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Nomura Ieyasu
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Dim 28 Juin 2020 - 17:16
Le souffle court, Ieyasu lançait un regard de défi de ses yeux anormalement dilatés vers les deux derniers individus encore désireux de se battre. Son corps tout entier le faisait souffrir, mais ce n’étaient pas les sensations physiques qui l’assaillaient qui occupaient la plus grande partie de son esprit. Car si il y avait bien une idée, un concept, un but qui le poussait encore à cet instant à rester debout et à se battre, c’était simplement…

… de survivre.

Jamais auparavant le jeune adolescent ne s’était retrouvé dans pareille posture. Il avait suffit d’une fois. Un bivouac, au mauvais endroit, au mauvais moment. Trop de fatigue accumulée. Trop de négligence, peut-être ? Le Nomura aurait voulu appeler ça de la malchance : après tout, comment nommer un tel tour du destin, quand un groupe de bandits de grand chemin parvenait par le plus grand des hasards à vous surprendre au réveil au coeur des bois ? Tout s’était jusqu’ici trop bien passé pour Ieyasu, et son karma, semblait-il, s’était décidé à tourner pour le pire ce matin-là. Heureusement, ses réflexes à peine émoussés par la fatigue lui avaient permis de s’en sortir contre les deux premiers assaillants, qui lui auraient coupé la gorge sans sommation si il leur en avait laissé le loisir : son sabre mis au clair en un battement de cil avait rapidement échaudé les deux gaillards en leur coupant à chacun un morceau de leur bras ou de main, et de là le pugilat avait pu se développer de façon plus normale.

« Normale ». Un grand mot, quand on était tiré de son sommeil par l’irruption d’une demi-douzaine de bandits armés. Le Nomura, en dépit de sa réaction in extremis, n’avait pas été en mesure de contrer tous les assauts qui avaient suivi : une taillade en diagonal lui avait entaillé l’épaule, un coup de genou l’avait saisi dans l’estomac, et un larron un peu plus subtile que les autres l’avait contourné pour lui asséner un puissant coup de pied dans le dos dans l’espoir de le mettre à terre, où lui et ses comparses auraient pu le rouer de coups et le taillader à mort. Mais c’était mal connaître la rigueur que le jeune Ieyasu s’était imposé dans son entraînement d’autodidacte à Tetsu que de penser qu’une telle manœuvre aurait pu suffire. Même si, sur le moment, l’adolescent avait failli se voir mort. Il avait fait pleuvoir les parades et les estocades en contre, se souvenait avoir coupé net deux pieds appartenant chacun à une personne différente, et n’avait cessé de se replacer pour ne jamais se laisser avoir par leur supériorité numérique.

Et ainsi se trouvait-il à présent là, au milieu des plaintes agonisantes de cinq des sept malandrins qui avaient voulu le tuer et le voler, son sabre pointé vers eux comme un avertissement. Le sang maculait ses joues, ses vêtements, et coulait modérément de sa plaie à l’épaule. Il ne mourrait pas ici. Pas comme ça. Mais les deux hommes qui demeuraient en bonne forme face à lui, eux, semblaient ne pas l’entendre ainsi, et décidèrent donc plutôt de retourner à l’assaut du jeune homme en le prenant en tenaille dans le sous-bois. L’instinct, plus que toute autre chose, prit alors le dessus chez Ieyasu. Dans un contre et une déviation doubles exécutées avec son sabre et son wakizashi soudainement dégainé, il entailla sévèrement l’abdomen des deux hommes en se dégageant de leur cercle intérieur pour aller se replacer, haletant, au plus près de ses affaires sans dessus-dessous.

Et alors, il attendit. Un à un, parfois deux par deux pour se soutenir l’un l’autre, les bandits se retirèrent dans un ballet sanglant, face à la menace de mort implicite que faisait peser sur eux le jeune Nomura, ses sabres mis en garde et prêts à finir le travail. Bientôt, le sous-bois retrouva le silence, son parterre de feuilles recouvert de ci de là de gerbes de sang foncées. Ieyasu, lui, mit un genou au sol en s’appuyant sur son sabre. Récupérer… vivre un autre jour...
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Nomura Ieyasu
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Dim 28 Juin 2020 - 22:25
Ça ne pouvait plus durer. Ieyasu était un jeune homme simple, qui trouvait ultimement ses racines dans une relative pauvreté et un milieu social particulièrement précaire, et il avait de ce fait tenu pour acquis qu’il pourrait tenir indéfiniment sans dépenser un seul Sen en se nourrissant majoritairement de gibier et de racines qu’il pouvait trouver dans la nature et surtout, en passant toutes les nuits à la belle étoile, chaque fois dans un bivouac différent. Toutefois, il se devait à présent de se rendre à l’évidence : il s’était trompé.

Car si sa récente et sanglante rixe avec les bandits qui avaient bien failli lui trancher la gorge faisait jusque là figure d’exception dans son parcours, plus le temps passait et plus ce genre d’infortune pourrait statistiquement se reproduire. La fatigue, également, se faisait sentir toujours un peu plus, et si le jeune Nomura avait adopté une rigueur particulièrement ferme sur son rythme de vie, sa routine physique et son régime alimentaire, il n’avait pas pu passer à côté des sensations qui lui remontaient parfois le long des doigts, de ces fourmis intempestives ni de ces petites tâches noires qui apparaissaient parfois devant lui. Non, il ne pouvait pas continuer comme ça. Mais le prix de sa survie et de son confort, il allait devoir le payer. Cash.

