miteuse du coin, ce serait toujours mieux que de dormir à même le sol. Akira, lui, avait l’habitude de dormir dehors. Que ce soit sur les branches, dans l’herbe ou au bord d’une rivière, le soldat avait passé une grande partie de sa vie sans le sou ni toit sur la tête et n’était donc pas dérangé par le ciel ouvert et la rusticité des moyens à leur disposition. Malgré cela, suivre sa cohorte n’était pas une option. Un soldat n’a pas à se détacher de son unité. Qu’il soit sur le retour ou non. Et, à priori, le jeune homme se sentait plutôt bien accompagné. Sa solitude n’a jamais été volontaire.

Leur dévolu se jeta sur une auberge miteuse située dans le centre ancien de la petite ville. Leur budget n’étant pas adapté à quelque chose de plus conséquent, surtout pour 10 hommes, il leur fallut se contenter des tarifs les plus abordables. L’établissement semblait au moins convenable à défaut d’être exceptionnel, et c’est tout ce dont avaient besoin une bande de soldats habitués à dormir dans des conditions inconfortables. Tout le monde se cotisa, Akira compris, pour se payer une chambre par duo. Ainsi, le début d’après midi commençant, ils auraient tout le temps de s’amuser un peu avant la nuit.

L’ambiance fut bien vite au rendez-vous. Les soldats riaient, chantaient, chacun allant de ses petites histoires à raconter aux clients ou autres voyageurs venus se ressourcer. Naturellement, la plupart commençaient à être alcoolisés et s’entichaient de femmes venues leur servir la bière ou écouter les histoires. Une scène de vie commune pour un détachement de soldats en repos, en somme.

Seul un d’entre eux se tenait à l’écart des autres, silencieux. Un jeune homme de grande taille et à l’allure placide, concentré sur sa tâche. Un shamisen, mis au service de n’importe quel client le voudrait, avait attiré son attention. Et c’est au milieu du brouhaha ambiant que le soldat jouait sa mélodie, couverte par les voix criardes de ses camarades pour ne laisser parvenir le tintement des cordes qu’aux oreilles de ceux pouvant les entendre.


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