Avant même d’atteindre la petite agglomération qu’il avait repéré la veille, Ieyasu s’était toutefois déjà décidé. Le pécule qu’il avait en poche, il allait l’investir. Pas dans l’avenir de ses proches restés à Tetsu, ni même dans un équipement quelconque dont il n’avait tout de façon pas besoin, mais bel et bien dans sa santé. Car il n’y avait de chance pour lui de percer dans le travail qu’il s’était choisi que si il était en pleine possession de ses moyens, chose qui ne durerait pas encore longtemps à cette allure. Paré de ses plaques d’armure et de ses sabres, le bretteur passa donc sans se poser de question les limites de la ville et s’y enfonça à la recherche d’un hôtel. Du regard, il épia les yeux qui se posaient sur lui : déjà méfiant avant son départ du Pays du Fer, il en était devenu presque paranoïaque, rejetant en bloc l’idée qu’il pourrait se faire surprendre comme cela avait été le cas dans la forêt l’avant-veille. Finalement, le dévolu du jeune Nomura se porta dans le centre ancien de la cité sur un établissement aux allures presque miteuses et surtout, aux tarifs attractifs : il paya d’avance pour les deux prochaines nuits et monta prendre possession de ce chez lui temporaire de neuf mètres carré.

Avant de céder à la tentation de se vautrer sans ménagement dans le lit en apparence très confortable, Ieyasu prit le temps d’enlever ses plaques d’armure et son haut en lin, découvrant ainsi la blessure sur son épaule. Il y préleva le pansement qu’il avait confectionné, nettoya consciencieusement la plaie et porta la main dans son sachet d’herbes médicinales pour récupérer du Chèvrefeuille, qu’il mâcha ensuit quelques instants avant d’appliquer en remplacement. La blessure à nouveau recouverte, torse nu, éreinté, Ieyasu s’affala alors finalement dans le lit, infiniment plus confortable que n’importe quel bivouac, et sombra dans un profond sommeil, en plein milieu de matinée.
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Kogami Akira
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Jeu 2 Juil 2020 - 23:10
Akira revenait de mission. Une banalité concernant l’acheminement d’une ligne commerciale entre le teikoku et un petit territoire situé proche d’Hi no kuni. L’unité coloniale n’est pas seulement destinée aux annexions et autres invasions forcées après tout. Parfois, les alliances ou conquêtes se font par la coopération et le pacifisme. En se rendant indispensable commercialement, le teikoku se met un territoire dans la poche. Aussi petit soit-il. Ainsi, dix soldats dont Akira furent envoyés sur les lieux avec un ordre simple: établir de petits avants postes sur la route, mettre en place le ravitaillement et laisser parler le reste.

C’est sur la route du retour, épuisés, que les soldats décidèrent de dévier de leur trajectoire afin de s’arrêter à la ville la plus proche située sur leur carte. Dormir à la belle étoile commençait à devenir redondant et inconfortable, en plus d’avoir un matériel en fin d’usage. Autant se ressourcer dans la cité voisine quitte à prendre l’auberge la plus miteuse du coin, ce serait toujours mieux que de dormir à même le sol. Akira, lui, avait l’habitude de dormir dehors. Que ce soit sur les branches, dans l’herbe ou au bord d’une rivière, le soldat avait passé une grande partie de sa vie sans le sou ni toit sur la tête et n’était donc pas dérangé par le ciel ouvert et la rusticité des moyens à leur disposition. Malgré cela, suivre sa cohorte n’était pas une option. Un soldat n’a pas à se détacher de son unité. Qu’il soit sur le retour ou non. Et, à priori, le jeune homme se sentait plutôt bien accompagné. Sa solitude n’a jamais été volontaire.

Leur dévolu se jeta sur une auberge miteuse située dans le centre ancien de la petite ville. Leur budget n’étant pas adapté à quelque chose de plus conséquent, surtout pour 10 hommes, il leur fallut se contenter des tarifs les plus abordables. L’établissement semblait au moins convenable à défaut d’être exceptionnel, et c’est tout ce dont avaient besoin une bande de soldats habitués à dormir dans des conditions inconfortables. Tout le monde se cotisa, Akira compris, pour se payer une chambre par duo. Ainsi, le début d’après midi commençant, ils auraient tout le temps de s’amuser un peu avant la nuit.

L’ambiance fut bien vite au rendez-vous. Les soldats riaient, chantaient, chacun allant de ses petites histoires à raconter aux clients ou autres voyageurs venus se ressourcer. Naturellement, la plupart commençaient à être alcoolisés et s’entichaient de femmes venues leur servir la bière ou écouter les histoires. Une scène de vie commune pour un détachement de soldats en repos, en somme.

Seul un d’entre eux se tenait à l’écart des autres, silencieux. Un jeune homme de grande taille et à l’allure placide, concentré sur sa tâche. Un shamisen, mis au service de n’importe quel client le voudrait, avait attiré son attention. Et c’est au milieu du brouhaha ambiant que le soldat jouait sa mélodie, couverte par les voix criardes de ses camarades pour ne laisser parvenir le tintement des cordes qu’aux oreilles de ceux pouvant les entendre.


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Dim 9 Aoû 2020 - 21:15
Lorsqu’il ouvrit les yeux, Ieyasu comprit immédiatement son erreur. Ses erreurs, en fait. D’une traite, il se redressa de sa couche en se rappelant immédiatement de sa blessure à l’épaule qui vint lui agresser les nerfs, son regard se portant alors par la petite fenêtre qui ouvrait sur la rue. Il faisait nuit. Il faisait nuit, et il venait de dormir tout son saoul tout le jour durant. Pour lui qui souhaitait garder un rythme de vie équilibré, c’était raté : il mettrait des jours à se remettre de cette incartade, ce qui n’augurait rien de bon quant à ses performances, sans parler du fait qu’il risquait fort de gâcher la deuxième nuit qu’il avait déjà payé d’avance pour pouvoir s’installer dans cette chambre. Il se mordit la lèvre. Il avait grand besoin de ce repos, songea-t-il, mais il aurait du s’astreindre à en profiter de façon un peu plus modérée.

Comme pour compenser cet épisode complaisant et maladroit, le jeune bretteur se releva pour de bon avec un entrain poussé à l’extrême, se saisissant de ses affaires avec empressement pour les enfiler tout en observant l’activité en contrebas pas la fenêtre. Moindre par rapport à ce qu’elle avait été le matin même, elle demeurait à un niveau propice pour tenter de nouer quelques contacts dans la cité. Ses plaques d’armures harnachées, ses sabres fixés à sa ceinture, le jeune Nomura quitta sa chambre sans y laisser la moindre de ses affaires, toutes les pièces d’équipement superflues contenues dans des sceaux qu’il était parvenu à réitérer et qu’il gardait à la ceinture. Il ferma avec la clé qu’on lui avait confié, bien conscient qu’un double présent dans le bâtiment pouvait à priori permettre à n’importe qui d’y pénétrer malgré tout, et descendit les marches quatre à quatre comme pour se lancer tête baissée dans l’aventure.

Mais, pour seule péripétie, ce fut pour l’heure son estomac qui lui fit obstacle, se rappelant à son bon souvenir en grondant dans ses entrailles tandis qu’il achevait presque sa descente. Ses pas ralentirent : il n’avait pas de grande fortune à sa disposition, mais s’acheter un peu de nourriture n’allait pas vraiment concourir à entamer sa bourse. Et puis, qu’est-ce qu’il allait imaginer : qu’un mystérieux donneur d’ordre allait l’attendre à la sortie de l’auberge pour se faire le receveur de toute sa volonté et son enthousiasme à se mettre au travail ? Avant d’envisager quoi que ce soit d’autre, il lui fallait se restaurer, aussi prit-il la direction du réfectoire, un nom plutôt euphémique pour désigner le bouge à peu près bien tenu qui faisait à la fois office de restaurant, de bar et de salle des fêtes pour l’établissement. Cependant, lorsqu’il y fit irruption tout accoutré qu’il était, ce qui le frappa davantage que les odeurs entremêlées et la petite foule qui prenait du bon temps fut le son délicat et presque étouffé du Shamisen.

Un tel instrument, ici, et manié par une personne qui n’avait pas seulement pour ambition de faire du barouf ? Cela sembla sur l’instant tout à fait improbable à l’épéiste, qui se figea dans l’entrée le temps d’identifier l’origine du son presque angélique de l’instrument. Un homme brun et notablement grand était en train d’en jouer, là-bas au fond de la salle, et ce fut sans le lâcher du regard une seconde que Ieyasu alla s’installer à une table libre non loin de l’entrée près d’une alcôve. Il commanda à manger, ignorant le regard suspicieux du tenancier à la vue de ses sabres et de son accoutrement guerrier, et se mit à table en écoutant attentivement les mélodies qui irradiaient du shamisen. La troupe qu’il avait identifié en entrant semblait particulièrement soudée et formait un groupe qui ne devait rien au hasard. Le grand homme du fond, qui jouait de son instrument, ne fut quant à lui pas pris à parti une seule fois par ces hommes, quand bien même l’opportunité semblait bien belle. Le Nomura avait assisté à des débauches de violence gratuite pour moins que ça lors de ses quelques voyages à Tetsu.

Intrigué, Ieyasu termina en hâte son repas, soucieux d’aller se mettre en quête de n’importe quel travail qui pouvait rapidement lui remplir les poches. Un peu impressionné, en dépit des sabres à sa propre ceinture, il faillit cependant à dompter sa curiosité et se trouva presque malgré lui à s’approcher du musicien, un avant-bras négligemment posé sur le manche de son sabre long.

« Vous jouez vraiment bien. Au point qu’on vous laisse même tranquille, c’est...rare, fit-il en désignant du menton la petite troupe qui prenait du bon temps aux alentours. Où avez-vous appris à jouer, si ce n’est pas… trop indiscret ? »
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Kogami Akira
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Dim 9 Aoû 2020 - 21:53


Taida 怠惰


Le rythme du shamisen continuait dans sa grande unicité. En effet, la manière de jouer du jeune homme était moins erratique et vive que la plupart des autres manieurs de cet instrument au son si particulier. Sans doute était-ce là l’expression indirecte du tempérament calme et reposé d’Akira, qui n’appréciait guère la musique à d’autres fins que pour leur côté reposant. Bien qu’en l'occurrence, l’ambiance ne prêtant clairement pas à la détente ou à une quelconque forme de plénitude, le soldat se contentait seulement de perfectionner son art avec modestie.

“ … “

Mais alors que le temps passait et que ses doigts se fatiguaient à frotter sur la corde, Akira fut abordé par un homme. Croyant d’abord avoir affaire à un confrère au vu de sa tenue guerrière et des sabres ornant sa ceinture, il compris néanmoins bien vite que l’homme n’appartenait pas à l’empire. Non, cet accoutrement serait bien trop coûteux pour toute une armée, et personne ne combattait avec plus d’un sabre. Chose qui éveilla évidemment son intérêt au plus haut point. Mais avant d’aborder le sujet de manière aussi abrupte, mieux valait répondre convenablement à ses éloges. Il arrivait finalement rarement que l’on reconnaisse un quelconque talent au Kogami, pour cause, il ne fréquentait personne.

“ Hm ? Merci. Il est vrai que je m’efforce d’avoir ma propre identité musicale. “

Dit-il en reposant soigneusement le Shamisen à ses côtés, ne comptant plus s’attarder sur l’instrument à moins que l’on lui demande. Et au vu de l’ambiance, personne d’autre que son nouvel interlocuteur n’avait remarqué ses accords. Ce qui était déjà significatif, autant se contenter du peu.

“ Qu’on me laisse tranquille ? Oh… “

Akira afficha un léger rictus. Il était aisé que de le penser seul au vu de la proximité toute relative qu’il entretenait avec ses camarades, il était d’ailleurs rare de le deviner comme étant soldat de l’empire au premier coup d’oeil. Pourtant, comme pour prouver son appartenance, le soldat désigna le symbole situé sur son épaule droite, la flamme de l’empire. Un symbole brodé sur les tenues et gravées sur les armures de l’empire, afin de bien montrer leur appartenance. Néanmoins, Akira ne portait jamais l’armure pour des raisons pratiques. Être ralenti par des plaques de métal ne l’enchentait guère et ses compétences de Shinobi lui permettaient de toute manière de pallier à ce manque.

“ Je fais partie du groupe, malgré les apparences. Nous sommes des soldats de l’empire en retour de mission. “

Expliqua t-il en croisant les bras. S’il s’exprimait bien rarement de manière aussi formelle, Akira s’adressait à un inconnu dans sa tenue de soldat, ce qui forçait à un minimum de rigueur ne serait-ce que pour l’image du Teikoku. Malgré sa paresse et son air irrévérencieux, Akira restait un profond patriote portant autant les valeurs de son pays que de l’empire qui le constituait.

“ Enfin, pour ce qui est de mon jeu… je l’ai appris en autodidacte. Avec un certain sens de la mélodie, le reste vient tout seul à force de pratique. “

Ayant répondu à toutes ses questions, Akira souhaitait désormais poser la sienne avec une certaine curiosité.

“ Et vous ? Vos sabres, vous les utilisez tous en même temps… ou est-ce seulement pour la collection ? “

Demanda t-il en prenant le sien, posé jusqu’ici derrière lui. Un long katana relativement simple malgré le fourreau brodé de rouge et de noir, donnant un aspect oscillant entre le mystique et le noble à l’arme. Il ne s’agissait pourtant pas d’un katana plus puissant ou rare qu’un autre. Et à vrai dire, le choix du style ne lui était même pas revenu. Longue histoire.

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Nomura Ieyasu
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Mer 12 Aoû 2020 - 16:37
L’homme qu’il avait abordé dégageait une sérénité dont certains samouraïs n’auraient pas pu se targuer, de sa petite expérience de grand adolescent de quinze ans. Le peu qu’il lui avait été donné l’occasion de croiser lui avaient surtout semblé vindicatifs et prompts à utiliser leur statut et leurs compétences martiales pour affirmer leur autorité par la force : rien qui puisse être de près ou de loin associable au versant méditatif et tourné vers la paix de l’âme du Bushido. Cet art, Ieyasu se l’était approprié par lui-même, en avait fait sa propre interprétation, et étant donné l’état dans lequel se trouvait à présent sa terre natale, berceau des Samouraïs, c’était certainement pour le mieux.

A sa remarque concernant le fait qu’il n’avait pas été dérangé par qui que ce soit dans la salle, l’inconnu sembla sourire un instant après un bref moment de confusion. C’est alors qu’il pointa du doigt l’écusson sur son épaule, un emblème que le jeune épéiste reconnut sans peine à présent que son attention était attirée droit dessus. Ce symbole, il l’avait effectivement déjà vu, sur les vêtements de Shinpachi, Lieutenant avec qui il avait coopéré et s’était entraîné il y avait quelques semaines de cela plus au nord-est. Ce musicien introverti, qui n’était pas sans lui rappeler ses propres traits, était donc lui aussi un soldat de l’Empire du Feu. Et, tout autours de lui, étaient ses troupes. Tâchant de camoufler la pointe d’anxiété passagère qui tenta de s’emparer de lui, Ieyasu jeta un nouveau coup d’oeil autours de lui, notant avec plus d’application l’emplacement de chacun des soldats en permission.

« Oh… D’accord, pardonnez ma maladresse. »

Eux, songea-t-il, n’avaient pas vraiment besoin de s’en faire pour leur paye et pour la sécurité pécuniaire de leur famille : la solde d’un soldat tombait toujours à l’heure, somme modique visant à compenser les risques parfois insensés auxquels ils étaient parfois exposés. Cependant, ils se voyaient également dépossédés de leur libre arbitre, leur faculté à choisir leurs combats diluée et dévoyée pour une cause soit-disant plus grande. Ieyasu n’avait pas de grande cause, et uniquement des préoccupations très terrestres et pragmatiques : donner un avenir à sa famille était sa plus haute préoccupation. Se donner les moyens d’y parvenir, en aiguisant ses talents et en remplissant des contrats bien payés, était la proche seconde.

« Hmm… Je n’ai jamais possédé d’instrument. Peut-être qu’un jour... »

Peut-être aurait-il le temps de s’y mettre, si il réussissait son coup, si il sauvait sa famille de la ruine la plus totale et pouvait passer ses après-midi à pratiquer ce que bon lui semblait plutôt que de forcément s’entraîner au sabre. Un « peut-être » particulièrement hypothétique.

« ...Mes sabres ? Il s’agit d’un Daishô traditionnel : une lame longue, le katana, associée à une lame plus courte, le wakizashi. L’une et l’autre peuvent autant être maniées indépendamment qu’ensembles… dépendant des besoins », dit-il en tapotant légèrement de sa main gantée sur le manche de ses armes.

Observant le sabre du musicien inconnu, qu’il lui présenta avec une certaine pudeur, Ieyasu en étudia les détails pour tenter d’en établir sa provenance. Cependant, rien sur le manche ne donnait le moindre indice à ce sujet.

« ...Je peux ? » demanda le jeune Nomura en tendant amicalement les deux mains.

Sans vraiment se faire prier, le soldat lui déposa son arme entre les mains : l’adolescent et lui avaient beau monnayer la violence contre des Ryos, une politesse et une tranquillité toute particulière se dégageaient de leurs échanges. Prenant le fourreau en main, le bretteur attrapa le pommeau entre ses doigts et fit apparaître la base de la lame d’acier, qui tinta dans l’air en faisant apparaître son tranchant.

« … Jolie lame. Peut-être pas aussi durable que celles qui sont forgées à Tetsu, mais… Efficace, dans tous les cas. »

Il rengaina complètement la lame du katana, le rendant à son propriétaire.

« ...Vous avez eu à l’utiliser récemment ? Je cherche du travail dans le coin. La moindre petite information pourrait me servir. »
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Mer 12 Aoû 2020 - 18:29


Taida 怠惰


Akira haussa les épaules. Nul besoin de s’excuser, il n’était pas un haut gradé ni spécialement fier de son appartenance. L’empire, Akira y tenait… mais n’était pas le genre d’hommes à revendiquer un statut par fierté. Ainsi, toujours de cette plénitude qui le caractérisait, le soldat fit un signe de main du haut vers le bas comme pour balayer le malentendu.

“ Il n’y a pas de mal. Ça ne se voit pas vraiment de toute manière. “

Dit-il en resserrant les cordes du shamisen afin d’occuper ses mains. Akira était loin d’être hyperactif mais le fait d’avoir gratté les cordes de l’instrument lui donnait envie de continuer. Après tout, aussi fainéant pouvait-il être, le soldat avait toujours été du genre créatif. Dessiner, jouer d’un instrument, Akira s’était toujours occupé les mains. Quand ce n’était pas avec un katana…

“ Vous avez le temps. “

Dit-il, devinant que son interlocuteur était plus jeune que lui bien qu’il ne parvenait pas à saisir totalement son âge. Akira n’était pas très doué dans ce domaine et la maturité apparente de l’homme en armure n’aidait pas à se faire une idée. Aussi s’était-il permis de simplement supposer.

“ Mieux vaut choisir son instrument consciencieusement, du moins pour le premier. Au risque de se dégoûter de la musique. L’apprentissage est très frustrant. “

Expliqua t-il consciencieusement, ne sachant que trop bien de quoi il parlait. Jouer une bonne note sur dix affectait directement sur le moral et pouvait rendre nerveux, spécifiquement pour les perfectionnistes. Et si Akira ne l’était pas particulièrement, en plus d’être un virtuose inné, même lui n’avait que trop ressenti cette envie d’abandonner pour passer à quelque chose de plus simple. Et dans ce domaine, l’apprentissage de l’art des samouraï était également en bonne place.

Vinrent les explications du jeune homme. Bien sûr, Akira avait entendu parler de cette configuration typique de l’équipement samouraï. Pourtant, l’idée de manier deux katana aussi longs l’un que l’autre l’enchantait particulièrement. Peut-être même un Yumi afin de pouvoir se battre à distance, mais l’apprenti avait bien trop de choses auxquelles penser pour s’attarder sur ce genre de détails trop tôt.

“ Je vois. Le Wakizashi sert surtout de lame de parade, c’est bien ça ? “

Demanda t-il en passant ensuite un coup de chiffon sur l’instrument. Akira se contentait de parer avec son fourreau, la matière étant au final plutôt solide. Un iai de samouraï le trancherai sûrement mais la plupart de ses adversaires n’étaient pas capables de cela. Et bien heureusement pour lui. Il serait regrettable de mourir prématurément sans avoir pu atteindre ses objectifs. Malgré son âge, le soldat avait perdu une grande partie de sa vie à flâner et venait tout juste de se motiver à bouger.

Lorsqu’il vint à lui demander son arme, Akira la lui remis sans hésitation. Le jeune homme ne percevait aucune mauvaise intention et le contexte ne s’y prêtait absolument pas. Son arme n’était de toute manière même pas à lui à l’origine… sans doute serait-ce mal vu de la part d’un samouraï. D’ailleurs, le simple fait de voir son interlocuteur équipé d’un daisho éveilla sa curiosité à ce sujet.

“ Elle a été forgée à Kumo. “

Dit-il en la récupérant lorsqu’il la lui tendit. Le samouraï avait d’ailleurs pu entrevoir la couleur de la lame, qui était noire. Détail sans importance mais particulièrement esthétique.

“ Pas vraiment. L’empire a sûrement du travail cela dit mais je ne connais pas vraiment sa politique vis à vis des mercenaires. “

Il était facile de deviner la profession de son interlocuteur à partir de cette simple demande.

“ Mais dites moi, seriez-vous samouraï ? “

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Mer 21 Avr 2021 - 22:56
« Typiquement, oui. Mais, dans des configurations plus… étroites, disons, il ne démérite pas non plus. Toujours avoir plus d’une corde à son arc, c’est ce que j’ai appris. Entre autres... »

Dans son esprit, le jeune bretteur revit passer des images de son affrontement de la veille contre les malandrins qui avaient voulu le détrousser et le laisser pour mort dans la forêt. Lors de cette escarmouche particulièrement violente, au cours de laquelle Ieyasu avait du mutiler et sérieusement blesser ses assaillants. Les premières personnes, à vrai dire, sur lesquelles il avait du utiliser ses talents au sabre, quitte à accepter le poids qui pèserait sur son âme dans le cas où il aurait du leur prendre la vie. Tous les manants avaient pu s’en aller, ce jour-là… mais rien ne pouvait lui assurer qu’aucun n’avait succombé à ses blessures plus tard. Peut-être, sans le savoir, avait-il déjà une, plusieurs morts sur la conscience, mais il préférait ne pas y penser. Toujours était-il qu’en effet, lors de cette altercation, son wakizashi avait fait merveille, lui permettant de dévier facilement des assauts qui lui auraient autrement tutoyé les côtes, voire même le visage.

« Kumo… ? Je n’y suis jamais allé… mais, j’ai ouïe dire… que les Metaru, là bas, savaient forger des armes qui rivalisaient en qualité avec celles des Samouraïs. Une rumeur fondée, de ce que je vois. »

L’acier noir dont était fait la lame du soldat impérial était loin d’être anodin, et le jeune Nomura se prit à se demander si toutes les armes forgées par les Metaru revêtaient cette même couleur sombre d’une profondeur insondable. A bien des égards, on aurait pu dire qu’une lame noire n’était qu’une simple coquetterie esthétique, mais l’absence de couleur pouvait au contraire déstabiliser un adversaire ayant l’habitude de se fier aux reflets des armes de son ennemi pour mieux visualiser ses mouvements. De ce genre de technicité « professionnelle » si l’on pouvait appeler ça ainsi concernant un jeune mercenaire amateur de quinze ans, Ieyasu n’était toutefois pas près d’en parler avec un relatif inconnu. A la question du musicien autodidacte, il se renfrogna même quelque peu, remis bien malgré lui face à son deuil, à la voie qu’il s’était choisi et aux difficultés qu’il allait devoir surmonter.

« … Mon père… Mon père, l’était. Il a servi dans l’armée du feu Shogun, Taira Fugaku. Ces armes, cette armure… c’est tout ce qui me reste de lui. »

Une vérité un peu remaniée, que Ieyasu préférait livrer en lieu et place des faits avérés bien moins romanesques qui entouraient son périple. Son père, en effet, n’avait été qu’un banal soldat embrigadé par pure nécessité pécuniaire dans un bataillon où les véritables pratiquants du Bushidô ne se comptaient que sur les doigts de la main. Cet équipement, il l’avait récupéré, « volé », pourrait-on même dire, sur les ruines fumantes d’un champ de bataille, celui-là même où son père avait péri. Ce qu’il devait bien admettre à son interlocuteur, toutefois, c’était son intérêt tout particulier pour les rentrées d’argent efficaces qui impliquaient une certaine prise de risque. En un mot, le mercenariat.

« Hm. Je vais bientôt me rendre à la Capitale, pour vérifier cette politique, justement. Un Lieutenant de votre armée, Shinrin Shinpachi, a collaboré avec moi plus au nord-est. Il semblait optimiste… donc je vais me permettre de l’être un peu également.. »

Le jeune épéiste passa rapidement sa main sur son menton, faisant mine de se retourner, mais se ravisa en songeant à ce qu’il pourrait glaner dans cette petite ville, à défaut d’un travail rémunérateur.

« … Dites, votre maniement du sabre… il vous est venu naturellement aussi ? »
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Kogami Akira
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Jeu 22 Avr 2021 - 0:50
Périple
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Quand les temps étaient plus simples...

Akira l’imaginait sans mal. Un wakizashi faisant autour des 60 centimètres, la lame restait plus efficace qu’un vulgaire couteau de cuisine et pouvait être particulièrement efficace dans les espaces confinés. Akira sachant manier le katana, le jeune homme se voyait mal l’agiter dans une grotte ou un couloir. Dans ce genre de cas, le ninjutsu primait.

“ Cela s’applique à beaucoup de choses. “

Dit-il en effleurant le Shamisen, lequel était doté de plusieurs cordes de rechange afin d’éviter tout contretemps. Un instrument est relativement coûteux et long à réparer, autant mettre toutes les chances de son côté.

Observant longuement le samouraï, il devina de par son sens de l’observation qu’il avait récemment mené combat. Quelques éraflures sur l’armure, du sang séché entre deux pièces difficiles à nettoyer… s’il ne fit aucun commentaire à ce sujet, ne voulant pas se montrer impertinent, Akira en tira rapidement la conclusion qu’il avait au moins affaire à un bretteur confirmé.

“ Leur maîtrise du chakra est directement liée au métal. Rien d’étonnant à cela. “

S’il n’aimait pas beaucoup les kumojins de par le passé commun de son pays avec le village, Akira savait reconnaître leurs quelques qualités. Notamment l’art metaru, unique et bien utile pour un village ninja tel que le leur. Urahi serait sans doute ravie d’avoir les mêmes talents au sein de ses murs.

La lame noire n’était pas une coquetterie. Celle-ci recopiait, à la demande d’Akira, le style de l’ancien katana familial désormais brisé et perdu quelque part ou il ne le retrouverait jamais. S’il n’avait pas de prime abord cherché à tirer un quelconque avantage au combat de ce détail particulier, le Kogami avait appris au fil du temps à s’en servir à bon escient, aussi infime soit l’avantage qu’il lui conférait.

“ … “

Devinant sans mal une peine non dissimulée dans la déclaration du jeune homme au propos de son père, Akira resta stoïque. Lui n’avait plus rien ayant appartenu à son père, et la situation était bien meilleure ainsi pour lui qui l’avait tué de ses propres mains. Une histoire qu’il n’était pas prêt de raconter à qui que ce soit.

“ L’arme d’un père transmise à son fils tranche toujours mieux l’adversaire. “

Une superstition religieuse non dissimulée qu’il livra au jeune homme, ne souhaitant pas verser dans le mélodrame. Chose qu’il parvint à éviter en rebondissant sur le fait que l’inconnu ait évoqué Shinpachi.

“ Shinpachi ? Je le connais. C’est un très bon meneur d’hommes. S’il vous a donné son aval, je doute que vous rencontriez quelconques problèmes à Urahi. “

Réfléchissant un instant, il proposa même.

“ Je pourrais même vous accompagner. “

Une proposition qu’il n’aurait sans doute pas faite s’il n’avait pas parlé du Shinrin. Rentrer avec ses camarades bruyants ne lui donnait guère envie, lui qui appréciait le calme et la discrétion au brouhaha des retours victorieux.

“ Naturellement ? Je dirais plutôt à force de pratique. Je n’avais pas d’autre choix que d’apprendre à me défendre, chose que j’ai réussi à faire jusqu’ici. C’est pourquoi mon maniement du katana est sans doute profane. “

Dit-il sans mal, avouant donc à demi-mot un passé peu reluisant. S’il n’avait jamais été bandit, vagabond s’avérait déjà être un statut attirant mauvais regards et insultes.


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Nomura Ieyasu
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Jeu 22 Avr 2021 - 12:23
« Espérons.. » répondit-il timidement à l’écoute du dicton cité par le soldat.

Bien sûr, cette lame, il ne la tenait pas directement de son père, mais il pouvait malgré tout espérer que sa détermination soit malgré tout renforcée par le fait qu’il cherchait dans les faits à prendre la place de son paternel dans la chaîne familiale. A endosser la figure d’autorité, capable de subvenir aux besoins des siens, en héritant de toutes les responsabilités qui y étaient rattachées. Pour réussir dans cette tâche, sa lame aurait besoin de tout le tranchant possible, mais il savait au fond pertinemment que c’était lui, la main qui la maniait, qui lui donnerait toute sa force.

« C’est gentil à vous de proposer, mais je compte m’y rendre par mes propres moyens. Je traverse ce pays pour la première fois, j’espère bien faire quelques rencontres de plus en chemin. En tout cas, c’est vrai… Shinpachi m’a fait assez forte impression, même sans hommes à commander là où nous étions. Il m’a… comment dire. Testé, disons. Pour savoir si je pourrais être d’une quelconque utilité à l’Empire. C’était… instructif. »

Des passes d’arme dont il se souviendrait encore longtemps, et qui avaient été riches d’enseignements pour l’adolescent, si peu coutumier des arts ninja et de leurs subtilités. Aussi talentueux qu’il pouvait être sabre à la main, aussi instinctif que pouvait lui être le maniement de ses lames et de son arc, toutes ces facilités pesaient bien peu dans la balance quand un adversaire était capable de conjurer des surface de bois solides et des nuages de brume.

« Oh, profane, à ce point ? Vous devez être trop modeste j’en suis sûr. Au fait, je me présente, on m’appelle Sekirô, dit-il en tendant la main vers le soldat pour serrer espérait-il la sienne en retour.

Je dois… m’occuper de deux, trois choses. Et me reposer. Mais, si vous êtes encore là demain matin… que diriez-vous d’échanger quelques bottes à l’extérieur de la ville ? Ce serait un honneur, et un plaisir. Si vous êtes d’accord… retrouvons-nous juste à l’est. Je crois avoir aperçu une clairière dégagée là-bas en arrivant. »

Un mince sourire s’invita sur les traits juvéniles du Nomura, à la fois content d’avoir fait cette rencontre et fier d’avoir eu le cran de faire ainsi cette proposition à un quasi inconnu. Son regard fuit un instant en arrière, vers la table qu’il occupait.

« Je vais rester me rassasier encore un peu. Si vous désirez jouer encore un peu… n’hésitez pas. »
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Jeu 22 Avr 2021 - 17:58
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Il hocha la tête, compréhensif. Après tout, lui aussi avait fait longue route en solitaire avant de rejoindre l’empire et il lui avait fallu un certain temps avant de s’habituer à coopérer avec autrui. Chose qu’il n’arrivait toujours pas à faire parfaitement, en prouvait son isolement ce soir plutôt que d’être en compagnie de sa cohorte.

“ Je comprends. “

Replaçant sa lame à l’endroit initial, il se prit à recommencer à gratter les cordes du Shamisen. Une légère mélodie de fond, histoire de ne pas couvrir le son de leurs voix tout en s’occupant les mains.

“ Testé ? C’est bien son genre. “

S’il n’avait pas le même genre de relation avec Shinpachi que le reste de l’empire, aux yeux duquel il passait souvent pour un homme imprévisible et potentiellement dangereux, Akira le savait tout de même strict en temps normal et peu hésitant à faire preuve de moyens… punitifs. Leur entraînement ne le lui rappelait que trop bien.

“ Et quelle a été son appréciation ? “

Demanda t-il tout en devinant qu’elle fut sûrement positive au vu des retours du samouraï. S’il pouvait être dur, Shin savait aussi complimenter quand un homme faisait les choses bien. Quelque chose qu’Akira avait également expérimenté, notamment lors de leur périple au village de la brume.

“ Nous verrons lors de cet échange qui nous attend. “

Répondit-il en tendant la main à son tour pour serrer celle du dénommé Sekirô. Cette simple manière de saluer confirmait qu’il ne venait manifestement pas d’ici. Peu importait pour le jeune homme qui avait bien assez voyagé pour s’accoutumer aux manières du reste du monde.

“ Akira. Enchanté. “

Acceptant sa demande avec plaisir, il se reprit ensuite à jouer en souhaitant bonne soirée et bon repas au jeune samouraï. Le reste de la nuit se passa sans encombres, ne laissant que ses rêves récurrents perturber une nuit globalement réparatrice. Il en aurait bien besoin pour le lendemain au vu du combat qui l’attendait, bien qu’étant amical.

[ … ]

Une légère brise vint caresser sa chevelure havane. Les premières lueurs de l’aube vinrent à poindre depuis l’horizon, reflétant cette radiance solaire toute particulière dans les yeux dorés du Kogami. Vêtu d’un kimono noir, l’épéiste ayant toujours privilégié la mobilité à la protection, Akira attendait son adversaire. S’étant présenté bien en avance afin de pouvoir méditer, chose qu’il faisait toujours avant un combat, il ne tint donc pas rigueur de l’attente qu’il s’imposait à lui-même.


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Nomura Ieyasu
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Jeu 22 Avr 2021 - 22:33
« ….Passable, en toute franchise. Je ne pense pas qu’il ait eu à se donner beaucoup de mal » acheva-t-il avec un sourire en s’en retournant à sa table.

Akira, Soldat de l’Empire. Une nouvelle connaissance à son actif, un nouveau contact potentiel qui pouvait peut-être, ultimement, faciliter ses futurs rapports avec le Teikoku. Il espérait que ceux-ci pourraient s’avérer fructueux, sans pour autant le faire côtoyer de trop grands risques, mais c’était sans aucun doute trop demander, songea-t-il. Calmement, ses idées remises au clair, le jeune bretteur s’assit à nouveau et termina tranquillement son repas, profitant du doux son du shamisen qui arrivait encore et toujours à pourfendre le brouhaha de la pièce. Dissocier les sons, filtrer l’utile des parasites : une autre faculté qu’il était parvenu ) développer de façon naturelle en s’entraînant aux arts Samouraï, et qu’il pouvait désormais mettre à profit pour ce genre d’occasion, pour simplement apprécier l’acoustique d’un bon musicien.

Un peu à contre-coeur, Ieyasu se fit un peu plus tard une raison et remonta se coucher. Cette nuit, il n’accomplirait rien, et il aurait besoin de tout le repos possible, puisse-t-il lui paraître superflu, pour permettre à sa légère blessure à l’épaule de guérir. Cette chambre, il l’avait payé, de surcroît : autant en profiter le plus grand nombre d’heures possible. Au petit matin, avant que les premiers rayons de l’aube ne pointent réellement le bout de leur nez, le jeune épéiste était déjà debout, repu de sommeil, ses plaques de protection bien en place et son matériel méticuleusement rangé à son ceinturon et dans divers sceaux prêts à l’emploi. Sans s’attarder plus que nécessaire, il descendit dans le hall, salua brièvement quoi qu’amicalement le tenancier – il n’avait après tout noté aucune tentative de le détrousser durant son séjour et aucune intrusion dans sa chambre n’était à déplorer, ce qui était plutôt positif – et se dirigea vers la clairière à l’est.

Il n’eut pas à y chercher bien longtemps Akira : ce dernier, dans sa tenue noire dépourvue de protections apparentes, siégeait les yeux fermés en son milieu, méditant apparemment dans l’attente du bretteur qui lui avait donné rendez-vous.

« Vous êtes bien matinal. Enfin, je dois dire… que ça faisait longtemps que je n’avais pas profité d’un bon lit. »

Ieyasu examina un instant la clairière, tâta du pied la fermeté du sol. La rosée était encore bien présente, et risquait de le faire déraper si il n’y prenait pas garde.

« Faites-moi signe quand vous êtes prêt, Akira-san. Pour ma part... »

D’un signe, le mercenaire fit apparaître un arc long et ses flèches depuis un sceau, s’équipant ainsi pleinement pour la passe d’arme qui s’annonçait.

« … Je le suis. »

Spoiler:
 
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Sam 8 Mai 2021 - 21:10
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Mains sur les cuisses, il se redressa d’une traite, poussant sur les genoux puis les talons pour s’ériger de toute la hauteur qui était sienne. Le physique d’Akira s’apparentant bien plus à celui d’un gladiateur que d’un samouraï -la lourdeur de ses os et sa taille rendant le maniement du marteau plus propice- il serait normal que de vouloir s’enquérir de ses talents d’escrime.

“ J’ai appris à faire de mes insomnies un vecteur de motivation. “

Dit-il en s’emparant de sa lame, aussi noire que la nuit passée. Se lever tôt étant la base d’une bonne discipline, le Kogami avait appris à tirer parti de ses réveils incessants qui parasitaient ses nuits depuis plus d’une décennie à présent. Dormir dehors n’ayant, bien sûr, pas aidé.

S’il tâta la fermeté du sol, son partenaire put aisément remarquer qu’Akira s’y était enfoncé sur deux bons centimètres, signe d’un poids conséquent. Ses appuis n’eurent jamais été un problème, il était très difficile de faire tomber un gaillard tel que lui. Sans doute était-ce pourquoi il ne portait jamais d’armure, s’alourdir serait handicapant.

“ Je le suis également. “

Avançant vers son adversaire à allure normale, il prit soudainement appui au sol pour véritablement bondir vers lui, soulevant au passage un petit amas de terre à l’endroit où son pied avait pris impulsion. Puis, dans la continuité de son mouvement, une tranche bien peu académique s’abattit en direction du coude droit du samouraï alors que son arme s’illuminait de cendres incandescentes. Akira le savait, l’armure ne pouvait protéger les articulations au risque de voir son porteur aussi raide qu’un pantin de bois.




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